Chris Marker

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Chris Marker

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Guillaume en Égypte, l'avatar de Chris Marker

Nom de naissance Christian Bouche-Villeneuve
Naissance 29 juillet 1921
Neuilly-sur-Seine (France)
Nationalité Flag of France.svg Française
Décès 29 juillet 2012 (à 91 ans)
Paris (France)
Profession Réalisateur
Films notables La Jetée
Sans soleil
Le Tombeau d'Alexandre
Le Fond de l'air est rouge
Level Five
A.K.
Site internet chrismarker.org
chrismarker.ch

Chris Marker, né Christian Hippolyte François Georges Bouche-Villeneuve, le 29 juillet 1921 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et mort le 29 juillet 2012 à Paris, est un réalisateur, écrivain, illustrateur, traducteur, photographe, éditeur, philosophe, essayiste, critique, poète et producteur français.

Pour le grand public, son œuvre renvoie à ses films majeurs : La Jetée, Sans soleil, Le Joli Mai, Le Fond de l'air est rouge ou encore Chats perchés. Pour l’essentiel, ce sont des documentaires, définis dès le départ selon André Bazin comme des essais cinématographiques.

Cependant, son œuvre d'ensemble ne se limite pas aux films signés Chris Marker. En effet, le réalisateur français collabore activement avec d’autres réalisateurs, écrivains, acteurs, artistes ou simples ouvriers : de Costa-Gavras à Yves Montand, d’Alain Resnais à Yannick Bellon ou Alexandre Medvedkine, de Jorge Semprun à Benigno Cacérès, de Thoma Vuille à Mario Ruspoli, de Joris Ivens à Haroun Tazieff, de William Klein à Mario Marret, d’Akira Kurosawa à Patricio Guzman. Il soutient également les jeunes, notamment le collectif Kourtrajmé et Isild Le Besco, en qui il voit « une nouvelle nouvelle vague »[1].

Tout au long de sa carrière, Chris Marker s’est attaché à observer les vicissitudes de l’histoire mondiale tout autant qu’individuelle, avec curiosité et discernement, avec ironie et souvent un regard amusé, parfois avec colère. Au centre de sa réflexion figurent la mémoire, le souvenir, la nostalgie du temps passé réinventé mais à jamais disparu.

« Chris Marker, c'est un peu le plus célèbre des cinéastes inconnus. »

— Dubois 2006, p. 6

« Chris Marker, the best known author of unknown movies. »

— Marker 2006[note 1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Christian Bouche-Villeneuve est né le 29 juillet 1921, à 10 h du matin, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Il est le fils de Georges Hippolyte Bouche-Villeneuve, 38 ans, inspecteur des agences de la Région parisienne du Crédit Lyonnais, et de Jeanne Marie Henriette Villeneuve, 30 ans[2].

Contrairement à la légende inspirée par Marker lui-même (dans Immemory entre autres), il ne réside pas pendant deux ans à Cuba, avec son oncle. Enfant, Christian vit uniquement à quelques dizaines de mètres du Lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, où il étudie dans les années 1930[3]. Bien que dans la section "Philosophie", et encore une fois contrairement à la légende (inspirée cette fois par les biographes), il ne suit pas les cours de Jean-Paul Sartre, alors tout jeune agrégé en philosophie, qui est responsable de l'autre classe de « Philosophie » et qui quitte très rapidement l'institution[4]. Alors élève de Terminale, Christian crée en 1938 avec Serge Dumartin et Bernard Pingaud le journal du lycée (intitulé Le Trait d'union) en tant qu'éditeur sous le pseudonyme de Marc Dornier[5]. Il commence sa licence de philosophie lorsque la guerre éclate, puis rejoint son père à Vichy, sous l'Occupation. Croyant pouvoir offrir une vision positive aux jeunes, suivant le credo "se prendre en main, et non pas attendre que les adultes fassent le nécessaire pour pouvoir envisager ne serait-ce qu'un avenir"[citation nécessaire], Christian Bouche-Villeneuve crée en été 1941 La Revue française. Cahiers de la Table ronde, sous le même pseudonyme de Marc Dornier, en compagnie de son ami de lycée Bernard Pingaud. Cette revue littéraire à tendance pétainiste, suivant les idées de la "Révolution nationale", se veut destinée aux jeunes français alors en perte de repères et à l'avenir des plus obscurs[6]. Cette publication s'achève très rapidement : la revue ne connait que deux numéros, le troisième étant abandonné avant même l'impression. C'est définitivement déçu par la politique du Maréchal, alors que les Américains de leur côté entrent en guerre en décembre 1941, que Marker quitte Vichy et se rend en Suisse. Il rejoint alors la Résistance et se retrouve, à la Libération, dans l'armée américaine[7],[8].

Les premières années de la vie de Christian Bouche-Villeneuve, devenu depuis Chris Marker, sont obscures, et Marker lui-même a contribué à la confusion en transmettant délibérément des informations erronées aux journalistes. Par exemple, certaines sources affirment qu'il est né à Oulan-Bator[9],[10], la capitale de la Mongolie, alors que d'autres suggèrent qu'il a peut-être combattu comme pilote d'avion et parachutiste[11].

Écriture (1946-1952)[modifier | modifier le code]

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Chris Marker écrit pour la revue Esprit qui réapparaît et est entièrement refondue après avoir été interdite sous le régime de Vichy, en 1941. Dirigée par le philosophe Emmanuel Mounier, héritier de l'existentialisme et prônant un catholicisme de gauche, la revue s'intéresse au communisme avec la ferme intention de participer aux débats et controverses de l'après-guerre. Marker y fait ses premières armes et y publie de nombreux articles entre 1946 et 1955 : des commentaires sur l'actualité politique, des poèmes, des recensions littéraires et cinématographiques.

Mais surtout, il travaille activement pour les organisations Peuple et culture et Travail et culture. Ces organisations sont créées au lendemain de la Libération avec l'ambition « de rendre la culture au peuple et le peuple à la culture »[12], et sont proches de l'équipe d'Esprit mais aussi du Parti Communiste Français (PCF). L'un des principaux animateurs de ce projet n'est autre qu'André Bazin, qui cofonde en 1951 les Cahiers du cinéma. C'est également dans les bureaux de Travail et Culture, rue des Beaux-Arts à Paris, que Marker rencontre Alain Resnais à la fin des années 1940, avec lequel il se lie d'amitié et collabore par la suite[note 2].

Durant cette période, Marker publie un roman, Le Cœur net (1949), plusieurs poèmes, et un essai sur Jean Giraudoux intitulé Giraudoux par lui-même (1952). Trilingue, il traduit également des ouvrages allemands et anglais en français. Il dirige par ailleurs, avec Joseph Rovan, les premiers numéros de la revue de Peuple et Culture, DOC (et sa version allemande DOK), et édite aussi plusieurs documents pédagogiques pour l'association en collaboration avec les éditions du Seuil.

À la suite d'une violente critique de Mme Thomas, représentante du secrétariat du PCF chargé du « contrôle » des publications de Peuple et Culture, qui reprochait d'avoir publié un extrait de L'Espoir d'André Malraux qu'elle considérait comme un « auteur fasciste », Marker quitte la direction de la revue DOC. Il continue son activité comme animateur à Peuple et Culture et est engagé au Seuil pour diriger la collection « Petite Planète »[13],[14].

Dans l'œuvre de Chris Marker comme celle de Jean-Luc Godard, la citation est un élément important et récurrent. Il affirme cet intérêt, dès 1949, dans l'introduction de L'Homme et sa liberté, à savoir que l'« on s'exprime beaucoup mieux par les textes des autres, vis-à-vis de qui on a toute la liberté de choix, que par les siens propres, qui vous fuient comme s'ils le faisaient exprès au profit des parts de Dieu ou du diable[15]. »

Voyages (1952-1966)[modifier | modifier le code]

Des films de commande aux Statues meurent aussi[modifier | modifier le code]

Au début des années 1950, Chris Marker commence sa carrière cinématographique, parcourant le monde pour l'UNESCO, afin de « mettre le cinéma au service de l'éducation de base »[16]. En 1952, avec les fondateurs de l'organisation Peuple et Culture Joffre Dumazedier et Benigno Cacérès, il réalise Olympia 52, un documentaire sur les Jeux Olympiques d'Helsinki, commissionné par l'organisation et qui fait partie de son projet d'éducation populaire. Dans le même temps, Marker poursuit son travail avec Alain Resnais sur le court métrage documentaire Les Statues meurent aussi, très influencé par le thème malrucien du « Musée imaginaire », ouvrage paru en 1947.

