François Magendie

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François Magendie

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François Magendie

Naissance 6 octobre 1783
Bordeaux
Décès 7 octobre 1855 (à 72 ans)
Sannois
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Distinctions

François Magendie, né à Bordeaux le 6 octobre 1783 et mort à Sannois (Seine-et-Oise ) le 7 octobre 1855, est un médecin et un physiologiste français. Il est le fils d'Antoine Magendie (chirurgien à Bordeaux) et de Nicole de Perey de Launay. Il exerça la médecine à l'hôtel-Dieu de Paris et à l'hôpital de la Salpêtrière avant d'occuper la première chaire de physiologie expérimentale du Collège de France. Il est considéré comme un des pionniers de la physiologie expérimentale moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, adepte des thèses de Jean-Jacques Rousseau (ce qui lui vaudra de n'apprendre à lire qu'à l'âge de dix ans !), l'oblige à poursuivre des études médicales. Il perd sa mère à neuf ans. Il commence sa scolarité à Bordeaux – interrompue par la Révolution – avant que sa famille ne s'établisse à Paris. Là, il suit son père dans les hôpitaux et les amphithéâtres de la Faculté de Médecine de Paris. À l'âge de 16 ans, il est initié à l'anatomie et à la dissection par Alexis de Boyer, chirurgien à l'hôtel-Dieu de Paris. Très tôt, il est reçu interne des hôpitaux lors de son premier concours (17 floréal de l'an XI, c'est-à-dire le 27 avril 1803). Il mène alors de front des études d'anatomie et des études littéraires, abordant notamment le latin. L'attrait pour les phénomènes physiques l'oriente rapidement vers la physiologie. Il proclame vouloir jeter de nouvelles bases cette science naissante et encore mal définie. Dès ses premières publications, il s'oppose au vitalisme défendu par Bichat.

Dès 1807, il occupe le poste d'aide d'anatomie. En 1808, à l'âge de vingt-cinq ans, il soutient une thèse de doctorat en médecine, abordant deux sujets distincts : la fracture des côtes et les usages du voile du palais. Après son internat, il occupe une place de prosecteur à l'École de médecine de Paris jusqu'en 1813. Auditeur assidu de l'Académie des sciences, il assiste aux communications de Laplace. Dans cette période troublée, il est exempté du service militaire par décret impérial du 20 janvier 1814.

Il est élu membre de l’Académie des sciences en 1821 mais il est récusé pour la chaire de physiologie à la Faculté de médecine de Paris en 1823. En 1831, il est nommé professeur à la chaire de médecine (transformée pour l'occasion en chaire de physiologie expérimentale) du Collège de France (1831-1855). Les leçons magistrales sont composées de ses recherches en cours. Claude Bernard y sera son préparateur à partir de 1841.

Il est le fondateur du Journal de physiologie expérimentale et pathologique, qui paraît de 1821 à 1831.

Il meurt en 1855, à l'âge de soixante-douze ans, probablement d'une cardiopathie ischémique.

Travaux[modifier | modifier le code]

  • Ses premières publications portent sur le phénomène d'absorption des « matières nutritives » . Il émet l'hypothèse d'une absorption veineuse par « attraction moléculaire » après un «tamisage qui ne devrait laisser pénétrer que les fluides les plus ténus»[1]

Certains travaux et conceptions de François Magendie suscitent néanmoins des controverses et des oppositions :

  • La vivisection[à compléter] ;
  • Son opposition à l'anesthésie et à l'utilisation du microscope ;
  • Sa négation du caractère contagieux du choléra et de la fièvre jaune ;
  • L' utilisation de substances nouvelles sur les malades de l'hôtel-Dieu de Paris ;
  • Ses « expériences pour voir » entraîneront une critique acerbe d'Anatole France, en comparaison du naturalisme littéraire qui mène droit à l'« imbécillité flamboyante » : «[...]un physiologiste for[t] connu dans l'histoire des sciences, le bonhomme Magendie, qui expérimenta beaucoup sans aucun profit. Il redoutait les hypothèses comme des causes d'erreur. Bichat avait du génie, disait-il, et il s'est trompé. Magendie ne voulait pas avoir de génie de peur de se tromper aussi. Or, il n'eut point de génie et ne se trompa jamais. Il ouvrait tous les jours des chiens et des lapins, mais sans aucune idée préconçue, et il n'y trouva rien, pour la raison qu'il n'y cherchait rien. Cela c'est le naturalisme dans l'ordre scientifique. Claude Bernard, qui succéda à Magendie, rendit ses droits à l'hypothèse [et] fit de vastes découvertes[4]

