André S. Labarthe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir André Labarthe

André S. Labarthe

Description de cette image, également commentée ci-après

André S. Labarthe interrogeant Jean-Christophe Averty à la cinémathèque française le

Naissance (82 ans)
Oloron-Sainte-Marie
Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Réalisateur

André S. Labarthe, né le à Oloron-Sainte-Marie (France), est un critique, producteur, réalisateur et scénariste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

André S. Labarthe commence sa carrière de critique cinématographique dans les années 1950. Il rencontre André Bazin qui le sollicite pour rejoindre la rédaction des Cahiers du cinéma en 1956[1]. Il découvre le cinéma sans avoir la passion débordante pour le septième art de Jacques Rivette ou François Truffaut qui font déjà partie de la revue. Son regard critique va seul décider André Bazin à l'intégrer à l'équipe.

Membre discret et secret de la Nouvelle Vague, en marge de la marge, Labarthe est un esprit solitaire en perpétuelle ouverture sur le monde, associant librement le cinéma à la psychanalyse, au surréalisme, à la danse, à la littérature, à l'érotisme.

Sa propre vision va effectivement pour beaucoup contribuer aux positionnements critiques des Cahiers. À l'instar de ses collaborateurs, André S. Labarthe partage la même admiration pour certains réalisateurs tels que Jean Renoir, Howard Hawks ou John Ford. Il demeure aussi très attentif au cinéma émergent et participe à la promotion de la Nouvelle Vague et des nouveaux réalisateurs américains indépendants[1] (John Cassavetes, Shirley Clarke). Ses dispositions à cet égard l'amèneront aussi à défendre le jeune cinéma italien, parfois contre l'avis de certains de ses confrères.

En 1964, il entame la collection « Cinéastes de notre temps » qu'il coproduit avec Janine Bazin et dont il réalisera lui-même plusieurs épisodes[1]. Cette collection qui s'étend sur plus de quarante ans se compose de portraits de 52 minutes de cinéastes réputés. Le premier épisode, diffusé sur l'ORTF en 1964, est réalisé par Robert Valley et est consacré à Luis Buñuel[1] auquel André S. Labarthe est très attaché et qu'il a beaucoup contribué à faire reconnaître au sein de la critique. La collection propage au travers de la télévision, la vision critique des Cahiers et ancre davantage sa lecture de l'histoire cinématographique.

La démarche documentaire de Labarthe est antispectaculaire. Elle ne cherche pas le scoop, la réalisation est épurée et le commentaire succinct voire absent. Les documentaires de la collection Cinéastes de notre temps tente de retranscrire l'univers du réalisateur et fait oublier la présence de l'interviewer. En 1972, la collection s'interrompt. Elle reprendra sur La Sept-ARTE en 1988 sous le titre Cinéma, de notre temps[1] dont les différents épisodes seront produits par la société de production audiovisuelle AMIP Xavier Carniaux. Ce changement de titre est lié à la volonté de l'auteur de constater cette rupture dans la continuité de la collection et la naissance d'une nouvelle époque, plusieurs réalisateurs filmés, alors contemporains, étant décédés entre temps.

Durant cette pause dans la série, André S. Labarthe ne reste pas inactif. Il collabore aux émissions Cinéma, Cinémas et Égale cinéma, pour lesquelles il réalise différents sujets sur ses cinéastes favoris. Il réalise aussi plusieurs documentaire sur la danse, notamment sur le chorégraphe William Forsythe, William Forsythe au travail, ainsi que carolyn Carlson, Patrick Dupont, Ushio Amagatsu, qui emploie les mêmes principes de réalisation que Cinéastes de notre temps.

