Noironte

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Noironte
Noironte
Vue sur le village de Noironte en été.
Blason de Noironte
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Besançon
Canton Besançon-2
Intercommunalité Grand Besançon Métropole
Maire
Mandat
Claude Maire
2017-2020
Code postal 25170
Code commune 25427
Démographie
Gentilé Noirontais ou Nirontais
Population
municipale
383 hab. (2016 en augmentation de 9,12 % par rapport à 2011)
Densité 57 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 16′ 22″ nord, 5° 52′ 31″ est
Altitude Min. 206 m
Max. 278 m
Superficie 6,73 km2
Localisation

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Noironte (prononcé [nwaʀɔ̃t]) est une commune française située dans le département du Doubs en région Bourgogne-Franche-Comté. .

Située entre la basse vallée de l'Ognon et les Avants-Monts du Jura, à une douzaine de kilomètres de Besançon, elle compte 386 habitants appelés Noirontais et Noirontaises[1].

Ancienne seigneurie érigée durant le Moyen Âge qui a vu le village se développer autour de son château, Noironte a toujours gardé un caractère rural avec une activité agricole encore bien présente au début du XXIe siècle, autour de l'élevage bovin et porcin, de la polyculture céréalière et d'une fromagerie. Son paysage est également marqué par la présence d'étangs et de forêts qui couvrent une large partie du territoire communal. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le village est cependant peu à peu inscrit dans un phénomène de périurbanisation du fait de son appartenance à l'aire urbaine de Besançon et de son adhésion depuis 2003 à la communauté urbaine Grand Besançon Métropole.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de Noironte est située en région Bourgogne-Franche-Comté, dans l'extrémité nord-ouest du département du Doubs, à 4 kilomètres à vol d'oiseau au sud du département de la Haute-Saône et à 12 kilomètres à l'est du département du Jura. Les grandes villes les plus proches sont Besançon, préfecture du département, située à 11,5 kilomètres à vol d'oiseau en direction de l'est[2] et Dijon, préfecture de la région, située à 64 kilomètres vers l'ouest[3]. Paris, la capitale se trouve à 316 km au nord-ouest[4]. La distance la plus courte par la route entre le centre du village et le centre-ville de Besançon (mairie) est de 15 km[Note 1]. Elle est à la limite de la basse vallée de l'Ognon et de la zone jurasienne des Avants-Monts[B 1]. Elle fait partie du canton de Besançon-2 et de la communauté urbaine Grand Besançon Métropole et elle est intégrée dans l'aire urbaine de Besançon. Le territoire communal est limitrophe de neuf autres communes.

Communes limitrophes de Noironte
Chevigney-sur-l'Ognon Émagny Chaucenne
Recologne Noironte Pouilley-les-Vignes
Placey Audeux Champvans-les-Moulins
Champagney

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Carte géologique de la commune de Noironte.
Carte géologique de la commune de Noironte.

D'une superficie de 673 hectares, le territoire communal se situe dans une zone qui se partage entre la basse vallée de l'Ognon au nord et le faisceau des Avants-Monts au sud, une région au relief contrasté qui dépasse rarement les 300 mètres d'altitude et où s'écoulent les affluents de l'Ognon[6]. Les parties nord et ouest de la commune sont relativement planes, avec des altitudes comprises principalement entre 210 et 230 mètres, l'altitude minimale étant de 206 mètres à l'orée du bois du Breuil sur la frontière de la commune avec Recologne[7]. Le sud et l'est de la commune sont plus accidentés, le ruisseau formant un petit vallon encaissé entre deux buttes, l'une qui culmine à 263 mètres d'altitude au lieu-dit Lambon et l'autre à 285 mètres dans le Bois de la Fêlie sur la commune limitrophe d'Audeux[7]. L'altitude la plus élevée de la commune de Noironte (278 mètres) est mesurée en limite de ce bois. Une butte moins élevée, qui culmine à 251 mètres à proximité du lieu-dit Le Creux des Renard se situe au nord-est. Le village-centre a quant à lui une altitude comprise entre 220 et 230 mètres[7].

Le territoire communal est constitué de terrains du Jurassique moyen et inférieur (de - 170 Ma à - 180 Ma). Dans la partie nord du territoire de la commune, sur une surface correspondant aux bois du Breuil et des Fouchères, les formations géologiques constituant le substrat sont des argiles sableuses du Pliocène (- 4 Ma). Au centre de la commune, sur un axe Est-Ouest qui s'étend de 100 à 200 mètres de part et d'autre du chemin de la Covre et jusqu'au chemin de Lambon en passant par le village, affleure une strate de calcaires du Jurassique moyen (Bajocien inférieur et Aalénien supérieur). Au sud, on retrouve des formations marneuses de l'Aalénien et du Toarcien. Enfin, les sols situés qui affleurent de part et d'autre du ruisseau sont des dépôts fluviatiles.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune fait partie du bassin versant de l'Ognon. Le village est traversé par le ruisseau éponyme, le ruisseau de Noironte[8], qui a subi une opération pilote en 1996 permettant le réaménagement du lit et des berges et l'amélioration de la qualité et de l'esthétique du cours d'eau. D'une longueur de 10 kilomètres environ, il prend sa source sur la commune de Dannemarie-sur-Crète et traverse notamment celles de Chemaudin-et-Vaux, Mazerolles-le-Salin, Audeux et Noironte, avant de se jeter dans le ruisseau de Recologne sur le territoire de la commune du même nom dans la vallée de l'Ognon[9]. La commune est également pourvue d'un nombre important d'étangs (jusqu'à sept en 1582) qui a valu aux habitants d'être surnommés « les grenouillards »[B 2]. On en dénombre actuellement trois qui sont propriété du château[A 1], dont le plus ancien, d'une superficie de trois hectares, se trouve au lieu-dit Creux des Renards.

