Yoon Seok-youl

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Yoon Seok-youl
Illustration.
Portrait officiel de Yoon Seok-youl en 2021.
Fonctions
Président de la république de Corée
En fonction depuis le
(6 mois et 27 jours)
Élection
Premier ministre Choo Kyung-ho (en) (intérim)
Han Duck-soo
Prédécesseur Moon Jae-in
Procureur général de Corée du Sud (en)

(1 an, 7 mois et 7 jours)
Président Moon Jae-in
Prédécesseur Moon Moo-il (ko)
Successeur Kim Oh-soo (en)
Biographie
Date de naissance (61 ans)
Lieu de naissance Séoul, Corée du Sud
Nationalité Sud coréenne
Parti politique Pouvoir au peuple (depuis 2021)
Conjoint Kim Keon-hee
Diplômé de Université nationale de Séoul
Profession Avocat
Religion Catholicisme
Résidence Maison Bleue (Séoul)

Yoon Seok-youl
Présidents de la République de Corée

Yoon Seok-youl
Hangeul 윤석열
Hanja 尹錫悅
Romanisation révisée Yun Seok-yeol
McCune-Reischauer Yun Sŏkyŏl

Yoon Seok-youl ou Yoon Seok-yeol (en coréen : 윤석열, /jun sʰʌ̹.jʌ̹ɭ/.), né le à Séoul en Corée du Sud, est un avocat et homme d’État sud-coréen, président de la république de Corée depuis le .

Procureur général de Corée du Sud (en) de 2019 à 2021 lors du mandat du président Moon Jae-in, il joue un rôle clé dans la condamnation de l'ancienne présidente Park Geun-hye.

En 2022, Yoon est nommé candidat du parti Pouvoir au peuple, alors principal parti d'opposition et figure du conservatisme en Corée du Sud, dans le cadre de l'élection présidentielle de 2022, élection qu'il remporte avec une courte avance, et ramène le parti conservateur au pouvoir.

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Yoon Seok-youl à 16 ans, 1976.

Yoon naît à Séoul le , d'un père académicien membre de l'Académie des sciences de la République de Corée, et d'une mère conférencière à l'université pour femmes Ewha, poste qu'elle abandonne après son mariage[1].

Il étudie le droit à l'université nationale de Séoul, lors du soulèvement de Gwangju[2]. Il profère alors de vives critiques à l'égard du président Chun Doo-hwan[1]. À la suite de cela, il fuit vers la province de Gangwon pour éviter des répercussions[1]. Il passe le barreau en 1991 après plusieurs tentatives ratées[1].

Carrière juridique[modifier | modifier le code]

Avocat puis procureur[modifier | modifier le code]

Il est nommé procureur en 1994[3]. Après plusieurs années de carrière spécialisées dans les affaires anti-corruption, notamment plusieurs concernant le président Lee Myung-bak[1], il accède à une renommée nationale en 2016, alors qu'il prend la tête de l'enquête concernant le scandale Choi Soon-sil impliquant cette dernière, la présidente Park Geun-hye et le président du groupe Samsung Lee Jae-yong, qui conduit à la destitution de la présidente Park en décembre 2016[4]. En 2017, le président nouvellement élu Moon Jae-in le nomme à la tête du bureau du procureur de Séoul, vantant notamment le fait que Yoon ait mis en examen deux anciens présidents, ainsi que de nombreux autres personnalités officielles durant sa carrière[5],[6].

Procureur général de Corée du Sud[modifier | modifier le code]

En 2019, il est nommé procureur général de Corée du Sud (en), une nomination saluée par le parti démocrate au pouvoir, mais critiqué par le parti d'opposition Parti de la liberté de Corée[7]. Parmi ses premières occupations, il enquête sur le ministre de la Justice au pouvoir Cho Kuk (en), pris dans différents scandales. L'opinion publique s'inverse alors, et il devient soutenu par le parti de la liberté de la Corée, mais critiqué par le parti démocrate[8],[9].

La remplaçante de Kuk, Choo Mi-ae, dissout alors l'équipe de procureurs travaillant avec Yoon, prétextant une incapacité de ce dernier à effectuer une réorganisation dans son service. Cette action est vue par les Coréens comme une punition envers Yoon pour avoir mis Kuk en examen[10],[11]. Le , il est suspendu de ses fonctions par la ministre de la Justice en place, pour cause de violations éthiques et d'abus de pouvoir. Ayant fait appel, il suspend cette décision, et reste à son poste[12].

Il démissionne néanmoins de son poste en mars 2021, en signe de protestation[13].

Élection présidentielle de 2022[modifier | modifier le code]

Le , Yoon Seok-youl annonce officiellement sa candidature à l'élection présidentielle de 2022[14]. Il rejoint en juillet le principal parti d'opposition Pouvoir au peuple et participe à la primaire du parti pour déterminer le candidat qui le représentera[15].