L'idée d'un film sur « l'art nègre » est déjà en gestation dans les esprits de Resnais et Marker, et ce depuis fin 1948 - début 1949, alors que Resnais connaît le plein succès avec son court-métrage Van Gogh (1947), pour lequel il vient d'obtenir un Oscar. Les Statues meurent aussi est commandé en 1950 par l'organisation Présence Africaine, pour être achevé en 1952, après de multiples difficultés aux limites de l'insurmontable (dont le simple fait que Resnais, Marker et leur directeur photo Ghislain Cloquet n'y connaissent absolument rien en art africain). Pire encore, avant même de sortir en salle, le film est frappé immédiatement et pour longtemps par la censure.

Le « film-essai » comme genre propre[modifier | modifier le code]

Olympia 52 et Les Statues meurent aussi suggèrent déjà l'esprit de voyage qui caractérise le travail de Chris Marker pendant toute la période qui suit. Comme le dit Catherine Lupton dans sa monographie sur Marker, « le désir de voir et de montrer le monde avec des perspectives inouïes va devenir le trait définitoire des activités de Chris Marker pendant les années 1950 et le début des années 1960, et il va ainsi établir sa réputation de globe trotter invétéré avec une série de travaux basés sur les voyages dans les pays et les régions en transition[17]. » En effet, les films Dimanche à Pékin (1956), Lettre de Sibérie (1958), Description d'un combat (1960) et Cuba si (1961) sont respectivement le fruit de voyages en Chine, en Sibérie, en Israël et à Cuba.

Dans Lettres de Sibérie, Chris Marker joue à remettre en cause la supposée « objectivité » du genre documentaire en répétant trois fois la même séquence tout en variant uniquement le commentaire[18]. André Bazin voit dans Lettre de Sibérie la naissance ou la consolidation d'un genre qui sera dès lors inséparable de Chris Marker, pour ne pas dire synonyme : le « film-essai »[19],[20],[note 3].

Cuba si (1961) contient deux entretiens avec Fidel Castro filmés juste avant le débarquement de la baie des Cochons. Comme le ton est anti-américain, le gouvernement français censure le film jusqu'en 1963[18].

Marker et la photographie[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il ne tourne pas, Chris Marker fait de la photographie. En 1956, il publie son portfolio Clair de Chine dans la revue Esprit. En 1959, un voyage en Corée du Nord est à l'origine du recueil de photographies Coréennes, qu'il décrit comme un court métrage fait avec des images fixes, anticipant ainsi La Jetée (1962). Il y a un fort intérêt politique derrière ces voyages, dont quatre ont été faits au sein de pays socialistes, avec la politique desquels Marker, bien que critique, n'est pas moins sympathisant. En effet, le communisme à ce moment-là est encore perçu en France comme une voie possible et salutaire[note 4]. La découverte des purges staliniennes en Europe de l'Est (1948-1953) à la fin des années 1960 change la donne : elle provoque une violente polémique et grand nombre de départs du PCF parmi les adhérents et tout particulièrement les intellectuels[21].

Tout en réalisant ses films, Marker devient en parallèle le directeur de la collection « Petite Planète » aux éditions du Seuil, qui offre une alternative aux guides de voyage plus classiques, et dont il est le responsable entre 1954 et 1958[22]. Il y développe alors une forme nouvelle d'alliance entre le texte et l'image : la photographie n'est plus reléguée au seul statut d'illustration, mais devient un complément indispensable du texte.

Entre son voyage à Cuba en 1961 et son voyage au Japon en 1964, Marker retourne en France pour réaliser deux films fondamentaux dans sa carrière : Le Joli Mai et La Jetée, tous les deux sortis en 1962.

1962, année faste : Le Joli Mai et La Jetée[modifier | modifier le code]

Le Joli mai est un long documentaire co-réalisé avec Pierre Lhomme, à partir de 55 heures d'entretiens avec des Parisiens, avec un commentaire en voix-off lu par Yves Montand[note 5],[18]. Le film s'inspire du cinéma-vérité promu par Jean Rouch et Edgar Morin, en particulier avec Chronique d'un été (1960). Chris Marker cherche à faire une radiographie spirituelle et idéologique des Parisiens : Marker et son équipe leur posent des questions variées (leurs espoirs, leurs opinions, leur quotidien, leur point de vue sur le bonheur, l'amour, la guerre d'Algérie, la paix, le futur, etc.), et bien que le commentaire soit moins présent que dans ses travaux antérieurs, il est encore très important comme conscience critique.

À l'opposé, La Jetée, probablement le film le plus célèbre de Chris Marker, est un point d'inflexion dans son œuvre. Dans ce film construit comme un photo-roman fait presque entièrement d'images fixes, Marker abandonne le mode documentaire et utilise les ressources de la science-fiction pour construire une fable sur le temps, la mémoire et la subjectivité, ainsi que sur leurs relations avec l'image. Il s'agit d'une problématique qui va hanter dès à présent toute son œuvre, tout particulièrement après les années « militantes » (1967-1981). Dans son anthologie du cinéma français, le critique Jean-Michel Frodon voit dans ce film l'un des chefs-d'œuvre du cinéma mondial[23].

Dans le même temps, Marker collabore de manière très variée à un grand nombre de projets cinématographiques, allant de l'écriture du commentaire à la production, en passant par l'adaptation des sous-titres ou le montage. On le retrouve sur les films de cinéastes tels que François Reichenbach, Catherine Varlin, Pierre Kast, Joris Ivens ou encore Jean Ravel, le monteur du Joli Mai.

Même si Marker reste toute sa vie un voyageur, on peut cependant dire que cette première phase d'errance, commencée avec Dimanche à Pékin, est clôturée dans les années 1960 avec les films Le Mystère Koumiko (1965) et Si j'avais quatre dromadaires (1966).

Fin d'une errance : Le Mystère Koumiko et Si j'avais quatre dromadaires[modifier | modifier le code]

L'origine du Mystère Koumiko est un voyage au Japon en 1964, lors des Jeux Olympiques de Tokyo. L'intention originelle de Marker est de réaliser un film sur ces Jeux, comme il l'a fait en 1952 à Helsinki. Il décide finalement de faire un film sur une jeune femme, Koumiko Muraoka[note 6], qu'il rencontre par hasard à Tokyo et qui parle français. Ce film lui donne aussi l'occasion d'explorer pour la première fois sa fascination pour le Japon, pays dans lequel il va retourner plusieurs fois par la suite.

De son côté, Si j'avais quatre dromadaires renverse la logique de Coréennes, car il s'agit cette fois d'un album de photographies en forme de film, au lieu d'un film sous forme de photographies accolées. Marker y rassemble plusieurs photos qu'il a accumulées durant ses voyages depuis 1950, et dresse ainsi une sorte de bilan de ses premières années de voyage qui précèdent les années de militantisme.

Militantisme (1967-1981)[modifier | modifier le code]

Les documentaires de voyage des années 1950 reflètent une sympathie profonde envers les tentatives d'implanter des régimes politiques socialistes dans différentes parties du monde, de Cuba à la Corée du Nord, du Chili au Viêt Nam. La montée de la contestation politique à la fin des années 1960 constitue pour Chris Marker l'occasion d'approfondir son engagement politique et de réfléchir à la place du cinéma dans le système de production et de distribution capitaliste, ainsi que sur son rôle idéologique. Marker cherche à faire ce que Jean-Luc Godard formule ainsi : « créer deux ou trois Vietnam au sein de l'empire Hollywood-Cinecittà-Mosfilms-Pinewood[24]. »

Le collectif SLON - ISKRA[modifier | modifier le code]

Le premier de ces efforts est la création, en 1967 en Belgique[note 7], du collectif SLON (Société pour le Lancement des Œuvres Nouvelles[note 8]), qui devient ISKRA (Images, Son, Kinescope, Réalisation Audiovisuelle[note 9]) en 1974. Comme l'explique très clairement un texte du collectif de 1971, « SLON est née d'une évidence : que les structures traditionnelles du cinéma, par le rôle prédominant qu'elles attribuent à l'argent, constituent en elles-mêmes une censure plus lourde que toutes les censures. D'où SLON, qui n'est pas une entreprise, mais un outil — qui se définit par ceux qui y participent concrètement — et qui se justifie par le catalogue de ses films, des films QUI NE DEVRAIENT PAS EXISTER [25]! »

Pour cette entreprise, Marker perd son statut privilégié d'auteur-réalisateur pour devenir producteur et animateur du collectif. Pendant cette période, plusieurs de ses propres films ne sont pas signés. Le premier projet de SLON est Loin du Vietnam (1967), un film collectif rassemblant les réalisateurs Jean-Luc Godard, Agnès Varda, Alain Resnais, Claude Lelouch, Joris Ivens et William Klein, et dont la coordination générale et le montage sont entièrement assumés par Chris Marker[26].

