Aéroport de Dole-Jura

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Dole-Jura
Aéroport de Dole-Jura, côté pistes.
Aéroport de Dole-Jura, côté pistes.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Ville Dole
Date d'ouverture 1970
Coordonnées 47° 02′ 32″ nord, 5° 25′ 28″ est
Altitude 197 m (646 ft)
Géolocalisation sur la carte : Bourgogne-Franche-Comté
(Voir situation sur carte : Bourgogne-Franche-Comté)
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Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
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Pistes
Direction Longueur Surface
054°/234° (05/23) 2 230 m (7 316 ft) Bitume
Informations aéronautiques
Code IATA DLE
Code OACI LFGJ
Nom cartographique DOLE
Type d'aéroport Civil
Gestionnaire EDEIS Aéroport Dole Jura
Site web gestionnaire Consulter
Site web aéroport Consulter

L'aéroport de Dole-Jura (code IATA : DLE • code OACI : LFGJ), anciennement aéroport de Dole-Tavaux, est un aéroport français situé sur les communes de Tavaux et de Gevry, à 7 km au sud-ouest de Dole, à 43 km au sud-est de Dijon et à 50 km au sud-ouest de Besançon.

Il s'agit de l'aéroport régional de Bourgogne-Franche-Comté.

Sa gestion est assurée par la société Edeis depuis le et ce jusqu'en 2027. La société prévoit également la création d'une nouvelle aérogare[1],[2].

Situation géographique[modifier | modifier le code]

L'aéroport de Dole-Jura est situé à cheval sur les communes de Tavaux et de Gevry, à 7 km au sud-ouest de Dole, à 43 km au sud-est de Dijon et à 50 km au sud-ouest de Besançon. Il est situé dans la basse vallée du Doubs, rivière qui borde l'est de l'aéroport (entre 200 m et 1,5 km). Cette situation le place à l'ouest de la Franche-Comté et au nord-ouest du département du Jura. Son altitude varie entre 194 et 196 m.

Histoire[modifier | modifier le code]

Très proche de la Côte d'Or, l'aérodrome de Tavaux n'est conçu au départ que pour servir de base d'appui à la base aérienne de Longvic près de Dijon.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'aérodrome est transformé en une véritable base aérienne par l'occupant allemand. Après la libération, il est utilisé par les Alliés.

Avec l'entrée de la France dans l'OTAN, l'aérodrome est aménagé en conséquence (par exemple, dépôts de carburant souterrains). C'est de cette période que datent les alvéoles de stationnement destinées aux chasseurs à réaction.

Après la sortie de la France de l'OTAN, s'ensuit une faible activité de l'aérodrome, principalement liée à l'aéroclub de Franche-Comté installé sur le site.

En 1970, est inaugurée l'aérogare pour passagers ainsi qu'une tour de contrôle. En effet, la direction de l'aéroport revient alors à la CCI du Jura ainsi qu'au conseil général du Doubs par concession de l'État. Une première liaison aérienne Paris-Dole-Chambéry est mise en œuvre par la compagnie Air Alpes, ainsi qu'une liaison estivale vers les Baléares avec les nouvelles Caravelle[réf. nécessaire]. Mais le choc pétrolier de 1973 bloque toutes les initiatives prises en faveur de l'aéroport. Celui-ci est alors géré tant bien que mal sans grandes perspectives d'avenir jusqu'en 2009.

Entre 1970 et 1980 se multiplient les entraînements aériens par différentes compagnies aériennes[réf. nécessaire]. Celles-ci entraînaient principalement leurs pilotes pour le pilotage des Caravelle. Ces compagnies étaient notamment Air France, Corse Air, ou Transeuropa. Des entraînements militaires avaient aussi fréquemment lieu, tant par la France que la Suisse. De plus, un grand nombre de charters décollèrent de Dole-Tavaux dans les années 1980, avec des départs pour le Maghreb, les Canaries, l'Italie et quelques pays de l'Est comme la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie ou la Russie. Ces dernières destinations étaient assurées par les compagnies nationales de ces pays et par conséquent avec des appareils Tupolev Tu134 et Tu154 ainsi que des Illiouchine Il18 pour Tarom (la compagnie nationale roumaine). Quelques vols à destination de la Norvège et autres pays nordiques ont aussi eu lieu.

