Jean Eustache
Jean Eustache
| Naissance | 30 novembre 1938 Pessac |
|---|---|
| Nationalité | |
| Décès | 5 novembre 1981 (à 42 ans) Paris |
| Profession | Réalisateur |
| Films notables | La Maman et la Putain, Une sale histoire |
Jean Eustache est un réalisateur français né le 30 novembre 1938 à Pessac et mort à Paris le 5 novembre 1981[1],[2].
Sommaire |
[modifier] Parcours
Jean Eustache naît à Pessac en 1938. Après le divorce de ses parents, il est d'abord éduqué par sa grand mère maternelle Odette Robert avant de rejoindre sa mère à Narbonne en 1951-52 où il passe un CAP d'électricien[2],[3]. Il arrive à Paris en 1957 et travaille à la SNCF comme ouvrier spécialisé[2]. Refusant de partir en Algérie, il fait une tentative de suicide en s'ouvrant les veines et passe un an en hôpital psychiatrique[2]. Il épouse Jeanne Delos avec qui il a deux fils, Patrick et Boris[2]. Par l'intermédiaire de sa femme qui travaille comme secrétaire aux Cahiers du cinéma, il rencontre Jean-Luc Godard, Paul Vecchiali, Jean Douchet, et les autres collaborateurs des Cahiers[2]. Grâce à Paul Vecchiali, il peut réaliser son premier court métrage intitulé La Soirée. À l'hiver 1963, il tourne Du côté de Robinson plus connu sous le nom de Les mauvaises fréquentations[2]. À l'hiver 1965-66, il tourne à Narbonne le Le Père Noël a les yeux bleus avec de la pellicule offerte par Jean-Luc Godard[1],[2]. Eustache se sépare de sa femme en 1967[2]. Il vit ensuite une histoire d'amour avec Françoise Lebrun[2] qui sera ensuite actrice dans La Maman et la Putain. Il tourne alors la première version de La Rosière de Pessac, le documentaire Le Cochon avec Jean-Michel Barjol et le film sur sa grand mère, Odette Robert, intitulé Numéro Zéro.
En 1972, il tourne La Maman et la Putain. L'histoire s'inspire de sa vie réelle immédiate et notamment de son histoire d'amour avec Catherine Garnier. En 1973, le film est sélectionné au festival de Cannes où il obtient le Grand prix spécial du jury[2]. Le succès relatif du film lui permet de tourner Mes petites amoureuses dans de bonnes conditions[1],[2]. Le film ne rencontre aucun succès.
Il joue comme acteur dans L'Ami américain de Wim Wenders puis dans La Tortue sur le dos de Luc Béraud. Il tourne aussi Une sale histoire et la deuxième version de La Rosière de Pessac.
Jean Eustache se suicide le 5 novembre 1981 chez lui à Paris rue Nollet en se tirant une balle dans le cœur[2]. Il avait plusieurs projets en cours dont Peine perdue[4], La rue s'allume, la suite de La Maman et la Putain et Un moment d'absence avec Sylvie Durastanti[2],[5].
[modifier] Analyse de l’œuvre
[modifier] Aspect autobiographie
Son œuvre est souvent autobiographique (Les Mauvaises Fréquentations, Le Père Noël a les yeux bleus, La Maman et la Putain, Mes petites amoureuses)[1].
La Maman et la Putain s'inspire directement de sa vie réelle, de sa rupture avec Françoise Lebrun, de sa vie avec Catherine Garnier et de son amour pour Marinka Matuszewski[3].
[modifier] Filmographie
[modifier] Réalisateur
- 1963 : La Soirée, inachevé
- 1964 : Les Mauvaises Fréquentations, 42 minutes (premier titre, film en 16 mm), également connu sous le titre Du côté de Robinson (second titre, film gonflé en 35 mm)
- 1966 : Le Père Noël a les yeux bleus, 47 minutes
- 1968 : La Rosière de Pessac, 65 minutes
- 1969 : Deux films de 26 minutes chacun, réalisés pour la télévision :
- Sur Le Dernier des hommes de Murnau
- À propos de La Petite Marchande d'allumettes de Jean Renoir
- 1970 : Le Cochon, 65 minutes, co-réalisé avec Jean-Michel Barjol
- 1971 : Numéro zéro, 1h50 (version télé raccourcie titrée Odette Robert, 54 minutes)
- 1973 : La Maman et la Putain, 3h40, Grand Prix Spécial du Jury Cannes, 1973
- 1974 : Mes petites amoureuses, 2h00
- 1977 : Une sale histoire, volet document : 22 minutes et volet fiction : 28 minutes
- 1979 : La Rosière de Pessac 79, 67 minutes
- 1980 : Le Jardin des délices de Jérôme Bosch, 34 minutes
- 1980 : Offre d'emploi, 18 minutes
- 1980 : Les Photos d'Alix, 18 minutes, avec Alix Cléo Roubaud et Boris Eustache
[modifier] Monteur
- 1964 : Séquence de flamenco dans Octobre à Madrid de Marcel Hanoun[6].
- 1966 : L'Accompagnement de Jean-André Fieschi[1].
- 1966 : Jean Renoir, le Patron de Jacques Rivette pour la télévision[1].