En février-mars 1967, une grève commence dans les usines Rhodiacéta de Besançon. Les ouvriers en grève ne veulent pas seulement des augmentations de salaire, ils veulent aussi changer le système : ils transforment leur usine occupée en lieu de culture avec une bibliothèque et des conférences. Chris Marker tourne À bientôt, j'espère et donne aux ouvriers les moyens de s'exprimer par le cinéma, pour faire entendre leur voix hors de leur usine et de leur région. Les ouvriers forment alors des groupes Medvedkine à Besançon et à Sochaux, et réalisent par eux-mêmes des films sur leur mouvement[27].

SLON s'intéresse aussi à la manipulation de l'information par le pouvoir à travers l'État et les médias officiels. Pour offrir un contre-poids à ces appareils idéologiques, SLON crée une série de documentaires courts de « contre-information », avec le titre général de On vous parle de... Dans cette série, Marker et ses camarades de SLON présentent l'actualité politique au Brésil, au Chili, à Cuba ou en Tchécoslovaquie, mais du point de vue des mouvements de contestation, qui n'était pas, et de loin, celui favorisé par les médias[note 10].

Le Fond de l'air est rouge[modifier | modifier le code]

Le point culminant des années militantes de Marker, c'est la grande fresque politique Le Fond de l'air est rouge (1978), d'après une idée de la monteuse Valérie Mayoux, à savoir un documentaire de quatre heures (réduites depuis par l'auteur à trois heures) sur la montée et le déclin des mouvements de gauche dans le monde. Le film est conçu au départ comme un collage de fragments de matériel filmique de SLON organisé en deux parties. La première, « Les mains fragiles », présente les espoirs politiques de la gauche à la fin des années 1960, à travers (entre autres) les révoltes des étudiants et les résonances de la révolution cubaine en Amérique latine. La deuxième partie, « Les mains coupées », décrit la réaction conservatrice de droite venue juste après le Printemps de Prague (1968), le coup d'État de Augusto Pinochet (1973), la restauration gaulliste en France, etc.

La décennie finit pour Marker dans une atmosphère politique très pessimiste. C'est le moment pour lui d'abandonner le cinéma militant tel qu'il l'avait conçu, et de se lancer dans de nouvelles voies.

Mémoire et multimédia (1982-2012)[modifier | modifier le code]

Sans soleil[modifier | modifier le code]

Sans soleil (1982) est tourné avec une caméra Beaulieu au format 16 mm et muette. Sandor Krasna, crédité au générique du film comme caméraman, est en réalité un personnage inventé par Chris Marker lui-même[28]. Ce film, souvent considéré comme le chef-d'œuvre de Marker, revisite son obsession de la mémoire (déjà présente dans La Jetée) et son goût du voyage dans les années 1950-1960. Les noyaux géographiques du film, que Marker définit comme « les deux pôles extrêmes de la survie », sont le Japon et les anciennes colonies portugaises du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau. Le cinéaste militant laisse place à un observateur curieux, politiquement averti, mais certainement déçu par la débâcle de la gauche globale et le destin tragique des mouvements de libération, en particulier en Afrique noire.

Sans soleil perfectionne le genre du « film-essai » et le transforme en une forme réflexive, guidée par ce que l'on pourrait appeler le « sujet-Marker ». Un sujet tout à la fois individuel et collectif, mais aussi cinématographique et qui organise des images et des sons fragmentaires en une unité organique par l'entremise du montage.

Installations multimédia et nouvelles technologies[modifier | modifier le code]

À partir de 1980, Chris Marker explore d'autres formes d'expression grâce aux nouvelles technologies, telles que la vidéo ou l'informatique. Déjà en 1978, il fait une installation vidéo intitulée Quand le siècle a pris formes (Guerre et Révolution), produite par le Centre Georges Pompidou pour l'exposition Paris-Berlin en association avec François Helt (AM 1989-728). Pour l'exposition Passages de l'images au Centre Pompidou en 1990, Chris Marker réalise la grande installation Zapping Zone (Proposals for an imaginary television), à laquelle il fait des ajouts jusqu'en 1994, et qui entrera dans les collections du musée (AM 1990-160). Dans les années 1980, il développe une fascination croissante pour les possibilités surprenantes qu'offrent les ordinateurs et plus récemment Internet. Un des films les plus importants de cette période, Level Five (1996), prend comme point de départ la dernière bataille de la Seconde Guerre mondiale entre Américains et Japonais dans l'île d'Okinawa, durant laquelle un tiers de la population se suicide ou est massacré. Marker utilise l'ordinateur (et en particulier les jeux d'ordinateur) comme une partie essentielle de son mode de filmage. Pour Raymond Bellour, Level 5 est « un nouveau type de film, le premier film au cinéma qui examine les liens entre la mémoire culturelle et la production de sons et images par ordinateur[29],[note 11] ».

Mais c'est dans le CD-ROM Immemory (1997) que la logique de l'ordinateur fournit une vraie alternative à la logique filmique[note 12]. Dans Immemory, produite par le Service "Nouveaux Médias" du Centre Pompidou, Marker propose « la géographie de sa propre mémoire[30] ». Le CD-ROM offre, dans son ouverture, sept « zones » différentes : le cinéma, le voyage, la photo, la guerre, la poésie, la mémoire et le musée, ainsi qu'une zone additionnelle pour les « X-plugs ». L'exploration de ces zones avec la souris de l'ordinateur nous emmène dans un labyrinthe aux bifurcations et croisements inattendus, où l'on voit défiler des photographies, des textes, des vidéos, des cartes postales... Marker trouve dans l'ordinateur des possibilités pour le développement de ses problématiques esthétiques : premièrement, le CD-ROM permet d'incorporer toutes les images et documents que Marker a essayé à maintes reprises de mettre ensemble dans une même œuvre. Deuxièmement, il rend possible l'implémentation d'une logique non-linéaire dans le développement du matériel visuel et textuel. Immemory aura aussi la forme d'une installation présentée au public en compagnie de son chat "Guillaume", et entrée dans les collections du Centre Pompidou (AM 1997-253).

Sa vie durant, Marker continue à explorer les nouvelles ressources médiatiques. Avec Max Moswitzer, il crée par exemple le monde de L'Ouvroir sur Second Life, comprenant entre autres un musée virtuel et une salle de projection, à l'occasion de l'exposition au Museum für Gestaltung (en) de Zürich. De la même manière, la première de son court métrage Leila Attacks (2006) s'est tenue sur YouTube (où on peut trouver sept vidéos sous le pseudonyme de Kosinki). En outre, Chris Marker travaille pour la télévision, comme en 1989 avec L'Héritage de la chouette (sur l'héritage de la Grèce antique dans la Grèce moderne), mini-série de treize épisodes commanditée par la Fondation Onassis et coproduite par La Sept.

Histoire et mémoire[modifier | modifier le code]

Dans l'œuvre de Marker, l'enchevêtrement entre la mémoire individuelle et l'Histoire passe au premier plan à partir des années 1980 et anime la série de portraits filmés réalisés à partir de 1985. Bien sûr, Marker a fait des films-portraits auparavant, comme celui de son ami Yves Montand dans La Solitude du chanteur de fond (1974), mais les films des années 1980-1990 sont pour la plupart des hommages posthumes ou tardifs à des ami(e)s ou des artistes qu'il admire profondément. Ils se veulent, dès lors, déchiffrage du passé plutôt que description d'un présent. La liste des noms est parlante : Simone Signoret (Mémoires pour Simone, 1986), Alexandre Medvedkine (Le Tombeau d'Alexandre, 1993) ou encore Denise Bellon (Le Souvenir d'un avenir, 2002), qu'il réalise avec sa fille, la réalisatrice Yannick Bellon. Dans A.K. (1985), il filme Akira Kurosawa sur le tournage de Ran sur les pentes du mont Fuji[18]. Pour l'émission de télévision Cinéma de notre temps, il dresse un portrait d'Andreï Tarkovsky intitulé Une journée d'Andreï Arsenevitch (1999)[18]. Dans tous les cas, Marker inscrit sa mémoire et celles des autres dans le cadre d'une histoire qui les intègre et les dépasse. Le documentaire sur Alexandre Medvevkine est notamment l'occasion pour Marker de faire une fresque impressionnante sur l'Union soviétique défunte.