Le 21 juin 1998, le Concorde s'est posé à Tavaux. Il s'agissait du vol AF 4634, qui repartait ensuite vers Paris. Cet évènement exceptionnel déplaça alors les foules[4].

En 2011, la compagnie AIR' Mana ouvre une base à Dole.

En 2012, la compagnie aérienne slovaque Danube Wings ouvre sa première base française à l’aéroport, d’où elle assurera des liaisons avec Nice, Bastia, Londres et Gérone[5].

En 2013, Danube Wings fait faillite et ferme sa base sur l'aéroport français de Dole. La liaison entre Dole et Nice sera assurée par la compagnie aérienne SkyTaxi sous la marque IGavion[6].

En 2016, AIR' Mana ferme sa base à Dole, à la suite de sa liquidation judiciaire. En avril 2016, la compagnie aérienne SkyTaxi, opérant sous la marque commerciale IGavion, décide de mettre fin aux trois liaisons assurées à l’aéroport, vers Bordeaux, Nice et Toulouse[7].

En 2017, l'aéroport accueille le tournage de Belle et Sébastien 3[8].

En 2018, l'aéroport accueille le tournage d'une publicité pour Euromaster France[9].

L'aéroport a connu une forte croissance de son trafic entre 2012 et 2017, celui-ci passant de 33 000 passagers à plus de 100 000. Cette croissance ne lui permet cependant toujours pas d’atteindre l’équilibre financier[10].

Organisation et activités[modifier | modifier le code]

Il est ouvert au trafic national et international commercial régulier ou non, aux avions privés, à la formation des pilotes, aux évacuations sanitaires, aux IFR et aux VFR.

L'aéroport est la propriété du Conseil départemental du Jura et est géré par Edeis depuis le 1er janvier 2020, pour une durée de 8 ans.

On peut accéder à l'aéroport par l'A39 ou via les Transports du Grand Dole.

Liaisons[modifier | modifier le code]

L'escale postale[modifier | modifier le code]

L'escale postale a été mise en place le pour accélérer le délai d'acheminement du courrier en Bourgogne et Franche-Comté, et a cessé son activité le . Les vols étaient assurés 5 jours sur 7 de nuit, par Europe Airpost, entre Dole-Jura et Roissy-Charles de Gaulle. L'avion décollait de Dole-Jura peu après 23 heures, à destination de Roissy. Il revenait peu avant 3 heures à Dole-Jura. Le fret postal constituait une part importante de l'activité de l'aéroport avec 1 240 tonnes de courrier transportées en 2010[réf. souhaitée].

Compagnies aériennes et destinations[modifier | modifier le code]

Les différentes destinations au 2 novembre 2021[11],[12]
Compagnies Destinations
Drapeau de l'Égypte Air Cairo Drapeau de l'Égypte Le Caire (charter)

Drapeau de l'Égypte Louxor (charter)

Drapeau de la France Air Corsica Drapeau de la France Bastia-Poretta (en saison)
Drapeau de la Pologne Enter Air Drapeau de la Croatie Dubrovnik (charter)
Drapeau de l'Irlande Ryanair Drapeau du Maroc Fès-Saïss

Drapeau du Royaume-Uni Londres-Stansted (en saison)

Drapeau du Maroc Marrakech-Ménara

Drapeau du Portugal Porto-F. Sá-Carneiro

Drapeau de la Tchéquie Smartwings Drapeau de la Jordanie Amman-Reine-Alia (charter)

Drapeau de la Jordanie Aqaba-Roi-Hussein (charter)

Drapeau de l'Espagne Volotea Drapeau du Portugal Lisbonne-Humberto Delgado (charter)

Drapeau du Portugal Madère (charter)

Drapeau de Malte Malte (charter)

Drapeau du Portugal Porto-F. Sá-Carneiro (charter)

Drapeau de l'Espagne Vueling Airlines Drapeau de l'Espagne Palma de Majorque (charter)

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

La piste est longue de 2 230 m et large de 45 m ; elle est équipée d'un balisage haute intensité ainsi que d'un ILS de catégorie 1 en piste 05.

Elle peut accueillir tous types d'appareils jusqu'au Boeing 757 sans restrictions.

Le Convair Coronado de la Spantax a aussi jadis assuré des vols charters avec l'Espagne.

