Nicolás Maduro

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Nicolás Maduro
Nicolás Maduro en 2015.
Nicolás Maduro en 2015.
Fonctions
Président de la
République bolivarienne du Venezuela
En fonction depuis le [N 1]
(4 ans, 9 mois et 5 jours)
Élection 14 avril 2013
Vice-président Jorge Arreaza
Aristóbulo Istúriz
Tareck El Aissami
Prédécesseur Hugo Chávez
Secrétaire général du
Mouvement des non-alignés
En fonction depuis le
(1 an, 2 mois et 26 jours)
Prédécesseur Hassan Rohani
Président pro tempore de l'Union des nations sud-américaines

(11 mois et 29 jours)
Prédécesseur Tabaré Vázquez
Successeur Mauricio Macri
Vice-président exécutif de la
République bolivarienne du Venezuela

(4 mois et 23 jours)
Président Hugo Chávez
Prédécesseur Elías Jaua
Successeur Jorge Arreaza
Ministre des Relations extérieures

(6 ans, 5 mois et 8 jours)
Président Hugo Chávez
Prédécesseur Alí Rodríguez Araque
Successeur Elías Jaua
Président de l'Assemblée nationale du Venezuela

(1 an et 6 mois)
Président Hugo Chávez
Prédécesseur Francisco Ameliach
Successeur Cilia Flores
Biographie
Nom de naissance Nicolás Alejandro Maduro Moros
Date de naissance (55 ans)
Lieu de naissance Caracas (Venezuela)
Nationalité vénézuelienne
Parti politique PSUV
Conjoint Adriana Guerra Angulo
Cilia Flores
Enfants Nicolás Maduro Guerra
Religion catholicisme

Signature de Nicolás Maduro

Nicolás Maduro Nicolás Maduro
Présidents de l'Assemblée nationale du Venezuela
Vice-présidents de la
République bolivarienne du Venezuela

Présidents de la
République bolivarienne du Venezuela

Président pro tempore de l'Union des nations sud-américaines

Nicolás Maduro Moros, né le à Caracas, est un syndicaliste et homme d'État vénézuélien, président de la République depuis 2013.

Ancien chauffeur de bus puis leader syndical, il est membre du Mouvement Cinquième République (MVR). D'abord député (1999-2000), puis président de l'Assemblée nationale du Venezuela (2005-2006), il est ensuite ministre des Affaires étrangères (2006-2012) puis vice-président de la République (2012-2013). À la suite de la mort du président Hugo Chávez, le , il devient président par intérim, puis remporte l'élection présidentielle du suivant avec 50,6 % des voix.

En 2014 puis 2017, à la suite d'une grave crise économique provoquant notamment des pénuries alimentaires, Nicolás Maduro est confronté à des manifestations meurtrières et à une opposition demandant sa démission. Les élections législatives de 2015 voient l'opposition au régime de Nicolás Maduro emporter la majorité à l'Assemblée nationale, point de départ d'une crise institutionnelle conduisant à une violente contestation populaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le père de Nicolás Maduro, d'origine juive séfarade, est chef syndicaliste. Cette origine a permis à Chávez, qui le fit ministre des Relations extérieures, de dissiper les tensions avec la communauté juive vénézuélienne[1],[2],[3]. S'il y a pour Nicolás Maduro « une grande diversité de communautés religieuses dans le pays »[1], lui-même fut élevé dans la religion catholique comme 73 % des vénézuéliens. Il a en outre rendu publique son appartenance au mouvement de Sathya Sai Baba, gourou indien qui professait l'unité de toutes les religions[4].

Jeunesse et carrière[modifier | modifier le code]

Nicolás Maduro est né à Caracas[5], issu de la classe moyenne d'un quartier populaire du sud de cette ville. Il milite dans la Ligue socialiste (marxiste-léniniste) du lycée au début des années 1970. Selon un de ses amis, il s'est fait expulser de son établissement scolaire en 1977 pour propagande communiste[6].