Dans ses films, Chris Marker cherche à dépasser la linéarité temporelle : par exemple, avec la boucle du temps dans La Jetée ou l'anticipation du futur dans Le Souvenir d'un avenir. L'ordinateur le libère du temps comme ligne directrice irréversible : l'espace du CD-ROM est multi-dimensionnel car il y autant de dimensions que de points d'entrée sur l'écran introductif, et ces dimensions peuvent se croiser et s'enchevêtrer à volonté. Le résultat est un temps réversible et courbe, plein d'inflexions et de retours, qui permet de cartographier de façon plus précise l'architecture complexe de la mémoire.

Le globe trotter militant continue à être présent dans des films comme Berliner Ballade (1990) ou Un maire au Kosovo (2000). Le contre-informateur de la série On vous parle de... continue de proposer son regard critique sur les médias dans Détour Ceausescu (1990, segment de Zapping Zone), Le 20 heures dans les camps (1993, idem.) ou Casque bleu (1995). Le photographe de Coréennes est toujours présent dans les expositions Staring Back (2007) ou Passengers (2011), série de photographies des passagers du métro parisien pris à leur insu, et exposée pour la première fois à la Peter Blum Gallery (en) de New York[31], puis aux Rencontres d'Arles 2011[32] et enfin au Centre de la photographie de Genève[33], dans le cadre du projet Spirales. Fragments d'une mémoire collective. Autour de Chris Marker[34].

Décès[modifier | modifier le code]

Il décède le dimanche 29 juillet 2012, jour de son 91e anniversaire, à son domicile personnel dans le 20e arrondissement de Paris[26],[35]. Sa dépouille est incinérée au crématorium du Père-Lachaise le 2 août[36].

L'hommage de la presse est unanime. Le quotidien Libération lui consacre la une du 31 juillet 2012 sous le titre « Chris Marker s'efface »[37]. Dans le Guardian, Ronald Bergan salue en lui l'un des cinéastes les plus innovants et l'inventeur du film essai[18].

Après sa mort, le street-artist Thoma Vuille rend hommage à Chris Marker en inscrivant sur les murs de Paris « RIP Chris Marker, 1921-2012 ». Sa démarche est ensuite reprise par des anonymes[38].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Filmographie chronologique mise à jour en date du 23 septembre 2013, d'après "Planète Marker" du Centre Pompidou.

Les années voyages - "essais documentés" [1950-1966][modifier | modifier le code]

  • 1950ca: La Fin du monde vue par l'ange Gabriel (n/a - 8 mm)
  • 1953 : Olympia 52 (104 min, d'après le négatif[39])
  • 1953 : Les Statues meurent aussi (32 min - coréalisé avec Alain Resnais)
  • 1954-55 : La Clé des songes (10 min)
  • 1955 : Un fichu métier (n/a)
  • 1955 : Nuit et brouillard d'Alain Resnais (32 min - assistant réalisateur)
  • 1956 : Dimanche à Pékin (18 min 20 s)
  • 1956 : Les Hommes de la baleine de Mario Ruspoli (28 min - commentaire)
  • 1956 : Toute la mémoire du monde d'Alain Resnais (22 min - assistant réalisateur)
  • 1957 : Django Reinhardt de Paul Paviot (25 min 06 s - commentaire)
  • 1957 : Le Mystère de l'atelier quinze d'Alain Resnais et André Heinrich (18 min - commentaire)
  • 1958 : Lettre de Sibérie (62 min)
  • 1958 : Des hommes dans le ciel de Jean-Jacques Languepin et André Suire (9 min 47 s - commentaire)
  • 1958 : La Mer et les jours de Raymond Vogel et Alain Kaminker (22 min - commentaire)
  • 1958 : Le Siècle à soif de Raymond Vogel (14 min 36 s - commentaire)
  • 1958 : Le Vivarium de Gérard Calderon (10 min 49 s - commentaire)
  • 1958 : Broadway by Lights de William Klein (10 min 30 s - banc titre)
  • 1959 : Les Astronautes (14 min - coréalisé avec Walerian Borowczyk)
  • 1960 : Description d'un combat (60 min)
  • 1960 : L'Amérique insolite de François Reichenbach (90 min - commentaire)
  • 1961 : Cuba si (52 min)
  • 1962 : La Jetée (28 min)
  • 1962 : Le Joli mai (165 min, réduit à 136 min - coréalisé avec Pierre Lhomme)
  • 1962 : Jouer à Paris de Catherine Varlin (27 min - montage)
  • 1963 : ... à Valparaiso de Joris Ivens (34 min - commentaire)
  • 1964 : La Brûlure de mille soleils de Pierre Kast (25 min - montage)
  • 1964 : La Douceur du village de François Reichenbach (47 min - montage)
  • 1965 : Le Mystère Koumiko (54 min)
  • 1965 : Demain la Chine de Claude Otzenberger (75 min 20 s - image et commentaire)
  • 1965 : Les Chemins de la fortune de Pierre Kassovitz (43 min - conseiller artistique)
  • 1965 : La Surface perdue de Dolorès Grassian (19 min - conarration)
  • 1966 : Si j'avais quatre dromadaires (49 min)
  • 1966 : Le Volcan interdit d'Haroun Tazieff (79 min 30 s - commentaire)
  • 1966 : D'un lointain regard de Jean Ravel (10 min - codirecteur de la photographie)
  • 1966 : Europort: Rotterdam de Joris Ivens (20 min - adaptation du commentaire en français)

Les années "cinéma collectif" [1967-1979][modifier | modifier le code]

  • 1967 : Loin du Vietnam (115 min - film collectif)
  • 1967 : À bientôt j'espère (45 min - coréalisé avec Mario Marret)
  • 1968 : La Sixième face du Pentagone (28 min - coréalisé avec François Reichenbach)
  • 1968 : Classe de lutte (39 min 47 s - film collectif)
  • 1968 : Ciné-tracts (série de films de 1 min à 3 min - collectif)
  • 1969 : Jour de tournage (11 min - coréalisé avec Pierre Dupouey)
  • 1969 : Rhodia 4x8 (3 min 22 s - film collectif)
  • 1969 : On vous parle du Brésil: tortures (23 min 47 s)
  • 1970 : La Bataille des dix millions (58 min - coréalisé avec Valérie Mayoux)
  • 1970 : On vous parle de Paris : les mots ont un sens - François Maspero (19 min 22 s)
  • 1970 : Die Kamera in der Fabrik (88 min - film collectif)
  • 1970 : L'Aveu de Costa Gavras (140 min - photographe de plateau)
  • 1970 : L'Afrique express de Danièle Tessier et Jacques Lang (19 min 35 s - texte introductif)
  • 1970 : On vous parle de Flins de Guy Devart (30 min - monteur et images)
  • 1970 : On vous parle du Brésil: Carlos Marighela (40 min 46 s)
  • 1971 : On vous parle de Prague : le deuxième procès d'Artur London (30 min 05 s)
  • 1971 : Le Train en marche (32 min)
  • 1971 : Le Bonheur (1935) d'Alexandre Medvedkine (95 min - bande-son et distribution française)
  • 1971 : L'Animal en question, film collectif (31 min - image du raton laveur au début)
  • 1971 : Le Traîneau-échelle de Jean-Pierre Thiébaud (8 min - photo et mixage son)
  • 1971 : We have come back - Congo Oye d'Eldridge Cleaver et Bill Stephens (45 min - montage)
  • 1971 : Le Moindre geste de Fernand Deligny, Josée Manenti et Jean-Pierre Daniel (125 min - post-production)
  • 1972 : Vive la baleine (30 min réduit à 16 min 07 s - coréalisé avec Mario Ruspoli)
  • 1972 : La Première année de Patricio Guzman (90 min - remontage, production, doublage et sous-titrage)
  • 1973 : L'Ambassade (21 min 16 s)
  • 1973 : Puisqu'on vous dit que c'est possible (43 min - film collectif)
  • 1973 : Kashima Paradise de Yann Le Masson et Bernie Deswarte (170 min réduite à 104 min - commentaire)
  • 1973 : On vous parle du Chili: ce que disait Allende de Miguel Littin (16 min - post-production)
  • 1974 : La Solitude du chanteur de fond (60 min - portrait de Yves Montand)
  • 1974 : Les Deux mémoires de Jorge Semprun (141 min - montage et son)
  • 1975 : La Spirale d'Armand Mattelart, Jacqueline Meppiel et Valérie Mayoux (155 min - commentaire)
  • 1975-1979 : La Bataille du Chili de Patricio Guzman (243 min - aide au scénario et production)
  • 1977 : Le Fond de l'air est rouge (240 min réduit en 1996 à 180 min)
  • 1978 : Le Recours de la méthode - Viva el presidente de Miguel Littin (190 min réduite à 164 min - sous-titrage)

