Luiz Inácio Lula da Silva

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Luiz Inácio Lula da Silva
Portrait officiel de Luiz Inácio Lula da Silva.
Portrait officiel de Luiz Inácio Lula da Silva.
Fonctions
Ministre d'État
Chef de cabinet du président de la République fédérative du Brésil

(1 jour)
Président Dilma Rousseff
Prédécesseur Jaques Wagner
Successeur Eva Chiavon (intérim)
Eliseu Padilha
Président de la République fédérative du Brésil

(8 ans)
Élection
Réélection
Vice-président José Alencar Gomes da Silva
Prédécesseur Fernando Henrique Cardoso
Successeur Dilma Rousseff
Député fédéral du Brésil
pour São Paulo

(5 ans)
Président du Parti des travailleurs

(14 ans 8 mois et 5 jours)
Prédécesseur Parti créé
Successeur Rui Falcão
Biographie
Nom de naissance Luiz Inácio Ferreira da Silva
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Caetés, Pernambouc (Brésil)
Nationalité brésilienne
Parti politique Parti des travailleurs
Conjoint Maria de Lourdes da Silva (1969-1971)
Marisa Letícia Rocco Casa (depuis 1974)
Enfants Lurian Cordeiro da Silva
Marcos Cláudio Casa Lula da Silva (fils adoptif)
Fábio Luís Casa Lula da Silva
Sandro Luís Casa Lula da Silva
Luís Cláudio Casa Lula da Silva
Profession Ouvrier métallurgiste
Religion Catholicisme romain
Résidence São Bernardo do Campo

Signature de Luiz Inácio Lula da Silva

Luiz Inácio Lula da Silva
Présidents de la République fédérative du Brésil

Luiz Inácio Lula da Silvaaudio, plus connu sous le nom de Lula, né le , est un homme d'État brésilien, président de la République de 2003 à 2011.

Ouvrier métallurgiste de profession, il participe à la fondation du Parti des travailleurs, mouvement d'inspiration socialiste. Il se présente sans succès aux élections présidentielles de 1989, 1994 et 1998.

Il l'emporte finalement en 2002 et prend ses fonctions de président de la République fédérative du Brésil le 1er janvier 2003. Profitant des réformes instaurées par son prédécesseur Fernando Henrique Cardoso, il met en place des programmes sociaux d'importance. Après avoir été réélu en 2006, il ne peut se représenter pour un troisième mandat consécutif et voit sa chef de cabinet, Dilma Rousseff, lui succéder en 2011.

Alors qu'il est soupçonné de corruption et de blanchiment d'argent, il est nommé en 2016, par Dilma Rousseff, ministre d'État et chef de cabinet de la présidence de la République. Cette nomination controversée est suspendue dès le lendemain par le Tribunal suprême fédéral pour entrave à la justice.

Origines[modifier | modifier le code]

Fils d'Aristides Inácio da Silva et d'Eurídice Ferreira de Mello, il reçoit, à sa naissance (selon la tradition des pays lusophones), comme double nom l'un des deux noms de sa mère (Ferreira) suivi de l'un des deux noms de son père ([da] Silva). Il est donc déclaré à sa naissance comme Luiz Inácio Ferreira da Silva. Surnommé « Lula », diminutif affectueux de « Luiz » - Lula signifie également calamar - il intègre officiellement ce surnom à son nom de famille en 1982 sur les registres de l'état civil, omettant désormais le nom de sa mère, son nom complet devenant ainsi Lula da Silva. Son surnom officialisé sert à le désigner de façon abrégée, le patronyme (da) Silva étant extrêmement courant. C'est traditionnellement ce dernier qui se transmet en tant que nom de famille, mais les enfants du président brésilien portent désormais le patronyme Lula da Silva, en dehors de sa première fille, née d'une relation hors mariage.

Il est né dans le village de Caetés dans l'État du Pernambouc. Il est le septième et avant-dernier enfant d'une famille modeste. Fuyant la misère de la campagne de sa région natale du Nordeste, son père part s'engager comme docker dans le grand port de Santos à 72 km de São Paulo.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Alors qu'il a sept ans, sa mère (qui élevait seule les huit enfants) décide de rejoindre son mari. Arrivés dans la grande ville, ils s'aperçoivent qu'il a fondé un autre foyer, et elle se retrouve seule pour tenter de survivre. Tous les enfants sont mis à contribution, et le petit Lula quitte l'école à 10 ans pour des petits travaux dans la rue (cireur de chaussures, vendeur de cacahuètes).

