Salmane ben Abdelaziz Al Saoud

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Ne doit pas être confondu avec Salman ben Abdelaziz ben Salman Al Saud.
Salmane ben Abdelaziz Al Saoud
(ar) سلمان بن عبد العزيز آل سعود
Salmane (alors prince héritier) en 2013.
Salmane (alors prince héritier) en 2013.
Titre
Roi d'Arabie saoudite
En fonction depuis le
(2 ans, 9 mois et 26 jours)
Premier ministre Lui-même
Prédécesseur Abdallah
Premier ministre d'Arabie saoudite
En fonction depuis le
(2 ans, 9 mois et 26 jours)
Monarque Lui-même
Prédécesseur Abdallah
Prince héritier d'Arabie saoudite
Vice-Premier ministre

(2 ans, 7 mois et 4 jours)
Prédécesseur Nayef ben Abdelaziz Al Saoud
Successeur Moukrine ben Abdelaziz Al Saoud
Ministre de la Défense saoudien

(3 ans, 2 mois et 17 jours)
Prédécesseur Sultan ben Abdelaziz Al Saoud
Successeur Mohammed ben Salmane Al Saoud
Émir de la province de Riyad
Prédécesseur Sultan ben Abdelaziz Al Saoud et Nayef ben Abdelaziz Al Saoud
Successeur Soutam ben Abdelaziz Al Saoud
Biographie
Dynastie Saoud
Nom de naissance Salmane ben Abdelaziz ben Abderrahman ben Fayçal ben Turki ben Abdallah ben Mohammed Al Saoud
Date de naissance (81 ans)
Lieu de naissance Riyad (Arabie saoudite)
Nationalité saoudienne
Père Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud
Mère Hassa bint Ahmed Al Soudayri
Conjoint Sultana bint Turki Al Sudairi (décédée en 2011)
Sarah bint Faisal Al Subai'ai (divorcée)
Fahda bint Falah Al Hathleen
Enfants 13 enfants dont :
Sultan ben Salmane Al Saoud
Mohammed ben Salmane Al Saoud
Héritier Moukrine ben Abdelaziz Al Saoud (janv.-avril 2015)
Mohammed ben Nayef Al Saoud (2015-2017)
Mohammed ben Salmane Al Saoud (depuis 2017)
Religion islam sunnite
Résidence palais d'Al-Yamamah

Salmane ben Abdelaziz Al Saoud
Monarques d'Arabie saoudite
Premiers ministres d'Arabie saoudite

Salmane ben Abdelaziz Al Saoud (arabe : سلمان بن عبد العزيز آل سعود, Salmān bin ʻAbd al-ʻAzīz Āl Saʻūd), né le [1] à Riyad, est un membre de la dynastie saoudienne. Gouverneur de Riyad pendant plus de cinquante ans, il est nommé ministre de la défense d’Arabie saoudite le 5 novembre 2011[2], et prince héritier le . Il succède à son demi-frère Abdallah le 23 janvier 2015 en tant que roi d'Arabie saoudite.

Famille[modifier | modifier le code]

Salmane ben Abdelaziz Al Saoud dans sa jeunesse.

Salmane est le vingt-cinquième fils d'Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud[3] et le sixième des sept Soudayris, les fils de Hussa bint Ahmed Al Soudayri[4], dont font également partie le roi Fahd ainsi que les princes héritiers Sultan et Nayef. Les Soudayris sont considérés comme l'aile dure de la famille royale, alors que le clan du roi Abdallah, leur demi-frère, est relativement plus modéré[5].

Éduqué à l'École des princes (en) de Riyad, il étudie la religion et les sciences. Il a été très proche de son frère Sultan qu'il a accompagné aux États-Unis lors de ses séjours médicaux, jusqu'à son décès.

Salmane a eu douze fils (dont deux sont morts) et une fille. Il a été marié à trois épouses :

  1. Sultana bint Tourki Al Soudayri (1940-2011), mère de :
  2. Sarah bint Faisal Al Subai'ai, mère de Saoud,
  3. Fahda bint Falah ben Sultan Al Hithalayn, mère de :
    • Mohammed ben Salmane (né en 1985) ministre de la Défense (depuis janvier 2015), vice-prince héritier (avril 2015-juin 2017) puis prince héritier et vice-premier ministre (depuis le 21 juin 2017)
    • Turki ben Salmane (en), président de la société Saudi Research and Marketing Group qui édite l'influent journal panarabe Asharq al-Awsat qu'on dit directement contrôlé par Salmane[8] ;
    • Khaled ben Salmane (en), ambassadeur d'Arabie saoudite auprès des États-Unis depuis avril 2017[9] ;
    • Nayef, Bandar et Rakan

Carrière gouvernementale[modifier | modifier le code]

Salmane ben Abdelaziz et Vladimir Poutine en 2007.

Salmane a été gouverneur de la province de Riyad de 1955 à 1960 puis de 1963 à 2011[3].

