Collegium Trilingue

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50° 52′ 52″ N 4° 42′ 01″ E / 50.88111, 4.70028 ()

Façade actuelle du "Collegium Trilingue" à Louvain, année 2010.

Le Collegium Trilingue est une institution académique indépendante issue d'un groupe d'humanistes de l'entourage d'Érasme qui voulaient suppléer à l'enseignement jugé par eux dépassé dans le domaine des lettres de l'Université de Louvain. Il a été fondé en 1517 grâce au mécénat de l'humaniste belge Jérôme de Busleyden, en latin Hieronymus Buslidius.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Le Collegium Trilingue est souvent appelé aussi Collegium trium linguarum[1] dit aussi du nom de son créateur Collegium Buslidianum ou encore en français Collège des Trois-Langues et en flamand Dry tonghen.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Collegium Trilingue, en fait inspiré par Érasme qui était l'ami de Busleyden, fut inauguré en septembre 1518. C'était l'un des nombreux collèges, pédagogies et fondations qui unies corporativement, mais gardant leur autonomie, et agréées par les autorités académiques, formaient cette nébuleuse qu'était l'Université des Études de Louvain (Universitas studiorum) ou l'université de Louvain qui les chapeautait. Le mot Universitas, rappelons-le, avait à l'époque toujours son sens de « corporation. »

Ce collège avait été fondé par un groupe d'humanistes qui voulaient répandre l'humanisme et le renouveau des belles-lettres qui n'étaient pas en faveur à l'Université. Ils promouvaient l'enseignement des trois langues anciennes : le latin, le grec et l'hébreu.

Certes, comme l'écrit Léon E. Halkin[2], « Érasme n'enseigne pas lui-même, mais il recrute les meilleurs maîtres de latin, de grec et d'hébreu. Cette tâche lui convient admirablement. Elle plaît moins à ses adversaires de la faculté de théologie qui voient s'installer en face d'eux les disciples d'Érasme, partisans d'une rénovation de la théologie par l'étude des trois langues sacrées. »

Suivant ce modèle François Ier fonda en 1530, le Collège royal (actuel Collège de France). Il chercha à y attirer Érasme qui déclina l'offre.

Maîtres de Latin[modifier | modifier le code]

Maîtres de Grec[modifier | modifier le code]

Maîtres d'hébreu[modifier | modifier le code]

  • 1518-1519 Mattheus Adrianus
  • 1519-1519 Robertus Wackfeldus
  • 1519-1519 Robertus Shirwodus
  • 1520-1531 Johannes Campensis
  • 1532-1568 Andreas Gennepius
  • 1568-1569 Johannes Guilielmus Harlemicus
  • 1569-1577 Petrus Pierius a Smenga
  • 1612-1655 Valerius Andreas
  • 1656-1679 Joannes Sauterus
  • 1679-1704 Jean Herrys
  • 1704-1723 Jean Guillaume van Hove
  • 1726-1750 Gilbert Joseph Hagen
  • 1755-1772 Jean-Noël Paquot
  • 1774-1782 Gerard Deckers
  • 1782-1786 Joseph Benoit de Mazière
  • 1790-1797 Étienne Heuschling, devint ensuite professeur à l'Université d'État de Louvain.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix Nève, Mémoire historique et littéraire sur Le Collége (sic) des Trois-Langues à l'Université de Louvain, M. Hayez, Bruxelles, 1856 [lire en ligne]
  • (en) Henry de Vocht, « History of the foundation and the rise of the Collegium Trilingue Lovaniense : 1517-1550 », Humanistica Lovaniensia, no 10-13,‎ 1951-1955
  • Henry de Vocht, Les Débuts du Collège Trilingue de Louvain, 1517-1550, Uytspruyt, Louvain, 1958 (OCLC 82380422)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire universelle de Jacques-Auguste de Thou: depuis 1543 jusqu'en 1607, traduite sur l'édition latine de Londres, Londres, 1734, p. 187: « Jérôme Busleiden fonda ce Collège au commencement du seizième siècle, pour y enseigner le Latin, le Grec et l'Hébreu. On l'appelle pour cela Collegium trium linguarum, et en Flamand dry tonghen. »
  2. Léon E. Halkin, Érasme parmi nous, Paris, Fayard, 1987, pp. 174-175.