Nationalisme basque

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L'ikurriña fut créé en 1894 par Sabino Arana

Le nationalisme basque est né à la fin du XIXe siècle en réaction à la victoire des libéraux en Espagne qui, par imitation des idées professées par la Révolution française, voulaient construire un État espagnol centralisé. Les Libéraux et leurs opposants socialistes étaient d'accord pour supprimer les libertés juridiques des provinces basques, ce qui fut fait par la loi de 1876.

Origines[modifier | modifier le code]

Affichage du nationalisme basque

Le fondateur du nationalisme basque Sabino Arana Goiri mit en place une idéologie nationaliste ("Euzkadi est la patrie des Basques" déclare-t-il) liée à un peuple (« race » dans la phraséologie de l'époque), un hymne, un drapeau, l'Ikurriña (au départ chaque province s'était vue attribuée par Sabino Arana son drapeau propre, mais c'est celui de la Biscaye qui a été adopté par l'ensemble des sept provinces historiques), des devises ("Dieu et l'ancienne loi" ou "Les Basques pour Euzkadi et Euzkadi pour Dieu") et créa un parti politique pour populariser ses idées: EAJ-PNV. Après avoir souffert des attaques incessantes du côté espagnol et plusieurs séjours en prison, il meurt à l'âge de 38 ans et laisse le parti aux mains de son frère Luis et de l'industriel Ramon de la Sota. Sabino Arana avait été le premier à envoyer un télégramme de félicitations au président des États-Unis suite à la défaite des Espagnols contre les Américains à Cuba, colonie espagnole qui devint de ce fait indépendante. Sabino avait aussi défendu les droits des noirs Hottentots face aux Blancs, Britanniques et Néerlandais durant la Seconde Guerre des Boers en Afrique du Sud au début du XXe siècle.

La guerre civile espagnole[modifier | modifier le code]

Après la mort de Sabino Arana, son œuvre est poursuivie par le parti qu'il a fondé, EAJ-PNV. Pendant la IIe République espagnole, EAJ-PNV mobilise le Pays basque sud en faveur d'un statut d'autonomie qui n'est accordé par la République, dans l'urgence créée par le soulèvement franquiste de juillet 1936, qu'à l'automne de cette année-là. Le premier gouvernement d'Euzkadi est présidé par José Antonio Agirre (EAJ-PNV) et compte des ministres nationalistes basques et des partis de gauche qui soutiennent la république espagnole. Après le massacre de Guernica en avril 1937 et la chute de Bilbao en juin de cette même année, le gouvernement d'Euzkadi prend la route de l'exil, pendant que la répression franquiste s'abat sur les nationalistes basques et la gauche espagnole. C'est clandestinement qu'EAJ-PNV poursuit la lutte de l'intérieur, pendant qu'en exil le gouvernement du lehendakari Agirre tente de mobiliser l'opinion publique internationale en faveur de la cause des Basques[1].

Les « années noires »[modifier | modifier le code]

Devant lutter contre le franquisme et ses héritiers, les nationalistes espagnols, un nouveau front s'ouvre contre le nationalisme démocratique basque : ETA (acronyme de "Euskadi Ta Askatasuna" qui signifie « pays basque et liberté »). Cette organisation terroriste est rapidement reprise par des marxistes révolutionnaires, qui, à l'exemple de Mao et des mouvements tiers-mondistes, tentent d'utiliser la force du sentiment national basque au service d'une stratégie révolutionnaire visant à déstabiliser l'État espagnol. Pour EAJ-PNV-PNB, cette stratégie est mortelle pour les Basques, car elle ne cherche pas à trouver une solution au problème basque, mais désire accentuer, approfondir le problème basque pour l'utiliser comme une arme contre l'État « capitaliste et impérialiste » espagnol.

Le retour de la démocratie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conflit basque.

À la mort de Franco, le nationalisme basque s'unit à la gauche espagnole pour obtenir un nouveau statut d'autonomie qui est finalement approuvé par référendum en Euzkadi (alors que la constitution espagnole ne l'avait pas été dans les provinces basques). À l'heure actuelle, le nationalisme basque démocratique cherche à redéfinir, par la voie négociée, les rapports entre le peuple basque et l'État espagnol, sur une base contractuelle. Il doit faire face à une crispation étatique et à la stratégie révolutionnaire de l'ETA et de ses satellites

Meeting politique tenu le 22 septembre 2006 à Aritxulegi, Oiartzun, en l'honneur d'activistes liés au nationalisme basque.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Exil et solidarité, la ligue internationale des amis des Basques, Jean-Claude Larronde, 1998

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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