Parti nationaliste basque

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Parti national et Parti nationaliste basque (France).
(eu) Euzko Alderdi Jeltzalea
Image illustrative de l'article Parti nationaliste basque
Logo officiel
Présentation
Président Andoni Ortuzar
Fondation 1895
Siège Sabin Etxea, Bilbao
Fondateur Sabino Arana Goiri
Organisation de jeunesse Euzko Gaztedi Indarra
Idéologie Nationalisme basque, Fédéralisme, démocratie
Affiliation européenne Parti démocrate européen, Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe
Couleurs vert, blanc et rouge
Site web http://www.eaj-pnv.eu
Représentation
Parlement basque
27 / 75
Congrès des députés
5 / 18
Parlement européen
1 / 50
(au sein de la Coalition pour l'Europe)
Sénat
4 / 12
Parlement de Navarre
1 / 50
(au sein de Nafarroa Bai)

Le Parti nationaliste basque (PNB) (en castillan : Partido Nacionalista Vasco (PNV) ; en basque : Euzko Alderdi Jeltzalea (EAJ)) signifie : le parti basque des sympathisants du JEL (Jaungoikoa Eta Lege zaharra). il s'agit d'un parti politique nationaliste basque centriste et pro-européen. En Espagne, son sigle usuel est EAJ-PNV et en France : EAJ-PNB.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien logo du parti.

Un premier nationalisme défensif[modifier | modifier le code]

EAJ-PNB a été créé en 1895, par Sabino Arana Goiri, à Bilbao, en Biscaye. Il créé l’ikurriña, le drapeau basque, avec Luis son frère. Le XIXe siècle est marqué par l’éclosion de nations reposant sur la souveraineté des peuples. Suite à la perte des institutions biscayennes, les fueros et une industrialisation massive qui sapent les fondements de l’identité biscayenne et basque, Sabino Arana Goiri adapte ce nouveau concept de nation, au cas basque. Ce nationalisme défend le renouveau de la société traditionnelle, en se basant sur les valeurs catholiques et celles du peuple basque.

EAJ-PNB, Parti leader[modifier | modifier le code]

Tout en s’ouvrant aux autres, EAJ-PNB se développe rapidement, en Biscaye, puis dans les autres provinces. Dans les années 1930 et l’avènement de la République espagnole, EAJ-PNB devient le premier Parti du Pays basque sud ou espagnol. Il suit les préceptes du catholicisme social, l’aile sociale de l’Église, fondatrice de la démocratie chrétienne.

EAJ-PNB obtient un Statut d’Autonomie, le 06 octobre 1936, avec ses alliés républicains, en pleine guerre civile espagnole. Les gudaris, les combattants basques dirigés par le Jeltzale Jose Antonio Agirre, jeune président du  Gouvernement Basque, combattent le franquisme et plus tard le nazisme, avec les Résistants français. L’écrivain François Mauriac, ami du président Agirre, écrit : « vous avez marqué le tournant de la démocratie-chrétienne en Europe ».

La nuit franquiste et la lumière européenne[modifier | modifier le code]

EAJ-PNB est interdit durant le franquisme. Le Président Agirre est condamné à mort et en pleine guerre, se cache… à Berlin ! EAJ-PNB se reconstitue dans la clandestinité et l’exil. Membre de la démocratie chrétienne européenne, il participe à la construction de l’Union Européenne. Le dictateur Franco meurt en novembre 1975. Au Pays basque sud, le mouvement ETA : Euskadi eta Askatasuna (Pays basque et liberté), créé en 1959, entame sa macabre série d’attentats. EAJ-PNB a toujours condamné et combattu ETA par éthique humaniste du droit fondamental à la vie et pour des raisons politiques, d’un combat contre-productif.