À 14 ans, il devient tourneur dans une usine automobile de São Bernardo do Campo, puis ouvrier métallurgiste. C'est lors de l'exercice de ce dernier des métier qu'il perdra un doigt, l'auriculaire gauche, dans une machine[1].

Carrière syndicale[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, le Brésil connaît un boom économique, mais qui ne profite pas à la classe ouvrière. Lula se syndicalise et se radicalise ; ses talents de tribun et de négociateur sont remarqués. En 1975, il devient président du syndicat de la métallurgie, et devient une figure du syndicalisme brésilien, avec son épaisse barbe noire et ses cheveux toujours en bataille.

Ses prises de position lui valent alors quelques brefs séjours en prison, sous le régime militaire. Lula raconte[Où ?] par exemple que quand il s'est fait emprisonner pour la première fois, il a eu peur d'être « liquidé » par le pouvoir en place alors que son arrestation n'était pas officielle. Mais Frei Beto avait assisté à son arrestation chez lui et avait appelé Dom Paulo. Ainsi, il put entendre à la radio « le président du syndicat vient d'être fait prisonnier à São Bernardo »[2].

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Luiz Inácio Lula da Silva, en novembre 2003 au Mozambique. Discute avec des petites filles.

Il décide de passer syndicalisme à la politique en 1980 en fondant le Parti des travailleurs (Partido dos Trabalhadores), à une époque où le général João Figueiredo préparait lentement le pays au retour de la démocratie.

En 1982, il est une première fois candidat au poste de gouverneur de l'État de São Paulo, puis il commence à constituer ses propres réseaux d'influence en faisant élire ou nommer des militants de son parti dans les mairies, au parlement et dans les sphères des affaires de l'État.

En 1985, d'immenses manifestations populaires obligent le général João Figueiredo à rendre le pouvoir, et un civil, Tancredo Neves est élu président de la République, mais meurt 4 mois après son élection. Le vice-président José Sarney le remplace à la présidence et il impose un programme d'austérité économique et introduit une nouvelle monnaie pour tenter de contenir une inflation galopante qui se montera à 1000 % en 1989.

En 1986, Lula est élu député et rentre au Congrès. Il participe à la Constitution, mais renonce peu après.

Le 5 octobre 1988, une nouvelle Constitution plus démocratique est promulguée en remplacement de celle de 1969. Elle établit un régime présidentiel et le suffrage universel avec vote obligatoire. Elle met en place un Sénat (81 sénateurs élus pour huit ans), et une Chambre des députés (503 députés élus pour quatre ans).

En décembre 1989, se déroulent les premières élections démocratiques depuis trente ans. Lula se présente pour la première fois à la présidence de la République. À cette occasion, il décide de changer son image pour avoir plus de chance de réussite : il taille sa barbe et se fait refaire les dents. Cependant, il perd face à Fernando Collor de Mello, qui devient le premier président de la République réellement élu par le peuple après 1960.

En 1994, le Brésil met en œuvre un nouveau plan d'austérité économique pour pallier les conséquences de la récession mondiale. Lula se présente une deuxième fois à la présidence. Fernando Henrique Cardoso est élu président de la République avec 54,3 % des suffrages exprimés, contre 27 % à Lula.

De violents affrontements éclatent entre 1995 et 1996 entre les propriétaires terriens et les sans-terres. Le président Fernando Henrique Cardoso fait alors redistribuer 1 000 km2 de terres de riches domaines privés pour les donner à plus de 3600 familles pauvres, et autorise la reprise de terres attribuées aux Indiens.

En 1998, Lula se présente une troisième fois à la présidence, mais il est battu dès le premier tour. Son échec peut s'expliquer par un discours perçu comme trop radical et par la forte popularité du gouvernement sortant, qui bénéficie notamment d'une bonne situation économique.