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • Examen de l'action de quelques végétaux sur la moelle épinière lu à l'Institut le 24 avril 1809, 22 p., in-12 disponible sur Gallica.
  • Précis élémentaire de physiologie, Méquignon-Marvis (Paris), 1816, tome premier, in-8°, disponible sur Gallica.
  • Précis élémentaire de physiologie, Méquignon-Marvis (Paris), 1817, tome second, in-8°, disponible sur Gallica.
  • Recherches physiologiques et médicales sur les causes, les symptômes et le traitement de la gravelle, Méquignon-Marvis (Paris), 1818, in-8°, 91 p., disponible sur Gallica.
  • Recherches physiologiques et cliniques sur l'emploi de l'acide prussique ou hydro-cyanique dans le traitement des maladies de poitrine, et particulièrement dans celui de la phthisie pulmonaire, Méquignon-Marvis (Paris), 1819, in-8° , 72 p., disponible sur Gallica.
  • Formulaire pour la préparation et l'emploi de plusieurs nouveaux médicamens, tels que la noix vomique, la morphine, l'acide prussique, la strychnine, la vératrine, les alcalis des quinquinas, l'iode..., Méquignon-Marvis (Paris), 1822, VIII-86 p., in-12, disponible sur Gallica
  • Précis élémentaire de physiologie, Méquignon-Marvis (Paris), 1836, 2 vol. in-8°, disponible sur Gallica.
  • Formulaire pour la préparation et l'emploi de plusieurs médicaments (1829), plusieurs éditions revues et augmentées.
  • Rapport sur un bras artificiel présenté à l'Académie des sciences par M. Van Peeterssen, typogr. de Hennuyer (Batignolles), 1856, in-8°, 8 p., disponible sur Gallica

Édition scientifique :

  • François-Xavier Bichat : Recherches physiologiques sur la vie et la mort, Béchet jeune et Gabon, Paris, 1822, 4e édition augmentée des notes de F. Magendie.

Titres, prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Son nom a été donné à plusieurs écoles dont l'école Magendie de Sannois et le lycée François-Magendie de Bordeaux, ainsi qu'au Neurocentre Magendie[5] de Bordeaux consacré à la recherche en neurosciences. De nombreuses rues et places portent son nom dont la rue Magendie à Paris, une à Bordeaux, une à Lormont et à Toulouse.

Éponymie[modifier | modifier le code]