Le renouveau basque[modifier | modifier le code]

EAJ-PNB se reconstitue lors du Congrès d’Iruñea-Pampelune, en 1977 et se proclame aconfessionnel, non lié à une religion. Suite au Statut d’autonomie de Gernika, voté en 1979 et à la Constitution espagnole de 1978, EAJ-PNB devient le premier Parti d’Euskadi ( Araba-Biscaye-Gipuzkoa) et gouverne depuis lors, la majorité des institutions, seul ou en coalition. La majorité des représentants politiques navarrais ont refusé d’intégrer Euskadi. EAJ-PNB  contribue au redressement d’Euskadi, sortant cette région sidérurgique et industrielle d’une profonde crise, aggravée par le terrorisme. Euskadi est devenu la région la plus prospère d’Espagne.

EAJ-PNB, en Pays basque nord ou français[modifier | modifier le code]

L’influence d’EAJ-PNB est considérable sur la vie culturelle du Pays basque nord, en tant que Parti promoteur du drapeau basque, l’ikurriña ou d’institutions comme Euskalzaleen Biltzarra, Eusko Ikaskuntza, l’Académie Basque, Euskaltzaindia ou le modèle des ikastolas, repris au nord. Sabino Arana Goiri avait lui-même noué des contacts avec des personnalités du Pays basque nord, comme M. Pierre Broussain.

Le premier mouvement régionaliste, nommé Euskalherriste, dans les années 1930 a été influencé par EAJ-PNB, au sud. La génération des dirigeants démocrates chrétiens, des années 1960 et 70, au premier rang desquels, Michel Labéguerie, Jean Errecart ou Jean Etcheverry-Ainchart a nourri des liens étroits avec EAJ-PNB.

Un groupe de sympathisants jeltzale anime la revue « Ager » dans les années 1980. EAJ-PNB se constitue officiellement en Parti politique, en 1990 et entame une activité militante et partisane, à partir de 1996 et jusqu’à nos jours.

Dans les institutions européennes[modifier | modifier le code]

Il est membre fondateur du PDE Parti démocrate européen avec notamment le MoDem en France ainsi que l'Olivier et la Marguerite de Romano Prodi en Italie. Il compte un député européen en la personne de Izaskun Bilbao, qui siège au groupe ADLE.

Ailleurs[modifier | modifier le code]

Le parti a également des bureaux dans les pays où habitent des minorités basques : Venezuela, Argentine, Mexique, Uruguay, Chili et aux États-Unis.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Une devise surprenante ![modifier | modifier le code]

Depuis sa création en 1895, EAJ-PNB signifie en euskara (langue basque),  Euzko Alderdi Jeltzalea (EAJ), le Parti Basque des sympathisants du JEL : Jaungoikoa eta Lege zaharra, (Dieu et la Loi Coutumière). Aujourd’hui, EAJ-PNB est un Parti démocrate et abertzale. Pourquoi ?

Jaungoikoa : une démocratie de proximité[modifier | modifier le code]

Une démocratie (en grec, demos : le peuple kratos : pouvoir), contrairement à une dictature ou à une oligarchie, fait confiance à chaque citoyen, en lui donnant le droit de vote. Pour EAJ-PNB, être démocrate signifie d'aller au-delà du système politique pour défendre l'ambition d’une société démocrate : une société basée sur la confiance en la personne humaine et en la diversité de ses choix et de ses situations. Cela signifie :

- un respect de la dignité humaine, des droits fondamentaux

- une personne placée au centre de l’action publique, pour l’aider, la stimuler et l’impliquer dans la société

- un pouvoir au service de la personne, efficace et honnête

- une société assumée dans sa diversité pour être harmonieuse. L’être humain doit être considéré dans ses spécificités sociales, culturelles, religieuses ou sexuelles

Cette vision démocrate découle d’un humanisme politique chrétien promouvant la liberté, la responsabilité ou la solidarité. C’est l’évolution du Jaungoikoa (Dieu), la croix blanche du drapeau basque. Aujourd’hui, ce Parti aconfessionnel depuis 1977, n’est pas lié à une religion et garantit la diversité des croyances.