Les années "Immemory ou l'héritage de la mémoire" [1979-2012][modifier | modifier le code]

  • 1979 : Le Labyrinthe d'herbes de Shuji Terayama (37 min 46 s - version française)
  • 1981 : Junkopia (6 min - intégré à l'installation Zapping Zone (1990-1994))
  • 1982 : Sans soleil (104 min)
  • 1984 : 2084 (9 min 46 s - film collectif)
  • 1985 : A.K. (71 min - portrait d'Akira Kurosawa, sur le tournage de Ran)
  • 1985 : Matta (14 min 18 s - intégré à l'installation Zapping Zone (1990-1994))
  • 1985 : From Chris to Christo (24 min - intégré à l'installation Zapping Zone (1990-1994))
  • 1986 : Mémoires pour Simone (61 min - portrait de Simone Signoret)
  • 1986 : Tokyo Days (24 min - intégré à l'installation Zapping Zone (1990-1994))
  • 1987 : Treasure Island (L'Île au trésor) de Raul Ruiz (133 min - écriture de la voix off)
  • 1988 : Les Pyramides bleues d'Arielle Dombasle (97 min - conseiller artistique)
  • 1988 : Elégie de Moscou d'Alexandre Sokourov (88 min - production)
  • 1989 : L'Héritage de la chouette (13 épisodes de 26 min - série télé)
  • 1990 : Berliner balade (20 min 35 s - installation Zapping Zone (1990-1994))
  • 1990 : Berlin 90 (21 min)
  • 1990 : Détour Ceausescu (8 min - installation Zapping Zone (1990-1994))
  • 1990 : Chat écoutant de la musique (2 min 47 s - installation Zapping Zone (1990-1994): zone "Bestiaire")
  • 1990 : An Owl is an Owl is an Owl (3 min 18 s - installation Zapping Zone (1990-1994): zone "Bestiaire")
  • 1990 : Zoo piece (2 min 45 s - installation Zapping Zone (1990-1994): zone "Bestiaire")
  • 1990 : Getting away with it (6 min 45 s - clip vidéo d'Electronic - installation Zapping Zone (1990-1994))
  • 1991 : Théorie des ensembles (13 min - installation Zapping Zone (1990-1994))
  • 1992 : Slon Tango' (4 min 30 s - installation Zapping Zone (1990-1994): zone "Bestiaire")
  • 1992 : Bullfight in Okinawa (4 min 12 s - installation Zapping Zone (1990-1994): zone "Bestiaire")
  • 1993 : Le 20 heures dans les camps (27 min - installation Zapping Zone (1990-1994))
  • 1993 : Le Tombeau d'Alexandre (2 × 52 min - portrait d'Alexandre Medvedkine)
  • 1994 : Petite ceinture (1 min - vidéo haïku)
  • 1994 : Tchaïka (1 min 29 - vidéo haïku)
  • 1994 : Owl Gets in your Eyes (1 min 10 s - vidéo haïku)
  • 1994 : One Sister and many Brothers de Dušan Makavejev (4 min - image)
  • 1994 : Le Coeur a rendu l'âme de Jean-François Dars et Anne Papillaut (52 min - comseiller musical)
  • 1995 : Casque bleu (25 min 20 s)
  • 1996 : Level Five (105 min )
  • 1997 : Stephan Hermlin (11 min 29 s)
  • 1997 : Souvenir de Michael H. Shamberg (78 min - images électroniques)
  • 1999 : Une journée d'Andréi Arsenevitch (55 min - portrait d'Andeï Tarkovski)
  • 1999 : E-CLIP-SE (8 min 32 s)
  • 2000 : Un maire au Kosovo (27 min 20 s - coréalisé avec François Crémieux)
  • 2001 : Le Souvenir d'un avenir (42 min - coréalisé avec Yannick Bellon)
  • 2004 : Chats perchés (58 min - sur les traces de M. Chat, alias Thoma Vuille)
  • 2006 : Leila Attacks (1 min)
  • 2006 : Sheitan de Kim Chapiron (97 min - " voix dans la télé ")
  • 2007 : Guillaume Movie (3 min 18 s - Youtube : chaîne de Kosinki)
  • 2007 : Un an de télé vu par Guillaume (75 min)
  • 2008 : Henchman Glance - Le Regard du bourreau (31 min - réalisé à partir du Procès d'Adolf Eichmann (1961) de Léo Hurwitz et de Nuit et brouillard (1955) d'Alain Resnais)
  • 2008 : Pictures at an Exhibition (8 min 57 s - fragment de L'Ouvroir The Movie - Youtube : chaîne de Kosinki)
  • 2008 : Metrotopia (4 min 12 s - Youtube : chaîne de Kosinki)
  • 2008 : The Morning after (5 min 41 s - Youtube  : chaîne de Kosinki)
  • 2009 : L'Ouvroir The Movie (29 min - en collaboration avec Max Moswitzer)
  • 2010 : Superscience : Lightning Chasers de Manfred Christ (60 min - post-production / coloriste)
  • 2011 : The Third Cat de Max Moswitzer (11 min 14 s - choix de la musique)
  • 2011 : Stopover in Dubai (27 min - sur Gorgomancy)
  • 2011 : Tempo risoluto (6 min 15 s - Youtube : chaîne de Kosinki)
  • 2011 : Royal Polka (1 min 23 s - Youtube : chaîne de Kosinki)
  • 2011 : Overnight (2 min 42 s - Youtube : chaîne de Kosinki)
  • 2011 : Imagine (31 s - Youtube : chaîne de Kosinki)
  • 2011 : Kino (1 min 45 s - Youtube : chaîne de Kosinki)
  • 2011 : iDead (2 min 27 s - Youtube : chaîne de Kosinki)
  • 2011 : And you are here (4 min 44 s - clip vidéo de Damon and Naomi)

Fantômes markériens[modifier | modifier le code]

  • 1982 ? : Les Chats (attribution non confirmée par la source)
  • 1983 : All by myself de Christian Blackwood (97 min - attribué à la suite d'une erreur de mise en page d'une revue!)
  • 1992 : Le Facteur sonne toujours cheval (film jamais réalisé - joke de Marker envers ses "biographes")

Apparitions de Chris Marker[modifier | modifier le code]

  • 1968 : La Sixième face du Pentagone
  • 1978 : Grands soirs & petits matins de William Klein
  • 1982 : Sans soleil
  • 1985 : Tokyo-Ga de Wim Wenders
  • 1994 : One Sister and many Brothers de Dušan Makavejev
  • 1999 : Une journée d'Andréï Arsenevitch
  • 2008 : Les Plages d'Agnès d'Agnès Varda
  • 2010 : La Traversée du désir d'Arielle Dombasle

Publications[modifier | modifier le code]

Cette bibliographie des œuvres écrites de Chris Marker, sous les pseudonymes[note 13] aussi divers que Marc Dornier, Fritz Markassin, Chris. Marker, Chris Mayor, T. T. Toukanov, Boris Villeneuve, etc., est établie à partir de la version revue, augmentée et corrigée par Christophe Chazalon[40], de la version de Birgit Kämper et Thomas Tode, reprise respectivement par Théorème 6 (partiellement et avec des erreurs), Catherine Lupton, Arnaud Lambert, etc.