Présidence de la République[modifier | modifier le code]

Premier mandat[modifier | modifier le code]

Luiz Inácio Lula da Silva et son épouse, Marisa Letícia Rocco Casa.

Le 27 octobre 2002, Lula est élu président à l’élection présidentielle. Il prend ses fonctions le 1er janvier 2003.

Premier président brésilien de gauche, chantre de la démocratie participative expérimentée à Porto Alegre, il ne remet pas en question la rigueur budgétaire des années précédentes, mise en œuvre par son prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso, et accepte le code de conduite du Fonds monétaire international (FMI). Il est confronté à la difficulté de mettre en œuvre ses ambitions et aux espoirs qu'il a soulevés auprès de ceux qui l'ont soutenu et espèrent de lui des emplois, des écoles, une couverture sociale généralisée, l'amélioration du service public de l'éducation et de la santé.

Bénéficiant d'une large popularité, Lula poursuit la politique exigée par le FMI tout en militant, avec l'Argentine, pour un assouplissement. Il choisit comme ministre de l'Économie Antonio Palocci, ancien trotskiste converti à l'économie du marché, pour renforcer la crédibilité du Brésil et attirer les investissements étrangers.

Cependant, dans les rangs du PT autant que dans les populations des favelas, du Nordeste et dans les usines, l'impatience gronde, les méfiances s'accumulent et les premiers mouvements sociaux se font jour, menés par le Mouvement des sans-toit et le Mouvement des sans-terre. Beaucoup estimaient, fin 2003, que Lula devait commencer à mettre en œuvre ses promesses électorales. Fin 2003, les objectifs fixés par le FMI ayant été atteints, Lula annonce que la période de rigueur est arrivée à son terme. La reprise économique se confirme au Brésil à la fin du premier semestre 2004, avec l'augmentation de la production industrielle et la baisse du chômage.

Très populaire parmi les Brésiliens vivant en ville, Lula l'est beaucoup moins chez les Amérindiens[3], notamment en raison de son accord à la construction du barrage de Belo Monte, qui provoquera la déforestation d'une partie de la forêt amazonienne et la destruction des habitats des tribus vivant à proximité[4],[5]. Il suscite également la méfiance des médecins, des petits chefs d'entreprise et d'une partie de la classe moyenne[6].

Second mandat[modifier | modifier le code]

Lula et Nicolas Sarkozy, en 2007.

Briguant un second mandat lors de l'élection présidentielle de 2006, Lula part largement favori face à Geraldo Alckmin, le candidat d'union du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Selon les sondages, l'action de Lula est jugée positivement pour son action contre la faim et la pauvreté, mais parait plus mitigée dans les domaines de la violence et de la corruption.

Geraldo Alckmin dépose, le 19 septembre 2006, un recours auprès du Tribunal supérieur électoral visant à déclarer Lula inéligible pour avoir « bénéficié d'actes d'abus du pouvoir » dans une affaire dans laquelle deux membres du PT sont arrêtés en septembre 2006 en possession de l'équivalent de 630 000 euros destinés à payer des photos et une vidéo truquées mettant en cause Geraldo Alckmin. L'affaire implique également le ministre de la Justice, Márcio Thomaz Bastos. Mais Geraldo Alckmin est débouté de sa demande.

Cette campagne est principalement marquée par la plus grosse affaire de corruption étant jusqu'ici intervenue au Brésil, à savoir le scandale des mensualités (escândalo do Mensalão), un système de détournement de fonds publics pour l'achat de votes et de soutiens de parlementaires au cours des premières années du gouvernement Lula (entre 2003 et 2005). Le scandale touche l'ensemble la direction du Parti des travailleurs, poussée à la démission, tandis que Lula doit remplacer son ministre des Finances, Antonio Palocci. Le nom de Lula est évoqué, mais il ne sera pas poursuivi pénalement. En 2012, la Cour suprême du Brésil reconnaitra l'existence de ce système[7] et condamnera 25 personnalités liées à des partis de la coalition gouvernementale au pouvoir (dont le chef de cabinet de Lula, un ancien président du Parti des travailleurs, un ancien trésorier du PT) et accusées d'avoir reçu des pots-de-vin en l'échange de leur soutien politique à la gestion de Lula[8].