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Climat[modifier | modifier le code]

La station météorologique la plus proche est située à Besançon, au niveau de l'observatoire de la Bouloie, à 9 km du centre de Noironte. Les données météorologiques y sont mesurées depuis 1884[10]. Le climat est de type « tempéré océanique humide » (Cfb) d'après la classification de Köppen. Du fait de sa situation dans le quart nord-est du territoire français, Noironte subit des influences continentales sensibles : ainsi, Météo-France définit son climat comme semi-continental avec des étés chauds, des hivers rudes, et une pluviométrie annuelle plutôt élevée[11].

Les précipitations, de l'ordre de 1 187 mm et 141 jours par an, sont importantes en comparaison du reste du territoire (Paris : 637 mm et 111 jours ; Strasbourg : 665 mm et 115 jours ; Dijon : 760 mm et 115 jours). Cela n'empêche pas l'ensoleillement, qui s'élève à 1 836 heures par an, de compter parmi les plus élevés de la moitié nord de la France (Paris : 1 690 heures ; Nantes : 1 791 heures ; Strasbourg : 1 693 heures).

Relevés de la station météorologique de Besançon (normales 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,7 −0,2 2,7 5,2 9,3 12,4 14,5 14,1 10,9 7,6 2,9 0,4 6,6
Température maximale moyenne (°C) 5,2 7 11,4 15,2 19,5 22,8 25,3 25 20,7 16 9,5 5,7 15,3
Record de froid (°C)
date du record
−20,7
9/01/1985
−20,6
10/02/1956
−14
1/03/2005
−5,2
2/04/1952
−2,4
3/05/1909
2,1
2/06/1936
4,5
18/07/1970
3,4
20/08/1885
−0,1
25/09/1931
−6,1
28/10/1887
−11,3
28/11/1915
−19,3
30/12/1939
Record de chaleur (°C)
date du record
16,8
20/01/1918
21,7
29/02/1960
24,8
25/03/1955
29,1
27/04/1893
32,2
26/05/1892
35,8
26/06/2019
40,3
28/07/1921
38,3
12/08/2003
34,6
5/09/1949
30,1
7/10/2009
23
2/11/1899
20,8
16/12/1989
Ensoleillement (h) 75,1 95,5 142,1 176,1 206,6 230,4 244,1 232,3 175,8 132,6 72,7 53 1 836,3
Précipitations (mm) 86,3 79,7 92 94,2 114,8 101,5 90 91,9 107,2 115,7 104,4 109,2 1 186,9
Nombre de jours avec précipitations 13 12 12 11 13 11 10 10 10 12 13 13 141
Source : Météo France


Environnement[modifier | modifier le code]

Le village est entouré de forêts qui représentent 216 hectares, soit environ un tiers de la superficie totale de la commune (672 hectares) : les principales forêts sont le bois du Breuil (90 ha) et le bois des Fouchères (120 ha) situés au nord du territoire communal. Le reste des terrains est constitué principalement de pâturages et de champs de culture.

Le territoire de la commune de Noironte n'intègre pas de zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF)[12], ni d'aire protégée[13].

Faune aquatique sur l'étang du Creux des Renards.

Selon les données de l’inventaire national du patrimoine naturel (INPN), 191 espèces et infra-espèces sont présentes dans le territoire communal, dont 140 espèces végétales et 51 espèces animales[14].

Parmi les animaux, la présence de 25 espèces d'oiseaux ont été observées, parmi lesquelles le milan royal, le chardonneret élégant, le héron cendré, la buse variable, la gallinule poule-d'eau, le pic vert, la chouette hulotte ou encore le pic noir. Cinq espèces de mammifères ont également été recensées : le loup gris, le renard roux, l'écureuil roux, le sanglier et le chevreuil. Les cours d'eau et étangs de la commune abritent entre autres brochet, anguille d'Europe, truite d'Europe, gardon ou encore tanche.

La biodiversité floristique de la commune est représentée par des herbacées telles que le muguet, la colchique d'automne, le houx et des essence arbustives dont l'érable sycomore, le chêne sessile, le hêtre commun, le charme commun ou l'aulne glutineux.

La commune dispose de sa propre station d'épuration pour le traitement des eaux usées : elle présente une capacité pour l'équivalent de 500 habitants. L'approvisionnement en eau de la commune est assuré par le Syndicat Intercommunal des Eaux du Val de l'Ognon (SIEVO) dont elle est membre depuis 1950[15]. Le traitement des déchets est assuré par le Sybert, Syndicat mixte de Besançon et de sa région pour le traitement des déchets[16], Noironte accueillant une des 16 déchetteries sur son territoire.

Le village est labellisé une fleur depuis 2015 au concours des villes et villages fleuris[17].

Carte de la commune de Noironte.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Carte en couleur représentant les étapes de développement du bâti du village de Noironte.
Développement du bâti à Noironte.
  • Extension du bâti en 1950
  • Développement du bâti entre 1950 et 2000
  • Développement du bâti entre 2000 et 2018

Le village est composé d'un bourg-centre qui s'est développé originellement en habitat groupé de part et d'autre du ruisseau et de quelques écarts, la Piroudotte et la Covre à l'ouest de la commune, tandis que quelques maisons situées au sud du village sont accolées au village d'Audeux. L'axe principal, la Grande Rue, est orienté est-ouest, perpendiculairement au ruisseau qu'il traverse par un pont, unique point de passage routier de la commune entre les deux rives.

Logement[modifier | modifier le code]

Au recensement de 2016, la commune comptait 175 logements dont 159 étaient des résidences principales, 13 des logements vacants et 3 des résidences secondaires[Insee 1]. Le nombre de logements situé dans des immeubles collectifs s'élève à 43 appartements, soit 24,5 % du total, et 131 maisons individuelles. Sur les 155 résidences principales construites avant 2014 que compte la commune, 31 (19,7 %) ont été achevées avant 1946, 80 (51,6 %) entre 1946 et 2005 et 44 (28.7 %) de 2006 à 2013. L'ancienneté d'emménagement dans la résidence principale montre que sur les 383 habitants de la commune au recensement de 2016, 186 ont emménagé depuis 10 ans ou plus, 143 depuis 2 à 9 ans et 54 depuis moins de 2 ans.