Dans les années 1980, M. Maduro devient garde du corps des candidats socialistes à la présidence José Vicente Rangel (1983) et David Nieves (1988), mais également de Pablo Milanés[7]. À cette époque, il reçoit une formation à l'école des cadres du Parti communiste cubain destinée à former les futurs révolutionnaires d'Amérique latine. Il reçoit des cours de philosophie marxiste et d'économie politique, il apprend l'histoire de l’Amérique latine, des révolutions mexicaine et cubaine[8],[9].

Après ses études il trouve un emploi comme conducteur de bus à Caracas, de 1991 à 1998, et devient membre du conseil administratif. C'est en tant que porte-parole des conducteurs qu'il commence à se faire un nom. Dirigeant syndicaliste à partir de 1990, il est l’un des fondateurs du nouveau syndicat du métro de Caracas (Sitrameca) et de la Force bolivarienne des travailleurs avant d’en devenir son coordinateur national. C'est aussi vers ce moment qu'il effectue en parallèle, à Cuba, des études de science politique[10]. La BBC affirme que les Vénézuéliens apprécient l'histoire de son ascension[10].

Du syndicalisme il arrive en politique. De 1994 à 1997 il est membre de la direction du MBR-200 que Chávez avait fondé en 1983, et qui était l'embryon du Mouvement Cinquième République (MVR) qui deviendra le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) à partir de 2007 avec d'autres partis de gauche. Il participe aux émeutes de Caracas en 1989[6].

Il épouse Cilia Flores, procureur générale de la République, avocate de formation, c'est elle qui a organisé la défense de Chávez lorsqu'il a été arrêté à la suite de l'échec de son coup d’État de 1992.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Nicolás Maduro participe à la fondation du MVR en 1997 avec Hugo Chavez. Il est également corédacteur de la nouvelle constitution bolivarienne et devient député du MVR en 1999, puis président de l'Assemblée nationale de 2005 à 2006. Il a été nommé ministre des Affaires étrangères en août 2006 et vice-président de la République le , à la suite de la réélection d'Hugo Chávez à la présidence. Pendant cette période d'absence du président c'est donc Maduro qui a occupé les fonctions administratives et économiques.

Il est présenté comme faisant partie de l'aile modérée du PSUV. Hugo Chávez le décrit comme « un révolutionnaire à part entière » « avec sa main ferme, avec sa vision, avec son cœur d’homme du peuple, avec son talent avec les gens, avec la reconnaissance internationale qu’il s’est acquise, c’est l’un des jeunes dirigeants ayant les meilleures capacités » ainsi qu'« un homme plein d’expérience malgré sa jeunesse »[11].

À la suite de l’aggravation de la santé de Hugo Chávez en décembre 2012, il accuse les « ennemis historiques » du Venezuela d'avoir inoculé le cancer de Chávez et assure qu'il le prouvera[12].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Par intérim[modifier | modifier le code]

À la mort d'Hugo Chavez, survenue le , il devient président du Venezuela par intérim et il déploie l'armée pour garantir la paix[13] et c'est dans ce contexte d'instabilité que Maduro a expulsé deux fonctionnaires de l'ambassade des États-Unis accusés de nourrir une « déstabilisation » du pays[12]. Le 7 mars, il annonce que le corps d'Hugo Chávez sera embaumé, « comme Lénine »[14], projet finalement abandonné quelques jours plus tard[15]. Le , il prête serment comme président de la République par intérim[16]. L'opposition considère qu'il s'agit d'une violation de la Constitution, celle-ci prévoyant que le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, devienne président par intérim en cas de décès du chef de l'État. L'opposition critique également son éventuelle candidature à la présidence, constitutionnellement incompatible avec la fonction de vice-président. Cependant, la Cour suprême a validé cette prise de fonction.

Élection présidentielle de 2013[modifier | modifier le code]

Maduro est élu président de la République le 14 avril 2013. Il l'emporte avec 50,6 %, soit un score bien inférieur à ce qu'il pouvait espérer au vu de la plupart des sondages. Son adversaire, Henrique Capriles Radonski, battu de justesse, dénonce des irrégularités et conteste l'impartialité du Conseil national électoral (CNE). Capriles réclame le recomptage des votes, ce que Maduro accepte, avant que le CNE ne refuse[17]. Deux jours après le scrutin, d'importantes manifestations pour protester contre les résultats officiels ont lieu avec actes de vandalisme et affrontements provoquant neuf morts chez les partisans de Maduro et les policiers[18]. Après ces violences, le CNE accepte finalement de recompter les votes mais assure que ça ne changera « en aucune façon » les résultats[19], Capriles avait porté plainte contre cette élection au Tribunal suprême du Venezuela mais cette dernière a rejeté cette plainte et infligé une amende au candidat défait[20]. Maduro prête serment le 19 avril.