  • loi de Bell-Magendie[7]
  • syndrome d'Hertwig-Magendie[8], [9] (skew deviation) ou strabisme oblique est un trouble de statique oculaire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Mazliak, François Magendie. Bouillant créateur de la physiologie expérimentale au XIXe siècle, ADAPT/SNES/Herrmann (Paris), 2012.
  • « Magendie jugé par Anatole France. - Magendie thérapeute. - Magendie et la question des vitamines », in: Le progrès médical 1921, partie 1, p. 30, Texte intégral.
  • J. Lafont : « François Magendie (1783-1855) », in: Le progrès médical , 24 octobre 1945, p. 343-5, Texte intégral.
  • Société française d'histoire de la médecine:: séance exceptionnelle du 19 novembre 1983. « Présence et actualité de François Magendie (1783-1855) », in: Histoire de la médecine, 1983, 17 (4), p. 313-320, Texte intégral
  • Henri Bonnemain « François Magendie et ses perspectives pharmacologiques », in: 'Histoire de la médecine, 1983, 17 (4), p. 333-344, Texte intégral.
  • Georges Dillemann: « L'éloge de Magendie par Claude Bernard » in: Histoire de la médecine, 1983, 17 (4), p. 345-350, Texte intégral.
  • Yves Laporte: « La sensibilité récurrente des racines rachidiennes antérieures », in: Histoire de la médecine, 1983, 17 (4), p. 351-356, Texte intégral.
  • Georgette Legée: « La place de Magendie dans la physiologie expérimentale du système nerveux », in: Histoire de la médecine, 1983, 17 (4), p. 357-366, intégral.
  • Alain Rérat: « Naissance et évolution des connaissances sur le métabolisme azoté et l'urée », in: Histoire de la médecine, 1990, 24 (2), p. 141-150, Texte intégral.
  • Jean Théodoridès: « Magendie et la pathologie infectieuse » [Magendie and infectious pathology], in: Histoire de la médecine, 1983, 17 (4), p. 367-380, Texte intégral.
  • Jean Théodoridès: « Présence et actualité de François Magendie » - Introduction, in: Histoire de la médecine, 1983, 17 (4), p. 321-322, Texte intégral.
  • Vial F., Rullière R. : François Magendie Texte intégral, communication présentée à la séance du 19 novembre 1983 de la Société française d'histoire de la médecine.
  • M. P. Menetrier: « Documents inédits concernant Magendie », in: Bulletin de la Société française d'histoire de la médecine, 1926, no 20, p. 251-58, Texte intégral.
  • Pierre Flourens : Éloge historique de François Magendie ; suivi d'une Discussion sur les titres respectifs de MM. Bell et Magendie à la découverte des fonctions distinctes des racines des nerfs, Garnier frères (Paris), 1858, 1 vol. (174 p.), in-18 disponible sur Gallica.
  • Claude Bernard : Fr. Magendie : leçon d'ouverture du cours de médecine du Collège de France (29 février 1856), J.-B. Baillière (Paris), 1856, 36 p., in-8 disponible sur Gallica.
  • (de) Stahnisch Frank: Ideas in Action - Der Funktionsbegriff und seine methodologische Rolle im Forschungsprogramm des Experimentalphysiologen François Magendie (1783 - 1855), Münster, 2003, 295 p. : ill., graph. ISBN 3-8258-6380-8.
  • (en) Percy M. Dawson : A Biography of Francois Magendie, Medical Library and Historical Journal. 1906 March; 4(1): 45–56.Texte intégral.
  • (en) Percy M. Dawson : A Biography of Francois Magendie, Med Library Hist J. 1906 Jun;4(2):198-206. Texte intégral.
  • (en) Percy M. Dawson : A Biography of Francois Magendie, Medical Library and Historical Journal. 1906 September; 4(3): 292–306. Medical Library and Historical Journal. 1906 September; 4(3): 292–306. Texte intégral.
  • (en) Percy M. Dawson : A Biography of Francois Magendie, Medical Library and Historical Journal. 1906 December; 4(4): 364–377. Texte intégral.
  • (en) Percy M. Dawson : A Biography of Francois Magendie, Medical Library and Historical Journal. 1907 March; 5(1): 24–33 Texte intégral.
  • (en) Fenton Paul F.: «François Magendie (October 6, 1783–October 7, 1855)», in: The Journal of Nutrition, 1951, vol. 43, no 1, p. 1-15. Texte intégral en ligne

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Dubois d'Amiens : Éloge de M. Magendie, Paris, Impr. L. Martinet, 1855 (circa), Texte intégral
  2. Cæsar H. Hawkins : Sir Charles Bell and M. Magendie on the Functions of the Spinal Nerves, Br Med J. 1869 January 9; 1(419): 21–23 Texte intégral
  3. François Magendie, Précis élémentaire de Physiologie, t. 1, Paris, Méquignon-Marvis, Libraire-éditeur,‎ 1825, 2e éd. (1re éd. 1816) (lire en ligne), p. 202
  4. Anatole France : La Vie littéraire 2e sér., Calmann-Lévy (Paris), 19.., p. 306 disponible sur Gallica
  5. Site officiel du Neurocentre Magendie.
  6. (en) The foramen of Magendie Texte intégral Gordon Brocklehurst at Badgerwood March 2004.
  7. Fredericq Léon : La loi de Magendie au meeting de Portsmouth de la British Association in : Revue générale des sciences pures et appliquées, Doin, Paris, 1912, p. 462 Texte intégral
  8. Magendie F. : Précis de physiologie, 3e éd., Paris, 1833, p. 380
  9. (en) Michael C. Brodsky, Sean P. Donahue, Michael Vaphiades, Thomas Brandt : Skew Deviation Revisited, Survey of Ophthalmology - Mars 2006 (Vol. 51, Issue 2, pages 105-128, DOI: 10.1016/j.survophthal.2005.12.008)Texte intégral

Liens externes[modifier | modifier le code]

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