Le , il remporte la primaire avec 47,85 % des votes exprimés en sa faveur, contre 41,50 % pour son adversaire principal Hong Joon-pyo[16]. Il devient donc officiellement le candidat du parti conservateur lors de la campagne électorale[17].

Le , il remporte l'élection présidentielle, devançant le candidat progressiste Lee Jae-myung d'une courte tête et devenant ainsi le nouveau président sud-coréen, succédant à Moon Jae-in[18]. La campagne a été plus marquée par les invectives que par les débats de fond[19].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Il est officiellement investi le . Dans son discours d'investiture, il appelle à une « dénucléarisation complète » de la Corée du Nord, dénonçant le danger pour la sécurité mondiale que constitue l’arsenal nucléaire nord-coréen[20],[21].

Il décide également d'ouvrir au public coréen, une première, et ce dès le jour de son investiture, la Maison-Bleue, siège de la présidence à Séoul[22]. Considérant le lieu comme « un symbole du pouvoir impérial », il décide de « rendre au public » le bureau présidentiel et fait déménager la présidence dans l'enceinte du ministère de la Défense[22].

Début mai, l’équipe de transition du nouveau président annonce 110 tâches auxquelles l’administration prévoit de s’attaquer, dont la privatisation et la restructuration des institutions et des systèmes publics.

Il offre une grâce présidentielle au milliardaire Lee Jae-yong, le patron du Groupe Samsung condamné pour corruption et détournement de fonds en janvier 2021. Trois autres hommes d'affaires sont aussi graciés, dont le président du groupe Lotte, Shin Dong-bi[23].

Sa cote de popularité s'écroule à 19 % d'opinions favorables après seulement quelques mois d'exercice du pouvoir[24].

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Considéré comme conservateur, Yoon fait également campagne en 2022 en se démarquant par ses positions antiféministes assumées, estimant que c'est à cause des féministes que le taux de natalité de la Corée du Sud est en baisse[25] et ajoutant que s'il est élu, il supprimera le ministère de l'Égalité des sexes et de la Famille[26]. Il propose également d’augmenter les peines pour dénonciation calomnieuse de viol ou d’agression sexuelle[27].

Il se dit disposé à reprendre les négociations avec la Corée du Nord à condition que celle-ci renonce à l'arme nucléaire. Il a toutefois appelé à renforcer la dissuasion militaire, notamment en resserrant les liens avec les États-Unis, et a également affirmé que des frappes préventives contre la Corée du Nord pourraient être nécessaires en cas de risque d'attaque imminente[28]. Il estime également nécessaire le déploiement de missiles américains en Corée du Sud et veut acheter un système de missiles THAAD supplémentaire[29]. Il souhaite aussi rejoindre le « Quad », une alliance militaire perçue comme anti-chinoise qui réunit les États-Unis, l'Australie, le Japon et l'Inde[28].

Yoon s'oppose à l'intervention de l’État dans l’économie. Il cite l'économiste Milton Friedman et son livre Free to Choose : A Personal Statement comme une influence majeure sur sa croyance dans le libéralisme économique[30].

Sur le point de vue économique, il annonce vouloir abolir la semaine de 52 heures s'il est élu et ne pas fixer de limite maximale au temps de travail, tout en supprimant le salaire minimal sud-coréen[31].