Le , il est nommé ministre de la Défense par son demi-frère le roi Abdallah. Il y remplace son frère Sultan, mort peu avant[5],[10]. C'est le prince Fahd ben Abdallah ben Mohammed Al Saoud qui remplace Sultan au poste de ministre de l'Aviation.

Son frère Nayef, prince héritier, meurt le 16 juin 2012 et le 18 juin, le Conseil d'allégeance choisit Salmane comme nouveau prince héritier. Salmane est aussi nommé vice-premier ministre[11]. Son autre frère Ahmed est nommé ministre de l'Intérieur[12].

Dans le contexte politique saoudien, Salmane est généralement considéré comme traditionaliste, mais moins lié aux religieux ultraconservateurs que son frère Nayef[8].

Roi d'Arabie saoudite[modifier | modifier le code]

Accession au trône[modifier | modifier le code]

Il devient roi d'Arabie saoudite à la suite du décès de son demi-frère Abdallah, le 23 janvier 2015[13]. C'est le sixième fils du fondateur du Royaume, Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, décédé en 1953 à l'âge de 72 ans, à accéder au trône. Déjà âgé et souffrant de problèmes de santé multiples (il a été opéré en 2010 d'une hernie discale[14]) et notamment de la maladie d'Alzheimer au moment de son accession au pouvoir, les observateurs étrangers s'attendent à un règne de transition[15]. Il confère à son demi-frère Moukrine ben Abdelaziz Al Saoud, plus jeune des fils d'Abdelaziz Al Saoud, le titre de prince héritier. Ce dernier ne lui succède cependant pas au ministère de la défense qui est attribué au fils de Salmane, Mohammed ben Salmane Al Saoud[16].

La prise de fonction de Salmane marque le regain d'influence du clan des Soudayri dont fait partie le nouveau roi ainsi que ses frères défunts, Fahd (1921-2005), roi de 1982 à sa mort, Sultan (1928-2011), prince héritier de 2005 à sa mort et Nayef (1933-2012), prince héritier de 2011 à sa mort. C'est le fils de ce dernier, Mohammed ben Nayef Al Saoud qui est nommé héritier en second par le nouveau roi[17]. Cette désignation marque le passage du pouvoir aux petits-fils d'Abdelaziz Al Saoud.

Premières mesures[modifier | modifier le code]

Arrivé au pouvoir, le nouveau roi évince les proches de son prédécesseur, limogeant deux de ses fils, le prince Michaal (gouverneur de la région de La Mecque) et le prince Turki (gouverneur de Riyad) ainsi que Khaled al-Twaijri (ancien chambellan de la cour), Bandar Ben Sultan (secrétaire général du Conseil de sécurité nationale) et le prince Khaled Ben Bandar (chef des renseignements). Ces décisions sont commentées comme étant une revanche, alors que le roi Abdallah avait, en 2014, essayé d'écarter des proches de Salmane. D'importantes nouvelles nominations ont également eu lieu, notamment à la tête des ministères des Affaires sociales, de la Culture et de l'Information, à la tête de la Bourse ainsi qu'à celle de la police religieuse. Une prime équivalente à deux mois de salaire est également versée aux employés du gouvernement (et dans une moindre mesure aux étudiants et retraités) pour garantir la paix sociale[18].

En avril 2015, il procède à un nouveau remaniement en nommant son neveu Mohammed ben Nayef Al Saoud prince héritier, relevant de fait l'ancien prince héritier Moukrine ben Abdelaziz Al Saoud, un fait inédit dans l'histoire de la monarchie saoudienne. Son fils, Mohammed ben Salmane Al Saoud est nommé quant à lui héritier en second. À cette date, le roi et ses deux successeurs potentiels appartiennent donc au clan des Soudeyri. Le ministre des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal Al Saoud, en poste depuis 1975, est pour sa part remplacé par Adel al-Joubeir, alors ambassadeur du royaume aux États-Unis. Ces décisions sont analysées comme une volonté du roi de rajeunir l'équipe dirigeante du pays[19].

Il est cité dans l'affaire des Panama Papers en avril 2016[20].

Consolidation de son clan[modifier | modifier le code]

Le , à la surprise générale, le roi Salmane fait destituer son neveu Mohammed ben Nayef[21], prince héritier, pour le remplacer par son fils Mohammed ben Salmane (dit MBS), âgé de 31 ans, qui devrait donc succéder à son père, alors que depuis la destitution en 1964 de Saoud ben Abdelaziz, le trône était revenu successivement à l'un de ses frères [22].

Le 4 novembre 2017, le roi Salmane crée une commission anti-corruption dirigée par son fils Mohammed ben Salmane et déclenche une purge sans précédent qui voit l'arrestation de dizaines de princes, ministres et hommes d'affaires, officiellement pour renforcer la confiance dans l'État de droit et promouvoir les futurs investissements, mais qui concentre les principaux pouvoirs aux mains de son fils[23].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

La guerre menée par les troupes saoudiennes au Yémen, entre bombardements aériens et blocage des voies de ravitaillement, conduit à une épidémie de choléra et à une famine qui pourrait atteindre des « proportions biblique »[24]. D'après l'Organisation mondiale de la santé, pour le seul mois de mai 2017, plus de 500 personnes sont mortes du choléra et 65 000 autres infectées par l’épidémie[25]. La famine aurait-elle laissée plus de 10 000 morts derrière elle et pourrait à terme concerner jusqu'à 19 des 27 millions d'habitants du pays, selon le secrétaire général adjoint des Nations unies Jan Egeland[26]. Des ONG accusent par ailleurs l'Arabie saoudite de frapper leurs établissements[27].

