Chris Marker

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Chris Marker

Nom de naissance Christian-François Bouche-Villeneuve
Naissance 29 juillet 1921 (1921-07-29) (90 ans)
Neuilly-sur-Seine
Drapeau de France France
Nationalité Flag of France.svg Français
Profession Réalisateur
Films notables la Jetée,
le Fond de l'air est rouge,
Sans soleil,
A.K.,
Level Five

Chris Marker, né Christian Bouche-Villeneuve, le 29 juillet 1921 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un réalisateur et photographe français. Son film le plus connu est sans doute la Jetée mais Marker est l'auteur de nombreux documentaires, qui sont des essais cinématographiques au style très personnel, le Fond de l'air est rouge ou Sans soleil notamment. Chris Marker est aussi écrivain.

Sommaire

[modifier] Biographie

Sa renommée internationale est venue avec le court métrage La Jetée (1962), qui raconte des expériences scientifiques pour effectuer des voyages temporels dans un monde post-apocalyptique. La seule fiction de Marker est paradoxalement son œuvre la plus connue. La forme de ce film est celle d'un montage d'images fixes, duquel résulte une suite de « photographies » lui conférant une atmosphère tout à fait particulière et déconcertante, appuyée par le procédé du commentaire en voix off, que Marker utilise souvent. La qualité littéraire de ce travail est par exemple reconnue par Alexandre Medvedkine, à qui Marker rendra hommage dans Le Tombeau d'Alexandre: Medvedkine aurait prié Marker de faire l'effort d'écrire « un peu, rien qu'un peu »[réf. nécessaire]. Pourtant, l'un des rares livres de Marker, le roman Le cœur net, demeure aujourd'hui introuvable du fait de la volonté de son auteur que cette œuvre ne soit pas lue[réf. nécessaire]. La Jetée inspire entre autres Terry Gilliam pour l'Armée des douze singes. En 2008, les Éditions Kargo et l'Éclat font paraître en France une version livre du ciné-roman de La Jetée [1].

Sorti en 1982, Sans soleil est un essai cinématographique mélangeant des parties de documentaire et de fiction avec des commentaires philosophiques. Ce mélange crée une atmosphère qu'on peut comparer à celle d'un rêve ou d'un univers de science-fiction. Marker y parle du Japon et de la mémoire. Le titre du film est une référence au cycle de chansons Sans soleil de Modest Mussorgsky.

Avec Sans soleil, Marker développe un intérêt certain pour les techniques numériques, qui le mène à réaliser en 1996 le film Level Five avec comme unique actrice Catherine Belkhodja qu'il met en scène autour d'une réflexion sur la bataille d'Okinawa. Bien que souvent classé à tort comme un documentaire, ce film n'en est pas moins une fiction mêlée à de vrais témoignages sur la bataille d'Okinawa. Catherine Belkhodja sera aussi la figure centrale d'une magnifique installation vidéo, commandée pour commémorer le Centenaire du Cinéma : Silent Movie (cette exposition fera le tour du monde des plus grands musées mais n'a jamais été présentée en France) et Immemory One (1998), un CD-ROM multimédia interactif, coproduit par le Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, les films de l'Astrophore et Karedas. Chris Marker poursuit ses recherches en réalisant de nombreuses installations dans différents musées du monde, dont en 2008 une exposition au Museum für Gestaltung de Zurich.

Beaucoup de films de Chris Marker sont engagés politiquement et se veulent révolutionnaires (au sens large). Pékin, Cuba, la Sibérie soviétique sont les lieux de prédilection de ses documentaires. Il a beaucoup traité des thèmes de la lutte contre l'oppression (guerre, conflits, Viêt Nam, Bosnie-Herzégovine), de la lutte syndicale et ouvrière. Le Joli Mai est ainsi une chronique à la fois morale et sociologique sur le Paris des années 1960, qui anticipe sur les événements de mai 1968, et qui aborde plus précisément le problème de la perception de l'indépendance de l'Algérie en métropole et du procès des généraux du putsch d'Alger (qui s'est tenu à Paris six ans auparavant en mai 1962), ou encore Le fond de l'air est rouge, groupement SLON (Société de lancement des œuvres nouvelles ; slon signifie aussi « éléphant » en russe).