Il fait polémique en octobre 2021 après avoir tenu des propos élogieux au sujet de l'ancien dictateur Chun Doo-Hwan. Il présente ensuite ses regrets[32]. Le 7 novembre 2021, Yoon déclare que s'il était élu président, il gracierait les anciens présidents Lee Myung-bak et Park Geun-hye, tous deux condamnés pour corruption (Park Geun-hye a ensuite été graciée par le président Moon Jae-in le 24 décembre de la même année)[33].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Yoon est marié depuis 2012 à Kim Keon-hee, la présidente d'une compagnie de galeries d'art[34].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (ko) Won Hee-bok, « 윤석렬 대전고검 검사… 소영웅주의자인가, 검찰의 자존심인가 », sur Kyunghyang Shinmun,‎ (consulté le )
  2. (ko) Lee Bo-bae, « '강골 검사'의 컴백… 윤석열 서울중앙지검장 », sur Yonhap,‎ (consulté le )
  3. « Yoon Suk-yeol, le président antiféministe qui veut ramener la Corée du Sud dans la "norme conservatrice" », sur Franceinfo, (consulté le )
  4. (en) Jeong Je-hyug, « Pulling out a Sword Against Deep-Rooted Irregularities: Surprise Nomination of Yoon Seok-yeol », sur Kyunghyang Shinmun, (consulté le )
  5. (en) Kim Myong-sik, « Defender of justice or enforcer for power? », sur The Korea Herald, (consulté le )
  6. (en) « Who is Yoon Seok-youl, South Korea’s conservative candidate for president? », sur The Economist, (consulté le )
  7. (ko) Kim Min-woo, « 한국당·바른미래 "채택 거부" vs 정의당 "유보" vs 평화당 "적격" », sur The Chosun Ilbo,‎ (consulté le )
  8. (ko) Kim Jin-joo, « 대규모 촛불집회에 … 윤석열 총장 “검찰 개혁, 국민 뜻 받들 것” », sur Hankook Ilbo,‎ (consulté le )
  9. (ko) Kim So-hyeon, « 與일각 "윤석열 사퇴하라" vs 한국당 "문 대통령 홍위병 앞세워 사법 쿠데타" », sur Korea Economic Daily (en),‎ (consulté le )
  10. (en) Ser Myo-ja, « Reshuffle dismantles prosecutor general’s team, probes of Blue House », sur JoongAng Daily, (consulté le )
  11. (en) Bloomberg News, « South Korea's Moon wants to punish 'almighty' prosecutor over unapproved probes into officials », sur The Japan Times, (consulté le )
  12. (en) Yonhap, « Chief prosecutor seeks injunction against justice minister's order to suspend him », sur The Korea Times, (consulté le )
  13. (en) Kim Bum-soo, « Top Prosecutor Resigns to Protest Taking Away Investigative Power from Prosecution », sur KBS, (consulté le )
  14. (en) Ko Jun-tae, « Ex-Prosecutor General Yoon Seok-youl announces presidential bid », sur The Korea Herald, (consulté le )
  15. (en) Sarah Kim, « Yoon Seok-youl signs on with opposition PPP », sur JoongAng Daily, (consulté le )
  16. (en) Ko Jun-tae, « Yoon Seok-youl picked as presidential nominee for People Power Party », sur The Korea Herald, (consulté le )
  17. (en) Yonhap, « Former top prosecutor wins presidential nomination of main opposition party », sur The Korea Times, (consulté le )
  18. (en) AFP, « Corée du Sud : le conservateur Yoon Seok-youl élu président », sur Le Monde, (consulté le )
  19. https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/12/le-nouveau-president-sud-coreen-veut-durcir-le-ton-avec-pyonyang_6125800_3210.html
  20. « Corée du Sud : le nouveau président Yoon Suk-yeol appelle à une "dénucléarisation complète" de la Corée du Nord », sur Franceinfo, (consulté le )
  21. Le Point magazine, « Corée du Sud : à peine investi président, Yoon Suk-yeol s’en prend à Kim Jong-un », sur Le Point, (consulté le )
  22. a et b Louis Palligiano, « Les Sud-Coréens découvrent la Maison-Bleue », Ouest France,‎ .
  23. « Corée du Sud: le patron de Samsung obtient une grâce présidentielle », sur RFI,
  24. (en) « Yoon Suk-yeol's Approval Drops To 19% », sur Bonds & Currency News | Market News, (consulté le )
  25. (en) « Loose cannon? Yoon Seok-youl snagged by image conundrum over gaffes, quirky habits », sur Yonhap, (consulté le )
  26. (ko) Cha Eun-ji, « ‘여성가족부 폐지’ 일곱 글자 남긴 윤석열…이대남 '폭발적 반응' », sur Kyunghyang Shinmun,‎ (consulté le )
  27. Nicolas Rocca, « Pour ou contre le féminisme, la bataille de la présidentielle sud-coréenne » Accès payant, sur Mediapart, (consulté le )
  28. a et b Zone Bourse, « La position du candidat conservateur à la présidence de la Corée du Sud, Yoon Suk-yeol, sur les questions de fond. », sur www.zonebourse.com
  29. (en) « Yoon says he will request redeployment of U.S. tactical nukes in case of emergency », sur Yonhap, (consulté le )
  30. « 자칭 보수 윤석열 "프리드먼 책 감명, 사회 점진적 변화 중시 », sur www.joins.com
  31. (ko) Go Eun-i, « 윤석열, 52시간제·최저임금제에 "다 철폐할 것"…靑 "보완책 있다" », sur Korea Economic Daily (en),‎ (consulté le )
  32. (en) Shin Ji-hye, « Yoon Seok-youl in hot water for defending ex-dictator », sur The Korea Herald,
  33. (ko) 유정인 기자, « 윤석열 "집권 초기 이명박·박근혜 사면 추진하겠다" », sur www.khan.co.kr,‎
  34. (ko) Jang Ga-hyeon, « 전시장에서 만난 윤석열 검찰총장 후보 부인 김건희 대표... 60억대 자산가 », sur Chosun Ilbo,‎ (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]