Alfred Capus

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Alfred Capus.

Alfred Capus, né à Aix-en-Provence le et mort à Neuilly-sur-Seine le (à 64 ans), est un journaliste, romancier et dramaturge français. Connu également sous les noms de plume de Canalis et Graindorge pour Le Figaro.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un avocat marseillais, Alfred Capus fit ses études secondaires à Toulon. Ayant échoué au concours de l'École polytechnique, il entra à l'École des Mines mais n'obtint pas son diplôme. Après avoir été un temps dessinateur industriel, il s'orienta vers le journalisme. Un des premiers articles qu'il fit paraître portait la marque de sa formation scientifique, puisqu'il s'agissait d'une nécrologie de Darwin. Mais c'est surtout par ses chroniques légèrement fantaisistes, publiées au Gaulois, dans L'Écho de Paris et dans L'Illustration qu'il se fit connaître. Il écrivit également plusieurs articles pour Le Figaro, sous le pseudonyme de « Graindorge ». À la mort de Gaston Calmette, en 1914, Capus devint rédacteur en chef du Figaro. À ce poste, il rédigea avec le plus grand patriotisme, pendant les quatre années de la Grande Guerre, le « bulletin » quotidien.

Auparavant il s'était lancé, parallèlement au journalisme, dans la littérature, avec une série de romans. Mais c'est au théâtre qu'il donna la pleine mesure de son talent avec des pièces de boulevard mettant en scène les mœurs de la Belle Époque. En 1899, le guide Paris-Parisien le présente comme une « notorité des lettres », soulignant son « observation spirituelle et philosophique des milieux bourgeois » et son « grand talent de qualité supérieure »[1].

Appelé à la présidence de la Société des gens de lettres, commandeur de la Légion d'honneur, Alfred Capus fut élu à l'Académie française le , par seize voix, au fauteuil d'Henri Poincaré. Une anecdote veut que l'un de ses interprètes ayant demandé à un guéridon si Capus entrerait un jour à l'Académie française, le guéridon répondit par l'affirmative ; quand on lui demanda alors combien de fois il devrait se présenter, le meuble se mit à battre des coups si répétés qu'il fallut l'arrêter.

Alfred Capus avait en effet subi deux échecs, contre Eugène Brieux au fauteuil de Ludovic Halévy en 1909, et contre Denys Cochin au fauteuil d'Albert Vandal en 1911, mais les « immortels » surent lui rendre hommage : Robert de Flers dit de son répertoire de comédies qu'il était « l'un des orgueils les plus certains et les plus rares de la scène française ». Quant à Édouard Estaunié, qui prononça son éloge en lui succédant, il en parla comme d'un « philosophe bienveillant dont l'ironie fréquemment incisive mais jamais désolante se dissipe en sourire ». Alfred Capus fut reçu le 28 juin 1917 par Maurice Donnay.

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Théâtre
Romans
  • Qui perd gagne (1890) « presque un chef-d'œuvre », aux dires de Jules Lemaître
  • Faux départ (1891)
  • Robinson (1910)
  • Années d'aventures, Eugène Fasquelle.ed,‎ 1922

Citations[modifier | modifier le code]

  • « La mort d'un académicien est un événement grave à coup sûr, ce n'est pas un événement triste[2]. »
  • « On est volé à la Bourse comme on est tué à la guerre, par des gens qu'on ne voit pas[3]. »
  • « Ce qu'on appelait autrefois l'âge mûr tend à disparaître. On reste jeune très longtemps, puis on devient gâteux[4]. »
  • « Certains hommes parlent pendant leur sommeil. Il n'y a guère que les conférenciers pour parler pendant le sommeil des autres. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Paris-Parisien, Ollendorff,‎ 1899, p. 44-45
  2. Monsieur veut rire, 1893
  3. La bourse ou la vie, 1900
  4. Les pensées, Le Cherche-Midi, Paris, 1988
Précédé par Alfred Capus Suivi par
Henri Poincaré
Fauteuil 24 de l’Académie française
1914-1922
Édouard Estaunié