Bronisław Geremek

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Bronisław Geremek

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Bronisław Geremek, né Benjamin Lewertow est un historien médiéviste et homme politique polonais, né à Varsovie le et mort le près de Lubień (à Nowy Tomyśl, Pologne).

Biographie[modifier | modifier le code]

Juif rescapé du ghetto de Varsovie dont il s’est échappé en 1943[1], Bronisław Geremek adhère en 1950 au Parti ouvrier unifié polonais (communiste, au pouvoir) et le quitte en 1968 après l’invasion de la Tchécoslovaquie.

En 1954, il est diplômé d'histoire de l'université de Varsovie. Il étudie en France en 1956-1957, à l’École pratique des hautes études. Fin 1962, il prend la direction du Centre de civilisation polonaise qui vient d’être créé à la Sorbonne, qu'il conserve jusqu'en 1965. Dans ces années-là, il rejoint le courant dit « révisionniste » du Parti communiste français.

À l'époque, il est marxiste convaincu, mais prend toutefois ses distances avec les partis communistes quand les chars soviétiques mettent fin au printemps de Prague. De 1965 à 1980, il enseigne à l’université de Varsovie. Passé dans l’opposition et participant aux activités du Comité de défense des ouvriers (KOR), il assiste aux grandes grèves de Gdańsk en 1980 et rejoint le mouvement syndical Solidarność. Il fait partie des négociateurs "intellectuels" avec Tadeusz Mazowiecki que Walesa voulait à ses côtés pour négocier avec les autorités, ce qui aboutit à l'Accord de Gdansk (31 août 1980). Il y incarne le collectivisme autogestionnaire antistalinien. Il se lie aux milieux intellectuels catholiques et devient conseiller personnel de Lech Wałęsa. Á la suite du coup d’État du général Jaruzelski en 1981, il est interné durant deux ans et demi[2].

Après sa libération, il est l'un des animateurs d'un comité pour la sortie pacifique du communisme et sera l'un des négociateurs du compromis du printemps 1989 qui prévoit la constitution d'un parlement à deux chambres, le Sénat, pour lequel les candidatures seront libres et le Sejm pour lequel le Parti Communiste se réserve les deux-tiers des sièges. À la suite des élections qui suivent, il est élu président du groupe parlementaire Solidarité au Sejm. Après l’effondrement des régimes communistes d'Europe centrale, il est élu député au Parlement polonais (Sejm) et devient ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2000 et, en parallèle, président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe en 1998.

Après avoir été élu aux élections européennes de juin 2004 sous les couleurs de son parti, l’Union des libertés (Pologne) (UW), il présente sa candidature au poste de président du Parlement européen. Soutenue par les Libéraux et les Verts pour sa portée emblématique, sa candidature dérangeait la droite et la gauche du Parlement. Finalement, le 20 juillet 2004, c'est le socialiste Josep Borrell qui est élu avec 388 voix ; Bronislaw Geremek a obtenu 208 voix (alors que l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe ne compte que 88 membres et les Verts qui le soutenaient 42 députés).

Ses activités politiques ne l’empêchent pas d'exercer un rôle important au sein du Collège d'Europe de Bruges et de Natolin : le campus polonais, créé en 1993 dans un ancien château près de Varsovie, sur le modèle de celui de Bruges qui prépare des étudiants en fin d'études, de nationalités différentes, aux carrières européennes. Il y dirige la chaire de Civilisation européenne. En 1992-93, il assure au Collège de France un cours sur l'« Histoire sociale, exclusions et solidarité ».

Il a obtenu le Prix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle.

D'après la liste arrêtée au 11 novembre 2003, il est membre du Comité d'orientation scientifique de l'association fondée par Michel Rocard et Dominique Strauss-Kahn, À gauche en Europe.

En 2004, il devient vice-président du Conseil de surveillance de la Fondation pour l'innovation politique.

