Claudio Magris

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Claudio Magris, Varsovie (Pologne), 2005

Claudio Magris, né à Trieste le 10 avril 1939, est un écrivain, germaniste, universitaire et journaliste italien, héritier de la tradition culturelle de la Mitteleuropa qu'il a contribué à définir.

Il est notamment l'auteur de Danube (1986), un essai-fleuve où il parcourt le Danube de sa source allemande (en Forêt Noire à la mer Noire, en traversant l'Europe centrale, et de Microcosmes (1997), portrait de quelques lieux dispersés dans neuf villes européennes différentes. Il est également chroniqueur pour le Corriere della Sera.

Il a été sénateur de 1994 à 1996. En 2001-2002, il a assuré un Cours au Collège de France sur le thème « Nihilisme et mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne ».

Ses livres érudits connaissent un très grand succès public et critique. Magris a ainsi reçu plusieurs prix prestigieux couronnant son œuvre, comme le prix Erasme en 2001 et le prix Prince des Asturies en 2004, qui entend récompenser en lui « la meilleure tradition humaniste et [...] l'image plurielle de la littérature européenne du début du XXIe siècle ; [...] le désir de l'unité européenne dans sa diversité historique[1]. » Claudio Magris est également régulièrement cité depuis plusieurs années comme possible lauréat du prix Nobel de littérature[2].

« Comme Ulysse, il cherche de n'être personne, pour sauver de toute prise du pouvoir quelque chose de sien, une vie à lui : lisse, cachée, marginale, mais sienne[3] »

[modifier] Ouvrages publiés en français

  • Le Mythe et l'empire dans la littérature autrichienne moderne (Il mito asburgico nella letteratura austriaca moderna, 1963), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard, coll. « L'Arpenteur »,
  • Trieste : une identité de frontière (Itaca e oltre e Trieste. Un'identità di frontiera, 1982), en collaboration avec Angelo Ara, trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Le Seuil, 1991
  • Enquête sur un sabre (Illazioni su una sciabola, 1984), trad. Marie-Anne Toledano, Desjonquères, coll. « Les chemins de l'Italie », 1987
  • L'Anneau de Clarisse. Grand style et nihilisme dans la littérature moderne (L'anello di Clarisse, 1984), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, L'Esprit des péninsules, 2003
  • Danube (Danubio, 1986), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard, coll. « L'Arpenteur », 1988 - Prix Bagutta 1987
  • Stadelmann (Stadelmann, 1988), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Scandéditions, 1993
  • Une autre mer (Un altro mare, 1991), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard, coll. « L'Arpenteur », 1993. Ce livre prend pour héros un ami du philosophe Carlo Michelstaedter, auteur de La Persuasion et la Rhétorique et qui s'est suicidé à 23 ans. L'ami du philosophe voudrait apprendre à vivre selon la Persuasion.
  • Les Voix (Le voci, 1995), trad. Karin Espinosa, Descartes & Cie, 2002
  • Microcosmes (Microcosmi, 1997), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard, coll. « L'Arpenteur », 1998 - Prix Strega 1997
  • Utopie et désenchantement (Utopia e disincanto. Saggi 1974-1998, 1999), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard, coll. « L'Arpenteur », 2001
  • L'Exposition (La mostra, 2001), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard, coll. « L'Arpenteur », 2003
  • Nihilisme et mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne (leçon inaugurale faite le 25 octobre 2001, Collège de France, chaire européenne), Collège de France, 2001
  • Déplacements (chroniques du Corriere della Sera, 1981-2000), trad. Françoise Brun, La Quinzaine Litteraire, coll. « Voyager avec... », 2003
  • Trois Orients. Récits de voyages (L'infinito viaggiare, 2005), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Payot & Rivages, coll. « Rivages poche / Petite bibliothèque », 2006
  • À l'aveugle (Alla Cieca, 2005), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard, coll. « L'Arpenteur », 2006
  • Vous comprendrez donc (Lei dunque capirà, 2006), trad. Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard, coll. « L'Arpenteur », 2008

[modifier] Prix et récompenses

[modifier] Notes et références

  1. «Reunido en Oviedo el Jurado del Premio Príncipe de Asturias de las Letras 2004 [...], acuerda conceder el premio a D. Claudio Magris. Claudio Magris encarna en su escritura la mejor tradición humanista y representa la imagen plural de la literatura europea al comienzo del siglo XXI. Una Europa diversa y sin fronteras, solidaria y dispuesta al diálogo de culturas. En sus libros muestra Magris, con poderosa voz narrativa, espacios que componen un territorio de libertad, y en ellos se configura un anhelo: el de la unidad europea en su diversidad histórica.»
  2. En 2007 : « Magris favorito al Nobel » ; en 2008 : « Le Clézio, Magris, Adonis, favoris du Nobel de littérature »
  3. «Come Odisseo, cerca di essere nessuno, per salvare dalla presa del potere qualcosa di proprio, una vita sua: inappariscente, nascosta, marginale, ma sua.» Émission radiophonique Lo specchio del cielo, Autoritratti segreti, Rencontre avec Claudio Magris, par Lorenzo Mondo, RAI, RadioDue, 1986.
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