Le , Maduro fait voter par le Parlement le droit de gouverner par décret pendant un an[21], type de gouvernance utilisé par tous les présidents du Venezuela depuis les années 1970, y compris par Hugo Chávez. La principale raison de la gouvernance par décret est l'aggravation de la crise économique. Ainsi, Maduro promet de changer de modèle économique et vaincre la « bourgeoisie parasitaire » qui, selon lui, détiendrait les rênes de l'économie et tenterait sans relâche de déstabiliser le gouvernement dans le cadre d'une « guerre économique ». Il promet aussi de lutter fermement contre la corruption, qu'il nomme « anti-valeur du capitalisme ».

Crise économique[modifier | modifier le code]

Sous sa présidence le Venezuela se trouve sévèrement affecté par la chute brutale des cours du pétrole, qui fournissait au pays l'essentiel de ses revenus. Maduro se donne pour priorité de préserver les réalisations sociales de la « révolution bolivarienne », notamment dans le domaine de la construction de logements[22], et déclare plusieurs hausses successives du salaire minimum afin de limiter l'impact de la crise sur les classes populaires[23]. En revanche, les dépenses militaires sont réduites de 34 % en 2015[24] et la diversification de l'économie ne s'opère que lentement.

Il poursuit et accentue le programme de « communes socialistes » qu'avait proposé Hugo Chávez, visant à développer une forme plus locale et participative de démocratie mais également à doter les communes de moyens économiques plus importants. Certains opposants dénoncent un projet qu'ils estiment inspiré des « Comités de défense de la révolution » cubains[25]. Le chômage au Venezuela descend en décembre 2014 à son plus faible niveau historique avec un taux de 5,5 % selon les données officielles[26].

Le , le Parlement vote une réintroduction des pleins pouvoirs pour une durée d'un an[27]. Il décrète l'état d'urgence économique le [28], puis le prolonge le [29] et le 13 juillet[30].

En 2016, le Venezuela connait sa plus importante sécheresse depuis 40 ans, ce qui perturbe le fonctionnement des centrales hydrauliques et provoque de graves pénuries d'électricité[31]. La même année, le taux d'inflation est estimé entre 300 % par des institutions privées et 720 % par le FMI[32].

En novembre 2017, le pays est déclaré en défaut de paiement partiel par les agences de notation Fitch Ratings et S&P Global[33].

En décembre 2017, en réaction à la crise et aux sanctions, il annonce la création d'une crypto-monnaie, le petro, dont le cours dépend du pétrole, du gaz, de l'or et du diamant[34].

Crise sanitaire[modifier | modifier le code]

Depuis la chute des cours du pétrole, les Vénézuéliens subissent une pénurie d’aliments et de médicaments[35].

La mortalité infantile est en augmentation au Venezuela, alors que celle-ci est en régression dans le monde. Une des raisons de cette situation est liée à la malnutrition des mères[36]. Le paludisme avait disparu du territoire vénézuélien il y a 50 ans. Or les cas de paludisme augmentent avec 240 613 personnes infectées. Parmi les 24 États, 13 sont touchés par cette épidémie de paludisme[37]. Selon la Fédération médicale vénézuélienne, les « hôpitaux fonctionnent avec seulement 3 % des médicaments nécessaires »[35].

En mai 2017, après la diffusion d'un rapport indiquant une augmentation de 30,12 %, entre 2015 et 2016, de la mortalité infantile[35], Nicolas Maduro a nommé un nouveau ministre de la Santé[37]. C’est le huitième ministre de la Santé nommé par Nicolas Maduro depuis 2013[38].

