Château de Nemours

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Château-Musée de Nemours
Image illustrative de l'article Château de Nemours
Château de Nemours côté ville
Type Forteresse
Début construction XIIe siècle
Propriétaire actuel Ville de Nemours
Destination actuelle Musée
Protection  Inscrit MH (1926, vestiges chapelle)
Logo monument historique Classé MH (1977)
Site web www.nemours.fr/culture-et-sport/le-chateau-musee
Coordonnées 48° 15′ 56″ N 2° 41′ 49″ E / 48.26556, 2.6969448° 15′ 56″ Nord 2° 41′ 49″ Est / 48.26556, 2.69694  
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
Commune Nemours

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château-Musée de Nemours
Château de Nemours côté Loing
La tour de guet

Le château de Nemours, situé dans la ville du même nom à l'extrême sud de la région parisienne dans le département de Seine-et-Marne, est une forteresse bâtie au XIIe siècle sur la rive gauche du Loing, au niveau d'un ancien passage à gué[1]. Cet édifice est l’un des seuls châteaux de ville en Île-de-France parvenu jusqu’à nous. Contrairement aux châteaux construits à la même époque, il a échappé au démantèlement par la royauté grâce à la relation privilégiée des seigneurs de Nemours avec celle-ci.

Transformé en château-musée beaux-arts en 1903, il abrite une riche collection de plus de 20 000 œuvres. Le musée est constitué d'un fonds remarquable d’arts graphiques (estampes, dessins) et de photographies ainsi que de peintures et de sculptures emblématiques de l’art de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle. De nombreux dons au cours du XXe siècle ont enrichi la collection : archéologie locale, sciences naturelles, monnaies, tapisseries, faïences révolutionnaire essentiellement.

Le Château-Musée de Nemours fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 10 février 1977 et d'une inscription depuis le 14 avril 1926 pour les vestiges de l'ancienne chapelle seigneuriale[2]. Le musée est aujourd'hui labellisé "Musée de France"[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières pierres de l'édifice ont été posées vers 1120 par Orson sur la rive gauche du Loing. Un village est établi sur une colline voisine depuis l'époque mérovingienne (d'après l'exhumation en 1898 de sarcophages mérovingiens) à Saint-Pierre-lès-Nemours, rive gauche du Loing. Les premiers seigneurs avaient probablement installé un château-motte (en bois) en hauteur sur la rive droite du Loing dans un lieu encore dénommé "le chatelet". L'établissement d'un tel ouvrage en bord de Loing se justifie par la présence d'un gué qui permettait son passage avant la construction d'un pont par la suite.

En 1170, le deuxième seigneur de Nemours, Gauthier Ier de Villebéon, chambellan des rois Louis VII et Philippe Auguste, obtient une charte de franchise pour sa commune. Lors de la guerre de Cent Ans, la ville est incendiée en 1359 par les troupes de Jean de Grailly et le captal de Buch. En 1404, la ville devient un duché-pairie mais elle retombera 16 ans plus tard aux mains des Anglais. Elle sera libérée de leur emprise en 1437 par Jacques d'Anjou. Le château ne connaîtra que peu de modifications au cours des siècles qui suivent. Il sera remanié au XVe siècle par Jacques d'Armagnac qui fait percer des fenêtres à meneau pour rendre le donjon plus agréable à vivre. Lors des guerres de religion qui opposent catholiques et protestants, il sera le lieu de la signature du Traité de Nemours en 1585 entre Catherine de Médicis et le duc de Guise, qui entérine les progrès de la Ligue Catholique et enjoint aux protestants de quitter le royaume, avant que le roi Henri IV ne mette fin aux querelles pour près d'un siècle par l'Édit de Nantes. Au milieu du XVIIe siècle, il se verra agrémenter d'un auditoire de justice lors du passage de Anne Hédelin, lieutenant général du duc d'Orléans. Ce dernier va aussi changer l'entrée du château pour l'ouvrir sur la cour d'honneur et son perron monumental.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le château est composé d'un donjon ceinturé de quatre tours rondes et d'une tour de guet carrée de 28 mètres de haut, qui veille sur la vallée du Loing. La cour d'honneur est entourée de maisons qui constituent le cœur du patrimoine historique de la ville entre les moulins banaux, l'église Saint-Jean-Baptiste et le quartier des clercs.

