Gérard Guégan

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Guégan Gérard

Autres noms Stéphane Vincentanne, Yves Le Braz, Yann Cloarec, Freddie Lafargue, Philippe Carella
Activités Écrivain, chroniqueur littéraire, éditeur et traducteur
Naissance 20 juillet 1940 (74 ans)
Marseille
Langue d'écriture Français
Distinctions Prix Jean-Freustié(1997) Prix Renaudot de l'essai (2011)

Gérard Guégan, né le 20 juillet 1940 à Marseille, est un écrivain et journaliste et français, ancien critique cinématographique. Il écrit sous divers pseudonymes[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il adhère en mai 1958 à l’Union des étudiants communistes[2]. Quelque temps après, il crée Subjectif, une revue de poésie et de cinéma où se mêlent les influences marxistes et surréalistes.En 1961, en même temps qu’il est engagé par le quotidien La Marseillaise, il fonde Contre-Champ[3]. En novembre 1963, Gérard Guégan - « sans-diplôme proclamé »[4] - s’installe à Paris et collabore pendant deux ans à la rubrique culturelle de L’Humanité et, accessoirement, aux Lettres françaises. À l’automne 1965, répondant à l’invitation de Jacques Rivette, il entre aux Cahiers du cinéma. À partir de cette date et jusqu'au début de 1968, il participe à la rédaction d'un Dictionnaire du cinéma initié par Raymond Bellour. Par ailleurs, il écrit la chanson Mao Mao pour La Chinoise de Jean-Luc Godard.

En mai 1968, alors qu’il vient de terminer en grand secret le récit du procès politique fait par le PCF à André Marty et Charles Tillon[5], il rompt avec le communisme et se rallie à l’ultra gauche en participant au groupe Prisu[6]. L’année d’après, il crée avec Gérard Lebovici et Alain Le Saux les Éditions Champ Libre. C’est là qu’il fait paraître en août 1973 Cahiers du Futur, revue mélangeant théorie et cartoons, puis, en mai 1974, son premier roman, La Rage au cœur : celui-ci obtient un vif succès, si bien que, l’été venu, Raoul Sangla engage Gérard Guégan comme acteur dans La Croisée aux côtés de Brigitte Fossey. En 1974, Gérard Guégan et ses amis sont licenciés des éditions Champ Libre par Gérard Lebovici après avoir tenté de prendre le contrôle de cette maison d'édition[7]. Guégan livre une autre version de cet événement[8]. Ensuite, à la demande de J.-C. Fasquelle, il relance, en compagnie de Alain Le Saux, Raphaël Sorin et Olivier Cohen, la célèbre maison d’édition surréaliste, Le Sagittaire. Lui-même continue à publier des romans, une revue (Subjectif II), à traduire Charles Bukowski et à faire de la télévision avec Michel Lancelot et Pierre-André Boutang. Il écrit aussi le scénario du premier téléfilm de Jean-Daniel Verhaeghe, Le Feu dans l’eau (1979).

Dans les années 1980, grâce à la vidéo, il réalise plusieurs longs-métrages documentaires.

Petit à petit, il se retire de la scène parisienne pour se consacrer entièrement à l’écriture de ses livres. Toutefois, outre les chroniques d’humeur qu'il a longtemps données aux Nouvelles littéraires et au Matin de Paris, il continue de collaborer chaque dimanche à Sud Ouest.

Pseudonymes[modifier | modifier le code]