Contestation politique[modifier | modifier le code]

Manifestation du 19 avril 2017

En 2014, il est contesté à l'occasion de grandes manifestations consécutives à la défaite de la coalition d'opposition lors des municipales de décembre 2013. Leopoldo López, l'un des meneurs du mouvement de contestation, est accusé de responsabilité dans la mort d'une quarantaine de personnes dans ces manifestations et arrêté. Le 19 février 2015, Antonio Ledezma, maire de Caracas depuis 2008, est arrêté, accusé de complot contre Nicolas Maduro[39].

Les élections législatives de 2015 sont une défaite pour le PSUV au pouvoir, une première depuis 1999 et l'investiture de son prédécesseur, Hugo Chávez[40]. La coalition d'opposition, la Table de l'unité démocratique (MUD), remporte en effet 109 sièges, contre 55 pour le PSUV. Depuis la victoire de l'opposition aux élections législatives de 2015, le Conseil national électoral (CNE), dont la grande majorité des membres est chaviste, s'emploie à empêcher la tenue d'un référendum révocatoire, tandis que les élections régionales de 2016 ont été reportées sine die[41].

En avril 2016, la MUD dépose une pétition de deux millions de signatures, dont 600 000 seront cependant rejetées après vérification par les autorités électorales, en faveur d'un référendum pour le révoquer de sa fonction présidentielle[42]. Le 25 octobre 2016, le Parlement, où l'opposition vote depuis 2015 en faveur d'un procès en destitution à l'encontre du président Maduro. Ce dernier dénonce alors un « coup d'État parlementaire », la révocation du président par le Parlement n'étant pas prévue par la constitution, même s'il existe une procédure pour manquements au devoir de sa charge[43]. En avril 2017, le Tribunal suprême retire tout pouvoir au Parlement[44].

Le , l'opposition organise une grève générale afin d'obtenir le départ de Nicolas Maduro[45]. En décembre, elle se retire du dialogue amorcé par l’entremise de l'Unasur et du Vatican pour trouver un accord de résolution de la crise politique[46]. Début janvier 2017, Julio Borges, nouveau président de l'Assemblée nationale du Venezuela, en appelle à l'armée « face à un gouvernement passé de l'autoritarisme à la dictature »[47]. Ce même mois, le Parlement se déclare en « rébellion totale »[48].

Affiche qualifiant Nicolás Maduro d'« assassin ».

Le , la Cour suprême (totalement alignée politiquement sur le pouvoir chaviste[41]) s'octroie le pouvoir législatif[49] à la suite du refus persistant de l'Assemblée nationale d'exclure trois députés dont l'élection serait frauduleuse[50]. Le gouvernement a par ailleurs arrêté de payer les frais de fonctionnement de l'Assemblée et de payer les députés[41]. Le président de l'Assemblée nationale, Julio Borges, dénonce alors un « coup d'État »[51]. Le 31 mars, Luisa Ortega, à la tête du parquet national, conteste également la décision[52]. Cela fait également l'objet d'un tollé auprès d'une partie de la communauté internationale[53]. Le , le Tribunal suprême de justice annule les deux décrets, tandis que l'opposition appelle à de nouvelles manifestations[54]. L'Assemblée nationale initie ensuite une procédure de destitution contre les juges de la Cour suprême[55].

Mi-avril, les manifestations s'étendent aux quartiers pauvres de Caracas ; 24 manifestants et policiers sont tués[56],[57]. En mai, dans un contexte de pénuries alimentaires et de médicaments, les manifestations se poursuivent menées principalement par le parti centriste Voluntad popular, alors que le pouvoir durcit la répression[58][59]. Un rapport de l'Observatoire vénézuélien note que le pays est devenu le deuxième le plus violent au monde après le Salvador, entre enlèvements et séquestrations, ainsi que des vols et cambriolages qui répondent à la pénurie[60]. Les manifestations contre le gouvernement restent néanmoins essentiellement circonscrites aux quartiers aisés de Caracas et aux municipalités historiquement acquises à l'opposition conservatrice[59]. Alors que les manifestations ont fait 43 morts, Nicolás Maduro décide d'envoyer l'armée dans l'État de Tachira où des commerces ont été détruits et deux commissariats attaqués.