Romans, essais, recueils, guides de voyage[modifier | modifier le code]

  • Le Cœur net, Paris: Le Seuil, 1949, 186 p. (collection Esprit).
    • Rééditions: Paris: Le Club français du livre, 1951; Lausanne: La Guilde du livre, 1960.
    • Traductions: en allemand, Die Untrüglichen, Frankfurt am Main: Verlag des Frankfurter Hefte, 1951 (trad. par Walter Maria Guggenheimer), réédition Basel: Die Brigg, 1956 ; en anglais, Forthright Spirit, London: Allan Wingate Publisher, 1951 (trad. par Robert Kee et Terence Kilmartin).
    • Extrait: Marcel Berger (dir.), Les Plus belles histoires d'aviation, Paris: Segep, 1952, p. 57-68
  • L'Homme et sa liberté: jeu dramatique pour la veillée, Paris: Le Seuil, 1949, 93 p. (coll. Veillées, no 4)
  • Giraudoux par lui-même, Paris: Le Seuil, 1952, 110 p. (coll. Écrivains de toujours, no 8)
    • Traduction: en allemand, Jean Giraudoux in Selbstzeugnissen und Bilddokumenten, Reinbeck bei Hamburg: Rowohlts Monographien, 1962 (trad. par Max Hölzer et Paul Raabe)
  • Coréennes, Paris: Le Seuil, 1959, 146 p. (coll. Court métrage, no 1).
    • Traductions: en coréen, Pungnyok saramdul, Séoul: Ch'o'pan (éditeur), 1989, 186 p. (trad. par Kim Mu-gyong); en anglais, Coréennes, Columbus (Ohio) The Ohio State University, Wexner Center for the Arts, 2008[note 14].
    • Réédition partielle : deux extraits dans La Corée, le voyage vers l'Est. Anthologie d'Éric Bidet et Stéphane Bois, Paris : éd. La Bibliothèque, 2007
  • Le Dépays, Paris: éd. Hersher, 1982, 82 p. (réédité dans le CD-Rom Immemory).
    • Traduction: en allemand, Das Fremdland, Berlin: Galrey Verlag, 1985.
    • Réédition du texte seul dans Tokyo_Itinéraires, Paris: WakuWaku, 2008 (sous la dir. de Cécile Parisot et François-Xavier Robert)

Scénarios - commentaires de film[modifier | modifier le code]

Films de Chris Marker[modifier | modifier le code]

  • Commentaires, Paris: Le Seuil, 1961, p. 186 p. (comprend les scénarios: Les Statues meurent aussi, Dimanche à Pékin, Lettre de Sibérie, L'Amérique rêve, Description d'un combat et Cuba Si!). Réédition: Commentaires 1, Paris: Le Seuil, 1967, 174 p.
  • "Cuba Si!", L'Avant-scène cinéma, no 6 (1961), p. 45-62
  • "La Jetée", L'Avant-scène cinéma, no 38 (1962), p. 22-30. Réédition: La Jetée ciné-roman, Paris: Kargo / L'Éclat, 2008, n.p. (reprise de l'édition anglaise de 1992 par Urzone/Zonebook, réédité en 1997)
  • Commentaires 2, Paris: Le Seuil, 1967, 171 p. (comprend les scénarios: Le Mystère Koumiko, Soy Mexico et Si j'avais quatre dromadaire)
  • "La Sixième Face du Pentagone", Jeune cinéma, no 35 (1969), p. 2-6
  • "La Bataille des dix millions", Jeune cinéma, no 50 (1970), p. 39-48
  • "Le Train en marche", L'Avant-scène cinéma, no 120 (1971), p. 2-14
  • Le Fond de l'air est rouge - Scènes de la troisième guerre mondiale, 1967-1977, Paris: éd. François Maspéro, 1978, 205 p. (coll. Voix)
  • "Sans soleil", Trafic, no 6 (1993), p. 79-97
  • "A.K.", L'Avant-scène cinéma, no 403-404 (1991), p. 124-142
  • "Le Tombeau d'Alexandre", Images documentaires, no 15 (1993), p. 45-48 et Le Nouveau commerce, no 88-89 (1993), p. 17-48
  • "Une journée d'Andreï Arsenevitch", Positif, no 481 (1999), p. 51-55

Films d'autres réalisateurs[modifier | modifier le code]

  • Les Hommes de la baleine de Mario Ruspoli, L'Avant-scène cinéma, no 24 (1963), p. 46-51
  • ... à Valparaiso de Joris Ivens, L'Avant-scène cinéma, no 183 (1965), p. 73-85
  • Le Mystère de l'atelier quinze d'Alain Resnais et André Heinrich, L'Avant-scène cinéma, no 61-62 (1966), p. 73-78
  • La Mer et les jours de Raymond Vogel et Alain Kaminker, L'Avant-scène cinéma, no 68 (1967), p. 61-66
  • Loin du Viêt Nam (collectif), Filmstudio 68-1, no 1 (1967 / Frankfurt), p. 2-26 (traduction en allemand d'Helmut Mennicken)
  • Europort: Rotterdam de Joris Ivens, L'Avant-scène cinéma, no 99 (1970), p. 43-48

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]

  • Yves Benot, « Un dimanche à Pékin au pas de Chris Marker », Les Lettres françaises, no 647,‎ 29 novembre 1956, p. 5
  • Simone Dubreuilh, « Flashes sur les jeunes réalisateurs français : Chris Marker », Les Lettres françaises, no 664,‎ 28 mars 1957, p. 6
  • "Réponse à une enquête", interview accordée à Image et son, no 150-151 (1962), p. 41-55
  • Jean-Louis Pays, « Des humanismes agissants: entretiens avec Marker et Gatti », Miroir du cinéma, no 2,‎ 1962, p. 4-7
    • réédité partiellement dans Anatole Dauman, 1989, p. 157-159
  • Francis Gendron, « Le Socialisme dans la rue », Miroir du cinéma, no 2,‎ mai 1962, p. 12
  • (de) Herman Herlinghaus, « Chris Marker : Ich Werde Bestimmt Wiederkommen », Deutsche Filmkunst, no 1,‎ 1962, p. 26-27
  • (de) « Chronisten unserer Zeit: Chris Marker », Filmspiegel, no 23,‎ 1963, p. 5
  • (de) Wolfgang Gersch, « Der schöne Mai », Filmwissenschaftlichte Mitteilungen, no 1,‎ 1964, p. 194-198
    • Réédition: (de) Herman Herlinghaus, Dokumentaristen der Welt in den Kämpfen unserer Zeit, Berlin, Henschel,‎ 1982.
    • Traduction en anglais dans Alter 2006
  • "Entretien avec Chris Marker", interview donnée à R. Ritterbusch pour Image et son, no 213 (février), p. 66-69
  • "L'Aurore d'un cinéma ouvrier", débat avec Chris Marker, Costa-Gavras, Edouard Lutz, les ouvriers-cinéastes du Groupe Medvedkine de Besançon et le public, publié dans Le Nouveau cinémonde, no 1840(1970), p. 8-10 et 36
  • "Medvedkine, tu connais ?", interview donnée à Anne Philipe pour Le Monde, no 8362 (02 décembre 1971), p. 17
  • "Terminal Vertigo", interview accordée au Monthly Film Bulletin, no LI/606 (juillet 1984), p. 196-197
  • Claude Roy, « Ce que parler veut dire », Le Monde, no 14890,‎ 11 décembre 1992, p. 2
  • (en) Dolores Walfisch, « Interview with Chris Marler », The Berkeley Lantern,‎ novembre 1996
    • rééditée dans Vertigo (UK), no 7 (automne 1996), p. 38 [fausse interview écrite par Marker]
  • Jean-Michel Frodon, « Je ne demande jamais si, pourquoi... », Le Monde, no 16196,‎ 20 février 1997, p. 31
  • Samuel Douhaire et Annick Rivoire, « Rare Marker », Libération, no 6783,‎ 5 mars 2003 (lire en ligne)
    • Traduction anglaise dans Film Comment, no XXXIX/3 (mai-juin 2003), p. 38-41
  • Julien Gester et Serge Kaganski, « La seconde vie de Chris Marker », Les Inrockuptibles, no 647,‎ 29 avril 2008, p. 30-33 (lire en ligne)
    Entretien donné sur Second Life par Sergei Murasaki (alias de Chris Marker) à Iggy Atlas (alias de Julien Gester et Serge Kaganski) dans le cadre de son exposition dans le monde virtuel
  • "Interview de Guillaume-en-Égypte", numéro datée du 31 octobre 2009 de la revue électronique Poptronics consacré à Guillaume-en-Égypte au Brésil