Gérard Guégan a publié des écrits sous les pseudonymes suivants : Stéphane Vincentanne, Yann Cloarec, Yves Le Braz et Philippe Carella[9].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire du cinéma, Éditions universitaires, 1966
  • La Rage au cœur, Champ Libre, 1974
  • Les Irréguliers, Lattès, 1975
  • Un silence de mort, Lattès, 1975
  • Technicolor, Le Sagittaire, 1975
  • À feu vif, Lattès, 1976
  • Père et Fils, Grasset, 1977
  • Oui, Mai, Le Sagittaire, 1978
  • L'avenir est en retard, Albin Michel, 1978
  • On revient toujours chez soi, Alfred Eibel, 1979
  • Beau soleil, Grasset, 1979
  • Le Sang dans la tête, Presses de la Renaissance, 1980
  • Polonaises, BFB, 1981
  • Le Requin vengeur, Garance, 1981
  • Une femme coincée, Grasset, 1982
  • La vie est un voyage, Christian Bourgois, 1983
  • Pour toujours, Grasset, 1984
  • La Terreur, roman cruel, Grasset, 1987
  • Père et Fils suite, Ramsay, 1988
  • Le Dernier des rêveurs, Flammarion, 1990
  • Dictionnaire mondial des films, Larousse, 1991
  • Un cavalier à la mer, François Bourin, 1992
  • Sur le sentier de la guerre, L’Olivier, 1993
  • Eurydice ne répond plus, L’Olivier, 1995
  • L'ABCdaire du cinéma français, Flammarion, 1995
  • Debord est mort, Le Che aussi. Et alors ? Embrasse ton amour sans lâcher ton fusil, Cahier des saisons, 1995 (réédition chez Librio en 2001, ISBN 2-290-31085-9)
  • Les vivants sont ceux luttent, la haine de classe au cœur, Cahiers des Futurs, 1996
  • La Demi-sœur, Grasset, 1997 — Prix Jean-Freustié
  • Markus Wolf avait une sœur, je l’ai aimée, Grasset, 1997
  • Les Irrégulières, Flammarion, 2001
  • Ascendant Sagittaire, Parenthèses, 2001
  • Terroristen ! (v. : f.), Parenthèses, 2002
  • Soudain l'amour, Grasset, 2003
  • Rimbaud et Saint-Just font du théâtre, À Rebours, 2003
  • Inflammables, Wespieser, 2004
  • Les cannibales n'ont pas de cimetières, Grasset, 2005
  • Cité Champagne (Champ Libre I), Grasset, 2006
  • Montagne Sainte-Geneviève (Champ Libre II), Grasset, 2008
  • Fontenoy ne reviendra plus, Stock, 2011 — Prix Renaudot de l'essai[10]
  • Appelle-moi Stendhal, Stock, 2013

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Lettre à Positif, n° 37, janvier 1961, p. 61
  • Éditions Champ Libre, Correspondance, volume 1, Champ Libre, Paris, 1978.
Échange de lettres menant à la rupture avec l'éditeur Gérard Lebovici
  • Guy Debord, Correspondance, volumes 4 et 5, Fayard, 2004 et 2005.
    Les lettres de Guy Debord à Gérard Guégan sont réunies dans ces deux volumes

Films[modifier | modifier le code]

  • Sollers et Guégan ont deux mots à se dire, documentaire réalisé par Danielle Jaeggi en 1980
  • Sur la crise à Libération : Toutes les histoires de dragons ont un fond de vérité (1981)
  • Sur l’escamotage de Mai 68 : 68/89 (1988).

Romans-photos[modifier | modifier le code]

  • L'Assassin d'Apostrophes / texte de Gérard Guégan ; photogr. de Maya Sachweh ; avec Pierre Bourgeade (Raymond Dellebourre / Fernand) ; Edith Develeyne (Léa Simonet), Ruth Henry (Mme Dellebourre), Alain Massiot et Bernard Pivot (dans son propre rôle). In Playboy France, mars 1983, n° 112 (vol. 12, n° 3), p. 39-43.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le catalogue de la Bnf indique que Gérard Guégan a eu recours aux pseudonymes suivants pour signer ses ouvrages : Philippe Carella, Yann Cloarec, Freddie Lafargue, Yves Le Braz et Stéphane Vincentanne
  2. Information donnée par l'intéressé sur son blog du Nouvel Observateur [1]
  3. Cette revue de critique cinématographique a la particularité de fonctionner avec un comité de rédaction à Marseille (Jean-Pierre Léonardini, Henri Dumolié, Michel Pétris notamment) et un autre à Paris (Bernard Stora, Claude Miller, Jean-Patrick Lebel, Albert Cervoni)
  4. Alain Léauthier, Vivre livre, Libération, 31 juillet 2001
  5. Yves Le Braz, Les rejetés, l'affaire Marty-Tillon, La Table Ronde, 1974
  6. Entretien avec Eric Dussert dans Le Matricule des Anges, mai 2006
  7. Éditions Champ Libre, Correspondance, volume 1, Champ Libre, Paris, 1978
  8. notamment dans « Debord est mort, Le Che aussi. Et alors ? Embrasse ton amour sans lâcher ton fusil »
  9. Un Cavalier à la mer, page 198, Éditions François Bourin, 1992
  10. Jérôme Garcin, « Renaudot essai: la bataille de Fontenoy », sur http://bibliobs.nouvelobs.com,‎ 02/11/2011 (consulté le 03/11/2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]