- 1971 : Une aventure de Billy le Kid de Luc Moullet
[modifier] Acteur
- 1962 : Les Roses de la vie de Paul Vecchiali
- 1966 : L'Accompagnement de Jean-André Fieschi
- 1966 : L’Authentique Procès de Carl-Emmanuel Jung de Marcel Hanoun (figuration créditée au générique)
- 1967 : Week-end de Jean-Luc Godard
- 1973 : Céline et Julie vont en bateau de Jacques Rivette
- 1975 : Vincent mit l'âne dans un pré (et s'en vint dans l'autre) de Pierre Zucca
- 1977 : L'Ami américain de Wim Wenders
- 1978 : La Tortue sur le dos de Luc Béraud
[modifier] Écrits
- Jean Eustache, « Pourquoi j'ai refait la rosière », dans Les Cahiers du cinéma, no 306, décembre 1979, réédité dans Philippon 1986, p. 101-104
- Jean Eustache, « Peine perdue, fragments d'un scénario abandonné », dans Les Cahiers du cinéma, no 330, décembre 1981 [texte intégral]
- Jean Eustache, « La rue s'allume, projet de film de Jean Eustache et Jean-François Ajion », dans Les Cahiers du cinéma, no 330, décembre 1981 [texte intégral]
- Jean Eustache, La Maman et la Putain : Scénario, Cahiers du Cinéma, 7 mars 2001, 122 p. (ISBN 978-2866422080)
[modifier] Récompenses
- 1973 : Grand Prix spécial du Jury au festival de Cannes pour La Maman et la Putain
- 1982 : César du meilleur court-métrage de fiction pour Les Photos d'Alix
[modifier] Hommages à Jean Eustache
- 1997 : La peine perdue de Jean Eustache réalisé par Angel Diez Alvarez, documentaire, 53 min, 35mm, noir et blanc[7].
- 2005 : Le film Broken Flowers de Jim Jarmush lui est dédié.
- 2008 : Le Temps des amoureuses de Henri-François Imbert revient sur le tournage de Mes petites amoureuses.
- 2008 : Ea2, 2e exercice d'admiration : Jean Eustache de Vincent Dieutre avec Françoise Lebrun. Vincent Dieutre reprend le monologue final de Veronika dans La Maman et la Putain.
[modifier] Bibliographie
- Serge Daney, « Jean Eustache », dans Libération, 16 novembre 1981, traduction anglaise Steve Erickson, « The Thread ». Consulté le 14/11/2011
- Pascal Bonitzer, « Jean Eustache a franchi la porte », dans Les Cahiers du cinéma, no 330, décembre 1981 [texte intégral]
- Alain Philippon, Jean Eustache, Cahiers du Cinéma, 1er mai 1986, 1re éd., 126 p. (ISBN 978-2866424282)
- Barthélémy Amengual, Jean Eustache, collection Etudes cinématographiques, Lettres Modernes, 1987
- Jean Douchet, « Spécial Jean Eustache », dans Les Cahiers du cinéma, no 523, avril 1998
- Françoise Lebrun, « Diamant brut », dans Les Cahiers du cinéma, no 523, avril 1998
- (en) Jared Rapfogel, « Desire & Despair : The Cinema of Jean Eustache », dans Senses of Cinema, no 11, 28 décembre 2000 [texte intégral (page consultée le 14/11/2011)]
- Evane Hanska, Mes années Eustache, Flammarion, coll. « Documents », 10 avril 2001, 1re éd., 331 p. (ISBN 978-2080679208)
- (de) Angela Schanelec, Jean Eustache: Texte und Dokumente, Freunde der Deutschen Kinemathek, 1er avril 2005, 181 p. (ISBN 978-3927876231)
- Alain Bergala, « Le Paris de Jean Eustache », Paris au cinéma sur Forum des Images, janvier 2005. Consulté le 2/12/2011
- Sous la direction d'Antoine de Baecque avec Philippe Azoury, Sonia Buchman, Jean-François Buiré, Marc Cerisuelo, Angie David, Samuel Douhaire, Jean-Luc Douin, Avril Dunoyer, Rémi Fontanel, Marie-Anne Guérin, André Habib, Michel Marie, Olivier Pélisson, Natacha Thiéry, Francis Vanoye, Le Dictionnaire Eustache, Léo Scheer, 2011
[modifier] DVD
- Cinéma 06, novembre 2003, revue éditée par Léo Scheer, était accompagnée d'un DVD comprenant deux films de Jean Eustache : Le Jardin des délices de Jérôme Bosch et Offre d'emploi.
- Mes petites amoureuses, édité par le CNDP en 2005, avec bonus d'Alain Bergala et Anne Huet + portfolio
[modifier] Rétrospectives
- Rétrospective intégrale du 14 décembre 2006 au 15 janvier 2007 au centre Georges Pompidou à Paris.
[modifier] Notes et références
- Philippon 1986
- Hanska 2001, p. 305-312
- Philippe Azoury, « Jean Eustache, une balle à la place du cœur », dans Les Inrockuptibles, 5 décembre 2006 [texte intégral (page consultée le 16 janvier 2012)]
- Eustache 1981
- Hanska 2001, p. 233
- Conférence de Stéphanie Serre sur Marcel Hanoun à la Cinémathèque française le 6 mai 2010.
- Page du film sur le site des films du Poisson
[modifier] Liens externes
- Jean Eustache sur l’Internet Movie Database - Version plus complète en anglais
- Fiche consacrée à Jean Eustache par le Ciné-club de Caen
- Jean Eustache sur ciné-ressources.net. Consulté le 6/11/2011
- Jean Eustache à Narbonne [1]