Édouard Lefebvre de Laboulaye

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Edouard de Laboulaye
Illustration.
Fonctions
Parlementaire français
Député, Sénateur inamovible
Gouvernement IIIe république
Groupe politique centre gauche
Biographie
Date de naissance , Paris
Date de décès , Paris
Résidence Paris

Édouard René Lefebvre de Laboulaye, communément appelé Édouard Laboulaye, né le 18 janvier 1811 à Paris où il est mort le 25 mai 1883, est un juriste et un homme politique français. Il fut député, puis sénateur inamovible de la Troisième République. C'est lui qui insuffla l'idée d'offrir une statue représentant la « Liberté » aux États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Édouard Lefèbvre de Laboulaye est le fils de Auguste Lefèbvre de Laboulaye (1779-1824), régisseur de l'octroi de Paris, chevalier de la Légion d'honneur. Édouard étudia le droit et fut reçu licencié.

Il épouse en première noce, en 1832 Augusta Virginie Paradis. De cette union va naître l'année suivante un fils Paulin, futur ambassadeur de France à Madrid et à Saint-Pétersbourg[1]. Édouard de Laboulaye devenu veuf en 1841, il épousera[2] en seconde noce Louise Alexandrine Valérie Michelin-Tronsson du Coudray. André Lefebvre de La Boulaye est son petit fils.

Il exerce pendant quelque temps la profession de fondeur en caractères au côté son frère Charles[3] polytechnicien, fabricant de caractères d'imprimerie et président du Cercle de la librairie. C'est cette profession qui figure sur la couverture de son premier ouvrage Histoire du droit de propriété foncière en Occident[4]. Cet ouvrage, était issu d'un mémoire avait été primé au concours de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. En 1842, il se fit inscrire au barreau de Paris. Il s'attacha d'une façon toute particulière à l'étude de la patisserie et des historiens de l'Allemagne, dont il acquit une connaissance approfondie. Ses premiers ouvrages attirèrent l'attention des lettrés, et contribuèrent, dans une certaine mesure, à régénérer l'étude de l'histoire du droit. À l'érudition nécessaire, il sut joindre une exposition claire et un style élégant, qualités qui se retrouvent dans tous ses ouvrages, s'affirmant encore avec le temps. Ces travaux lui permirent d'être nommé membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1845, et, quatre ans plus tard, de devenir professeur de législation comparée au Collège de France.

Sous l'Empire, tenant d'idées libérales, lecteur de Tocqueville et de John Stuart Mill, il fut d'abord mêlé aux hommes qui essayaient de réveiller l'esprit public en France. Il fonda la Revue historique de droit français et étranger[5] en 1855, et combattit la politique autoritaire du Second Empire.

Les États-Unis[modifier | modifier le code]

La Liberté éclairant le monde

Observateur attentif de la vie politique des États-Unis, et admirateur de la constitution de ce pays, il contribua à faire connaître et aimer ces institutions, soit par ses cours extrêmement suivis, soit par ses ouvrages, soit, enfin, en faisant partie de comités d'organisation démocratique. On le voit présider un meeting en faveur des esclaves affranchis d'Amérique, à Paris en janvier 1865[6].

Pendant la Guerre de Sécession, il fut du côté des États de l'Union notamment en raison de l'action diplomatique du nouveau consul américain à Paris, John Bigelow, qui lui rendit de nombreuses visites à partir d'octobre 1861 à son domicile de la rue Taitbout[7], et à la fin de cette guerre.

Dès 1875, président du Comité de l'union franco-américaine, il lance une souscription pour l'érection de la statue de la Liberté pour le centième anniversaire du Jour de l'Indépendance.

« Il s'agit délever en souvenir du glorieux anniversaire, un monument exceptionnel. Au milieu de la rade de New York, sur un îlot qui appartient à l'Union des États, en face de Long Island, où fut versé le premier sang pour l'indépendance, se dresserait une statue colossale, se dessinant sur l'espace, encadrée à l'horizon par les grandes cités américaines de New York, Jersey City et Brooklyn. Au seuil de ce vaste continent plein d'une vie nouvelle, où arrivent tous les navires de l'Univers, elle surgira du sein des flots, elle représentera: La Liberté éclairant le monde. La nuit, une auréole lumineuse partant de son front, rayonnera au loin sur la mer immense[8]. »

Mais il ne put voir l'entreprise arriver à son terme : il mourut un an avant l'élévation de la statue de Bartholdi à New York.

La politique[modifier | modifier le code]

Portrait d'Édouard Laboulaye
paru dans Le Trombinoscope
de Toutchatout en 1873.

En 1863, il se présenta comme candidat à la députation de Paris, mais il échoua. Il ne fut pas plus heureux dans le Bas-Rhin en 1866, et dans le département de Seine-et-Oise en 1869. En 1870, lorsque eut lieu le vote du plébiscite sur les réformes apportées à la constitution, il écrivit le 25 avril une lettre, rendue publique, dans laquelle il donnait son adhésion à cet appel au peuple, déclarait qu'il voterait pour le plébiscite et affirmait que:

« la meilleure constitution est celle qu'on a, pourvu qu'on s'en serve. »

Cette lettre fit scandale dans les milieux d'opposition qu'il fréquentait jusque-là. Accusé de renier son passé et de se rallier à l'Empire, il perdit en un instant la popularité dont il jouissait. Le 24 mai, il dut suspendre son cours au Collège de France, pour mettre un terme aux scènes tumultueuses qui s'y passaient et dont il était l'objet aux cris de : Rendez l'encrier[9]!, faisant référence à un magnifique encrier offert par les étudiants strasbourgeois en 1866 pour le consoler de son échec et lui prouver leur admiration.