L'approche GNSS/RNAV est également possible pour ce QFU.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Évolution annuelle du nombre de passagers aériens[modifier | modifier le code]

Il a accueilli 38 331 voyageurs au cours de l'année 2020.

Évolution du trafic passagers[13] :

1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
7 235 4 074 2 728 4 933 3 446 2 899 4 310 4 339 3 715 4 123 3 306 2 811 2 633 5 239 3 275 34 459 80 028
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
115 731 137 181 104 732 107 046 107 459 111 161 38 331


Voir la requête brute et les sources sur Wikidata.


Zoom sur l'impact du covid-19 de 2018 à 2020[modifier | modifier le code]

Voir la requête brute et les sources sur Wikidata.


Projets[modifier | modifier le code]

Le conseil général du Jura, Keolis et la Chambre de Commerce et d'Industrie du Jura ont mis au point le programme « Nouvel envol » pour l'aéroport de Dole-Jura. Le projet vise la construction d’une nouvelle aérogare « départ passagers » sur la commune de Tavaux, qui permettra le passage de 200 000 passagers annuels. Le terminal existant sera requalifié pour l’aviation d’affaires générale avec des espaces de conférence et de réception.

Ce projet est rejeté par le Conseil régional de Franche-Comté, le Conseil général du Doubs et de Haute-Saône[14], certains responsables politiques jurassiens[15] et des associations[16] ; parmi ces opposants certains donnent la priorité au TGV ou estiment que l'aéroport doit conserver un rôle principal d'aviation d'affaires tandis que d'aucuns réclament la fermeture de l'aéroport, compte-tenu des coûts d'exploitation.

Marie-Guite Dufay annonce le 18 septembre 2018 que la région est en train de travailler sur un accord avec le département du Jura pour assurer la pérennité de l'aéroport de Dole. "La région va rentrer dans la gouvernance de l'aéroport", assure la présidente. La région propose que des synergies soient trouvées entre l'aéroport de Dole-Jura et l'aéroport Dijon-Bourgogne, par une exploitation puis une gouvernance communes dans un même syndicat mixe. Un accord sera trouvé d'ici 2020 [17],[18].

Site Innovia-Aéroport[modifier | modifier le code]

À 15 minutes de vol de Genève, l’aéroport de Dole-Jura est capable de profiter de la saturation de stockage des avions d’affaires à Genève - Cointrin, pour développer une activité de maintenance (projet en cours de finalisation[Quand ?]). Le site de Tavaux et Gevry pourrait aussi favoriser le développement d’un tourisme de niche autour de l’aéronautique. Un hôtel d’affaires pourrait répondre à la demande de séjour éventuelle[19].

Débats[modifier | modifier le code]

L'État a décidé du transfert de l'aéroport de Dole-Tavaux en 2006.

Examiné en juin de la même année par le conseil régional de Franche-Comté, ce transfert a été refusé par la majorité socialiste du conseil régional.

Quelques mois plus tard, la reprise de l'aéroport a été mise à l'ordre du jour d'une session extraordinaire du conseil départemental du Jura le 28 décembre 2006. Le Président, Gérard Bailly, s'appuyant sur une note de la Direction régionale de l’Équipement, arguant que « l’aérodrome de Dole-Tavaux est une infrastructure de grande qualité, bien équipée et située à la croisée des deux autoroutes sur un site non urbanisé et peu contraint. Il est avec Metz-Nancy-Lorraine, le seul aérodrome du Grand-est à être ouvert en continu 24 heures sur 24. [...] Nous avons le devoir de sauver cet aéroport, a-t-il lancé. Il est nécessaire au développement du Jura et de la zone Innovia. ».

Le principe du transfert a été voté à l'unanimité, moins une abstention (celle du conseiller départemental et régional PS, Denis Vuillermoz)[20].

Le conseil départemental du Jura est devenu propriétaire de l'aéroport de Dole-Tavaux le 1er janvier 2007.

Financement[modifier | modifier le code]

Le financement de l'aéroport dépend à 75% de subventions[21] et est l'objet de discussions entre le conseil départemental du Jura et le conseil régional de Franche-Comté, puis de Bourgogne-Franche-Comté.

La convention de délégation de service public (DSP) signée en 2010 prévoyait des dépenses globales de 5 millions d'euros sur 10 ans. L'analyse des dépenses effectives fin 2019 fait état de dépenses 3 fois supérieures, au-delà de 28 millions d'euros[22].