Évolution du nombre de logements à Noironte[Insee 1]
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
65 78 89 105 114 133 158 175

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Infrastructure routière[modifier | modifier le code]

Le village est situé sur la route départementale RD 5 qui était l'ancienne route de Besançon à Marnay. Celle-ci traverse la commune d'est en ouest sur 3,5 kilomètres et relie notamment Noironte aux villages voisins de Pelousey et Recologne. Une autre départementale, la RD 216, part du bourg de Noironte vers le sud pour atteindre les communes d'Audeux, Mazerolles-le-Salin et Chemaudin-et-Vaux. La partie de la RD 216 situé sur la commune est connue localement sous l'appellation de côte d'Audeux en raison de son dénivelé de 40 mètres d'altitude sur une distance de 600 mètres (pente à 7 %). Par ailleurs, deux chemins communaux permettent de rejoindre les villages de Chaucenne, Émagny et Chevigney-sur-l'Ognon vers le nord. L'échangeur autoroutier le plus proche est situé à huit kilomètres au sud par la route, il s'agit de la sortie n°3 Besançon Planoise de l'A36 dite La Comtoise (Beaune-Mulhouse).

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Arrêt de bus sur la place de Noironte.

La commune est desservie par le réseau de transports en commun de l'agglomération de Besançon Ginko : la ligne 62  relie l'arrêt Noironte Place au pôle d'échange intermodal Temis de Besançon en traversant les communes d'Audeux, Champagney, Champvans-les-Moulins, Pouilley-les-Vignes et Pirey en un temps de parcours de 25 minutes environ[18]. En semaine, il y a au moins quatre aller-et-retour réguliers par jour, des trajets supplémentaires étant disponibles sur réservation.

Liaisons ferroviaires et aériennes[modifier | modifier le code]

Pour la desserte ferroviaire, les gares les plus proches sont la gare de Besançon Franche-Comté TGV (10 km) pour les liaisons nationales et internationales, et celles de Franois et de Dannemarie - Velesmes situées également à une dizaine de kilomètres et desservies par des trains régionaux du réseau TER Bourgogne-Franche-Comté assurant la liaison entre Besançon-Viotte et Dole. Le tracé de la LGV Rhin-Rhône passe dans le bois des Fouchères à deux kilomètres au nord du centre du village.

À 40 minutes de Noironte par la route, l'aéroport de Dole-Jura propose en 2019 des liaisons aériennes régulières vers Londres, Marrakech, Fès, Porto et Bastia[19]. Les aéroports internationaux les plus proches de Noironte sont l'aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg (174 km), l'aéroport international de Genève (190 km) et l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (241 km).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Au fil des siècles, le nom de la commune a connu de nombreuses transformations : Nerontio ou Neironte (1073), Nigronte (1108), Nigrunta (1139), Noironte (1287), Noyronte (1344), Noirontes (1629)[B 1],[20]. L'étymologie du terme Noironte proviendrait du ruisseau qui traverse le village, surnommé la noire onde[21].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques effectuées à Noironte à la fin du XXe siècle ont révélé des traces d'activités datant du Paléolithique, dont trois objets du Moustérien et une pointe azilienne[22]. Le territoire communal a par ailleurs été le théâtre d'une importante occupation humaine au Néolithique, avec la présence de quatorze sites où ont été découverts de nombreux matériels lithiques parmi lesquels une lame de hache polie et des armatures de flèches[23].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La première mention écrite du village apparaît dans un texte de l'an 1032 se rapportant aux biens de l'abbaye Saint-Paul de Besançon. L'origine de la constitution de la seigneurie de Noironte demeure inconnue mais on sait que sa devise était "semper item[24]" et qu'en 1287 elle appartient à Guillaume d'Apremont, seigneur de Moncley, qui affirme l'avoir en sa possession parmi un certain nombre de terres[B 1]. Au cours du XIVe siècle, la seigneurie appartient à la famille d'Arguel : ainsi, en 1390, les villageois doivent à Antoine d'Arguel, seigneur de Noironte et de Cromary, un cens de cinq bichets (mesure de grains) d'avoine qui doit être déchargé devant l'église le jour de la Saint-Martin d'hiver fêtée le 11 novembre[B 1].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Carte de Cassini de Noironte et ses environs en 1758.

En 1521, la seigneurie de Noironte revient aux Thomassin, famille bourgeoise originaire de Vesoul[B 1], puis, par le biais des alliances, elle tombe sous la tutelle de la famille des Fallerans de Plaine en 1553.

La seigneurie est confisquée à Adrien de Plaine et vendue à Nicolas Franchet pour 38 100 francs, la famille Franchet possédant la seigneurie de Noironte à partir de 1581[B 3]. Claude Franchet, écuyer originaire de Pontarlier, reconnaît en 1582 tenir son fief auprès de Louis de La Tour, seigneur de Moncley. Le nouveau seigneur dispose de la haute, moyenne et basse justice sur ses vassaux qui se voient obligés d'être au guet et à la garde du château. La seigneurie de Noironte comprend un certain nombre de pièces de terre, sept étangs, une tuilerie, un moulin et un bois banaux. En 1614, Noironte compte 36 feux, soit environ 150 à 160 habitants.

Anne Jacquinot, Dame de Noironte, petite-fille de Denis Franchet, se marie le avec Claude Bon Monnier, lieutenant du bailliage de Vesoul (1634-1638) qui devient conseiller au Parlement de Dole en 1647. Les terres de Noironte dotées en 1642 d'un blason qui figure encore aujourd'hui sur le blason communal (en bas à droite), reviennent ainsi à la famille Monnier qui y exerce ses pouvoirs pendant plus d'un siècle. À la fin du XVIIe siècle, le duc d'Arenberg, militaire brabançon au service de la Couronne d'Espagne et gouverneur de la Franche-Comté de 1668 à 1671, fait envoyer une compagnie militaire sur les terres de Noironte pour faire part de sa contrariété[25] à Bon Anatoile Monnier, président du conseil des vingt-huit notables qui gouvernent la cité de Besançon. En réponse, le seigneur de Noironte fait envoyer des chevaux pour ravitailler les combattants logés sur ses terres. Par lettres patentes du , les terres et seigneuries de Noironte, Mamirolle et Courvières sont érigées en marquisat, démontrant les faveurs dont jouissait Charles de Monnier (premier président de la Chambre des comptes de Dole et conseiller au Parlement de Besançon) auprès de la cour du fait de sa fidélité au Roi[26].