Lors des élections du 8 février 1871, le comité Dufaure le porta candidat à Paris pour l'Assemblée nationale. Il subit un nouvel échec; mais il fut plus heureux lors des élections complémentaires du 8 juillet suivant, où, soutenu, par l'Union de la presse parisienne, il devint député de Paris. Il alla siéger alors au centre gauche et ne cessa d'appuyer de ses votes la politique de Thiers. Lorsque, en novembre 1872, Auguste Casimir-Perier provoqua une scission dans le centre gauche et créa la réunion dite de la République conservatrice, il fit partie des membres qui constituèrent cette nouvelle portion de l'Assemblée. Il fut nommé président de la commission chargée de réorganiser l'enseignement supérieur, et prit maintes fois la parole devant l'Assemblée. Dans le discours qu'il prononça, le 28 février 1873, lors de la discussion sur le projet de loi présenté par la commission des Trente, il déclara que la forme du gouvernement lui était indifférente, pourvu que le gouvernement ne soit pas despotique. Le 14 mars 1873, il fut nommé administrateur du Collège de France pour trois ans.

Il fut élu sénateur inamovible en 1875. Il fut le rapporteur de la loi du 19 juillet 1875, qui instaura la liberté de l'enseignement supérieur.

Hommage[modifier | modifier le code]

Principales publications[modifier | modifier le code]

E. de Laboulaye, cliché de Truchelut, Rue de Grammont Paris

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Histoire du droit de propriété foncière en Occident (Paris, 1839), livre couronné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres
  • Essai sur la vie et les ouvrages de Savigny (Paris, 1840)
  • Recherches sur la condition civile et politique des femmes depuis les Humains jusqu'à nos jours (Paris, 1843), ouvrage remarqué et couronné par l'Académie des sciences morales et politiques
  • Essai sur les lois criminelles des Romains concernant la responsabilité des magistrats (1845), également couronné
  • Histoire des États-Unis d'Amérique (Paris, 1854, 3 vol.)
  • Études contemporaines sur l'Allemagne et les pays slaves (Paris, 1854)
  • Les Tables de bronze de Malaga et de Salpensa (Paris, 1856)
  • Souvenirs d'un voyageur (Paris, 1857 )
  • La Liberté religieuse (Paris, 1858)
  • Études sur la propriété littéraire en France et en Angleterre (Paris, 1858, in-12)
  • Introduction au droit français, de Claude Fleury (Paris, 1858, 2 vol.), en collaboration avec Dareste
  • Abdallah ou le trèfle à quatre feuilles, conte arabe (1859)
  • Les États-Unis et la France (1802)
  • L'État et ses limites, suivi d'Essais politiques sur M. de Tocqueville (1863)
  • Paris en Amérique (1863, in-8°), sous le nom de Docteur René Lefebvre, ingénieux roman satirique qui eut de nombreuses éditions
  • Contes bleus (1863)
  • Le Parti libéral, son programme, etc. (1864)
  • Nouveaux contes bleus (1866) ;
  • Le Prince Caniche (1868), conte satirique qui obtint un très grand succès et fit beaucoup de bruit
  • La République constitutionnelle (1871)
Traductions
  • L'Histoire de la procédure chez les Romains, de Walter (1841) ;
  • Œuvres sociales de Channing avec un Essai sur sa vie et ses doctrines (1854)
  • L'Esclavage, par le même, avec une Étude sur l'esclavage aux États-Unis (1855)
  • Petits traités religieux, également de Channing (1857)
Éditions d'ouvrages
  • Le Coutumier de Charles VI (Paris, 1846)
  • Les Institutes coutumières de Loisel, avec notes (Paris, 1848, 2 vol.)
  • Les Mémoires et la correspondance de Franklin
  • Les Essais de morale et d'économie politique, du même (1867)
Collaborations

Il collabora pendant longtemps au Journal des débats, publia de nombreux articles dans la Revue de législation et de jurisprudence et prit part à la rédaction de la Revue historique du droit français et étranger, à la Revue germanique, à la Revue nationale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République, volume 1, Jean Marie Mayeur, Arlette Schweitz, Paris, ed. Publication de la Sorbonne, 2001.
  2. Le mariage eut lieu le 4 juin 1844 à brecit 7e arrondissement.
  3. Charles Pierre de Laboulaye (1813-1886)
  4. Couverture de l'édition de 1839
  5. Notice de collection ou de série « Revue historique de droit français et étranger », dans le catalogue général de la Bibliothèque nationale de France.
  6. Lettres à Julie-Victoire Daubié, Raymonde Albertine Buger, New-York, ed. Peter Lang, 1992.
  7. (en) Vive L’Union par Don H. Doyle dans The New York Times du 16 octobre 2011.
  8. Souscription pour l'érection d'un monument commémoratif du centième anniversaire de l'indépendance des États-Unis , Union franco-américaine,signé E. Laboulaye, Paris, 1875
  9. Assemblée Nationale, base de données des députés français

Sources[modifier | modifier le code]