Lola (film, 1961)

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Lola

Réalisation Jacques Demy
Scénario Jacques Demy
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Sortie 1961

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Lola est un film franco-italien réalisé par Jacques Demy, sorti en 1961. Lola est le premier film d'une trilogie, poursuivie en 1964 avec Les Parapluies de Cherbourg et conclue en 1969 avec Model Shop. Dans ce dernier, le personnage de Lola deviendra strip-teaseuse à Los Angeles.

Résumé[modifier | modifier le code]

Lola est le nom de scène de Cécile, danseuse et chanteuse travaillant comme entraîneuse dans un cabaret de Nantes, et bien connue des marins de passage.

Elle a une récente liaison avec Frankie, un marin américain, en escale à Nantes. Frankie lui rappelle son grand amour, Michel, avec qui elle a eu un petit garçon, aujourd'hui âgé de 7 ans. Michel l'a quittée pour faire fortune dans le Pacifique, juste après qu'elle lui a annoncé être enceinte.

Le jour même où celui-ci revient dans l’anonymat d’abord - malgré sa belle voiture américaine - Lola tombe nez à nez avec Roland Cassard, un ami d'enfance qui ne l’avait d'ailleurs pas reconnue. Errant sans but dans l’existence, entre petits boulots et périodes de bohème existentielle, Roland est un habitué d’un petit hôtel-café du port où, par ailleurs, la mère du fameux Michel exerce ses talents d’aquarelliste : elle aussi est sans nouvelles de son fils. Plus tôt dans la journée, Roland, amateur de littérature, a fait la connaissance dans une librairie de Madame Desnoyers qui élève seule (elle aussi) sa fille adolescente appelée Cécile (elle aussi). Séduite par Roland, elle l’invite à dîner. Mais entre-temps Roland tombe à nouveau amoureux de Lola. Il se laisse pourtant entraîner dans une affaire de trafic de diamants qui doit l’emmener le lendemain en Afrique du Sud.

Prêt à tout quitter pour Lola, jaloux de Frankie, Roland est éconduit par Lola qui s’engage à quitter Nantes pour danser dans une revue à Marseille : "On part pour Marseille et on se retrouve en Argentine !". Bien que la police ait démantelé le réseau de trafiquants, Roland se décide pourtant à partir puisque plus rien ne le retient, ignorant les avances de la mère de Cécile.

Au même moment, la jeune Cécile découvre les prémices de l’amour au côté de Frankie qui embarque le lendemain avec son équipage pour Cherbourg. Elle décide aussitôt de fuguer pour Cherbourg : sa mère révèle alors à Roland que le père de Cécile n’est autre que son beau-frère coiffeur qui les avait recueillies durant la guerre. Elle appréhende grandement les retrouvailles. Michel, après avoir rendu visite à sa mère, vient enfin chercher Lola et fait la connaissance de son enfant, apprenant que c'est un garçon. Tous les protagonistes quittent donc Nantes à la recherche d’une nouvelle vie.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Anouk Aimée interprète Lola. Elle retrouve son personnage en 1969 dans Model Shop.

Production du film[modifier | modifier le code]

À l'origine, le film s'intitulait Un billet pour Johannesburg. Il devait être une comédie musicale tournée en cinemaScope et en couleurs mais Demy ne trouve pas de producteur qui lui fasse confiance, hormis Georges de Beauregard qui accepte de faire le film au moindre coût. Demy abandonne l'idée de comédie musicale et accepte de travailler en noir et blanc[1].

Musique[modifier | modifier le code]

La bande originale est composée par Michel Legrand. Elle comporte une chanson originale, Lola, écrite par Agnès Varda[2] et interprétée par Jacqueline Danno en postsynchronisation[3].

La bande originale contient en outre des extraits de la chanson Moi j’étais pour elle (Pierre Delanoë, interprété par Marguerite Monnot), de la symphonie nº 7 de Beethoven, du Clavier bien tempéré de Bach, du concerto pour flûte en ré majeur de Mozart, de l’Invitation à la valse de Weber, et les premières mesures du thème La Maison Tellier (extrait du Plaisir de Max Ophüls, à qui est dédié le film)[4].

