François Magendie
François Magendie
François Magendie
| Naissance | 6 octobre 1783 Bordeaux |
|---|---|
| Décès | 7 octobre 1855 (à 72 ans) Sannois |
| Nationalité | |
| Profession | Médecin, physiologiste |
| Distinctions | Bureau central des Hôpitaux de Paris (1818), Académie de médecine (1821), Académie des sciences (1821), Collège de France (1831-1847), Conseil d'Hygiène publique et de Salubrité (1847). |
François Magendie, né à Bordeaux le 6 octobre 1783 et mort à Sannois (Val-d'Oise ) le 7 octobre 1855, est un médecin et un physiologiste français. Il est le fils d'Antoine Magendie (chirurgien à Bordeaux) et de Nicole de Perey de Launay. Il exerça la médecine à l'hôtel-Dieu de Paris et à l'hôpital de la Salpêtrière avant d'occuper la première chaire de physiologie expérimentale du Collège de France.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Son père, adepte des thèses de Jean-Jacques Rousseau (ce qui lui vaudra de n'apprendre à lire qu'à l'âge de dix ans !), l'oblige à poursuivre des études médicales. Il perd sa mère à neuf ans. Il commence sa scolarité à Bordeaux – interrompue par la Révolution – avant que sa famille ne s'établisse à Paris. Là, il suit son père dans les hôpitaux et les amphithéâtres de la Faculté de Médecine de Paris. À l'âge de 16 ans, il est initié à l'anatomie et à la dissection par Alexis de Boyer, chirurgien à l'hôtel-Dieu de Paris. Très tôt, il est reçu interne des hôpitaux lors de son premier concours (17 floréal de l'an XI, c'est-à-dire le 27 avril 1803). Il mène alors de front des études d'anatomie et des études littéraires, abordant notamment le latin. L'attrait pour les phénomènes physiques l'oriente rapidement vers la physiologie. Il proclame vouloir jeter de nouvelles bases cette science naissante et encore mal définie. Dès ses premières publications, il s'oppose au vitalisme défendu par Bichat.
Dès 1807, il occupe le poste d'aide d'anatomie. En 1808, à l'âge de vingt-cinq ans, il soutient une thèse de doctorat en médecine, abordant deux sujets distincts : la fracture des côtes et les usages du voile du palais. Après son internat, il occupe une place de prosecteur à l'École de médecine de Paris jusqu'en 1813. Auditeur assidu de l'Académie des sciences, il assiste aux communications de Laplace. Dans cette période troublée, il est exempté du service militaire par décret impérial du 20 janvier 1814.
Il est élu membre de l’Académie des sciences en 1821 mais il est récusé pour la chaire de physiologie à la Faculté de médecine de Paris en 1823. En 1831, il est nommé professeur à la chaire de médecine (transformée pour l'occasion en chaire de physiologie expérimentale) du Collège de France (1831-1855). Les leçons magistrales sont composées de ses recherches en cours. Claude Bernard y sera son préparateur à partir de 1841.
Il est le fondateur du Journal de physiologie expérimentale et pathologique, qui paraît de 1821 à 1831.
Il meurt en 1855, à l'âge de soixante-douze ans, probablement d'une cardiopathie ischémique.
Travaux [modifier]
- Ses premières publications portent sur le phénomène d'absorption des « matières nutritives » . Il émet l'hypothèse d'une absorption veineuse par « attraction moléculaire » après un «tamisage qui ne devrait laisser pénétrer que les fluides les plus ténus»[1]
- Il fit la première démonstration expérimentale de la différence entre les nerfs moteurs et les nerfs sensitifs. Il précisa les découvertes faites par Charles Bell [2] et montra la distinction entre racines motrices et racines sensitives des nerfs rachidiens, les premières conduisant les influx moteurs activant les muscles, les secondes véhiculant les messages sensitifs des récepteurs de la peau et des muscles (loi de Bell-Magendie).
- En 1825, François Magendie qualifia la phrénologie de pseudo-science[3].
