Marie Duhem

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Marie Duhem

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Portrait de Marie Duhem peignant (1889), par Virginie Demont-Breton, musée de la Chartreuse de Douai.

Nom de naissance Marie Sergeant
Naissance 18 mars 1871
Guemps (Pas-de-Calais)
Décès 9 juillet 1918
Douai (Nord)
Nationalité Drapeau : France Française
Activités Artiste peintre
Maîtres Adrien Demont
Mouvement artistique Postimpressionnisme
Récompenses Chevalier de la Légion d'honneur en 1912,
Officier des Palmes académiques,
Médaille à l’Exposition Universelle de 1900.

Marie Duhem, née à Guemps le 18 mars 1871 et morte à Douai le 9 juillet 1918, est une artiste peintre française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents de Marie Duhem[1] dirigent une manufacture de dentelle. Dès son enfance, elle se familiarise au travail des dessinateurs de modèles. Elle devient l’élève du peintre Adrien Demont, époux de l’artiste peintre Virginie Demont-Breton. C’est dans leur atelier de Wissant qu’elle rencontre, en 1889, Henri Duhem, de 11 ans son aîné, avocat passionné de peinture[2]. Ils se marient en 1890 et, l'année suivante, elle donne naissance à un garçon, Rémy (1891-1915). C'est l'époque du groupe de Wissant (encore appelé École de Wissant) : autour des Demont-Breton, chaque été pendant plusieurs années, les Duhem, installés dans leur maison de campagne à Camiers, retrouvent tout un groupe d’amis venus peindre, sur le motif, la campagne du boulonnais et le littoral de la Côte d’Opale. Parmi les plus assidus, l’on compte Georges Maroniez, Francis Tattegrain, Fernand Stiévenart ou encore Félix Planquette[3].

Portrait de Marie Duhem peignant (1893), par Henri Duhem, musée de la Chartreuse de Douai.

Marie Duhem forme avec son mari un couple d’artistes unis partageant quêtes esthétiques et passion pour la collection. Ils acquièrent ainsi un ensemble d’œuvres impressionnistes et postimpressionnistes de premier ordre[4], dont la Promenade près d'Argenteuil peinte en 1875 par Claude Monet, ou Bouquet de Fleurs peint en 1897 à Tahiti par Paul Gauguin. Nelly Sergeant-Duhem, fille adoptive des Duhem, donne cette collection en 1985 à l'Académie des beaux-arts : elle est conservée au musée Marmottan à Paris.

Exposant à l’étranger (Londres, Rome, Saint-Pétersbourg), Marie Duhem est une femme peintre impliquée dans la vie culturelle de son époque : tout comme son mari, elle entretient des liens amicaux avec Camille Pissarro, Auguste Rodin ou encore Henri Le Sidaner[5]. De ce dernier, elle réalise un portrait à l’huile (aujourd’hui conservé au musée des beaux-arts de Dunkerque) révélateur de l'intimisme dans lequel Henri Le Sidaner et les Duhem s’inscrivent.

Durant la Première Guerre mondiale, le couple perd son fils unique, Rémy Duhem, jeune peintre à l'avenir prometteur, tué à l’assaut des Éparges, le 20 juin 1915. Marie Duhem, très affectée par la mort prématurée de son fils, succombe d’une tumeur, dans la maison familiale de Douai, le 9 juillet 1918, à l’âge de 47 ans. En 1922, Henri Duhem évoque le souvenir de son fils et de sa femme dans un récit intitulé La Mort du foyer[6]. Deux ans plus tard, le critique d’art Camille Mauclair, grand ami du couple, retrace l’œuvre dessinée et peinte des deux artistes défunts, dans un ouvrage à l’iconographie très documentée, intitulé Marie Duhem, Rémy Duhem : hommage, paru aux éditions Jacomet.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

On retrouve dans la peinture de Marie Duhem – paysage campagnards, natures mortes ou sujets religieux – l’atmosphère sobre et de recueillement caractérisant l’œuvre de son mari. Certaines de ses œuvres, tel le Jardin à la campagne[7] – celui de sa maison à Camiers – témoignent, par leur facture néoimpressionniste et intimiste, de l’influence d'Henri Le Sidaner.