En 2006, il succède au professeur Henri Rieben comme président de la Fondation Jean-Monnet pour l'Europe. À ce titre, il préside à de régulières manifestations au siège de fondation à Lausanne, telle la remise de la médaille d'or à l'ancien chancelier allemand Helmut Kohl, le 25 janvier 2007.

En avril 2007, il refuse de se conformer à une loi de "lustration" votée en Pologne en octobre 2006, imposant aux personnalités publiques de déclarer leurs éventuelles anciennes activités avec la police secrète communiste. Il est en conséquence menacé d'être déchu de son mandat de député européen. Bronisław Geremek avait pourtant lui-même voté une loi similaire qui date du 11 avril 1997 (sous le gouvernement de centre-gauche de Włodzimierz Cimoszewicz) et avait même signé sa déclaration en 2002 (obligatoire tous les 5 ans), précisant qu'il n'avait pas collaboré avec les services secrets. Au moment où il est venu étudier puis travailler en France, les services polonais exigeaient des ressortissants polonais quittant légalement le territoire qu'ils collaborent avec les services secrets, mais il est possible que cette collaboration n'ait jamais été effective.

La position de refus de Bronisław Geremek contre la nouvelle loi de lustration porte sur la procédure qui fait intervenir un institut indépendant dépositaire des archives de la police secrète, au lieu de reposer sur des procédures judiciaires plus habituelles, censées mieux garantir les libertés individuelles et les droits de la défense. De nombreuses personnalités et mouvements politiques européens ont apporté leur soutien à Bronisław Geremek. Mais certains membres, comme le Britannique Daniel Hannan, le soupçonnent d'avoir voulu instrumentaliser la situation pour monter le parlement contre la coalition de droite au pouvoir.

Le 11 mai 2007, la Cour constitutionnelle de la Pologne a rejeté la majeure partie de cette nouvelle loi et notamment la clause qui aurait obligé près de 700 000 personnes à signer des déclarations certifiant qu'elles n'avaient jamais collaboré avec les services secrets de l'ancien régime.

Il décède tragiquement dans un accident de voiture le dans l'Ouest de la Pologne, près de Lubień[3]. Il avait coorganisé ...pour le lendemain (!), avec les diplomates Dr Seán Ó Riain (IRL) et Jozef Reinvart (CZ) et la députée européenne Ljudmila Novak (SLO), une discussion informelle au Parlement sur le thème "Espéranto : ami ou ennemi du plurilinguisme ?", afin de faire entrer l'espéranto dans l'arène politique du Parlement Européen et ensuite mettre en place un groupe trans-parti de députés favorables au rôle propédeutique que l'espéranto peut généralement jouer dans l'apprentissage des langues. Ce débat eu cependant lieu avec la participation de plusieurs parlementaires et assistants[réf. nécessaire].

Distinctions et honneurs[modifier | modifier le code]

M. Geremek s'est vu décerner le PRIX DE LA FONDATION

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

"On s'est consacré à faire l'Europe, maintenant il faut se consacrer aux Européens"[6]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décès de Bronislaw Geremek, sur le site de France Soir.
  2. Hélène Despic-Popovicet Maja Zoltowska, Bronislaw Geremek, une vie de Solidarité avec la Pologne, in Libération, 14/07/2008, article en ligne
  3. « L'ancien dissident polonais Bronislaw Geremek est mort », LeMonde.fr avec Agence France-Presse, 13 juillet 2008
  4. (pl) Doktorzy honoris causa, sur le site de l'université Jagellonne
  5. Docteur honoris causa de l'Université Lyon 2 en 2005
  6. souvent rapportée comme une citation de Geremek par sa collègue du Parlement Nathalie Griesbeck. Il renforce indirectement l'idée dans cette vidéo également http://www.dailymotion.com/relevance/search/geremek+europe/video/x5dcxo_bronislaw-geremek-le-rendezvous-des_news

Liens externes[modifier | modifier le code]