Physique théorique

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Ralph Kronig (1904-1995) professeur de physique théorique en 1928 à l'université de technologie de Delft (Pays-Bas)

La physique théorique est la branche de la physique qui étudie l’aspect théorique des lois physiques et en développe le formalisme mathématique. C'est dans de ce domaine qu'on y crée les théories, les équations et les constantes en rapport avec la physique.

Elle constitue un champ d'études intermédiaire entre la physique expérimentale et les mathématiques, et a souvent contribué au développement de l’une comme de l’autre.

La physique théorique ne doit pas être confondue avec la physique mathématique, cette branche des mathématiques qui se propose de rendre entièrement rigoureux les énoncés souvent vagues des théoriciens[1].

Théories et modèles[modifier | modifier le code]

Lev Landau (1908-1968), physicien théoricien russe

La physique théorique essaie de décrire le monde en réalisant des modèles de la réalité, utilisé afin de rationaliser, d'expliquer et de prédire des phénomènes physiques à travers une « théorie physique ». Il y a en physique trois types de théories : des théories fondamentales, des théories proposées mais non validées, et des théories marginales (mauvaise traduction de « mainstream theories, proposed theories and fringe theories »).

Certaines théories physiques sont confirmées par l'observation alors que d'autres ne le sont pas. Une théorie physique est un modèle d'évènements physiques et ne peut pas être prouvée à partir d'axiomes de base ; en cela une théorie physique diffère d'un théorème mathématique. Les théories physiques modélisent la réalité et sont à la fois un reflet des observations, et une source de prédiction d'observations nouvelles.

Les théories physiques peuvent être acceptées lorsqu'elles permettent à la fois de faire des prédictions correctes et d'éviter de faire des prédictions erronées. Les théories physiques les plus simples sont le plus souvent préférées à celles qui sont complexes, conformément à la règle connue sous le nom de « rasoir d'Ockham ». Les théories physiques les plus susceptibles d'acceptation sont celles qui relient une grande quantité de phénomènes. Le processus de test d'une théorie physique fait partie de la méthode scientifique.

Quelques théories[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous rassemble des théories qui n'ont pas été contredites en date de 2010. Les théories communément acceptées sont en vert, les théories spéculatives sont en beige. Elles sont classées par date. Deux théories communément acceptées peuvent donner des résultats différents : par exemple, la mécanique newtonienne sera moins précise que la théorie de la relativité générale en cosmologie. Chaque théorie a son propre domaine d'application (ainsi, la relativité restreinte permet d'étendre ce domaine aux vitesses proches de la vitesse de la lumière).

Théorie Inventeur Outils de modélisation Domaine d'application
Mécanique classique Newton (XVIIe siècle) Géométrie euclidienne en 3D

Temps

Petites vitesses (<< c)

Échelles moyennes (~ 1 m)

Relativité restreinte Einstein (1905) Espace-temps (Espace de Minkowski en 4D, plat) Grandes vitesses
Relativité générale Einstein (1915) Géométrie non euclidienne en 4D Grandes échelles (cosmologie)
Mécanique quantique

Théorie quantique des champs

Planck, Born, Dirac, Heisenberg, Schrödinger,

Bohr, Pauli,etc. (1927)

Univers quantifié

Fonction d'onde

Petites échelles

Petites vitesses

  • Interactions dérivant de champs
Électrodynamique quantique Tomonaga, Schwinger,

Feynman (1960)

Univers quantifié Petites échelles
Force électrofaible Glashow, Salam,

Weinberg (1967)

Modèle standard 1970 Quantification Petites échelles
Chromodynamique quantique Politzer, Wilczek, Gross (1973) Quantification Petites échelles
Théorie de la Grande unification Glashow, Georgi (1973)
Gravitation quantique à boucles Carlo Rovelli,Lee Smolin, Abhay Ashtekar(1986) Géométrie non euclidienne en 4D

Quantification

Petites échelles
Théories des cordes Veneziano (1968) Nambu, Nielsen, Susskind (1970)
Théorie M Witten (1995) Extension non-perturbative de la théorie des cordes (projet)

Notons enfin qu'on appelle :

Divers[modifier | modifier le code]

La position particulière de la physique théorique à la croisée des mathématiques et de la physique a conduit le mathématicien français Souriau à en proposer cette définition amusante[non neutre] :

« La physique théorique est l'alliance de la physique sans l'expérience, et des mathématiques sans la rigueur »[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette tâche est d'ailleurs souvent particulièrement ardue : par exemple les mathématiciens ne savent toujours pas démontrer que les équations de Navier-Stokes de la mécanique des fluides écrites au XIXe siècle possèdent des solutions régulières. Il n'existe pas non plus de construction mathématique rigoureuse de la théorie de Yang Mills expliquant le confinement des quarks. Ce sont d'ailleurs deux des sept problèmes du Prix du millénium, dotés chacun d'un prix d'un million de dollars par l'institut de mathématiques Clay.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • LPTMS Laboratoire de Physique Théorique et Modèles Statistiques
  • LPT – Toulouse Laboratoire de Physique Théorique – Toulouse