Le , après un résultat de premier tour jugé décevant, Lula est réélu au second tour avec 60,8 % des suffrages. Il promet que « sous [son] gouvernement, les pauvres seraient traités comme des êtres humains. » À l'été 2007, il débloque 2,6 milliards d'euros pour améliorer les conditions de vie dans les favelas (collecte d'eaux usées, raccordement à l'eau potable, à l'électricité, goudronnage des principales voies d'accès). La priorité est donnée aux grandes agglomérations urbaines, où les problèmes de logement et de violence sont cruciaux. Plus de 12 millions de Brésiliens vivent alors dans des favellas, en périphérie des villes, et seulement 53 % des domiciles brésiliens sont raccordés aux égouts.

Il remplace son ministre de la Défense, Waldir Pires, par l'ancien député du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) et président du Tribunal suprême fédéral Nelson Jobim en juillet 2007, à la suite de la crise de l'aviation (en), due notamment au manque d'investissement concernant le contrôle aérien.

Investiture de Dilma Rousseff, le 1er janvier 2011.

De confession catholique, Lula da Silva se prononce en faveur de la légalisation de l'avortement, suscitant l'opposition du Vatican, le pape Benoît XVI déclarant alors que de tels partis pris valaient excommunication immédiate de l'Église romaine[9].

Il signe, le , le décret lançant le troisième programme national des droits de l'homme, qui prévoit l'adoption de quelque 500 mesures et le vote de 27 lois nouvelles, ainsi que la création d'une Commission de réconciliation concernant la période de la dictature militaire (1964-1985)[10]. L'armée s'est opposée à la création de cette commission, deux des trois commandants militaires ayant menacé de démissionner, conjointement avec le ministre de la Défense Nelson Jobim[11]. Le ministre chargé du Secrétariat des droits de l'Homme, Paulo Vannuchi, ami de 30 ans de Lula, a lui aussi menacé de démissionner si le Programme des droits de l'Homme était vidé de son contenu. On estime à environ 400 le nombre de victimes (morts et disparus) de la dictature, aucun procès n'ayant eu lieu jusqu'à présent, contrairement aux autres pays du Cône sud affectés par la « guerre sale »[11].

Alors qu'il ne peut briguer un troisième mandat consécutif, sa chef de cabinet et « protégée » Dilma Rousseff lui succède le . Au vu de sa popularité, l'hypothèse que Lula retrouve la présidence à l'issue du mandat de Rousseff est évoquée[12]. Désigné personnalité de l'année 2009 par le journal Le Monde, Lula est classé l'année suivante par le Time comme le dirigeant le plus influent au monde[13]. Si l'action de Lula a permis de sortir des millions de personnes de la pauvreté, ses opposants font valoir le fait qu'il a surtout bénéficié d'une croissance économique résultant des mesures prises par Fernando Henrique Cardoso et qu'il a pour ce faire massivement augmenté les dépenses publiques, ce qui pénalisera le Brésil après son départ de la présidence[6].

Après la présidence[modifier | modifier le code]

Accusation de détournement de fonds[modifier | modifier le code]

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En , le ministère public réclame l'ouverture d'une procédure contre lui pour utilisation irrégulière de fonds publics et sollicite le gel de ses avoirs. Lula est accusé d'avoir utilisé des fonds publics pour financer une campagne de promotion politique en 2004, pour un coût estimé à quatre millions d'euros[14].

Problèmes de santé[modifier | modifier le code]

L'hôpital syro-libanais de São Paulo, annonce, en octobre 2011, que Lula est atteint d'une tumeur localisée dans le larynx et qu'il devra subir une chimiothérapie « sous forme ambulatoire[15] ». En mars 2012, l'hôpital affirme que son cancer du larynx a connu une « rémission complète »[16].

Accusations de corruption et de blanchiment[modifier | modifier le code]

Article connexe : Opération Lava Jato.
Lula en visite au Chili, en novembre 2013.

Début mars 2016, Delcídio do Amaral, sénateur du Parti des travailleurs et ancien chef de la majorité au Sénat, accuse Lula d'avoir « dirigé le système » de corruption et de blanchiment d'argent mis au jour dans le cadre du scandale Petrobras, touchant l’entreprise pétrolière publique Petrobras et les géants brésiliens du BTP, qui auraient formé un cartel pour se partager et surfacturer des marchés publics[17],[18]. En contrepartie, des pots-de-vin auraient été versés à des partis de la coalition gouvernementale de centre gauche et auraient eu pour principal objectif de financer de façon occulte des campagnes électorales et de rémunérer illégalement des personnalités politiques[19].

Le domicile de Lula dans la banlieue de São Paulo est perquisitionné le 4 mars 2016, sur ordre du juge fédéral Sérgio Moro[20]. Lula est ensuite arrêté et placé en garde à vue pendant trois heures[21]. Le procureur Carlos Fernando dos Santos Lima indique qu'il a reçu « beaucoup de faveurs » de grandes entreprises du bâtiment accusées dans cette affaire, notamment 30 millions de reais (7,3 millions d'euros) de dons et d'honoraires[22] ; il cite principalement des travaux entrepris dans une maison de campagne et l’aménagement d’un triplex dont il dément être propriétaire. Le 11 mars, le parquet de São Paulo réclame sa détention provisoire pour blanchiment d'argent et falsification d'identité concernant la possession de son appartement[23]. Le procureur affirme que sa fondation, l’Institut Lula, a été en grande partie financée par ces entreprises[24].

Plus de 3,5 millions de personnes manifestent au Brésil le 13 mars 2016 pour réclamer le départ de la présidence de Dilma Rousseff et le jugement de Lula[25]. Alors que sa candidature est régulièrement évoquée en vue de l'élection présidentielle de 2018, un sondage réalisé par l'institut MDA indique que 70 % des Brésiliens jugent Lula corrompu[26].

Présence éphémère au gouvernement[modifier | modifier le code]

Dilma Rousseff avec Lula au palais présidentiel le 17 mars 2016, lors de l'investiture de celui-ci comme ministre d'État et chef de cabinet de la présidente de la République.

Le , Dilma Rousseff le nomme ministre d'État et chef de cabinet de la présidente de la République, la plus haute fonction du gouvernement.

Cette nomination entraine les huées de participants à son investiture au palais présidentiel et la protestation d'une grande partie de la classe politique brésilienne[27]. Une demi-heure après sa nomination, la justice suspend en référé sa prise de fonction, considérant que « Dilma Rousseff a commis un délit en nommant Lula ministre pour lui permettre d’échapper à la justice »[28]. Des tribunaux annulent ensuite ces ordonnances mais le lendemain, le 18 mars, un juge du Tribunal suprême fédéral confirme la suspension de l'entrée de Lula au gouvernement dans l'attente du verdict collégial définitif de la juridiction[29]. Un enregistrement téléphonique entre la présidente Rousseff et Lula rendu public par le juge Sérgio Moro deux jours plus tôt, le 16 mars, laissait clairement entendre qu'il y avait eu arrangement entre eux deux pour lui éviter la prison[30].

Alors que Lula dénonce un « coup d'État », seuls les chefs d'État socialistes Nicolás Maduro et Evo Morales lui accordent leur soutien[28]. Pendant ce temps, à Brasilia et São Paulo, les manifestations se succèdent contre le gouvernement, avec parfois des violences[31].

Le , le procureur préconise au Tribunal suprême d'annuler son entrée au gouvernement[32]. Le 20 du même mois, le Tribunal suprême reporte l'audience prévue pour statuer sur sa nomination[33]. Eva Chiavon assure l'intérim[34]. Après la suspension de Dilma Rousseff, le nouveau président intérimaire, Michel Temer, nomme Eliseu Padilha[35].

Décorations[modifier | modifier le code]

Le 27 septembre 2011, Sciences Po Paris lui remet le titre de Docteur honoris causa[36]. La même année, il reçoit le prix Lech-Wałęsa « pour avoir fait des efforts pour réduire les inégalités sociales, et avoir été l'avocat d'une compréhension pacifique et d'un partenariat entre les nations, en particulier en renforçant la position des pays en développement dans le concert des nations[37]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/leadership/disk/Br%C3%A9sil_Ben%20Ameur.htm
  2. https://youtu.be/jVVZbP2V72M
  3. http://www.survivalfrance.org/actu/2640
  4. http://www.zegreenweb.com/sinformer/barrage-de-belo-monte-lula-a-donne-son-accord,15699
  5. http://www.raoni.com/actualites-154.php
  6. a et b http://www.lepoint.fr/monde/bresil-l-affaire-lula-la-fin-d-un-cycle-21-03-2016-2026797_24.php
  7. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/10/02/la-justice-bresilienne-confirme-un-systeme-d-achat-de-vote-sous-lula_1768565_3222.html
  8. http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201311/14/01-4710733-corruption-au-bresil-des-proches-de-lex-president-lula-iront-en-prison.php
  9. « Benoît XVI met en garde la classe politique brésilienne sur l'avortement », sur boursier.com
  10. Jean-Pierre Langellier, Au Brésil, la mémoire des années de plomb revient sur le devant de la scène, Le Monde, 12 janvier 2010
  11. a et b Abogados:Brasil debe abrir los archivos de la dictadura, La República, 9 janvier 2010
  12. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/01/25/au-bresil-lula-renonce-a-la-presidentielle-2014_1822568_3222.html
  13. (en) http://www.time.com/time/specials/packages/article/0,28804,1984685_1984864,00.html
  14. « Brésil: procédure demandée contre Lula pour utilisation irrégulière de fonds publics », dépêche AFP, 23 février 2011.
  15. AFP avec leparisien.fr, Brésil : l'ex-président Lula lutte contre un cancer leparisien.fr, 29 octobre 2011.
  16. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/03/28/97001-20120328FILWWW00542-remission-complete-du-cancer-du-lula.php
  17. http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/24419050
  18. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/20/97001-20160320FILWWW00010-bresilpetrobras-le-gouvernement-annonce-une-plainte.php
  19. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/03/09/comprendre-le-scandale-petrobras-qui-secoue-le-bresil_4590174_3222.html#mxB1XCIARO7EF70C.99
  20. Claire Gatinois, « Le juge Moro, ennemi juré de Lula, idole des Brésiliens », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  21. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/04/97001-20160304FILWWW00128-bresil-l-ex-president-lula-arrete-et-place-en-garde-a-vue.php
  22. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/04/97001-20160304FILWWW00190-lula-a-recu-beaucoup-de-faveurs-procureur.php
  23. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/10/97001-20160310FILWWW00403-bresil-arrestation-de-lula-demandee.php
  24. http://www.rfi.fr/afrique/20160304-bresil-garde-vue-lula-reagit-rousseff-denonce-interpellation-inutile
  25. http://www.valeursactuelles.com/lula-la-fin-dune-imposture-60173
  26. http://www.theguardian.com/world/2016/feb/29/lula-da-silva-mulling-return-to-brazilian-presidency-in-2018
  27. http://www.lemonde.fr/ameriques/video/2016/03/18/lula-hue-lors-de-sa-nomination-au-gouvernement-bresilien_4885662_3222.html
  28. a et b http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201603/18/01-4962290-lula-nous-nallons-pas-accepter-un-coup-detat-au-bresil.php
  29. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/19/97001-20160319FILWWW00032-bresil-la-nomination-de-lula-suspendue.php
  30. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160318.OBS6672/marasme-politique-au-bresil-le-come-back-rate-de-lula-en-4-actes.html
  31. http://www.courrierinternational.com/article/bresil-chaos-politique-et-judiciaire-autour-de-dilma-et-lula
  32. « Le procureur du Brésil recommande l’annulation de l’entrée de Lula da Silva au gouvernement », sur Le Monde.fr (consulté le 12 avril 2016)
  33. Lefigaro.fr avec AFP, « Brésil: la Cour suprême repousse sa décision sur l'entrée de Lula au gouvernement », sur Le Figaro (consulté le 14 mai 2016)
  34. « Enfermeira Eva Chiavon assume chefia da Casa Civil », sur Cofen – Conselho Federal de Enfermagem (consulté le 14 mai 2016)
  35. « Precedência », sur Palácio do Planalto (consulté le 14 mai 2016)
  36. Axel Gyldén, Lula, "retraité" hyperactif, en visite à Paris sur lexpress.fr, 27 septembre 2011.
  37. (en) Lauréats du prix Lech-Wałęsa.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]