L'un de ses premiers documentaires, Les statues meurent aussi, co-réalisé par Alain Resnais, est un essai sur la réception des œuvres d'art africaines en métropole et est très influencé par le thème malrucien du « Musée imaginaire ». À travers l'idée que le système colonial s'autolégitime politiquement en maintenant un point de vue anti-historique sur les traditions et le patrimoine des peuples dont il assure l'administration, le film lie dans un même mouvement la dénonciation de l'impérialisme culturel et la critique des dysfonctionnements économiques découlant de ce type de régime — ce qui explique sa longue censure en France.

Il a aussi réalisé différents portraits de cinéastes comme Une journée d'Andreï Arsenevitch sur Andreï Tarkovski et A.K. sur Akira Kurosawa.

Ses films sont régulièrement projetés en France, une quinzaine d'entre eux sont visibles au Forum des images de façon permanente.

De 2008 à 2010, il photographie à leur insu des passagers du métro parisien, surtout des femmes, dans la série Passengers, exposée aux Rencontres d'Arles 2011[1].

[modifier] Citations

  • « Chris Marker, c'est un peu le plus célèbre des cinéastes inconnus. » Théorème n°6 : Recherches sur Chris Marker
  • « Nous avons maintenant les outils, et c'est tout à fait nouveau, pour faire un cinéma intimiste, personnel. Faire des films seul, dans un face à face avec soi-même, comme travaille un peintre ou un écrivain, n'est plus désormais une pratique uniquement expérimentale. » Entretien avec Dolores Walfisch, The Berkeley Lantern, novembre 1996
  • « Le hasard a des intuitions qu'il ne faut pas prendre pour des coïncidences », Exposition L'Image d'après, La Cinémathèque française, Paris, 2007
  • « La photo, c'est la chasse. C'est l'instinct de chasse sans l'envie de tuer. C'est la chasse des anges… On traque, on vise, on tire et clac ! Au lieu d'un mort, on fait un éternel. » Si j'avais 4 dromadaires

[modifier] Filmographie

[modifier] Collaborations

[modifier] Expositions

[modifier] Expositions collectives

[modifier] Œuvres écrites

  • Le Cœur net, collection Esprit, le Seuil, Paris, 1949
  • L'Homme et sa liberté : jeu pour la veillée, coll. Veillées, no 4, le Seuil, Paris, 1949
  • Giraudoux par lui-même, coll. Écrivains de toujours, no 8, le Seuil, Paris, 1952
  • La Chine, porte ouverte, le Seuil, Paris, 1956
  • Coréennes, coll. Court métrage, no 1, le Seuil, Paris, 1959
  • Commentaires 1, le Seuil, Paris, 1961
  • Commentaires 2, le Seuil, Paris, 1967
  • Le fond de l'air est rouge - Scènes de la troisième guerre mondiale, 1967-1977, coll. Voix, éd. François Maspéro, Paris, 1978
  • Le Dépays, éd. Hersher, Paris, 1982
  • La Jetée, ciné-roman, Coédition Kargo & L'Éclat, 2008, (édition livre du film)
  • Silent Movie, Ohio State University Press, 1995,
  • La Jetée ciné-roman, 2nd printing 2008, MIT Press, Cambridge; designed by Bruce Mau,
  • Staring Back, MIT Press, Cambridge, 2007,
  • Immemory (CDROM), 1997, réédition 2008, Exact Change, Cambridge,

[modifier] Nouvelles

  • Till the End of Time, Esprit, octobre 1947
  • Phénomène (n.m.), Trafic no 30, été 1999
  • Nouvelles de Doppel welt, Positif no 500, octobre 2002

[modifier] Compléments

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Références

  1. Les Rencontres d'Arles, 2011. Consulté le 6 Juillet 2011
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