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

. "Passages de l'image" , Centre Pompidou, Paris, 1990. (sous la dir de Raymond Bellour, Catherine David et Christine Van Assche)

. "Qu'est ce qu'une Madeleine. A propos du CD Rom Immemory", Éditions Yves Gevaert et Centre Pompidou, 1997 (sous la dir de Christine Van Assche. Textes de Raymond Bellour et Laurent Roth)

Illustrations - photographies[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Émissions de radio[modifier | modifier le code]

Installations multimédia[modifier | modifier le code]

Séries de photographies[modifier | modifier le code]

Cédérom multimédia[modifier | modifier le code]

  • Immemory, Paris: Centre Georges Pompidou, Musée national d'art moderne, Espace nouveaux médias / Les Films de l'Astrophore / Helsinki : Nosferatu / Genève : Le Centre pour l'image contemporaine de Saint-Gervais, 1997. Réédition en anglais : Cambridge (MA): Exact Change, 2009.
  • L'Ouvroir (2008) : monde virtuel de Chris Marker sur Second Life, conçu par Max Moswitzer, à l'occasion de l'exposition de Chris Marker au Museum für Gestaltung de Zürich, du 12 mars au 29 juin 2008. Évolutif, un cinéma et une réplique virtuelle du bar La jetée de Tokyo, ont été ajoutés par la suite. L'Ouvroir fait également l'objet d'un film visionnable sur internet, intitulé L'Ouvroir-Le film [1].

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions solo[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Principaux prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (it) Bernard Eisenschitz, Chris Marker, Festival de Pesaro, Rome, Dino Audino Editore,‎ 1996, 182 p.
    Nombreux articles traduits en italien pour chaque film et installations
  • (de) Birgit Kamper et Thomas Tode (dir.), Chris Marker, Filmessayist, Munich, Institut Français / CICIM,‎ 1997, 376 p.
    Ouvrage de référence
  • Guy Gauthier, Chris Marker, écrivain multimédia ou voyage à travers les médias, Paris, L'Harmattan,‎ 2001, 224 p.
    Souvenirs d'un critique de cinéma appréciant, dès le début, le travail de Marker
  • Jacques Rancière, « La fiction documentaire : Marker et la fiction de mémoire », dans La fable cinématographique, Paris, Seuil,‎ 2001, p. 201-216
  • (en) Catherine Lupton, Memories of the Future, Londres, Reaktion Books,‎ 2004, 256 p.
  • (it) Viva Paci, Il cinema di Chris Marker : Come une vivaio ai pescatori di passato dell'avvenire, Bologne, Hybris,‎ 2005
  • (en) Nora M. Alter, Chris Marker Contemporary Film Directors, Urbana/Chicago, University Of Illinois Press,‎ 2006, 232 p.
  • Philippe Dubois (dir.), Théorème 6 : Recherches sur Chris Marker, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle,‎ 2006, 196 p.
    Recueil d'articles sur des aspects du travail de Marker
  • Eclipses: Chris Marker. Voyages en [immémoire],‎ 2007, 180 p., chap. 40
    Recueil d'articles sur des aspects du travail de Marker
  • (en) Sarah Cooper, Chris Marker, Manchester, Manchester University Press,‎ 2008, 224 p.
  • André Habib et Viva Paci (dir.), Chris Marker et l'imprimerie du regard, Paris, L'Harmattan,‎ 2008, 310 p.
    recueil d'articles sur des aspects du travail de Marker
  • Arnaud Lambert, Also Known as Chris Marker, Paris, Le Point du jour,‎ 2008, 296 p.
    Biographie thématique découpée en 22 thèmes
  • (de) Barbara Filser, Chris Marker und die Ungewissheit der Bilder, Paderborn, Fink Wilhelm Gmbh + Co.Kg,‎ 2010, 515 p.