En 2020, la région Bourgogne-Franche-Comté et le département du Jura étaient parvenus à un accord[21] portant sur une prise en charge par la région de 50 % du coût de l’infrastructure et des investissements de l’aéroport, « hors exploitation », pour ne pas cautionner les activités low cost. EELV Bourgogne Franche-Comté a réclamé l'arrêt des subventions pour l'aéroport, jugeant que la crise du Coronavirus oblige à repenser les priorités, estimant qu'il s'agit d'une « gabegie financière, écologique et sociale » et qu'il serait « plus opportun de réaffecter ces subventions à l’amélioration des lignes ferroviaires... »[23]. France Nature Environnement a également appelé quelques semaines plus tard au retrait de toutes subventions à l'aéroport[24]. La subvention régionale négociée dans l'accord se serait élevée à 484 000 euros pour l’équipement et 245 000 euros pour les investissements en 2020. Mais cet accord n'a pas été ratifié par les élus de la majorité en commission permanente.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Jura. Aéroport de Dole : une nouvelle aérogare sera construite, mais le parking deviendra payant », sur actu.fr (consulté le )
  2. « Aéroport Dole - Jura : la Région Bourgogne-Franche-Comté n’embarque pas avec le département du Jura », sur www.tracesecritesnews.fr (consulté le )
  3. www.lecharpeblanche.fr/registre/douglas-dc-3-breitling-hb-irj/
  4. Aéroport régional de Dole-Tavaux. Manifestation aéronautique du 21 juin 2008. Commission permanente du Conseil général du Jura, 30 mai 2008.
  5. François Duclos, « Danube Wings: une base, quatre routes à Dole », Air Journal,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. François Duclos, « Dole – Nice : IGavion remplace Danube Wings », Air Journal,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. François Duclos, « IGavion quitte l’aéroport de Dole », Air Journal,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. « Clovis Cornillac tourne Belle et Sébastien 3 à l'aéroport de Dole », Le Progrès,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. « Prêts à décoller à l'aéroport de Dôle-Jura | Master Tour Euromaster », sur blog.euromaster.fr (consulté le )
  10. Sophie Chapelle, « Ces aéroports français en manque de passagers qui bénéficient de millions d'euros de subventions publiques », sur Bastamag,
  11. « Aéroport de Dole | Edeis », sur https://www.dole.aeroport.fr/ (consulté le )
  12. « Décollez de Dole Jura > Nos Voyages > Voyages GIRARDOT », sur www.voyages-girardot.com (consulté le )
  13. Union des aéroports français, « Statistiques annuelles de l'aéroport de Dole - Jura », sur aeroport.fr (consulté le ).
  14. « Dole-Jura : Un aéroport pour un territoire », EntreNews, CCI du Jura, février 2010, p. 6–11.
  15. Julien Vandelle, « Raphaël Perrin : « J'en suis arrivé à un profond dégoût de la politique » », Le Progrès, 20 octobre 2011.
  16. « Dole-Tavaux, l’aéroport de trop ! », Le Dindon enchaîné.
  17. « AEROPORT DOLE JURA - PARTENARIAT REGION », DELIBERATION N ° CP_2018_182,‎ (lire en ligne)
  18. « INFO FRANCE BLEU - La région Bourgogne Franche Comté veut sauver l'aéroport de Dole », France Bleu,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. « Grand Dole - Site Innovia-aéroport », sur grand-dole.fr (consulté le )
  20. « Aéroport Dole-Tavaux : Le Conseil général le prend sous son aile », sur actu.fr (consulté le )
  21. a et b « La Bourgogne Franche-Comté s’engage dans le délicat dossier de l’aéroport de Dole-Jura », sur La Gazette des Communes (consulté le )
  22. « Aéroport de Dole Jura : trop cher pour les contribuables ? », sur actu.fr (consulté le )
  23. « EELV Bourgogne Franche-Comté réclame l’arrêt des subventions à l’aéroport de Dole-Tavaux • macommune.info », sur dev.macommune.info (consulté le )
  24. « Bourgogne-Franche-Comté . Aéroport de Dole-Tavaux : France nature environnement souhaite un retrait des collectivités territoriales », sur www.bienpublic.com (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]