En 1740, Charles de Monnier vend sa seigneurie à Catherine Françoise Petitcuenot, veuve de Claude Joseph Bullet, seigneur de Bougnon. Dans l'intervalle, la terre de Noironte sera plusieurs fois amodiée. À une date indéterminée du dernier quart du XVIIIe siècle, Noironte est cédée à un membre de la famille de Montrond. Le dernier seigneur de Noironte est Madame de Montrond, qui, en 1786, établit un bail à ferme de 7 500 livres avec les frères Humbert, de Recologne, pour les fonds, droits revenus, terre et seigneurie de Noironte.

Pendant la Révolution française, la population de Noironte qui est très attachée au culte catholique manifeste son opposition à la nouvelle administration. Néanmoins, en 1791, un vote attribue 600 livres aux cinq volontaires du village qui se sont engagés à renforcer l'armée pour défendre la patrie[B 3]. Le découpage territorial opéré par l'Assemblée constituante rattache la commune de Noironte au canton de Recologne nouvellement créé[27].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Carte postale ancienne représentant la Grande Rue de Noironte vers 1910
Noironte vers 1910.

En 1801, la « loi portant réduction du nombre de justices de paix » supprime le canton de Recologne, Noironte est dorénavant rattachée au canton d'Audeux[27].

La commune endure de manière répétée les réquisitions de cohortes étrangères durant le mois d'octobre 1815[B 3]. Il est probable qu'au cours du XIXe siècle une partie du village ait été dévastée par un incendie sévère, ce qu'indiquerait la dénomination de l'actuelle rue des Mas Brûlés[B 3]. Le conseil municipal se soucie à cette même époque de restaurer et d'acquérir de nouveaux bâtiments publics[B 3] : ainsi, en 1840, la commune rachète une maison du village où elle installe sa mairie et son école. En 1845, la municipalité acquiert un terrain pour y établir le nouveau cimetière et en 1855 elle décide de la construction d'une église à la place de l'ancienne chapelle saint Jean-Baptiste. À la fin du siècle, une école privée, dirigée par des religieuses, ouvre également ses portes grâce à la volonté de Monsieur de Chateaubrun.

Les conséquences de la guerre de 1870-1871 sur le village ne sont pas connues mais celui-ci n'a probablement pas évité les dégâts et les réquisitions éprouvés par les communes environnantes[B 3].

Le , des incidents ont lieu à Noironte suite à la promulgation de la loi de séparation des Églises et de l'État : à l'issue de la messe dominicale, un groupe de fidèles menés par le maire Jules de Chateaubrun et le curé Valère Bidoz se rend à l'école pour remettre en place un crucifix enlevé la veille tandis que l'instituteur Émile Motte, qui tente de les en empêcher, est bousculé violemment par le desservant[28]. Une croix de grande taille est par la suite peinte sur la façade de la mairie-école[B 4]. Le 25 novembre, M. Bidoz, qui comparait devant le tribunal correctionnel de Besançon pour des faits d'outrages et de violences, est condamné à huit jours de prison avec sursis et 100 francs d'amende[29].

La Première Guerre mondiale touche durement Noironte qui déplore quinze morts dans ses rangs, dont l'instituteur Émile Motte[A 2]. En 1920, des tilleuls sont plantés au centre du village de part et d'autre du pont enjambant la rivière pour célébrer la victoire et, à la même époque, on érige un monument aux morts sur la place du village[A 3]. L’électricité arrive dans le bourg-centre en 1922. Le , un incendie se propage depuis un grenier et détruit trois maisons, les pompiers de sept communes voisines étant appelés en renfort pour éviter qu'il ne s'étende davantage[30],[31].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupent le village, les gradés résidant au château tandis que les soldats occupent les maisons des villageois et les vergers[A 4]. Le bilan de cette guerre est moins lourd que la précédente pour Noironte qui ne comptera qu'un seul mort parmi ses habitants[A 5].

Après guerre, la vie de la commune est durablement marquée par l'action de l'abbé Paul Sandoz, surnommé « le petit curé » par les paroissiens, qui officie de 1948 à 1993 : il crée la chorale la Clé des Chants, monte une troupe de théâtre, organise une colonie de vacances dans le Haut-Doubs pour les jeunes du village[A 6]. L'école privée ferme ses portes en 1985.

Le , la commune devient membre de la communauté d'agglomération du Grand Besançon (devenue communauté urbaine en 2019) et le , elle est rattachée au nouveau canton de Besançon-2 après le redécoupage cantonal de 2014 qui aboutit à la disparition du canton d'Audeux.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique depuis l'an 1614[B 2]
1614 1657 1688 1735 1744 1790
36 feux60 habitants126 hab.41 feux55 feux259 hab.


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[32]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[33].