Certains travaux et conceptions de François Magendie suscitent cependant des controverses et des oppositions :
- La vivisection[à compléter] ;
- L'opposition à l'anesthésie et à l'utilisation du microscope ;
- La négation du caractère contagieux du choléra et de la fièvre jaune ;
- L'utilisation de substances nouvelles sur les malades de l'hôtel-Dieu de Paris ;
- Les « expériences pour voir » entraîneront une critique acerbe d'Anatole France, en comparaison du naturalisme littéraire qui mène droit à l'« imbécillité flamboyante » : «[...]un physiologiste for[t] connu dans l'histoire des sciences, le bonhomme Magendie, qui expérimenta beaucoup sans aucun profit. Il redoutait les hypothèses comme des causes d'erreur. Bichat avait du génie, disait-il, et il s'est trompé. Magendie ne voulait pas avoir de génie de peur de se tromper aussi. Or, il n'eut point de génie et ne se trompa jamais. Il ouvrait tous les jours des chiens et des lapins, mais sans aucune idée préconçue, et il n'y trouva rien, pour la raison qu'il n'y cherchait rien. Cela c'est le naturalisme dans l'ordre scientifique. Claude Bernard, qui succéda à Magendie, rendit ses droits à l'hypothèse [et] fit de vastes découvertes[4].»
Publications [modifier]
- Examen de l'action de quelques végétaux sur la moelle épinière lu à l'Institut le 24 avril 1809, 22 p., in-12 disponible sur Gallica
- Précis élémentaire de physiologie, Méquignon-Marvis (Paris), 1816, tome premier, in-8°, disponible sur Gallica
- Précis élémentaire de physiologie, Méquignon-Marvis (Paris), 1817, tome second, in-8°, disponible sur Gallica
- Recherches physiologiques et médicales sur les causes, les symptômes et le traitement de la gravelle, Méquignon-Marvis (Paris), 1818, in-8°, 91 p., disponible sur Gallica
- Recherches physiologiques et cliniques sur l'emploi de l'acide prussique ou hydro-cyanique dans le traitement des maladies de poitrine, et particulièrement dans celui de la phthisie pulmonaire, Méquignon-Marvis (Paris),1819, in-8° , 72 p., disponible sur Gallica
- Formulaire pour la préparation et l'emploi de plusieurs nouveaux médicamens, tels que la noix vomique, la morphine, l'acide prussique, la strychnine, la vératrine, les alcalis des quinquinas, l'iode,..., Méquignon-Marvis (Paris), 1822, VIII-86 p., in-12, disponible sur Gallica
- Précis élémentaire de physiologie, Méquignon-Marvis (Paris), 1836, 2 vol. in-8°, disponible sur Gallica
- Leçons sur les fonctions et les maladies du système nerveux, professées au Collège de France et recueillies et rédigées par C. James, Ébrard (Paris), 1839 Texte intégral en ligne - volume 1 et volume 2.
- Formulaire pour la préparation et l'emploi de plusieurs médicaments (1829), plusieurs éditions revues et augmentées.
- Rapport sur un bras artificiel présenté à l'Académie des sciences par M. Van Peeterssen, typogr. de Hennuyer (Batignolles),1856, in-8°, 8 p., disponible sur Gallica
Édition scientifique :
- François-Xavier Bichat : Recherches physiologiques sur la vie et la mort, Béchet jeune et Gabon, Paris, 1822, 4e édition augmentée des notes de F. Magendie.
Titres, prix et distinctions [modifier]
- 1808 : docteur en médecine
- 1821 : membre de l'Académie de médecine
- 1821 : membre de l'Académie des sciences
- 1831 : professeur au Collège de France
- Commandeur de la Légion d'honneur
- Membre de la Société philomathique de Paris
Hommages [modifier]
Son nom a été donné à plusieurs écoles dont l'école Magendie de Sannois et le lycée François-Magendie de Bordeaux, ainsi qu'au Neurocentre Magendie [5]consacré à la recherche en neurosciences. De nombreuses rues portent son nom dont la rue Magendie à Paris, une rue de Bordeaux ainsi qu'une rue de Toulouse.
Éponymie [modifier]
- foramen ou trou de Magendie[6]
- loi de Bell-Magendie[7]
- syndrome d'Hertwig-Magendie[8], [9] (skew deviation) ou strabisme oblique est un trouble de statique oculaire.
