Jacques Aumont

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Jacques Aumont

Naissance
Avignon
Profession professeur et critique de cinéma

Jacques Aumont est un universitaire français né le à Avignon. Il a enseigné à l'université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 et à l'École des hautes études en sciences sociales; il enseigne actuellement à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études scientifiques à l'École polytechnique, Jacques Aumont travaille comme ingénieur à l'ORTF de 1965 à 1970. Il rejoint en 1967 la rédaction des Cahiers du cinéma, qu'il avait rencontrée par l'entremise de Sylvie Pierre. Il quitte la revue en 1974, jugée par certains membres de la rédaction « trop tiède » dans son engagement maoïste . Réalisateur de quelques films industriels ou expérimentaux, il se lance ensuite dans une carrière universitaire. Il enseigne pour la première fois à l'université en 1970.

« En 1970, un prof de lettres, à Censier–Paris-III, voulait monter une filière cinéma et a invité un petit groupe des Cahiers à venir faire des cours. C’était dans l’air du temps. Avec Pascal Bonitzer, Pascal Kané, Pierre Baudry, Jean-Louis Comolli, nous faisions des cours croquignolesques, dans des amphis bondés, où les étudiants descendaient en nous interpellant « D’où tu causes ? Mais que fais-tu des masses laborieuses ? ». Moi, je commençais à m’intéresser aux formes filmiques, aux questions vraiment esthétiques. Donc, j’étais très suspect. Dans les années 70, il fallait que je rencontre quelque chose qui déstructure mon rapport au savoir, qui m’évite de tomber dans une conception académique vraiment emmerdante de l’enseignement, l’histoire du cinéma, ses grandes dates, etc. J’ai eu la chance de vouloir enseigner un savoir impossible. Mes premiers cours étaient sur Lacan alors que je n’y connaissais rien. J’ai dû inventer une façon de rendre ça possible. Ce qui importe, c’est le degré de vitalité des idées qu’on propose. Enseigner, c’est d’abord trouver quelque chose d’intéressant à dire. Et au fond, je ne crois pas qu’on enseigne des contenus, mais plutôt des attitudes, des façons de se comporter face à l’intellect[1]. »

Jacques Aumont quitte Paris en 1976 pour l'université de Lyon, dans laquelle il enseigne jusqu'en 1983. Polyglotte, il a également donné des cours à Berkeley, Madison, Iowa City, Nimègue, et à Lisbonne.

Travaux[modifier | modifier le code]

Sa pensée et ses analyses, rigoureuses et exprimées avec séduction, ont eu un impact certain sur l'étude théorique du cinéma, au-delà même des frontières hexagonales. Il fut l'un des premiers à s'intéresser à la figuralité au cinéma, à une époque où les procédés narratifs faisaient l'objet de la majeure partie des écrits sur le cinéma. Cette attention au « figural » ou au « figuratif », lui a permis d'étudier les rapports entre peinture et cinéma, les motifs primordiaux de l'image cinématographique ainsi que la constitution et la perception des images au regard des autres arts visuels.

Jacques Aumont est l'auteur de deux monographies consacrés à Eisenstein et Ingmar Bergman, et d'une dizaine d'essais consacrés principalement au cinéma en tant qu'art visuel. Une part importante de sa production a consisté en ouvrages didactiques (L'image, 1990, refait en 2011), y compris des ouvrages collectifs, destinés à tout cinéphile ou étudiant de cinéma : Esthétique du film (en collaboration avec Alain Bergala, Michel Marie, et Marc Vernet), L'Analyse des films (en collaboration avec Michel Marie), Dictionnaire théorique et critique du cinéma (toujours en collaboration avec Michel Marie).

Directeur (1992-2008) du Collège d'histoire de l'art cinématographique, Jacques Aumont a également supervisé la publication de plusieurs conférences de la Cinémathèque française : L'Invention de la figure humaine (Éditions Cinémathèque française, 1995), Pour un cinéma comparé. Influences et répétitions (Éditions Cinémathèque française, 1997), Jean Epstein, cinéaste, poète, philosophe (Éditions Cinémathèque française, 1998), La différence des sexes est-elle visible ? Les hommes et les femmes au cinéma (Éditions Cinémathèque française, 2000), L'Aventure au cinéma (Éditions Cinémathèque française, 2001), Le Septième Art : le cinéma parmi les arts (Éditions Léo Scheer, 2003), Les Voyages du spectateur, de l'imaginaire au cinéma (Éditions Léo Scheer, 2004), La Rencontre - au cinéma, toujours l'inattendu arrive (Presses universitaires de Rennes, 2007, Le Cinéma expressionniste. De "Caligari" à Burton (Presses universitaires de Rennes, 2009).

Spécialiste de Eisenstein (qui fut l'objet de sa thèse), Jacques Aumont a participé à la traduction française et à la publication de plusieurs écrits du cinéaste soviétique parmi ses innombrables manuscrits.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Montage Eisenstein, Paris, Albatros, 1979, rééd. 2005.
  • L’Œil interminable, Paris, Librairie Séguier, 1989, rééd. 1995.
  • L’Image, Paris, Nathan, 1990 ; Armand Colin, 2011
  • Du visage au cinéma, Paris, Éd. de l'Étoile, 1992.
  • Introduction à la couleur : des discours aux images, Paris, Armand Colin, 1994.
  • Vampyr, collection Long métrage, éditions Yellow Now, 1993.
  • À quoi pensent les films, Séguier, 1997.
  • De l'esthétique au présent, Bruxelles-Paris, De Boeck et Larcier, 1998.
  • Amnésies. Fictions du cinéma d’après Jean-Luc Godard, POL, 1999.
  • Les Théories des cinéastes,, Nathan, 2002.
  • Le Septième Art. Le cinéma parmi les arts, Léo Scheer, 2003
  • Les Voyages du spectateur, Léo Scheer, 2004
  • Ingmar Bergman, mes films sont l’explication de mes images, Paris, Cahiers du cinéma, 2004.
  • Matières d'images, Éditions Images Modernes, 2005.
  • Le Cinéma et la mise en scène, Nathan, 2006.
  • Moderne ?, Paris, Cahiers du cinéma, 2007.
  • L’Œil interminable (édition revue et augmentée), La Différence, coll. "Les Essais", 2008
  • Matière d'images, redux (édition revue et augmentée), La Différence, 2009
  • Notre-Dame des Turcs, Carmelo Bene, Aléas, 2010
  • L'Attrait de la lumière, Éditions Yellow Now, 2010
  • Le Montreur d'ombre, Paris, Vrin, 2012.
  • Que reste-t-il du cinéma, Paris, Vrin, coll. « Philosophie et cinéma », 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Aumont : le gai savoir sur lesinrocks.com du 27 avril 2005

Liens externes[modifier | modifier le code]