En 2016, la commune comptait 383 habitants[Note 2], en augmentation de 9,12 % par rapport à 2011 (Doubs : +1,79 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
281321347331291340337319316
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
304295287274265289273243242
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
224205219212231238209169195
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
195215254236303321312311310
2013 2016 - - - - - - -
380383-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[34] puis Insee à partir de 2006[35].)
Histogramme de l'évolution démographique
Soldes de variation annuelle de la population de Noironte
exprimés en pourcentages.
1968 - 1975 1975 - 1982 1982 - 1990 1990 - 1999 1999 - 2006 2006 - 2011 2011 - 2016
Taux de variation annuel de la population + 2,4 - 1,0 + 3,2 + 0,6 - 0,4 + 2,4 + 1,8
Solde naturel + 1,1 + 0,7 + 0,4 + 0,8 + 0,5 + 0,4 + 1,0
Solde migratoire + 1,3 - 1,7 + 2,7 - 0,1 - 0,9 + 2,0 + 0,8

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

En 2016, la répartition de la population de Noironte par tranches d'âges était proche de celle du département du Doubs avec 25% de la population âgée de 60 ans ou plus (contre 24.6 % pour le département), 39.4 % de la population âgée de 30 à 59 ans (contre 38.1 %) et 35.7 % de la population âgée de moins de 30 ans (contre 37.4 %). L'évolution de cette répartition entre 1999 et 2016 fait apparaître un vieillissement de la population du village, la part des moins de 30 ans étant passée de 43.6 % en 1999 à 37.7 % en 2006, 38.5 % en 2011 et 35.7 % en 2016 tandis que les 60 ans et plus représentaient 15.2 % de la population en 1999, 15.4 % en 2006, 18.6 % en 2011 et 25 % en 2016.

Pyramide des âges à Noironte en 2016 en pourcentage[Insee 2]
HommesClasse d’âgeFemmes
1,1 
90  ans ou +
2,5 
4,2 
75 à 89 ans
4,5 
18,5 
60 à 74 ans
19,0 
22,2 
45 à 59 ans
20,0 
16,4 
30 à 44 ans
20,0 
15,3 
15 à 29 ans
15,5 
22,2 
0 à 14 ans
18,5 
Pyramide des âges du département du Doubs en 2016 en pourcentage[Insee 3]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,6 
90  ans ou +
1,5 
6,7 
75 à 89 ans
9,3 
15,1 
60 à 74 ans
15,9 
19,4 
45 à 59 ans
19,0 
19,4 
30 à 44 ans
18,4 
19,5 
15 à 29 ans
18,0 
19,4 
0 à 14 ans
17,8 

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de l'académie de Besançon, dans la zone A du calendrier scolaire. Au sein du regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de Audeux - Chaucenne - Noironte[36], l'école de Noironte accueille le cycle 3 de l'école élémentaire (CE2, CM1, CM2) qui accueillait 30 enfants à la rentrée 2018[37]. Les élèves de maternelle vont à Chaucenne (53 élèves)[38] et les élèves du cycle 2 (CP, CE1) à Audeux (50 élèves)[39]. Les déplacements en bus entre les trois communes sont assurés par le conseil départemental du Doubs. Selon la carte scolaire pour la rentrée 2018[40], la scolarisation des élèves de Noironte se fait au collège Georges Pompidou[41] de Pouilley-les-Vignes (6 km) et au lycée Claude-Nicolas Ledoux de Besançon (13 km). Les établissements privés les plus proches sont le collège François-Cartannaz à Pirey[42] (8 km) ainsi que plusieurs établissements secondaires situés Besançon.

Santé et services d'urgence[modifier | modifier le code]

Noironte dépend, pour les secours, du centre de première intervention (CPI) de Recologne[43], commune distante de quatre kilomètres dans laquelle se trouvent également les services de santé les plus proches de la commune, dont une pharmacie et un cabinet médical, tandis que les hôpitaux les plus proches[44] sont le centre hospitalier régional universitaire Jean-Minjoz et le centre de soin des Tilleroyes, tous deux situés à Besançon.

Médias et numérique[modifier | modifier le code]

Le quotidien régional L'Est républicain relate les actualités de la commune dans son édition locale de Besançon. La chaîne de télévision France 3 Franche-Comté et la station de radio France Bleu Besançon relaient les informations locales. Une lettre bimestrielle d'information commune aux villages d'Audeux, Chaucenne et Noironte, baptisée Info-Communes ACN est distribuée dans les boîte aux lettres depuis janvier 2017[45]. Le déploiement du réseau à haut débit par fibre optique à Noironte sera effectif en 2020[46].

Cultes[modifier | modifier le code]

Les Nirontais disposent d'un seul lieu de culte de confession catholique, l'église Saint-Martin. Au sein du diocèse de Besançon, le doyenné de Banlieue - Val de l'Ognon regroupe six paroisses dont celle des Rives de l'Ognon[47] à laquelle appartient Noironte. Pour les autres confessions, les lieux de cultes les plus proches (mosquées, synagogue, temple) sont tous situés à Besançon.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Bâtiment regroupant la mairie et l'école du village de Noironte
La mairie et l'école de Noironte.

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

Noironte est depuis 2015 l'une des 12 communes composant le canton de Besançon-2, après avoir fait partie du canton d'Audeux de 1801 à 2015 et de celui de Recologne de 1789 à 1801. La commune dépend également de l'arrondissement de Besançon et de la première circonscription du Doubs.

Depuis le 1er janvier 2003, la commune de Noironte adhère à Grand Besançon Métropole, communauté urbaine créée en 2019 par transformation de la communauté d'agglomération et regroupant 68 communes pour une population de 193 187 habitants (en 2016).

La commune dépend des tribunaux d'instance, de grande instance, du conseil de prud'hommes, du tribunal pour enfants, du tribunal de commerce et du tribunal administratif de Besançon. Elle est rattachée à la cour d'appel de Besançon et à la cour administrative d'appel de Nancy[48].

Noironte se trouve dans la circonscription de gendarmerie de la brigade de proximité de Recologne[49].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Comme toute commune dont la population est comprise entre 100 et 499 habitants, le conseil municipal de Noironte est actuellement composé de onze membres. Il est élu au scrutin majoritaire plurinominal de liste, à deux tours.

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Le vote des électeurs nirontais est traditionnellement plutôt orienté à droite, l'extrême-droite arrivant même plusieurs fois en tête du premier tour à l'occasion de divers scrutins : élections européennes de 2014 et 2019, élection régionale de 2015 et élection présidentielle de 2017.