Le château-musée[modifier | modifier le code]

En 1901, un comité présidé par le sculpteur nemourien Justin-Chrysostome Sanson (1833-1910) décide une restauration du lieu afin d’y fonder un musée, inauguré en 1903. Constituée des fonds d’atelier de Sanson et du peintre Ernest Marché, la collection s'est accrue rapidement des dons de l'imprimeur en taille-douce Adolphe Ardail, premier conservateur de l'établissement. Le Château-Musée de Nemours a rouvert ses portes le 7 octobre 2007, pour l'exposition Zao Wou-Ki, peintre franco-chinois après de nombreuses années de fermeture.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • De février 2008 à juillet 2009 : « Du château au musée : Histoires à raconter » présentait les 900 ans d'histoire du château de Nemours[4].
  • De septembre à décembre 2009 : « In Between » une exposition d'Art contemporain présentant les œuvres d'une vingtaine d'artistes dont David Linch, Tan Kakam, Maria Orensanz, Cindy Sherman et Mona Hatoum.
  • De mai à octobre 2010 : « Imaginaire autour du livre », le livre vu par 4 artistes contemporaines : Lydia Canizares[5], Fanny Dubois, Sylvie Guillot et Appoline de Touvent.
  • De novembre 2010 à avril 2011 : « Justin-Chrysostome Sanson, un sculpteur à Nemours (1833-1910)» consacrée à la vie et à la carrière de l'artiste, présentant pour la première fois l'ensemble de sa production sculptée, ses dessins, ses correspondances ainsi qu'une reconstitution de son atelier[6],[7].
  • De mai à décembre 2011 : « Robes de mariées au château de Nemours, 40 ans de création », en partenariat avec Cymbeline.
  • De décembre 2011 à mai 2012 : « Ardail, père & fils : graveurs et collectionneurs au XIXe siècle ». Exposition de gravures du XIXe siècle signées notamment Goya, Delacroix, Daumier, Chassériau, Corot, Braquemond, Millet, etc.
  • De juin à octobre 2012 : « Japon, le corps sublimé », en partenariat avec l'association Art Puissance 7 Events. Présentation d'estampes anciennes (Hiroshige, Hokusai, Yoshitoshi, etc) et contemporaines (Mikio Watanabé), kimonos, pochoirs katagami, photographies de tatouages traditionnels, sabres, tsubas et armure de samouraï.
  • De novembre 2012 à juin 2013 : « Ernest Marché (1864-1932), des bords du Loing aux oasis algériens ». Près de deux cents oeuvres : tableaux, pastels, dessins, esquisses ainsi que des objets personnels (photographie d'époque, correspondances, prix et médailles) sont rassemblés de façon à retracer les différentes étapes de sa vie et de sa carrière de peintre notoire. Une reconstitution de l'atelier de l'artiste est également présentée à partir de son matériel de peinture : palette, chevalet, tubes, etc.
  • De juillet à octobre 2013 : "Il était une fois "Cyrano(s) de Bergerac". L'exposition, conçue grâce aux collections de Monsieur Thomas Sertillanges présente plus de 250 sculptures et figurines, affiches et photos, livres et illustrations, affiches, objets et documents, à encadrer ou sous vitrine qui racontent l’histoire d’une des figures les plus emblématiques de notre patrimoine artistique.
  • D'octobre 2013 à mars 2014 : "Lumière sur la photographie au XIXe siècle : chefs-d'œuvre des collections du Château-Musée". Cette exposition événement organisée par la ville de Nemours et soutenue par la Drac Île-de-France, dévoile un véritable trésor photographique de plus de deux cents épreuves du XIXe siècle au Château-Musée de Nemours. Des chefs-d’œuvre issus du fonds de photographies anciennes de l’établissement, riche de plus de 5000 pièces. Les quelque deux cents épreuves rassemblées appartiennent pour l’essentiel au fonds d’atelier du sculpteur Justin-Chrysostome Sanson (1833-1910), fondateur du Château-Musée et pensionnaire à la Villa Médicis à Rome dans les années 1860. D’une beauté poignante, les photographies présentées révèlent des portraits d’Italiennes, d’Algériennes ou de Berbères, des autoportraits d’Hyppolyte Bayard (voir encadré) et des modèles de nus, féminins ou masculins, réalisés en atelier. Par ailleurs, l’exposition accueille des paysages, parfois italiens (Rome, Venise, Naples…), ou encore espagnols (Cordoue, Séville, Grenade…), et porte une attention spéciale aux vues françaises d’Edouard Baldus (1813-1889), qui résida à Nemours à la fin de son existence et dont 2013 célèbrera le bicentenaire de la naissance.
  • De mai à novembre 2014 : "Le Moyen Âge en héritage". L’exposition présente une sélection de sculptures, essentiellement religieuses, de lapidaires, d’objets usuels et militaires, conservés au Château-Musée. De plus, elle retrace l’histoire du château entre le XIIe et le XVe siècle ainsi que de son fondateur Gauthier Ier de Villebéon (v.1125-1205), grand chambellan des rois Louis VII et Philippe Auguste, et de ses successeurs. Enfin, la visite s’achève par la découverte d’une exposition intitulée « Le Moyen Âge en bandes dessinées ». À travers cent ans de bulles françaises, belges et italiennes, celle-ci permettra aux petits, comme aux plus grands, de découvrir comment le Moyen Âge a été interprété de la fin du XIXe siècle à nos jours.
  • De novembre 2014 à avril 2015 : "La Révolution est dans l'assiette". Cette manifestation permettra de mettre en lumière le fonds d’assiettes révolutionnaires du Château-Musée de Nemours acquis entre 1890 et 1900 par le docteur Dumée (1844-1914), né et mort à Nemours. Il semble qu’il achetait ou quelquefois se faisait offrir ces pièces d’art décoratif au hasard de ses tournées. L’exposition sera couplée d’un module dédié au potier anglais Christopher Potter (1751-1817), qui a bouleversé la technique de la céramique à l’époque révolutionnaire. Des œuvres provenant de collections privées ainsi que du musée Carnavalet à Paris seront présentées à cette occasion.