En juin 2017, l'Arabie saoudite rompt ses relations diplomatiques et accord commerciaux avec le Qatar, qu'elle accuse de « soutien au terrorisme », notamment à Al-Qaida, à l’État islamique et aux Frères musulmans[28].

Autres[modifier | modifier le code]

Il possède le château de l'Horizon (France). À l'été 2014, sa venue en France donne lieu à une polémique : ses services ont fait couler une dalle de béton sur la plage de la Mirandole afin d'installer un ascenseur. Une grille est par ailleurs posée afin d'interdire l'accès à la plage, avant que la mairie n'intervienne et stoppe les travaux. Une rénovation du château est effectuée. La maire de Vallauris et un élu écologiste s'opposent aux restrictions demandées par le roi. La polémique prend une envergure nationale en France, alors qu'est révélé qu'une femme CRS aurait été écartée du dispositif de sécurité à la demande des Saoudiens, ce que le préfet dément. Un policier en faction est renversé par une voiture de la délégation saoudienne[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « The Custodian of the Two Holy Mosques King Salman bin Abdulaziz Al Saud | kingdom of Saudi Arabia - Ministry of Foreign Affairs », sur www.mofa.gov.sa (consulté le 9 mai 2015)
  2. « Arabie saoudite : la nomination du prince Salmane au ministère de la Défense confirme la promotion des "faucons" », MediArabe.info,
  3. a et b Saudi king names Prince Salman to defence post, AFP, 5 novembre 2011
  4. Royal Family Directory
  5. a et b (en) « Saudi King Appoints Brother as Defense Minister », The New York Times,
  6. http://www.worldoil.com/news/2014/4/1/saudi-arabia-names-naif-al-otaibi-deputy-oil-minister
  7. ou Hessa
  8. a et b (en) « Saudi Arabia names Defense Minister Prince Salman new heir to throne », Washington Post,
  9. (en) « Saudi Arabia’s young prince U-turns on reform », The Economist,
  10. « Le roi d'Arabie saoudite nomme son demi-frère ministre de la défense », Le Monde,
  11. « Le prince Salmane désigné prince héritier », France 24,
  12. (en) « Saudi Arabia names Prince Salman as heir apparent », BBC,
  13. http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2015/01/23/mort-d-abdallah-ben-abdel-aziz-al-saoud-roi-d-arabie-saoudite_4561910_3382.html
  14. Le Point, magazine, « Salmane, 79 ans, nouveau roi d'Arabie saoudite », Le Point,‎ (lire en ligne)
  15. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/01/23/arabie-saoudite-a-79-ans-avec-la-maladie-et-l-age-salman-sera-un-roi-de-transition_4562572_3218.html?xtmc=salmane&xtcr=4
  16. Le roi Salmane réaffirme l’influence des sept Soudayris, écarte un proche conseiller d'Abdallah - Middle East Eye (en), 24 janvier 2015.
  17. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/01/24/mohamed-ben-nayef-nouvel-homme-fort-en-arabie-saoudite_4562798_3218.html?xtmc=salmane&xtcr=1
  18. Georges Mabrunot, « Arabie : le roi Salmane évince les proches d'Abdallah », Le Figaro, samedi 31 janvier / dimanche 1er février 2015, page 7.
  19. Ian Geoffrey Timberlake, « Remaniement en Arabie: le roi nomme un nouveau prince héritier, promeut son fils », yahoo.com, 29 avril 2015.
  20. « The Power Players », sur panamapapers.icij.org (consulté le 8 avril 2016)
  21. Le roi d'Arabie saoudite nomme son fils prince héritier, AFP, 21 juin 2017.
  22. « Arabie SaouditeLes règles de succession d’une monarchie », L'Economiste,‎ (lire en ligne)
  23. « Arrestations de princes et ministres, limogeages dans les forces armées... Une purge "sans précédent" en Arabie saoudite », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  24. « Egeland craint "une famine aux proportions bibliques" au Yémen », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  25. « Le Yémen en proie à une épidémie de choléra et menacé de famine », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  26. « Yémen. Famine, choléra, mortalité maternelle, dizaines de milliers de civils tués. Une guerre oubliée », sur Alencontre.org
  27. « Au Yémen, un hôpital de Médecins sans frontières visé par des frappes aériennes », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  28. « Qatar : l'hypocrisie de l'Arabie saoudite sur le financement du terrorisme », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  29. Hervé Gattegno, « Vacances royales », Vanity Fair n°28, octobre 2015, pages 160-165.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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