En 2017, les électeurs de Noironte placent en effet la candidate d'extrême-droite Marine Le Pen en tête du premier tour de l'élection présidentielle avec 28,63 % des suffrages exprimés devant le candidat centriste Emmanuel Macron (26,14%) mais ce dernier remporte la majorité des voix au second tour avec un pourcentage de 62,13 %. À l'élection présidentielle de 2012, le candidat de la droite Nicolas Sarkozy (UMP) arrive largement en tête du premier tour (33,06 %) devant le socialiste François Hollande (24,19 %), de même qu'au deuxième tour (56,2 % contre 43,8 %)[50]. En 2007, Nicolas Sarkozy (UMP) était déjà arrivé en tête du premier tour avec 35 % des suffrages devant Ségolène Royal (PS) qui avait réuni 23 % des voix, et l'avait emporté largement au second tour à 60,2 % contre 39,8 % pour sa rivale[51]. Lors de la présidentielle de 2002, Jacques Chirac (UMP) avait remporté 25,99 % des suffrages des Nirontais au premier tour[52] devant le candidat d'extrême-droite Jean-Marie Le Pen (16,95 %) et l'avait largement battu au second tour avec 83,51 % contre 16,49 % pour le leader du Front national[53].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant présente la liste des maires de Noironte par ordre antéchronologique:

Liste des maires successifs de Noironte[A 7]
Période Identité Étiquette Qualité
2017 En cours Claude Maire   Retraité
2008 2017 Bernard Madoux[54]   Inspecteur des Douanes retraité
1989 2008 Rémy Maréchal SE Professeur
1982 1989 Hubert Mulin SE Ingénieur/Cadre
1977 1982 Charles Voynet SE Assureur
1953 1977 Henri Dadvisard SE Comte
1945 1953 Charles Foltête SE  
1929 1944 Charles Mulin SE  
1922 1928 René de Chateaubrun SE Comte de Noironte et sculpteur
1848 18XX Mérillon[55] SE  
1843 1847 S. Ducret[56] SE  
18XX 1842 Siruguet[57] SE  

Finances communales[modifier | modifier le code]

La commune de Noironte est enregistrée au répertoire des entreprises sous le code SIREN 212 504 278[58]. Son activité est enregistrée sous le code APE 84.11Z, correspondant aux administrations publiques générales[59].

En 2017, le budget communal s'équilibrait à 354 000 € dont 224 000 € provenaient des produits de fonctionnement (impôts, dotation globale de fonctionnement de l'État) et 130 000 € des ressources d'investissement (subventions, fonds de compensation pour la TVA, emprunts bancaires). La part d'impôts locaux dans les produits de fonctionnement s'établissait à 42,6 %, contre une moyenne de 33,6 % pour la strate de communes équivalente, avec des taux d'imposition fixés à 10,94 % pour la taxe d'habitation, (y compris THLV), 13,85 % et 18,18 % pour la taxe foncière sur le bâti et le non-bâti[60].

Le tableau ci-dessous présente l'évolution de la capacité d'autofinancement, un des indicateurs des finances locales de Noironte, sur une période de dix ans[61] :

Capacité d'autofinancement (CAF) à Noironte de 2008 à 2017
Résultats exprimés en €/habitant.
Strate : commune de 250 habitants à 500 habitants appartenant à un groupement fiscalisé.
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Noironte 239 200 274 342 250 247 216 287 224 151
Moyenne de la strate 146 145 140 162 168 156 150 148 146 156


CAF de Noironte CAF moyenne de la strate

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2011, le revenu fiscal médian par ménage était de 34 130 €, ce qui plaçait alors Noironte au 9 020e rang parmi les 31 886 communes de plus de 49 ménages en France métropolitaine[Insee 4]. En 2015, le revenu disponible par ménage était de 21 818 € dans la commune[Insee 5] contre une moyenne de 21 325 € au niveau départemental[Insee 6].

Emploi[modifier | modifier le code]

Un total de 204 actifs était comptabilisé par l'Insee en 2015, ce qui représentait 80,3 % de l'ensemble de la population de 15 à 64 ans. Parmi les actifs, 189 avaient un emploi et 15 étaient au chômage, soit un taux de chômage de 7,3 % en 2015[Insee 7] pour la commune de Noironte, contre 12,8 % au niveau départemental[Insee 8].

Les deux tableaux ci-dessous présentent les chiffres-clés de l'emploi à Noironte et leur évolution de 2010 à 2015[Insee 9],[Insee 10] :

Structure de la population active de Noironte (25)
en 2010 et 2015.
Noironte 2010 Noironte 2015 Évolution
Population de 15 à 64 ans 232 254 Augmentation. + 9,5 %
Actifs (en %) 79,4 80,3 Augmentation. + 1,1 %
dont :
Actifs ayant un emploi (en %) 78,0 74,5 Baisse. - 4,5 %
Chômeurs (en %) 1,4 5,9 Augmentation. + 321,4 %
Évolution de l'emploi à Noironte (25) entre 2010 et 2015.
Noironte 2010 Noironte 2015 Évolution
Nombre d'emplois dans la zone 76 102 Baisse. + 34,2 %
Indicateur de concentration d'emploi 41,8 52,9 Baisse. + 26,6 %

Activités et entreprises[modifier | modifier le code]

Le restaurant Au bon coin.
La fromagerie.

En 2015, 67 emplois salariés sont occupés sur la commune de Noironte, l'activité économique étant dominée par la Fromagerie Mulin - Le Centurion qui emploie 55 personnes, devant le commerce représenté par la carrosserie Laroche, le bar-restaurant Au bon coin et l'alimentation ambulante avec Au terroir comtois.