Exposition conçue en association avec Monsieur Patrice Valfré, auteur de l’ouvrage « C. Potter, le potier révolutionnaire et ses manufactures de Paris, Chantilly, Montereau… », Bagneaux-sur-Loing, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Du château au musée, Histoires à raconter : livret d'exposition 2008, par Olivier Deforge, Sébastien Ronsseray, Maëva Abillard, éditions Château-Musée de Nemours.
  • Justin-Chrysostome Sanson, un sculpteur à Nemours (1833-1910) : livret d'exposition 2010, par Cendrine Nougué et Arnaud Valdenaire, éditions Château-Musée de Nemours.
  • Ardail, père & fils : graveurs et collectionneurs au XIXe siècle : livret d'exposition 2011, par Cendrine Nougué, Arnaud Valdenaire, Maëva Abillard, Pascal Renaud, éditions Château-Musée de Nemours.
  • Ernest Marché (1864-1932), des bords du Loing aux oasis algériens : livret d'exposition 2012, par Arnaud Valdenaire, Julie Jousset, Philippe Couton, éditions Château-Musée de Nemours.
  • Lumière sur la photographie au XIXe siècle : chefs-d'œuvre des collections du Château-Musée : livret d'exposition 2013, par Arnaud Valdenaire, Julie Jousset, Philippe Couton, Maëva Abillard, Andrée Chaluleau, éditions Château-Musée de Nemours.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]