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Jaime N. Christley, « Chris Marker », Senses of cinema,‎ 19 juillet 2002 (lire en ligne)
  • Marie-Claude Loiselle, « Le sourire de l'utopie : Chats perchés de Chris Marker », 24 images, no 126,‎ 2006, p. 56 (lire en ligne)
  • Antoine de Baecque, « Le Fond de l'air est rouge de Chris Marker, les années rebelles », Rue89,‎ 15 avril 2008 (lire en ligne)
  • Jean-Michel Durafour, « Que meurent les girafes ? » », Trafic,‎ décembre 2012
  • Eric Marty, "Un moment pétainiste dans la vie de Chris Marker", Le Monde, 15 août 2012
  • Goffredo Fofi, « Chris Marker, poète des « essais cinématographiques » » », Esprit,‎ octobre 2012, p. 133-135 (lien DOI?, lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il est impossible de savoir si cette citation vient de Marker ou de Dubois, dans le sens où elle sortit au même moment. Dans le catalogue d'exposition A Farewell to Movies /Abschied vom Kino (2008), Marker dit avoir repris cette phrase dans une critique de journaux. Or, le curateur de l'exposition, Andres Janser, nous a expliqué que c'était, en fait, une invention de Marker, qu'il n'y avait jamais eu d'article sur ce très court-métrage. De son côté, Isild Le Besco a confirmé que Leila Attacks!, à l'époque, n'avait pas été diffusé à la télévision, ni au cinéma.
  2. Marker précise dans un entretien accordé à Simone Dubreuilh qu'il s'occupait « alors de Travail et Culture. Alain, lui, suivait des cours de comédie chez Simon. Tout de suite nous avions sympathisé. Nous avions des manies communes : les Comic strips, les chats et les films... » (Dubreuilh 1957).
  3. L'expression précise qu'utilise Bazin pour caractériser Lettre de Sibérie est « un essai en forme de reportage cinématographique », réduit par la suite en « film-essai ».
  4. Comme le montre très clairement le dossier « La Chine, porte ouverte » paru dans Esprit et écrit par Paul Ricœur, Armand Gatti, René Dumont, avec le portfolio de Chris Marker, à l'occasion d'un voyage en Chine, durant lequel Marker tourne Dimanche à Pékin (no 239 (juin 1956), p. 897-910).
  5. Dans la version anglo-saxonne, le commentaire est lu par Simone Signoret
  6. En réalité, le prénom est Kumiko qui a été francisé par la suite en Koumiko.
  7. Il s'agit là d'éviter la censure. Dans les faits, le travail est réalisé en France.
  8. L'acronyme signifie aussi "éléphant" en russe. C'est également le nom d'un des premiers goulags sibérien, situé dans les îles Solovki.
  9. L'acronyme signifie aussi "étincelle" en russe, tout autant que le titre du journal dirigé par Lénine entre 1901 et 1903. Afin de pouvoir obtenir les subventions françaises, la société est créée en France.
  10. Dans le même temps, SLON produit une autre série télévisée intitulée Nouvelle société, dont plusieurs épisodes sont produits par le groupe Medvedkine de Besançon, et qui traite de la société française alors en pleine mutation.
  11. C'est une des trois fictions de Chris Marker avec La Jetée et L'Ambassade, puisque Catherine Belkhodja, unique protagoniste du film, y interprète un rôle créé de toute pièce.
  12. Ce CD-ROM est l'occasion d'une installation réalisée pour le Centre Pompidou et intitulée Immemory One".
  13. À noter que le pseudonyme « Paul Lechat », attribué à Chris Marker par Arnaud Lambert (Also Known as Chris Marker, Paris, 2008, p. 278), pour l'ouvrage Italie de la collection « Petite planète », est en fait celui de Paul Lengrand, l'un des fondateurs de Peuple et Culture, qui travailla par la suite à l'Unesco, en particulier en Italie, comme le confirme le site des éditions du Seuil et l'ouvrage Lifelong Education - Education permanente de Paul Bélanger et Ettore Gelpi.
  14. Il s'agit en fait de l'édition coréenne à laquelle est joint un fascicule comportant la traduction anglaise.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chris Marker, « Verbatim », Libération,‎ 5 mars 2003 (lire en ligne)
  2. D'après une copie intégrale de l'acte de naissance, qui mentionne également son mariage et son décès, donné le 1er août en présence de Paul Paquier, président des agences de la Région parisienne du Crédit Lyonnais, et Hippolyte Villeneuve, inspecteur général des Postes et Télégraphes, en retraite, officier de la Légion d'honneur. Voir aussi Dominique Poiret, « Le réalisateur Chris Marker est mort », Libération,‎ 30 juillet 2012 (lire en ligne)
  3. Témoignage reçu de Mme Bouche-Villeneuve, par Mme Dominique Raoul-Duval et qui nous a été gentiment transmis
  4. Voir les archives du Lycée Pasteur déposées aux Archives des Hauts-de-Seine
  5. Simone Signoret, La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était, Paris, Le Seuil,‎ 1976, p. 32-34
  6. Cette information a été rendue publique pour la première fois dans l'article d'Éric Marty, "Un moment pétainiste dans la vie de Chris Marker" dans Le Monde du 15 août 2012, déclenchant un tollé chez certains admirateurs du cinéaste, voir par exemple le blog de Serge Toubiana. Aujourd'hui cette information avérée est reprise par tout le monde sans créer de scandale. Mais précisons qu'on ne reprochait pas à Éric Marty de révéler l'information, mais le moment et la manière qu'il avait utilisés pour le faire, à savoir comme un scoop journalistique publié dans un des plus importants quotidiens français à peine 2 semaines après la mort de Marker, alors qu'il aurait très bien pu le faire du vivant du cinéaste (donc avec un droit de réponse de l'intéressé) ou attendre quelques mois que les proches et "admirateurs" aient fait leur deuil. La polémique tint donc uniquement à un problème de savoir vivre et de politesse ou de courage, et non à une supposée "collaboration" pétainiste.
  7. « He joined the Resistance for, in his words, “the adventure rather than the ideology”, and then the American Army when, for a brief period after the Battle of the Bulge (16 décembre 1944 - 25 janvier 1545), the Americans directed recruited Frenchmen. He fought right through to the end of the war, and one of his most treasured possessions was the signed letter from Eisenhower thanking him for his service. » Colin MacCabe, cité dans cette biographie de Marker.
  8. Voir la visite de l'atelier de Marker par Agnès Varda dans le premier volet de la série Agnès de ci de là Varda, réalisée entre 2008 et 2010 et produite par Arte, dans lequel Marker confirme son activité au sein de la Résistance et de l'Armée américaine durant la seconde Guerre mondiale.
  9. (en) Derek Malcolm, « Chris Marker: Cuba Si! », The Guardian,‎ 16 décembre 1999 (lire en ligne)
  10. « Petit Journal du cinéma : Chris en Israël », Cahiers du cinéma, no 115,‎ 1961, p. 40.
  11. Voir Agnès Varda, op. cit.
  12. Peuple et Culture (sous l'onglet "valeur"). Voir aussi le manifeste de Peuple et Culture rédigé durant l'été 1945 et intitulé "Un peuple, une culture".
  13. Joseph Rovan, Mémoires d'un français qui se souvient d'avoir été allemand, Paris, Le Seuil,‎ 1999, p. 262-263
  14. Hervé Serry, « Chris Marker au Seuil », sur seuil.com,‎ août 2012 (consulté le 22 août 2012)
  15. Chris Marker, L'Homme et sa liberté, Paris, Le Seuil,‎ 1949, p. 7.
  16. Simone Dubreuilh, « Flashes sur les jeunes réalisateurs français : Chris Marker », Les Lettres françaises, no 664,‎ 28 mars 1957, p. 6
  17. Lupton 2004, p. 40
  18. a, b, c, d, e et f (en) Ronald Bergan, « Chris Marker obituary », The Guardian,‎ 30 juillet 2012 (lire en ligne)
  19. André Bazin, « Chris Marker, Lettre de Sibérie », France Observateur,‎ 30 octobre 1958, p. 258
  20. André Bazin, « Lettre de Sibérie », dans Le Cinéma français de la Libération à la Nouvelle Vague 1945-1958, Paris, Cahiers du cinéma,‎ 1984, p. 180
  21. Une parfaite illustration en est le procès d'Artur London (1951, réhabilité en 1956), décrit dans le livre-témoignage de London lui-même, intitulé L'Aveu, publié en 1968 et adapté au cinéma en 1970 par Costa-Gavras. L'édition et plus encore le film obligèrent le PCF à ouvrir les yeux non sans douleur, comme le décrit très bien Simone Signoret dans son autobiographie La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était (1975), actrice principale du film avec son mari Yves Montand.
  22. Lambert 2008, p. 279.
  23. Jean-Michel Frodon, Le Cinéma français, de la Nouvelle Vague à nos jours, Paris, Cahiers du cinéma,‎ 2010, p. 95
  24. Jean-Luc Godard, "Manifeste" pour le Press-Book de La Chinoise, août 1967, repris dans Jean-Luc Godard, Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, t. 1, Paris, Cahiers du cinéma,‎ 1998, p. 303
  25. Cité par Bernard Benoliel, "Entre Vues", Festival de Belfort 2002, disponible sur www.iskra.fr.
  26. a et b Pierre Haski, « Chris Marker est mort : le fond de l’air est moins rouge », Rue89,‎ 30 juillet 2012 (lire en ligne)
  27. Jean-Louis Bory, « La caméra à l'usine », Le Nouvel Observateur, no 246,‎ 28 juillet 1969 (lire en ligne) (suite)
  28. Robert Daudelin, « Rétrospective Chris Marker : le plus célèbre des cinéastes inconnus », 24 images, no 119,‎ 2004, p. 8-11 (lire en ligne)
  29. cité in Lupton 2004, p. 201
  30. Lupton 2004, p. 205.
  31. Peter Blum Gallery
  32. « Les Rencontres d'Arles »,‎ 2011 (consulté le 6 Juillet 2011)
  33. Centre de la Photographie Genève. On lira également avec intérêt le texte de l'artiste Christophe Chazalon sur la série de photographies Passengers, en libre accès sur chrismarker.ch.
  34. « Spirales. Fragments d'une mémoire collective. Autour de Chris Marker »,‎ 2011 (consulté le 20 août 2012)
  35. Serge Toubiana, « Le réalisateur Chris Marker est mort », Blog de Serge Toubiana,‎ 30 juillet 2012 (lire en ligne)
  36. Serge Toubiana, « Le réalisateur Chris Marker est mort », Cinémathèque française, 30 juillet 2012.
  37. « Chris Marker s'efface », sur Libération,‎ 30 juillet 2012 (consulté le 31 juillet 2012)
  38. Romain Blondeau, « Bataille d’héritage autour de Chris Marker », Les Inrockuptibles,‎ 22 décembre 2012 (lire en ligne)
  39. Voir le remarquable film étude de Julien Faraut, Regards neufs sur Olympia 52".
  40. http://www.chrismarker.ch/bibliographie/index.html
  41. Pour cette collection, il faut considérer l'année d'édition précisée ici et non les éditions postérieures qui connaissent des changements de textes.
  42. Préface de Chris Marker, qui est également l'auteur du commentaire du film Kashima Paradise coréalisé en 1974 par Yann Le Masson et Bénie Deswarte.
  43. D'après l'index de la revue Esprit
  44. Cette recension est essentielle pour comprendre le travail de Marker et n'a cependant jamais été cité à ce jour par les spécialistes, historiens et biographes de l'artisan bricoleur français.
  45. Accessible dans Chris. Marker, écrivain-cinéaste [: dossier], Paris, Association Images Documentaires, 1993, p. 11-13 (Images documentaires (ISSN 1255-3468), 15) (en ligne).
  46. Accessible dans Chris. Marker, écrivain-cinéaste [: dossier], Paris, Association Images Documentaires, 1993, p. 45-48 (Images documentaires (ISSN 1255-3468), 15) (en ligne).
  47. Voir également les autres interventions du chat Guillaume-en-Egypte, pigiste sur Poptronics
  48. http://ps1.org/exhibitions/view/71
  49. http://www.diagonalthoughts.com/?p=1205
  50. http://galeriedefrance.collectio.org/exposition?id=56
  51. http://www.artnet.com/galleries/Exhibitions.asp?gid=164&cid=162142
  52. Passengers
  53. Dans son interview accordée à Kämper et Tode, Alain Resnais explique qu'avec ce prix Marker s'est acheté un enregistreur, un des premiers sur le marché. (Birgit KAMPER et Thomas TODE (dir.), Chris Marker, Filmessayist, Munich: Institut Français / CICIM, 1997, p. 207, traduit en italien dans Bernard EISENSCHITZ, Chris Marker, Festival de Pesaro, Rome: Dino Audino Editore, 1996, p. 46)
  54. « Les lauréats des Prix de la Scam », sur Scam (consulté le 18 septembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]