Le tableau ci-dessous détaille le nombre d'entreprises implantées à Noironte selon leur secteur d'activité et le nombre de leurs salariés[Insee 11] :

Établissements actifs par secteur d'activité au 31 décembre 2015.
Total % 0
salarié
1 à 9
salariés
10 à 19
salariés
20 à 49
salariés
50 salariés
ou plus
Ensemble 21 100,0 14 5 0 2 0
Agriculture, sylviculture et pêche 3 14,3 3 0 0 0 0
Industrie 4 19,0 3 0 0 1 0
Construction 3 14,3 2 1 0 0 0
Commerce, transports, services divers 9 42,9 6 2 0 1 0
dont commerce et réparation automobile 7 33,3 5 1 0 1 0
Administration publique, enseignement, santé, action sociale 2 9,5 0 2 0 0 0
Champ : ensemble des activités.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant présente l'évolution des principaux indicateurs concernant l'activité agricole à Noironte sur une période de 22 années[62] :

Évolution de l’agriculture à Noironte entre 1988 et 2010.
1988 2000 2010
Nombre d’exploitations 11 4 6
Surface Agricole Utile (SAU) (ha) 311 221 414
Cheptel (nombre de têtes) 493 478 497
Terres labourables (ha) 158 130 305
Superficie toujours en herbe (ha) 153 90 108

Entre 1988 et 2010, le nombre d'exploitations ayant leur siège sur la commune a fortement diminué malgré un léger sursaut entre 2000 et 2010, tandis que la surface agricole utile a augmenté d'un tiers, principalement au profit des terres labourables qui représentaient, en 2010, 74 % de la surface totale. L'élevage reste important avec un cheptel assez constant autour de 500 têtes de bétail. Selon le registre parcellaire graphique, les principales cultures en 2017 étaient le maïs (environ 80 hectares), le blé tendre (40 ha), le colza (35 ha), le soja (30 ha) et l'orge (25 ha).

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Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Château[modifier | modifier le code]

Château de Noironte
Le château de Noironte.
Article détaillé : Château de Noironte.

Le château de Noironte, dont l'existence remonte au XIVe siècle, a été totalement reconstruit entre 1786 et 1830 à la suite d'un incendie et n'a connu que peu de transformations depuis. Situé au centre du village, au sein d'un vaste parc arboré, il se compose d'un bâtiment principal (corps de logis), d'anciens bâtiments de ferme, d'un colombier et d'un pavillon qui servait d'atelier de sculpture à René de Chateaubrun au début du XXe siècle. Le corps de logis est lui-même constitué de deux ailes disposées sous forme de L, l'aile nord comportant une tour carrée et l'aile est une tour ronde.

Par arrêté du , les pièces de l'aile nord et leurs décors (salle-à-manger, bibliothèque, salle de billard, grand salon blanc) ont été classés monument historique[63]. L'ensemble des façades et toitures du corps de logis et des dépendances ainsi que plusieurs éléments du corps de logis (grand escalier, cheminées et alcôves) bénéficient d'une protection moins importante, en ayant été simplement inscrits et non pas classés au titre des monuments historiques par arrêté du .

Église Saint-Martin[modifier | modifier le code]

Vue de la façade est de l'église du village de Noironte.
L'église Saint-Martin.
Article détaillé : Église Saint-Martin de Noironte.

L'église Saint-Martin a été construite de 1855 à 1880 sous la conduite de l'architecte bisontin Martin Belliard, en remplacement de l'ancienne chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste[B 5]. C'est un édifice néo-gothique d'environ trente mètres de longueur sur quinze mètres de largeur construit à l'entrée est du village. Le clocher de l'église de Noironte, d'une hauteur de 39 mètres, présente une architecture originale, assez éloignée du clocher comtois traditionnel dans la région. Il s'agit d'une flèche à pyramide octogonale tronquée, encadrée de quatre clochetons et surmontée d'un lanterneau et d'une croix. Parmi le mobilier de l'église se trouve une chaire à prêcher en bois sculpté du XVIIIe siècle classée depuis 1975 en tant qu'objet au titre des monuments historiques[64], une haute colonne en bois torsadée du XVIIe siècle ou XVIIIe siècle, et deux confessionnaux en bois.

Autres lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Un lavoir aujourd'hui inutilisé, situé place du Jadi, était alimenté par les eaux canalisées qui s'écoulent de la colline[A 8]. Le monument aux morts de la Première Guerre mondiale, inauguré le , se trouvait sur la place du village avant d'être déplacé dans le verger de la cure en 2018. Dans le village subsistent quelques belles anciennes fermes bloc (qui abritaient sous le même toit la partie habitation et la partie grange) avec leurs portes de grange arrondies caractéristiques. Parmi les bâtiments notables se trouve également un ancien moulin qui comportait deux roues au XIXe siècle, l'une pour moudre le blé et le maïs et l'autre étant une ribe pour réduire en poudre des blocs de plâtre[B 6]. Noironte disposait aussi d'une tuilerie située entre le château et le Bois du Breuil mais celle-ci a aujourd'hui disparu.

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Patrimoine gastronomique[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs d'une plaquette e Beurre.
Plaquette de beurre fabriquée à Noironte.

La commune de Noironte est intégrée aux aires de production de deux fromages bénéficiant de l'appellation d'origine protégée (AOP)[Note 3] ou appellation d'origine contrôlée (AOC)[Note 4], le comté et le morbier, ainsi qu'aux aires de productions de 14 produits bénéficiant d'une indication géographique protégée (IGP) dont trois produits à base de viande (porc de Franche-Comté, saucisse de Montbéliard et saucisse et jésus de Morteau), deux fromages (emmental français est-central et gruyère français) et neuf variétés de vins de Franche-Comté[65].