Le 1er mai 2017, Nicolás Maduro annonce sa volonté de convoquer une assemblée constituante afin de réécrire la Constitution de 1999. Les 500 membres de cette assemblée doivent être désignés par moitié par des mouvements sociaux chavistes et par moitié par un vote où les partis politiques ne peuvent pas présenter de candidats. Le projet aurait comme objectif de contourner les leaders de l'opposition, hostiles aux négociations avec le gouvernement[61],[62]. Les quelques chavistes critiquant le processus se voient qualifier de « traitres » par Maduro[63],[64].

Luisa Ortega Diaz, procureur général du Venezuela de 2007 à 2017.

Le 24 mai, Luisa Ortega Díaz, une chaviste historique, procureur général du Venezuela depuis 2007, reconduite jusqu'en 2021, exprime son opposition au gouvernement de Nicolás Maduro. Elle considère que « des groupes armés ne doivent pas attaquer des manifestations pacifiques » et précise que des investigations sont en cours à l'égard de ces groupes paramilitaires qui contrôlent les quartiers populaires. Par ailleurs, elle estime que la convocation d’une Assemblée constituante « aggraverait la crise ». Enfin, elle dénonce le recours aux tribunaux militaires à l'encontre des civils arrêtés lors des manifestations[65],[66]. Destituée de son poste de procureur général de la République par l'Assemblée constituante[67], elle quitte le pays, dénonçant la « persécution » dont elle ferait l'objet de la part du régime[68].

L'opposition dénonce le système envisagé pour désigner les membres de la future assemblée constituante[63] et organise le 16 juillet une consultation pour s'opposer à cette constituante : ce scrutin symbolique réunit 7,6 millions de votes (sur 19 millions d'électeurs). Le président Maduro considère ce scrutin comme n'ayant aucune valeur légale ni contraignante[44].

Les élections de l'Assemblée constituante se tiennent le 30 juillet et réunissent, selon les autorités, 41,5 % de participation (huit millions de votants), beaucoup moins selon l'opposition[69], qui avait appelé au boycott du scrutin[70]. Le 8 août, douze pays d'Amérique (Argentine, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Panama, Paraguay et Pérou) condamnent une « rupture de l'ordre démocratique » au Venezuela et refusent de reconnaître l'Assemblée constituante[71]. De son côté, l’ONU condamne de nouveau un « usage excessif de la force », accusant les forces de sécurité vénézuéliennes d’avoir causé la mort d’au moins 73 manifestants antigouvernementaux et des groupes armés pro gouvernementaux circulant à moto avec des armes à feu d'en avoir tué une trentaine d'autres[72]. Pour Le Monde, « avec le coup de force mené par une Constituante chaviste contre l’Assemblée nationale, Nicolas Maduro parachève son contrôle du pays. […] Le Venezuela s’enfonce dans la dictature »[73].

Élections régionales de 2017[modifier | modifier le code]

Le , à l'inverse de ce que prédisaient les sondages[74], le GPP de Maduro obtient 17 États, contre 5 pour la MUD, lors d'élections régionales dont la régularité est contestée par l'opposition[75].

Élection présidentielle de 2018[modifier | modifier le code]

Le , son vice-président, Tareck El Aissami, annonce que Maduro se présente à l'élection présidentielle vénézuélienne de 2018[76]. Le Président Maduro annonce que les partis d'opposition qui ont boycotté les élections municipales de décembre 2017 ne pourront pas présenter de candidats lors des élections présidentielles de 2018 : « Tout parti qui n'a pas participé aujourd'hui et qui a appelé au boycottage des élections ne peut plus participer (à la présidentielle de 2018). C'est un critère de l'Assemblée constituante» »[77].

