Éloquence

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Le terme d’éloquence renvoie à deux significations principales [1] :

  1. L'art, le talent de bien parler, l'aptitude à s'exprimer avec aisance, capacité d'émouvoir, de persuader par la parole.
  2. Le caractère de ce qui -sans paroles- est expressif, significatif, probant : Comme dans l'expression « l'éloquence des chiffres ».

Le père Louis Bourdaloue est considéré comme l'un des fondateurs de l'éloquence française.

Cicéron est lui compté comme le meilleur orateur de l'antiquité !

Représentation allégorique[modifier | modifier le code]

Allégorie de l'Éloquence Parlement de Bretagne

Éloquence politique[modifier | modifier le code]

Les discours politiques, notamment ceux prononcés devant le parlement, peuvent être l'occasion de manifester une éloquence : Voir en particulier le site | de l'Assemblée Nationale française où sont proposés quelques uns de ces textes qui ont laissé une trace dans les mémoires.

Éloquence sacrée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éloquence sacrée.

Éloquence judiciaire[modifier | modifier le code]

Voir l'« Éloquence et improvisation ; Art de la parole oratoire au barreau, à la tribune, à la chaire », par Gorgias (alias Eugène Paignon)[2]

Éloquence de commémoration[modifier | modifier le code]

L'exemple de ce type d'éloquence peut être donné par l'allocution prononcée le 19 décembre 1964 par André Malraux lors de l'entrée au Panthéon de Jean Moulin. Le discours solennel et émouvant évoque « le symbole » de l'héroïsme français, de toute la Résistance à lui seul en l'associant à tous les Résistants français, héros de l'ombre, connus et inconnus, qui ont permis de libérer la France au prix de leur souffrance, de leur vie, et de leur idéologie de liberté :

« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique,
Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège.
avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ;
avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration,
avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses
avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres.
Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle — nos frères dans l'ordre de la Nuit… »
« C'est la marche funèbre des cendres que voici.
À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II,
de celles de Victor Hugo avec les Misérables,
de celles de Jaurès veillées par la Justice,
qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées .
Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ;
Ce jour-là, elle était le visage de la France... »

Ce discours légendaire fut suivi de façon magistrale et grandiose par le chant des Partisans interprété par une grande chorale devant le Panthéon.
Prononcé dans des conditions de prise de son difficile (le vent soufflait fort) le discours est notamment retransmis en direct dans de nombreux lycées. Les enregistrements réalisés peuvent être entendus à l'audiothèque du centre Georges-Pompidou ainsi que sur le site de l'INA[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire Larousse
  2. Cotillon éditeur, Paris 1846, 478p.
  3. Discours sur le site de l'INA.

Voir aussi[modifier | modifier le code]