La fromagerie de Noironte, créée par Amédée Mulin en 1929[66], produit un fromage à pâte pressée non cuite appelée Meule fruitée (ex Meule de Besac, Meule Comtoise, Meule franc-comtoise) qui a obtenu une médaille d'argent au Concours général agricole de 2019[67], de la raclette, de l'emmental et du beurre[68].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc d'une sculpture.
Stèle à la mémoire de l'abbé Paul Sandoz.
  • Antoine d'Arguel : seigneur de Noironte et de Cromary, fils de Jean III d'Arguel ( -1481), seigneur de Chenecey et de Catherine d'Amange, dame de Noironte. Il fut marié à Anne de Lespinasse en 1506.
  • La famille Franchet. Claude Franchet ( -1565)[69] : seigneur de Noironte, bourgeois et maire de Pontarlier en 1549, anobli par Charles Quint le 14 novembre 1551 pour services rendus à l'Empire, par lettres patentes en date du 14 novembre 1551. Denis Franchet[70] : seigneur de Noironte, châtelain de Mouthe, nommé notaire et coadjuteur au bailliage d’Amont, par patentes du 17 mai 1564. Il est le fils de Claude Franchet.
  • La seigneurie de Noironte appartient à la famille de Menou de 1621 jusqu'à 1640. Jean Simon de Menou[71], seigneur de Noironte, de Mamirolle et de Villeperot, est lieutenant général au bailliage de Vesoul. Il hérite de la seigneurie par son mariage en 1621 avec Anne Jacquinot, Dame de Noironte, elle-même fille de Anne Franchet.
  • La famille Monnier de Noironte tient la seigneurie de Noironte pendant une bonne partie du XVIIe siècle et durant la première moitié du XVIIIe siècle[72]: c'est par Anatoile Bon Monnier (1625-1651) que la seigneurie revient à la famille, par son mariage en 1640 avec Étiennette de Menou, fille et héritière de Jean Simon de Menou[73]. Il est seigneur de Noironte, de Mamirolle et de Villeperot, docteur en droit et lieutenant du juge de la régalie de Besançon. Son fils Bon Anatoile Monnier (1641-1678) lui succède et devient président du conseil des vingt-huit notables qui gouvernent la cité de Besançon, de 1660 jusqu'à la conquête française de 1674. Charles Monnier (1669-1733), devenu marquis de Monnier par lettres patentes de septembre 1713, a exercé de nombreuses fonctions dont celle de maire de Besançon, conseiller au Parlement de Besançon, premier président en la Chambre des comptes de Dole, garde des sceaux et conseiller d'État. Claude-François de Monnier (1705-1783),fut comme son père conseiller au Parlement de Besançon et lui succéda en tant que premier président en la Chambre des comptes de Dole.
  • L'abbé Paul Sandoz, né en 1916 à Damprichard, est le curé du village de 1948 à 1993, et marque durablement la vie de la commune en y créant de nombreuses animations, étant notamment à l'origine de la chorale la clef des chants[74]. Une stèle à sa mémoire est installée sur la place du village en 2018[75].
  • La famille Dadvisard de Talairan. Henri Dadvisard de Talairan (1917-2002)[76], 5e marquis Dadvisard de Talairan, épouse Colette Le Roy de Lisa de Chateaubrun, fille du sculpteur René de Chateaubrun, le 18 avril 1944 à Noironte. Il est maire de Noironte de 1953 à 1977.

Noironte dans la littérature[modifier | modifier le code]

L'action du roman Les trois cousins, de l'écrivain haut-saônois Just-Jean-Étienne Roy, né dans le village voisin de Beaumotte-les-Pin, place une partie de son action dans le village de Noironte. La description du village n'y est cependant pas totalement fidèle à la réalité.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Armorial des communes du Doubs.

Le blason actuel de la commune a été validé le par la Commission nationale d'héraldique. Il est divisé en quatre parties : dans la partie supérieure gauche apparaissent les armes de la Franche-Comté, région historique à laquelle appartient Noironte, tandis que la partie inférieure droite reprend les armes accordées en 1642 à la famille Monnier puis au village de Noironte. Les deux autres quartiers représentent des grenouilles, symbolisant une richesse locale du fait de la présence de nombreux étangs, les habitants étant également surnommés les grenouillards[77].

Blason de Noironte-

Les armes de Noironte se blasonnent ainsi : Écartelé, au I d'azur semé de billettes d'or, un lion couronné du même issant de la partition, armé et lampassé de gueules ; au II et III, d'argent à une grenouille de sable allumée du champ ; au IV d'azur à la bande d'or accompagnée de deux besants du même.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages
  • Claudie Maréchal, Passe le temps, coulent les mots, Pirey, Comité des fêtes de Noironte, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Courtieu, Dictionnaire des communes du département du Doubs : de Naisey à Sainte-Suzanne, t. 5, Besançon, Cêtre, , 601 p. (ISBN 2901040292), p. 2365-2371Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Distance calculée grâce à l'outil Calculer un itinéraire du portail Web www.geoportail.gouv.fr
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.
  3. Nomenclature européenne.
  4. Nomenclature française.

Références[modifier | modifier le code]

  • Claudie Maréchal, Passe le temps, coulent les mots, 2007
  1. p. 7
  2. p. 23-24
  3. p. 24
  4. p. 25
  5. p. 27
  6. p. 22
  7. p. 14
  8. p. 6
  • Jean Courtieu, Dictionnaire des communes du département du Doubs, tome V, 1982
  1. a b c d et e p. 2365
  2. a et b p. 2367
  3. a b c d e et f p. 2366
  4. p. 2371
  5. p. 2370
  6. p. 2368
  • Autres références
  1. D'après le site Habitants.fr qui fait référence ; mais on emploie également le gentilé Nirontais. Le sobriquet Grenouillard est aussi utilisé en référence aux nombreux batraciens peuplant les étangs de la commune. Avant la Révolution, les habitants étaient contraints de frapper la surface de ces étangs la nuit pour empêcher les coassements.
  2. Orthodromie entre Noironte et Besançon, site lion1906.com de Lionel Delvarre
  3. Orthodromie entre Noironte et Dijon, site lion1906.com de Lionel Delvarre
  4. « Orthodromie entre « Noironte » et « Paris » », sur le site lion1906 de Lionel Delvarre (consulté le 6 août 2019).
  5. « Relation : Noironte (137910) », sur le site d'OpenStreetMap, (consulté le 14 mai 2019).
  6. « Carte géologique à 1/50000 de Besançon - Notice explicative », sur le site du BRGM (consulté le 6 août 2019).
  7. a b et c « Carte IGN de Noironte » sur Géoportail.
  8. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Recologne (U1070520) » (consulté le 27 juillet 2012)
  9. Sandre, « Fiche cours d'eau - L'Ognon (U10-0400) » (consulté le 10 novembre 2012)
  10. « 25056001 - Besançon - Observatoire de la Bouloie » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le 6 octobre 2019)
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