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage s'est déroulé à La Baule-Escoublac et à Nantes, du 7 juin au 17 juillet 1960. On peut y voir la rue du Calvaire, le quai de la Fosse, la place et le théâtre Graslin, la brasserie La Cigale, la place de la Petite-Hollande, le passage Pommeraye et l'escalier (aujourd'hui disparu) de la rue de l'Abreuvoir[5].

Restauration[modifier | modifier le code]

Le négatif original du film a brûlé. En 2012, Agnès et Rosalie Varda par l'intermédiaire de leur société de production Ciné-Tamaris sortent une copie neuve et numérisée de Lola à partir d'un internégatif retrouvé au British Film Institute en 1999[6].

Analyse[modifier | modifier le code]

Lola dans l'œuvre de Jacques Demy[modifier | modifier le code]

Lola est le premier long métrage de Jacques Demy. On retrouve ses personnages dans les films ultérieurs du réalisateur. Roland Cassard apparaît dans Les Parapluies de Cherbourg (1964). Il évoque son amour déçu en chanson (« Autrefois, j'ai aimé une femme, on l'appelait Lola... »). Dans Les Demoiselles de Rochefort (1967), le personnage de Mme Desnoyers est évoqué au cours d'une conversation. Enfin on retrouve Lola dans Model Shop (1968). On retrouve aussi la ville de Nantes dans Une chambre en ville (1982)[1].

Réception critique[modifier | modifier le code]

En 2012, lors de la reprise en salles de Lola, le critique Olivier Père considère le film comme l'un des plus beaux films français : « Lola oscille entre la perfection subtile de la construction de son récit, fait de plusieurs histoires entrecroisées, et l’apparente liberté de sa mise en scène[6]. »

Dans Le Monde, Noémie Luciani y voit un chef d'œuvre[7].

Influence du film[modifier | modifier le code]

Lola est le film préféré du réalisateur Christophe Honoré : « On a tous un film fétiche, qui nous appartient, nous accompagne. Le mien, c'est Lola, le premier film de Demy que j'ai vu. Il m'a surpris et touché. La façon dont Demy jouait avec les comédiens et la bande-son, en n'hésitant pas à créer entre eux les décalages, quelle audace ! Pour moi, tout devenait soudain possible[8]. »

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le film est dédié au cinéaste allemand Max Ophüls[6].
  • Dans le film, le personnage de Roland évoque un certain Michel Poiccard, un ami qui a mal tourné et qui s'est fait tuer. Il s'agit du personnage incarné par Jean-Paul Belmondo, dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard, film sorti au moment du tournage de Lola en 1960.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nicolas Maille, « Lola : L'Idée de comédie musicale », Critikat,‎ 24 juillet 2012 (lire en ligne)
  2. Frédéric Bonnaud, « 1961 : Lola », Les Inrockuptibles « Hors série : Jacques Demy l’enchanteur »,‎ 2013, p. 26-27 (ISSN 0298 3788)
  3. Hélène Hazera, « Les copains Debord », sur liberation.fr,‎ 22 février 1999.
  4. « Lola », sur cine-tamaris.com.
  5. [PDF] « Laissez-vous conter Nantes, une ballade avec Jacques Demy », mairie de Nantes,‎ septembre 2011 (consulté le 21 juillet 2013).
  6. a, b et c Olivier Père, « Lola de Jacques Demy », Blog d'Olivier Père,‎ 2012 (lire en ligne)
  7. Noémie Luciani, « Cherchez Lola, vous trouverez Anouk », Le Monde,‎ 24 juillet 2012 (lire en ligne)
  8. Thomas Baurez, « Christophe Honoré, un cinéaste sous influence ? », L'Express,‎ 26 août 2011 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]