Accusations de corruption[modifier | modifier le code]

Pour Luisa Ortega Díaz, alors procureure générale, le président Nicolás Maduro a reçu 35 millions de dollars de la société Odebrecht et d'autres entreprises dans le cadre de l'Opération Lava Jato[78]. Des publicitaires brésiliens reconnaissent avoir reçu des millions de dollars de pots-de-vin de Nicolas Maduro. Ainsi il aurait financé la campagne présidentielle d'Hugo Chavez en 2012[79],[80]. L'opposant Henrique Capriles Radonski, lui-même impliqué dans le scandale Petrobras, considère que la société Odebrecht « était la cagnotte de Chávez, qui lui a attribué, sans appel d’offres, tous les grands chantiers du Venezuela »[81],[82].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Nicolás Maduro se marie en 1988 avec Adriana Guerra Angulo, avec qui il a un fils, Nicolás Maduro Guerra. En juillet 2013, il se marie avec Cilia Flores[83].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par intérim du 8 mars au 19 avril 2013.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) « Documento informativo: Profundización del diálogo con la comunidad judía en Venezuela » Ce rapport de l'ambassade vénézuélienne aux États-Unis décrit une rencontre entre l'exécutif vénézuélien et la communauté juive. M. Maduro rappelle la détermination de Chávez dans la lutte contre les discriminations et l'antisémitisme. Une section est dédiée à expliquer que les relations cordiales avec l'Iran ne sont qu'une amitié entre pays pétroliers du Sud. Il affirme aussi que les déclarations de Chávez faisant référence à des ennemis pareils aux crucifieurs de Jésus, ont été reprises par la presse américaine hors contexte. De manière générale, La Revolución Bolivariana es secular y progresista., « la révolution bolivarienne est laïque et progressiste ».
  2. (es) « Por un pedido argentino, Chávez recibió en Caracas a líderes judíos », Clarin.com, (consulté le 10 mars 2013)
  3. (es) « Documento informativo: Profundización del diálogo con la comunidad judía en Venezuela »
  4. (en) « Hugo Chavez's successor Nicolas Maduro a devotee of Satya Sai Baba - Indian Express Mobile », M.indianexpress.com (consulté le 10 mars 2013)
  5. « Profile: Nicolas Maduro », sur www.aljazeera.com (consulté le 28 octobre 2016) : « The minister of foreign affairs since 2006, Maduro was born in the Venezuelan capital and educated at a public high school. »
  6. a et b http://www.libertaddigital.com/opinion/gees/maduro-un-comunista-al-mando-67720/ libertaddigitad.com, 11 mars 2013
  7. http://www.rfi.fr/ameriques/20130415-venezuela-nicolas-maduro-une-ligne-directe-jusqu-presidence-capriles-chavez, RFI, 16 avril 2013
  8. Maduro saigne le Venezuela L'Express, 3 août 2017
  9. Paulo A. Paranagua (journaliste au "Monde") Comment Nicolas Maduro est devenu l’élu de Cuba au Venezuela
  10. a et b (en) "Hugo Chavez: Who is Nicolas Maduro?", BBC News, 5 mars 2013
  11. http://www.liberation.fr/monde/2013/03/06/nicolas-maduro-dans-les-pas-de-chavez_886607
  12. a et b http://www.francetvinfo.fr/le-venezuela-accuse-les-ennemis-du-pays-d-avoir-provoque-le-cancer-de-chavez_274767.html
  13. http://www.bfmtv.com/international/venezuela-gouvernement-deploie-larmee-464082.html
  14. http://www.liberation.fr/monde/2013/03/07/chavez-sera-embaume-comme-lenine_887118
  15. « Hugo Chavez ne sera finalement pas embaumé », France 24, (consulté le 16 mars 2013)
  16. http://www.lepoint.fr/monde/venezuela-maduro-pretera-serment-vendredi-08-03-2013-1637484_24.php
  17. http://www.leprogres.fr/france-monde/2013/04/15/venezuela-maduro-remporte-de-justesse-la-presidentielle Leprogrès, 15 avril 2013
  18. http://www.lepoint.fr/monde/des-milliers-de-venezueliens-dans-la-rue-contre-l-election-du-president-maduro-16-04-2013-1655418_24.php
  19. http://fr.news.yahoo.com/veneluza-malgr%C3%A9-recomptage-maduro-restera-pr%C3%A9sident-053707774.html Yahoo, 21 avril 2013
  20. http://www.rfi.fr/ameriques/20130808-venezuela-maduro-capriles-chavez-justice-enquete
  21. https://www.courrierinternational.com/breve/2013/11/15/le-president-maduro-asssure-de-pouvoir-gouverner-par-decrets Courrier international, 15 novembre 2013
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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