Marie Duhem est une femme peintre dont la carrière a un rayonnement national. Elle est nommée officier des Palmes académiques, nommée chevalier de la Légion d'honneur en 1912, elle reçoit une médaille à l’Exposition universelle de 1900. Une exposition personnelle lui est consacrée en 1906, à Paris, à la galerie Georges Petit. Cette même année, l’État acquiert une huile sur toile intitulée Renoncules blanches pour le musée du Luxembourg, maintenant conservée au musée d’Orsay, qui possède également ses Reines Marguerites dans un vase.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Duhem, La Mort du foyer, éditions Figuière, 1922.
  • Camille Mauclair, Marie Duhem, Rémy Duhem, éditions Jacomet, 1924.
  • Adrien Demont, Souvenances, éditions de la Nouvelle Société Anonyme du Pas-de-Calais, 1927.
  • Henri Duhem, Ève ou l'épicier, éditions de la Flandre, 1935.
  • Marianne Delafond, La Donation Duhem ; Musée Marmottan ; Paris, éditions du musée Marmottan de Paris, 1987.
  • Jacqueline Chœur, trois articles : La Maison Duhem, in la revue Les Amis de Douai,1986, pp 57 à 61 ; Rencontre avec les Duhem, in les Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Douai, 1992-1995, 5ème série (1996), pp 71 à 79, Les correspondants des Duhem, in les Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Douai, 1992-1995, 5ème série (1996), pp 81 à 86.
  • Sylvie Carlier, Le couple Henri et Marie Duhem à Douai au 10 rue d'Arras, in la revue Les Amis de Douai, 2001, pp 22 à 24.
  • Sylvie Carlier, Henri Le Sidaner - Henri Duhem : témoignage d'une amitié à travers leur correspondance, in Henri Le Sidaner en son jardin de Gerberoy 1901-1939 (ouvrage collectif), éditions Monelle Hayot, 2001, pp 27 à 35.
  • Collectif, Les Peintres et le Pas-de-Calais, éditions Sogemo, 1995.
  • Collectif, 60 figures douaisiennes du XXe siècle, éditions des Archives communales de Douai, 2006.
  • Gérald Schurr et Pierre Cabanne, Dictionnaire des Petits Maîtres de la Peinture : 1820-1920, Les Éditions de l’Amateur, 2008.
  • Jean-Marie Ball, Annette Bourrut Lacouture et Philippe Gallois, L'École de Wissant et ses peintres, publié par l'Association Art et Histoire de Wissant, 2012.
  • Visages de Terre et de Mer - Regards de peintres à Wissant à la fin du 19è siècle, ouvrage collectif, Michèle Moyne-Charlet, Anne Esnault, Annette Bourrut Lacouture, Yann Gobert-Sergent, Jean-Marie Ball, Philippe Gallois, Brigitte Potiez-Soth, édition du Pas-de-Calais, SilvanaEditoriale, août 2014, 135 pages, (ISBN 9788836629299).

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Née Marie Sergeant.
  2. La rencontre de Henri et Marie Duhem l'été 1889 est racontée par Adrien Demont, dans son ouvrage Souvenances, page 314 et suivantes (éditions de la Nouvelle Société Anonyme du Pas-de-Calais, 1927). Ainsi, selon Adrien Demont: « Ce fut par une après-midi d'été que Mademoiselle Marie Sergeant arriva. Nous étions tous en train de peindre sur la route de Marquise quand passa le petit omnibus de Duval qui l'amenait accompagnée de Madame Sergeant, sa mère. Nous leur fîmes un salut amical de la main et ce rapide instant suffit à Henri Duhem pour être frappé de la beauté et du charme de Mademoiselle Marie ».
  3. Ce groupe de Wissant est évoqué par Adrien Demont, dans son ouvrage Souvenances, au chapitre XVI intitulé « Wissant - La mer - Le Typhonium » (page 310 et suivantes).
  4. On retrouve un catalogue précis des œuvres collectionnées par les Duhem dans l'ouvrage de Marianne Delafond, La Donation Duhem ; Musée Marmottan ; Paris, éditions du Musée Marmottan, Paris, 1987.
  5. Ces amitiés sont préciséments évoquées par Jacqueline Chœur, à travers la correspondance de Henri Duhem conservée aux Archives Duhem du musée de la Chartreuse de Douai, dans son article intitulé Les correspondants des Duhem, in les Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Douai, 1992-1995, 5ème série (1996), pp 81 à 86.
  6. Éditions Figuière.
  7. Huile sur toile conservée au musée du Touquet-Paris-Plage.