Union démocratique et socialiste de la Résistance

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Union démocratique et socialiste de la Résistance
Présentation
Anciens dirigeants René Pleven, François Mitterrand
Fondation 1945
Disparition 1964
Idéologie Socialisme, Social-libéralisme

L'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), est une formation politique française de la IVe République, fondée le 25 juin 1945 et dont les principales personnalités en ont été Eugène Claudius-Petit, François Mitterrand et René Pleven.

Parfois classée au centre, l'UDSR est considérée par la recherche historique récente comme une authentique tentative de socialisme libéral non marxiste. Elle fait d'ailleurs partie des organisations fondatrices de l'Internationale libérale.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Lors de la Résistance, certains résistants comme Pierre Brossolette et Jean Moulin envisagent la création d'un parti unique issu de la résistance, afin de remplacer les anciens partis politique. Ce projet, qui avait sans doute l'accord du général de Gaulle, est abandonné suite à la mort de ces deux hommes, et à l'importance prise par le PCF.

Débuts de l'UDSR (1945-1947)[modifier | modifier le code]

Issue, comme son nom l'indique, de la Résistance et plus précisément du Mouvement de libération nationale, l'UDSR ambitionne au départ de devenir une grande force travailliste de gouvernement. Elle devait d'ailleurs initialement s'appeler Union Travailliste de Libération. Mais la reconstitution de la SFIO, et la mise en place du Mouvement républicain populaire comprenant une composante travailliste enterrent ses espoirs, et l'UDSR doit se contenter de jouer le rôle d'un groupe charnière au Parlement, en position d'avoir souvent un représentant au gouvernement.

Ce vaste rassemblement, composé des courants non-communistes de la Résistance, forme un cartel électoral lors des élections législatives françaises de 1945. L'UDSR obtient 31 élus[1] qui siègent à la première Assemblée constituante dans le groupe Résistance démocratique et socialiste[2].

L'UDSR se transforme en parti politique dès 1946. Il fusionne notamment avec le Parti démocrate (parti politique fondé à la Libération par d'anciens résistants issus du Parti démocrate populaire refusant la transformation du PDP en Mouvement républicain populaire).

En avril 1946, elle s'associe avec les radicaux et plusieurs petites organisations au sein de la coalition électorale du Rassemblement des gauches républicaines pour les élections législatives de juin 1946, novembre 1946 et de 1951.

La présidence de René Pleven (1947-1953)[modifier | modifier le code]

René Pleven est élu président le 26 mai 1947, mettant ainsi un terme aux institutions provisoires du parti.

L'UDSR joue un rôle très important pendant la période de la Troisième Force en tant que parti charnière entre la SFIO et le MRP. Plusieurs personnalités sont nommés ministres et s'impliquent notamment dans les débuts de la construction européenne ainsi que pour l'inflexion libérale de la politique coloniale à partir de 1950. René Pleven, président du Conseil de juillet 1950 à mars 1951 avec François Mitterrand comme ministre de la France d'outre-mer obtiennent l'apparentement du Rassemblement démocratique africain à l'UDSR et améliorent le sort des populations d'Afrique noire. Selon Éric Duhamel, ils sauvent ainsi ces colonies de la violence qu'aurait provoqué le maintien d'une politique répressive et conservatrice[3].

René Pleven est de nouveau chef du gouvernement d'août 1951 à janvier 1952. La fin de la Troisième Force, à cause de la loi scolaire Marie-Barangé, entraîne une recomposition du paysage politique dans lequel l'UDSR perd de l'importance et devient une force d'appoint.

La présidence de François Mitterrand (après 1953)[modifier | modifier le code]

Au sein du parti, une opposition interne à René Pleven est conduite par François Mitterrand (adhérent de l'UDSR depuis février 1946). L'élection de François Mitterrand à la présidence du parti, le 23 novembre 1953, marque une inflexion à gauche et spécialise le parti dans les domaines de la construction européenne et des relations franco-africaines[1].

L'UDSR, progressivement désertée par tous ses animateurs non-mitterrandistes, se divise lors du référendum sur la Constitution de 1958 voulue par le général de Gaulle. La victoire de la tendance « Mitterrand » défavorable à de Gaulle provoque une scission qui voit les partisans de Pleven quitter le parti.

En sommeil jusqu'en 1964, l'UDSR se fond dans le Centre d'Action Institutionnelle, devenu ensuite Convention des institutions républicaines, l'organisation propre à François Mitterrand avant son arrivée au Parti socialiste.

Présidents et secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

Présidents :

Secrétaires généraux

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Duhamel, L'UDSR ou la genèse de François Mitterrand, préface d'Hubert Védrine, coll. Histoire, CNRS éditions, Paris, 2007, (ISBN 2-271-06503-2[à vérifier : isbn invalide])
  • Éric Duhamel, L'UDSR un parti charnière, revue Pouvoirs[2]

Les archives de l'Union démocratique et socialiste de la résistance sont conservés aux Archives nationales sous la cote 412AP[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Article "UDSR", in. Dictionnaire historique de la vie politique française, sous la direction de Jean-François Sirinelli, 1995, PUF, Paris
  2. Assemblée nationale, Eugène Claudius-Petit[1]
  3. Éric Duhamel, L'UDSR ou la genèse de François Mitterrand, préface d'Hubert Védrine, coll. Histoire, CNRS éditions, Paris, 2007.
  4. Voir la notice sur la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales