Nicolás Maduro

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Nicolás Maduro
Nicolás Maduro, en avril 2015.
Nicolás Maduro, en avril 2015.
Fonctions
Président de la
République bolivarienne du Venezuela
En fonction depuis le [N 1]
(3 ans 10 mois et 8 jours)
Élection
Vice-président Jorge Arreaza
Aristóbulo Istúriz
Tareck El Aissami
Prédécesseur Hugo Chávez
Vice-président de la
République bolivarienne du Venezuela

(4 mois et 23 jours)
Président Hugo Chávez
Prédécesseur Elías Jaua
Successeur Jorge Arreaza
Ministre vénézuélien du Pouvoir populaire aux Relations extérieures

(6 ans 5 mois et 8 jours)
Président Hugo Chávez
Prédécesseur Alí Rodríguez Araque
Successeur Elías Jaua
Président de l'Assemblée nationale vénézuélienne

(1 an et 6 mois)
Président Hugo Chávez
Prédécesseur Francisco Ameliach
Successeur Cilia Flores
Biographie
Nom de naissance Nicolás Maduro Moros
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Caracas (Venezuela)
Nationalité Vénézuelienne
Parti politique PSUV
Conjoint Cilia Flores

Signature de Nicolás Maduro

Nicolás Maduro
Vice-présidents de la
République bolivarienne du Venezuela

Présidents de la
République bolivarienne du Venezuela

Nicolás Alejandro Maduro Moros, né le à Caracas (Venezuela), est un syndicaliste et homme d'État vénézuélien, président de la République depuis 2013.

D'abord député MVR (1999-2000), puis président de l'Assemblée nationale du Venezuela (2005-2006), il est ensuite ministre des Affaires étrangères (2006-2012) et vice-président du Venezuela (2012-2013). À la suite de la mort d'Hugo Chávez, le , il devient président par intérim, puis remporte l'élection présidentielle du suivant avec 50,6 % des voix.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Nicolás Maduro est, du côté de son père chef syndicaliste, juif séfarade. Cette origine a permis à Chávez, qui le fit ministre des relations extérieures, de dissiper les tensions avec la communauté juive vénézuélienne[1],[2],[3]. S'il y a pour Nicolás Maduro « une grande diversité de communautés religieuses dans le pays »[1], lui-même fut élevé dans la religion catholique comme 73 % des vénézuéliens. Il a en outre rendu publique son appartenance au mouvement de Sathya Sai Baba, gourou indien qui professait l'unité de toutes les religions[4].

Jeunesse et carrière[modifier | modifier le code]

Nicolás Maduro est né à Caracas[5], issu de la classe moyenne d'un quartier populaire du sud de cette ville. Il milite dans la Ligue socialiste (marxiste-léniniste) du lycée au début des années 1970. Selon un de ses amis, il s'est fait expulser de son établissement scolaire en 1977 pour propagande communiste[6].

Dans les années 1980, M. Maduro devient garde du corps des candidats socialistes à la présidence José Vicente Rangel (1983) et David Nieves (1988), mais également de Pablo Milanés[7].

Après ses études il trouve un emploi comme conducteur de bus à Caracas, de 1991 à 1998, et devient membre du conseil administratif. C'est en tant que porte-parole des conducteurs qu'il commence à se faire un nom. Dirigeant syndicaliste à partir de 1990, il est l’un des fondateurs du nouveau syndicat du métro de Caracas (Sitrameca) et de la Force bolivarienne des travailleurs avant d’en devenir son coordinateur national. C'est aussi vers ce moment qu'il effectue en parallèle, à Cuba, des études de science politique[8]. La BBC affirme que les Vénézuéliens apprécient l'histoire de son ascension[8].

Du syndicalisme il arrive en politique. De 1994 à 1997 il est membre de la direction du MBR-200 que Chávez avait fondé en 1983, et qui était l'embryon du MVR qui deviendra le PSUV à partir de 2007 avec d'autres partis de gauche. Il participe aux émeutes de Caracas en 1989[6].

Il épouse Cilia Flores, procureur générale de la République, avocate de formation, c'est elle qui a organisé la défense de Chávez lorsqu'il a été arrêté à la suite de l'échec de son coup d’État de 1992.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Nicolás Maduro participe à la fondation du MVR en 1997 avec Hugo Chavez. Il est également corédacteur de la nouvelle constitution bolivarienne et devient député du MVR en 1999, puis président de l'Assemblée nationale du Venezuela de 2005 à 2006. Il a été nommé ministre des Affaires étrangères en août 2006 et vice-président de la République le , à la suite de la réélection d'Hugo Chávez à la présidence. Pendant cette période d'absence du Président c'est donc Maduro qui a occupé les fonctions administratives et économiques.

Il est présenté comme faisant partie de l'aile modérée du PSUV. Hugo Chávez le décrit comme « un révolutionnaire à part entière » « avec sa main ferme, avec sa vision, avec son cœur d’homme du peuple, avec son talent avec les gens, avec la reconnaissance internationale qu’il s’est acquise, c’est l’un des jeunes dirigeants ayant les meilleures capacités » ainsi qu'« un homme plein d’expérience malgré sa jeunesse »[9].

À la suite de l’aggravation de la santé de Hugo Chávez en décembre 2012, il accuse les « ennemis historiques » du Venezuela d'avoir inoculé le cancer de Chávez et assure qu'il le prouvera[10]. À la mort de celui-ci, le , il devient président du Venezuela par intérim et il déploie l'armée pour garantir la paix[11] et c'est dans ce contexte d'instabilité que Maduro a expulsé deux fonctionnaires de l'ambassade des États-Unis accusés de nourrir une « déstabilisation » du pays[10]. Le 7 mars, il annonce que le corps d'Hugo Chávez sera embaumé, « comme Lénine »[12], projet finalement abandonné quelques jours plus tard[13]. Le , il prête serment comme président de la République par intérim[14]. L'opposition considère qu'il s'agit d'une violation de la Constitution, celle-ci prévoyant que le président de l'Assemblée nationale devienne président par intérim en cas de décès du chef de l'État. L'opposition critique également son éventuelle candidature à la présidence, constitutionnellement incompatible avec la fonction de vice-président.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle[modifier | modifier le code]

Maduro est élu président de la République bolivarienne du Venezuela le 14 avril 2013. Il l'emporte avec 50,6 %, soit un score bien inférieur à ce qu'il pouvait espérer au vu de la plupart des sondages. Son adversaire, Henrique Capriles Radonski, battu de justesse, dénonce des irrégularités et conteste l'impartialité du Conseil national électoral (CNE). Capriles réclame le recomptage des votes, ce que Maduro accepte, avant que le CNE ne refuse[15]. Deux jours après le scrutin, d'importantes manifestations pour protester contre les résultats officiels ont lieu avec actes de vandalisme et affrontements provoquant neuf morts chez les partisans de Maduro et les policiers[16]. Après ces violences, le CNE accepte finalement de recompter les votes mais assure que ça ne changera « en aucune façon » les résultats[17], Capriles avait porté plainte contre cette élection au Tribunal suprême du Venezuela mais cette dernière a rejeté cette plainte et infligé une amende au candidat défait[18]. Maduro prête serment le 19 avril.

Le , Maduro fait voter par le Parlement le droit de gouverner par décret pendant un an[19], type de gouvernance utilisé par tous les présidents du Venezuela depuis les années 1970, y compris par Hugo Chávez. La principale raison de la gouvernance par décret est l'aggravation de la crise économique. Ainsi, Maduro promet de changer de modèle économique et vaincre la « bourgeoisie parasitaire » qui, selon lui, détiendrait les rênes de l'économie et tenterait sans relâche de déstabiliser le gouvernement dans le cadre d'une « guerre économique ». Il promet aussi de lutter fermement contre la corruption, qu'il nomme « anti-valeur du capitalisme ».

Difficultés économiques[modifier | modifier le code]

Sous sa présidence le Venezuela se trouve sévèrement affecté par la chute brutale des cours du pétrole, qui fournissaient au pays l'essentiel de ses revenus. Maduro se donne pour priorité de préserver les réalisations sociales de la « révolution bolivarienne », notamment dans le domaine de la construction de logements[20], et déclare plusieurs hausses successives du salaire minimum afin de limiter l'impact de la crise sur les classes populaires[21]. En revanche, les dépenses militaires sont réduites de 34 % en 2015[22] et la diversification de l'économie ne s'opère que lentement.

Il poursuit et accentue le programme de « communes socialistes » qu'avait proposé Hugo Chávez, visant à développer une forme plus locale et participative de démocratie mais également à doter les communes de moyens économiques plus importants. Certains opposants dénoncent un projet qu'ils estiment inspiré des « Comités de défense de la révolution » cubains[23]. Le chômage au Venezuela descend en décembre 2014 à son plus faible niveau historique avec un taux de 5,5 % selon les données officielles[24].

Le , le Parlement vote une réintroduction des pleins pouvoirs pour une durée d'un an[25]. Il décrète l'état d'urgence économique le [26], puis le prolonge le [27] et le 13 juillet[28].

En 2016 le Venezuela connait sa plus importante sécheresse depuis 40 ans, ce qui perturbe le fonctionnement des centrales hydrauliques et provoque de graves pénuries d'électricité[29].

Contestation politique[modifier | modifier le code]

En 2014, il est contesté à l'occasion de grandes manifestations consécutives à la défaite de la coalition d'opposition lors des municipales de décembre 2013. Leopoldo López, l'un des meneurs du mouvement de contestation, est accusé de responsabilité dans la mort d'une quarantaine de personnes dans ces manifestations et arrêté. Le 19 février 2015, Antonio Ledezma, maire de Caracas depuis 2008, est arrêté, accusé de complot contre Nicolas Maduro[30].

Les élections législatives de 2015 sont une défaite pour le PSUV au pouvoir, une première depuis 1999 et l'investiture de son prédécesseur, Hugo Chávez[31]. La coalition d'opposition, la Table de l'unité démocratique (MUD), remporte en effet 109 sièges, contre 55 pour le PSUV.

En avril 2016, la MUD dépose une pétition de deux millions de signatures, dont 600 000 seront cependant rejetées après vérification par les autorités électorales, en faveur d'un référendum pour le révoquer de sa fonction présidentielle[32]. Le 25 octobre 2016, le Parlement, favorable à l'opposition, vote en faveur d'un procès en destitution à l'encontre du président Maduro. Ce dernier dénonce alors un « coup d'État parlementaire », la révocation du président par le Parlement n'étant pas prévue par la constitution, même s'il existe une procédure pour manquements au devoir de sa charge[33].

Le l'opposition organise une grève générale afin d'obtenir le départ de Nicolas Maduro[34]. En décembre, elle se retire du dialogue amorcé par l’entremise de l'Unasur et du Vatican pour trouver un accord de résolution de la crise politique[35]. Début janvier 2017, Julio Borges, nouveau président de l'Assemblée nationale du Venezuela, en appelle à l'armée « face à un gouvernement passé de l'autoritarisme à la dictature »[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par intérim du 8 mars au 19 avril 2013.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) « Documento informativo: Profundización del diálogo con la comunidad judía en Venezuela » Ce rapport de l'ambassade vénézuélienne aux États-Unis décrit une rencontre entre l'exécutif vénézuélien et la communauté juive. M. Maduro rappelle la détermination de Chávez dans la lutte contre les discriminations et l'antisémitisme. Une section est dédiée à expliquer que les relations cordiales avec l'Iran ne sont qu'une amitié entre pays pétroliers du Sud. Il affirme aussi que les déclarations de Chávez faisant référence à des ennemis pareils aux crucifieurs de Jésus, ont été reprises par la presse américaine hors contexte. De manière générale, La Revolución Bolivariana es secular y progresista., « la révolution bolivarienne est laïque et progressiste ».
  2. (es) « Por un pedido argentino, Chávez recibió en Caracas a líderes judíos », Clarin.com,‎ (consulté le 10 mars 2013)
  3. (es) « Documento informativo: Profundización del diálogo con la comunidad judía en Venezuela »
  4. (en) « Hugo Chavez's successor Nicolas Maduro a devotee of Satya Sai Baba - Indian Express Mobile », M.indianexpress.com (consulté le 10 mars 2013)
  5. « Profile: Nicolas Maduro », sur www.aljazeera.com (consulté le 28 octobre 2016) : « The minister of foreign affairs since 2006, Maduro was born in the Venezuelan capital and educated at a public high school. »
  6. a et b http://www.libertaddigital.com/opinion/gees/maduro-un-comunista-al-mando-67720/ libertaddigitad.com, 11 mars 2013
  7. http://www.rfi.fr/ameriques/20130415-venezuela-nicolas-maduro-une-ligne-directe-jusqu-presidence-capriles-chavez, RFI, 16 avril 2013
  8. a et b (en) "Hugo Chavez: Who is Nicolas Maduro?", BBC News, 5 mars 2013
  9. http://www.liberation.fr/monde/2013/03/06/nicolas-maduro-dans-les-pas-de-chavez_886607
  10. a et b http://www.francetvinfo.fr/le-venezuela-accuse-les-ennemis-du-pays-d-avoir-provoque-le-cancer-de-chavez_274767.html
  11. http://www.bfmtv.com/international/venezuela-gouvernement-deploie-larmee-464082.html
  12. http://www.liberation.fr/monde/2013/03/07/chavez-sera-embaume-comme-lenine_887118
  13. « Hugo Chavez ne sera finalement pas embaumé », France 24,‎ (consulté le 16 mars 2013)
  14. http://www.lepoint.fr/monde/venezuela-maduro-pretera-serment-vendredi-08-03-2013-1637484_24.php
  15. http://www.leprogres.fr/france-monde/2013/04/15/venezuela-maduro-remporte-de-justesse-la-presidentielle Leprogrès, 15 avril 2013
  16. http://www.lepoint.fr/monde/des-milliers-de-venezueliens-dans-la-rue-contre-l-election-du-president-maduro-16-04-2013-1655418_24.php
  17. http://fr.news.yahoo.com/veneluza-malgr%C3%A9-recomptage-maduro-restera-pr%C3%A9sident-053707774.html Yahoo, 21 avril 2013
  18. http://www.rfi.fr/ameriques/20130808-venezuela-maduro-capriles-chavez-justice-enquete
  19. http://www.courrierinternational.com/breve/2013/11/15/le-president-maduro-asssure-de-pouvoir-gouverner-par-decrets Courrier international, 15 novembre 2013
  20. (fr) « Venezuela : Maduro rasera sa moustache s'il ne livre pas assez de logements sociaux », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  21. « Venezuela : les enjeux nationaux et régionaux de la bataille entre l’opposition et Nicolas Maduro », IRIS,‎ (lire en ligne)
  22. « Venezuela Slashes Military Spending by 34%, but Deep Cuts Are Unlikely to Spark Revolt Among Top Brass », Fusion,‎ (lire en ligne)
  23. « Venezuela : existe-t-il un « madurisme » ? », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  24. Administrator, « En diciembre, Desempleo descendió a 5,5% », sur www.ine.gov.ve
  25. Patrick Bèle, « Le président vénézuélien obtient les pleins pouvoirs », sur Le Figaro (consulté le 27 novembre 2015)
  26. « Venezuela: Maduro décrète l'«état d'urgence» économique », sur La Presse (consulté le 15 mai 2016)
  27. « Au Venezuela, le président Maduro prolonge une nouvelle fois l’« urgence économique » », sur Le Monde,‎ (consulté le 15 mai 2016)
  28. « Au Venezuela, l’état d’« urgence économique » est une nouvelle fois prolongé », sur Le Monde,‎ (consulté le 25 juillet 2016)
  29. « Heure modifiée, salaires augmentés face à la crise », lematin.ch/,‎ (lire en ligne)
  30. Venezuela : le maire de Caracas formellement accusé de complot Le Monde, 8 avril 2015
  31. « Venezuela : large victoire de l’opposition aux élections législatives », lemonde.fr, 7 décembre 2015.
  32. (fr) Zone International - ICI.Radio-Canada.ca, « Venezuela : le président Maduro exclut le référendum révocatoire pour 2016 », sur Radio-Canada.ca
  33. « Venezuela : le Parlement vote en faveur d’une procédure contre le président Maduro », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  34. (fr) « Grève générale au Venezuela : la population fait pression sur le gouvernement », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  35. « Tentative de relance du dialogue pouvoir-opposition », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  36. « L'opposition au Venezuela en appelle à l'armée », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]