André S. Labarthe demeure avant tout un critique cinématographique. Qu'il s'emploie à exercer son métier dans ses articles ou derrière une caméra, c'est toujours dans un esprit d'analyse, de mise en perspective.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Introduire une caméra au sein du dispositif de l’entretien en modifie considérablement les effets. Tout ce que la transcription sur papier élimine, les silences, les regards, les rires, les gestes, les intonations, tout ce qui ponctue et colore l’expression des idées et parfois même, les pollue, tout cela, la caméra le ramène au premier plan et finit par constituer un matériau dont le réalisateur est bien obligé de tenir compte s’il ne veut pas se contenter de demeurer un simple organe d’enregistrement, comme disait Artaud. »
  • « Le dispositif est moins une machine à mettre de l’ordre qu’un piège à attraper le hasard, à fixer ces petits détails qu’on pourrait trouver anodins, ou farfelus, ou anecdotiques, ou simplement idiots, mais qui sont, en fait, le tissu même du film qui est en train de se faire. Au fond, l’ennemi, c’est l’intention. Pour moi, la mise en scène est ce qui permet d’exterminer toute trace d’intention. Vous comprenez le prix que j’accorde à des concepts comme : hasard, chance, expérimentation. Ce sont des choses qui m’intéressent prodigieusement dans ce que ça entraîne de réflexion sur la nature du cinéma[2]. »
  • Sur Michelangelo Antonioni : « Un cinéaste comme Antonioni était loin d’être aimé des Cahiers du cinéma, Truffaut ne l’aimait pas, Godard à peine. Moi, ça m’avait frappé. Au cours de la projection de l’Aventura en 1961 à Cannes, j’avais senti quelque chose que je n’arrivais pas à définir. C’est que, soudain, 65 ans après son invention, le cinéma découvrait que son personnage principal n’était pas Garbo ou les stars, mais c’était le temps ! »
  • Sur Jean-Pierre Melville : « Je savais que Melville était acteur de lui-même, il jouait son personnage. On tourne le premier jour … le Stetson, l’imper, la Mustang, il arrive devant chez lui. Comme la plupart des plans, on l’a fait plusieurs fois. Le lendemain, on arrive avec l’équipe à 8 heures, il n’est pas là ! On attend un peu. Puis, vient sa secrétaire qui nous dit qu’il ne viendra pas, il ne veut plus tourner. Je demande à l’équipe d’aller attendre au bistrot à côté et je l’appelle. Il m’explique qu’il ne pensait pas que ça serait tant de travail. Je lui dit qu’on s’était pourtant bien mis d’accord, je rame pendant deux plombes et au bout du compte, il accepte de continuer. »
  • Sur le cinéma : « Le cinéma ne m’intéressait pas tellement pour les films mais pour les conditions dans lesquelles on les voyait. Pour moi, le cinéma est lié à la clandestinité. Quand j’étais au collège, il fallait s’échapper. C’était à Sarlat en Dordogne. Il y avait une sorte de transgression dans ce plaisir. Je me souviens d’un film qui s’appelait Piège – je crois qu’il y avait Stroheim dedans – et L'Empreinte du dieu. »
  • Sur la vérité : « Il y a souvent la légende et la réalité, ce à quoi, il faut choisir la légende. »

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Comme scénariste[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Comme lui-même[modifier | modifier le code]

Sur son travail[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Essai sur le jeune cinéma français, Terrain Vague, 1960
  • Cassavetes, autoportraits, collectif- éditions Cahiers du cinéma, 1995
  • Bataille à perte de vue (le carnet), éditions Jempresse, 1997
  • A corps perdu, évidemment, éditions Limelight, 1997
  • Bataille, Sollers, Artaud, trilogie éditée par Filigranes, 2001
  • La desserte, éditions Filigranes, 2001
  • Le Triboulet. Cinq rencontres avec André S. Labarthe, Filigranes, 2004
  • Du premier cri au dernier râle, Yellow Now, 2004
  • Happy End (accords perdus 2), éditions Limelight, 2008
  • La Saga Cinéastes, de notre temps. Une histoire du cinéma en 100 films, avec Thierry Lounas, Capricci éditions, 2011
  • Le Traité du verre, en effet (accords perdus 3), éditions Limelight, 2011
  • Belle à faire peur (accords perdus 4), éditions Limelight, 2014
  • Madagascar, recueil de dessins, éditions Limelight, 2014

Art contemporain[modifier | modifier le code]

André S. Labarthe entretient depuis longtemps une relation très forte à l'art moderne et contemporain.

Le Chat de Barcelone a été présentée au public en 2010 à la Maison d'Art Bernard Anthonioz à Nogent-sur-Marne. La création de cette exposition a été documentée dans André S. Labarthe s'expose : du chat au chapeau réalisé par Céline Gailleurd et Olivier Bohler pour Nocturnes Productions en 2011.

Récompense[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e André S. Labarthe enfin mis en lumière dans Le Monde du 26 avril 2011.
  2. Entretien avec André S. Labarthe, réalisé par Luc Lagier, à Paris, le 29 janvier 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :