Fernando Henrique Cardoso

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Fernando Henrique Cardoso
Portrait officiel de Fernando Henrique Cardoso.
Portrait officiel de Fernando Henrique Cardoso.
Fonctions
Président de la République fédérative du Brésil

(8 ans)
Élection
Réélection
Vice-président Marco Maciel
Prédécesseur Itamar Franco
Successeur Luiz Inácio Lula da Silva
Ministre des Finances

(10 mois et 11 jours)
Président Itamar Franco
Prédécesseur Eliseu Resende
Successeur Rubens Ricupero
Ministre des Relations extérieures

(7 mois et 15 jours)
Président Itamar Franco
Prédécesseur Celso Lafer
Successeur Luiz Felipe Lampreia
Sénateur de Brésil
pour São Paulo

(9 ans 6 mois et 20 jours)
Biographie
Date de naissance (84 ans)
Lieu de naissance Rio de Janeiro, État de Rio de Janeiro (Brésil)
Nationalité brésilienne
Parti politique Parti de la social-démocratie brésilienne
Conjoint Ruth Cardoso
Diplômé de Université de São Paulo
Profession Sociologue
Religion Athée[1] ou religieux[2]
Résidence Palais de l'Aurore
(Palácio da Alvorada)

Fernando Henrique Cardoso
Présidents de la République fédérative du Brésil

Fernando Henrique Cardoso (surnommé FHC), né le à Rio de Janeiro, fut président de la République fédérative du Brésil du 1er janvier 1995 au 1er janvier 2003. C'est un éminent sociologue polyglotte qui a notamment enseigné dans des universités en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis et dont les ouvrages ont été traduits dans de nombreuses langues.

Biographie[modifier | modifier le code]

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Né à Rio de Janeiro, il a vécu principalement à São Paulo. Il est veuf et père de trois enfants.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après des études de sociologie, il est professeur de science politique et de sociologie à l'université de São Paulo. En 1969, il publie l'ouvrage Dépendance et développement en Amérique latine avec le sociologue chilien Enzo Faletto ; cet ouvrage a un impact considérable. Il est président de l'Association internationale de sociologie de 1982 à 1986.

Il est membre de l'Institute for Advanced Study, membre honoraire étranger de l'American Academy of Arts and Sciences. Il est aussi directeur des études associé de l'École des hautes études en sciences sociales et professeur invité au Collège de France, à l'université Paris VIII puis à l'université Paris X. Il a aussi enseigné dans de nombreuses universités américaines, notamment l'université Stanford et l'université de Californie à Berkeley.

Fernando Henrique Cardoso est nommé pour cinq ans, en 2003, professeur au Watson Institute for International Studies de l'université Brown. Il est un membre fondateur du Center on Public Dipomacy's Advisory Board de l'université de Californie du Sud. En , il donne la quatrième Kissinger Lecture annuelle de la Bibliothèque du Congrès sur la politique étrangère et les relations internationales sur le sujet Dépendance et développement en Amérique latine.

En 2005, Cardoso est classé par le magazine britannique Prospect dans la liste des cent un plus grands intellectuels vivants.

Fernando Henrique Cardoso compte parmi les membres fondateurs du Collegium international éthique, politique et scientifique. Il est en outre membre du comité d'honneur de la Fondation Chirac[3], lancée en 2008 pour agir en faveur de la paix dans le monde.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Cardoso est élu, en 1982, sénateur dans l'État de São Paulo en tant que candidat du MDB, le parti de l'opposition officielle sous la junte militaire. Il est réélu en 1986, sous l'étiquette du PMDB, successeur du MDB.

En 1988, avec un groupe de parlementaires, il quitte le PMDB pour former le PSDB. Il dirige le groupe du PSDB au Sénat jusqu'en octobre 1992.

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

D'octobre 1992 à mai 1993, il est ministre des Affaires extérieures sous la présidence d'Itamar Franco (PMDB). De mai 1993 à mars 1994, il est ministre des Finances et initie le plan réal afin de juguler l'inflation, qui culminait à 6000 % en 1993.

Auréolé par le succès du plan réal, Cardoso décide de se présenter à l'élection présidentielle de 1994.

Président du Brésil[modifier | modifier le code]

Il remporte l'élection présidentielle dès le premier tour de scrutin, le , avec 54,3 % des suffrages.

Il est élu avec le soutien d'une alliance hétéroclite comprenant son propre parti, le PSDB (de centre gauche), ainsi que deux partis de centre-droit, le PFL et le PTB. Le plus grand parti du Brésil, le parti centriste PMDB, rejoignit la coalition après l'élection présidentielle, de même que le PPB (droite) en 1996. La cohésion de cette large coalition était assez faible, les députés et sénateurs ne votant pas toujours avec le gouvernement. Ainsi, bien que la coalition possédait une large majorité dans les deux chambres, le président a eu parfois des difficultés pour obtenir suffisamment de soutien pour ses projets prioritaires. Des réformes majeures, comme la réforme fiscale et la réforme de la sécurité sociale, n'ont donc pu qu'être partiellement réalisées, et ceci après des débats interminables.

Grâce à son passage au ministère des Affaires extérieures et son aura mondiale de sociologue, Cardoso est respecté sur le plan mondial, nouant notamment des amitiés avec notamment Bill Clinton et Ernesto Zedillo.

Après avoir fait amender la Constitution afin de permettre au président de briguer un second mandat, Cardoso est réélu le , une nouvelle fois au premier tour, avec 53,1 % contre 31,7 % pour son concurrent le plus proche, Luiz Inácio Lula da Silva (PT).

En 2000, il ordonne la déclassification d'une partie des documents militaires concernant le plan Condor[réf. nécessaire].

Bien que se réclamant de la social-démocratie, le gouvernement de Cardoso prit des mesures économiques parfois considérées libérales, comme la privatisation de maintes entreprises publiques et a maintenu la politique économique d'ouverture du pays au capital étranger, établie par ses prédécesseurs à partir du commencement des années 1990.

En 2003, Lula da Silva succède à Cardoso après avoir battu le candidat du parti de Cardoso, José Serra.

Fernando Henrique Cardoso transmettant le pouvoir à Luiz Inácio Lula da Silva, le 1er janvier 2003.

Certains observateurs tirent un bilan négatif de sa politique en critiquant le processus de dénationalisation de l'économie brésilienne et l'augmentation de la dette publique[réf. nécessaire]. Au contraire, l'économiste américain Jeffrey Sachs estime en 2004 qu'« une grande partie du mérite du redressement du Brésil revient non à Lula mais à son prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso », qui a selon lui apporté « quatre contributions majeures »[4] :

  • « La justice économique, pour les Brésiliens africains et les Brésiliens autochtones, qui ont longtemps fait l'objet de discriminations. L'éducation publique devient accessible à tous. »
  • Le savoir et l'innovation. Par exemple, selon Jeffrey Sachs, « grâce aux réformes lancées par FHC, les taux d'inscription dans les établissements d'enseignement secondaires ont grimpé en flèche, passant de 15 % en 1990 à 71 % en 2000. » De même, la recherche et développement a-t-elle été accrue.
  • L'ouverture de l'économie brésilienne au monde. Selon Jeffrey Sachs, « le taux exportations/PNB est passé de 8 % en 1990 à 13 % en 2001. »
  • Le fait que « le Brésil se concentre sur la santé et la productivité de ses citoyens. » Jeffrey Sachs explique par exemple que « les taux de mortalité des jeunes enfants [ont] nettement chuté, passant de 60 pour 1000 en 1990 à 36 ‰ en 2001. », mais ceci parallèlement à la baisse du taux de natalité (2,7 enfants par femme en 1990, 2,2 en 2001). Par conséquent, « les pressions exercées par l'accroissement démographique s'affaiblissent, permettant ainsi de renforcer solidement sur le long terme le développement du Brésil. »

L'après présidence[modifier | modifier le code]

Fernando Henrique Cardoso s'exprimant devant le Congrès national du Brésil, en 2009.

Le 20 mars 2016, il se prononce en faveur de la destitution de la présidente Dilma Rousseff[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « C'est surtout lorsqu'il est interrogé par le journaliste Boris Casoy [durant la campagne pour la préfecture de São Paulo en 1985] lors d'un débat télévisé qu'il va commettre une de ses plus grosses gaffes. Quand Boris Casoy lui demande en effet s'il croit en Dieu, il paraît désarmé ne sachant plus quoi dire. Il hésite et surtout répond : - Mais nous étions convenu que vous ne me poseriez pas cette question ! » Fernando Henrique Cardoso: Le Brésil du possible, Brigitte Hersant Leoni, pp. 176-177
  2. Folha de S. Paulo, 2006 : FHC, que chegou a ser chamado de ateu, disse gosta de ir à missa. "Às vezes até ouço pela TV. Tenho um rosário na minha cabeceira. Acho que a religião está fazendo falta. FHC, à qui il arrive qu'on l'appelle athée, dit apprécier aller à la messe. « Parfois j'écoute à la télé. J'ai un rosaire sur mon chevet. Je trouve que la religion manque. »
  3. Comité d'honneur de la Fondation Chirac
  4. Jeffrey Sachs, « La déferlante brésilienne », in Les Échos, 9 février 2004, page 15.
  5. http://www.romandie.com/news/Bresil--l039expresident-Cardoso-pour-la/687237.rom

Liens externes[modifier | modifier le code]

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