Abertzale (patriote) : des personnes conscientes de leurs spécificités[modifier | modifier le code]

Un peuple, un destin, des atouts[modifier | modifier le code]

La nation ou patrie basque (aberria) est vécue comme telle par les abertzale( patriotes) qui sont également des euskotar. Aberria, abertzale ou euskotar sont des mots inventés par Sabino Arana Goiri, d’où son expression : « Euskotarren aberria Euzkadi da » « Euzkadi est la patrie des Basques ou Euskotar ». Les euskotar sont attachés à la langue, à la culture, à l'histoire ou à l'état d’esprit basque, quelle que soit leur origine, bascophones ou non. Ces éléments culturels cimentent la communauté nationale basque. L’abertzale défend aussi un avenir prometteur, basé sur les spécificités basques, comme étant le meilleur des projets pour l’ensemble des habitants de ce pays. L'envie commune d’agir, les patrimoines naturels, ou culturels sont autant d’atouts à valoriser. Tout cela forge la volonté d’un destin commun.

La maîtrise d'un destin commun suppose une capacité retrouvée à édicter des lois spécifiques, dans un cadre européen. Il s’agit de réactualiser l’esprit basque des lois, basé sur deux piliers :

-la culture du pacte ou du contrat, marquée par le dicton du respect de la parole donnée: « hitza hitz ». Le système traditionnel basque reposait sur l’accord entre les maîtres de maison.

-une volonté d’action collective particulière. Contrairement à la notion de propriété, certains biens ne peuvent être soumis au bon vouloir absolu des individus ou de groupes d’individus. Ils sont un héritage commun à transmettre et les êtres humains en sont responsables. L’exemple central  est celui de l’etxe, la maison qui se transmettait de génération en génération, comme une suite de la lignée familiale. Voilà pourquoi, le Pays basque est la terre européenne des coopératives. Il s’agit aujourd’hui de pratiquer le droit de propriété dans cet état d’esprit. Voilà pourquoi aussi, être Basque, c’est être pour le développement durable.

Une nation ouverte[modifier | modifier le code]

Les non abertzale ne sont pas rejetés. Les eusko hiritar, les citoyens basques qui résident et participent à la vie de ce pays, même sans attachement pour  cette identité sont membres à égalité de droit et de devoir de la société et de cette nation basque intégratrice, à construire ensemble. Tout sentiment national est d’une égale dignité. Respecter la liberté de chacun, c’est être démocrate !

La nation basque, symbolisée par la devise du Zazpiak-Bat (sept = un) est une fédération de 7 territoires historiques. Elle constitue avec d’autres peuples, l’Union Européenne. Cette culture du Pacte, du fédéralisme, cette histoire intégrée dans l’aventure européenne humaniste et l’idéal de paix et de prospérité sont les raisons qui expliquent l'engagement pro-européen d'EAJ-PNB.

Tout cela marque l’évolution du Lege Zaharra ou loi coutumière : la croix verte du drapeau basque ou croix de St André. Un jour de St André, les Biscayens battirent les Castillans, pour récupérer leurs droits coutumiers. La couleur verte rappelle également le chêne de Gernika, symbole des libertés biscayennes et basques. Ce Lege Zaharra n’a pas un sens traditionnaliste. Il s’agit de construire l’avenir, en interrogeant la mémoire, l'état d’esprit basque, en fonction du monde actuel. Cela est résumé par la formule de Sabino Arana Goiri : « atzokoan finkatuz, gaur biharkoa eraikiz », « construire l’avenir aujourd’hui, en se basant sur le passé ».

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections générales espagnoles[modifier | modifier le code]

Année Voix Mandats Rang
1977 29,3%
8 / 21
1er
1979 26,7%
7 / 21
1er
1982 31,7%
8 / 21
1er
1986 27,2%
6 / 21
1er
1989 22,8%
5 / 21
1er
1993 24,5%
7 / 19
1er
1996 25,0%
5 / 19
1er
2000 30,4%
7 / 19
1er
2004 33,7%
7 / 19
1er
2008 27,1%
6 / 18
2e
2011 27,4%
5 / 18
1er

Remarque : Ce tableau présente les résultats du PNV dans la seule circonscription où le parti se présente, autrement-dit au Pays basque.

Élections au Parlement basque[modifier | modifier le code]

Année Voix Mandats Tête de liste Rang
1980 38,1%
25 / 60
Carlos Garaikoetxea 1er
1984 42,0%
32 / 75
Carlos Garaikoetxea 1er
1986 23,7%
17 / 75
José Antonio Ardanza 1er
1990 28,5%
22 / 75
José Antonio Ardanza 1er
1994 29,8%
22 / 75
José Antonio Ardanza 1er
1998 28,0%
21 / 75
Juan José Ibarretxe 1er
2001[1] 42,7%
33 / 75
Juan José Ibarretxe 1er
2005[1] 38,7%
29 / 75
Juan José Ibarretxe 1er
2009[1] 38,7%
30 / 75
Juan José Ibarretxe 1er
2012[1] 34,6%
27 / 75
Iñigo Urkullu 1er

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Voix Mandats Élus
Espagne Pays basque
1987 1,18%[2] 19,4%
0 / 60
1989 1,91%[3] 21,0%
1 / 60
Juan Antonio Gangoiti Llaguno
1994 1,91%[4] 25,9%
1 / 64
Josu Jon Imaz
1999 2,90%[5] 33,9%
1 / 64
Josu Ortuondo Larrea
2004 5,15%[6] 35,3%
1 / 54
Josu Ortuondo Larrea
2009 5,18%[7] 28,5%
1 / 50
Izaskun Bilbao
2014 5,44%[8] 27,5%
1 / 54
Izaskun Bilbao

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Présidents d'EAJ/PNV depuis 1895[modifier | modifier le code]

Sabin Etxea, siège du PNV, à Bilbao.

Note: Le Conseil National du Parti Nationaliste Basque (Euzkadi Buru Batzar) fut créé en 1911. C'est pour cela que Sabino Arana Goiri et Ángel Zabala furent « seulement » présidents du Conseil Régional de Biscaye (Bizkai Buru Batzar).

  • 1895-1903 Sabino Arana Goiri
  • 1903-1906 Ángel Zabala Ozamiz
  • 1906-1908 Députation formée par Santiago Alda, Alipio Larrauri, Antonio Arroyo, Vicente Larrinaga et Eduardo Arriaga.
  • 1911?-1916 Luis de Arana y Goiri
  • 1916-1920 Ramón Bikuña
  • 1920-1930 Ignacio Rotaeche (Comunión Nacionalista Vasca)
  • 1922-1930 Luis de Arana y Goiri (Aberri)
  • 1930 Ceferino de Jemein (Aberri)
  • 1931-1932 Ramón Bikuña
  • 1932-1933 Luis de Arana y Goiri
  • 1933-1934 Jesús Doxandabaratz
  • 1934-1935 Isaac López Mendizábal
  • 1935-1951 Doroteo Ciáurriz
  • 1951-1953 Juan Ajuriaguerra
  • 1957-1962 Jose Agerre
  • 1975-1977 Ignacio Unceta
  • 1977-1980 Carlos Garaikoetxea
  • 1980-1984 Xabier Arzalluz
  • 1984-1985 Román Sudupe
  • 1985-1986 Jesús Insausti
  • 1986-2004 Xabier Arzalluz
  • 2004-2008 Josu Jon Imaz
  • 2008-2012 Iñigo Urkullu
  • Depuis 2012 Andoni Ortuzar

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Alliance avec Eusko Alkartasuna
  2. Membre de l'Union européïste qui n'a pas obtenu de siège.
  3. Membre de la Coalition nationaliste qui a obtenu un siège tournant dont entre juin 1989 et juillet 1992 pour le PNV-EAJ.
  4. Membre de la Coalition nationaliste qui a obtenu deux sièges tournant dont un pour le PNV-EAJ de juin 1994 à janvier 1999.
  5. Membre de la Coalition nationaliste - Europe des peuples qui a obtenu deux sièges dont un pour le PNV-EAJ.
  6. Membre de Galeusca - Peuples d'Europe qui a obtenu deux sièges dont un pour Convergence démocratique de Catalogne.
  7. Membre de la Coalition pour l'Europe qui a obtenu deux sièges dont un pour le PNV-EAJ.
  8. Membre de la Coalition pour l'Europe qui a obtenu trois sièges dont un pour le PNV-EAJ.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]