Bibliographie [modifier]
- Paul Mazliak, François Magendie. Bouillant créateur de la physiologie expérimentale au XIXe siècle, ADAPT/SNES/Herrmann, 2012
- Vial F., Rullière R. : François Magendie Texte intégral, communication présentée à la séance du 19 novembre 1983 de la Société française d'histoire de la médecine.
- Pierre Flourens : Éloge historique de François Magendie ; suivi d'une Discussion sur les titres respectifs de MM. Bell et Magendie à la découverte des fonctions distinctes des racines des nerfs, Garnier frères (Paris), 1858, 1 vol. (174 p.), in-18 disponible sur Gallica
- Claude Bernard : Fr. Magendie : leçon d'ouverture du cours de médecine du Collège de France (29 février 1856), J.-B. Baillière (Paris), 1856, 36 p., in-8 disponible sur Gallica
- Frédéric Dubois d'Amiens : Éloge de M. Magendie, Paris, impr. L. Martinet, 1855 (circa), Texte intégral
- (de) Stahnisch Frank: Ideas in Action - Der Funktionsbegriff und seine methodologische Rolle im Forschungsprogramm des Experimentalphysiologen François Magendie (1783 - 1855), Münster, 2003, 295 p. : ill., graph. ISBN : 3-8258-6380-8
- (en) Percy M. Dawson : A Biography of Francois Magendie, Medical Library and Historical Journal. 1906 March; 4(1): 45–56.Texte intégral
- (en) Percy M. Dawson : A Biography of Francois Magendie, Med Library Hist J. 1906 Jun;4(2):198-206. Texte intégral
- (en) Percy M. Dawson : A Biography of Francois Magendie, Medical Library and Historical Journal. 1906 September; 4(3): 292–306. Medical Library and Historical Journal. 1906 September; 4(3): 292–306. Texte intégral
- (en) Percy M. Dawson : A Biography of Francois Magendie, Medical Library and Historical Journal. 1906 December; 4(4): 364–377. Texte intégral
- (en) Percy M. Dawson : A Biography of Francois Magendie, Medical Library and Historical Journal. 1907 March; 5(1): 24–33 Texte intégral.
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
Notes et références [modifier]
- Frédéric Dubois d'Amiens : Éloge de M. Magendie, Paris, Impr. L. Martinet, 1855 (circa), Texte intégral
- Cæsar H. Hawkins : Sir Charles Bell and M. Magendie on the Functions of the Spinal Nerves, Br Med J. 1869 January 9; 1(419): 21–23 Texte intégral
- François Magendie, Précis élémentaire de Physiologie, t. 1, Paris, Méquignon-Marvis, Libraire-éditeur, 1825, 2e éd. (1re éd. 1816) [lire en ligne], p. 202
- Anatole France : La Vie littéraire 2e sér., Calmann-Lévy (Paris),19.., p. 306 disponible sur Gallica
- Le Neurocentre Magendie de Bordeaux
- (en) The foramen of Magendie Texte intégral Gordon Brocklehurst at Badgerwood March 2004.
- Fredericq Léon : La loi de Magendie au meeting de Portsmouth de la British Association in : Revue générale des sciences pures et appliquées, Doin, Paris, 1912, p.462 Texte intégral
- Magendie F. : Précis de physiologie,3e éd., Paris, 1833, p 380
- (en) Michael C. Brodsky, Sean P. Donahue, Michael Vaphiades, Thomas Brandt : Skew Deviation Revisited, Survey of Ophthalmology - Mars 2006 (Vol. 51, Issue 2, pages 105-128, DOI: 10.1016/j.survophthal.2005.12.008) Texte intégral
Liens externes [modifier]
- François Magendie dans BIUM.
- François Magendie, Célébrations nationales 2005 du site du ministère de la Culture et de la Communication.
- Portraits et médailles représentant François Magendie dans la Banque d'images de la BIUM
- Les articles de 1822 de Magendie sur les nerfs rachidiens en ligne et commentés sur BibNum.
- (en) Biographie et référence bibliographiques aux sources numériques dans le projet VLP de l’Institut Max-Planck d'histoire des sciences.
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- Professeur au Collège de France
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