Gustavo Petro

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Gustavo Petro
Illustration.
Gustavo Petro en 2013.
Fonctions
Sénateur colombien
En fonction depuis le
(2 ans et 11 mois)

(4 ans)
Maire de Bogota

(1 an, 8 mois et 8 jours)
Prédécesseur Maria Mercedes Maldonado (Intérim)
Successeur Enrique Peñalosa

(2 ans, 2 mois et 18 jours)
Prédécesseur Clara López Obregón
Successeur Rafael Pardo (Intérim)
Député colombien

(8 ans)

(2 ans, 7 mois et 19 jours)
Biographie
Date de naissance (61 ans)
Lieu de naissance Ciénaga de Oro, département de Córdoba, Colombie
Nationalité Colombienne
Parti politique Pôle démocratique alternatif (2005-2010)
Colombia Humana (depuis 2011)
Diplômé de Université Externado de Colombie
Profession Économiste
Résidence Bogota

Gustavo Francisco Petro Urrego, né le à Ciénaga de Oro, est un homme politique colombien et ancien guérillero, maire de Bogota entre 2012 et 2015. Après sa défaite au second tour de l'élection présidentielle colombienne de 2018, il devient sénateur le 20 juillet 2018.


Carrière politique[modifier | modifier le code]

Âgé de 17 ans, il intègre la guérilla bolivarienne du Mouvement du 19 avril, fondée en 1970 et dissoute en 1990. Il est arrêté et torturé par l'armée[1]. Économiste, il est membre du parti de gauche Pôle démocratique alternatif de 2005 à 2010, avant de créer le Mouvement progressiste en 2011. Il est membre de la Chambre des représentants de 1991 à 1994 et de 1998 à 2006. Il est ensuite sénateur de 2006 à 2010. Sujet à de fréquentes menaces de mort, il est contraint à quatre années d'exil[2].

Parlementaire, il dénonce la « parapolitique », les relations entre des élus de la majorité présidentielle et les milices paramilitaires qui les aident à se faire réélire en se débarrassant de leurs adversaires. Il contribue également à faire médiatiser le scandale des faux positifs (exécutions de milliers de civils par l’armée afin de les présenter en guérilleros tués au combat). Enfin, il s'en prend au DAS, les services secrets colombiens, accusé d’être utilisé par le président Álvaro Uribe pour neutraliser ses adversaires politiques[2].

Il est candidat à l'élection présidentielle en 2010 mais échoue dès le premier tour avec un peu plus de 9 % des voix.

Maire de Bogota[modifier | modifier le code]

Le , Gustavo Petro remporte la victoire à l'élection municipale de Bogota avec 32,16 % des suffrages. Il prend ses fonctions le . Il est le premier ex-guérillero à occuper un poste d'une telle importance en Colombie.

Il s'engage sur les thèmes de l’égalité des genres et du respect des droits des minorités sexuelles[3]. Il essaie de mettre fin à la pratique de la corrida mais se heurte à la Cour constitutionnelle[1]. En 2012, il s'oppose aux conseillers municipaux de droite au sujet de la responsabilité du ramassage des ordures, dont il souhaite déposséder des entreprises privées accusées de se comporter en « mafia », pour la transférer à une entreprise publique. Le désaccord génère en décembre d’importantes difficultés dans le ramassage des ordures. En , une pétition officielle est déposée par un parlementaire de la majorité gouvernementale de droite afin d'organiser un référendum pour révoquer Petro de sa fonction de maire.

Le , il est destitué de son poste de maire par le procureur général Alejandro Ordoñez, proche du gouvernement et déjà responsable de la destitution de plus de 800 maires, pour cause de « violation des principes constitutionnels de la concurrence »[4], et interdit d'exercer toute fonction publique pendant une durée de 15 ans[5]. Petro fait appel de cette décision, mais celle-ci est confirmée le par le Conseil d'État. Malgré une injonction de la Commission interaméricaine des droits de l'homme, le président Juan Manuel Santos entérine la destitution le lendemain[6] et nomme son ministre du travail Rafael Pardo comme maire intérimaire. Cependant, le Tribunal supérieur de Bogota ordonne au président Santos de rétablir Petro dans ses fonctions le suivant[7].

Élection présidentielle de 2018[modifier | modifier le code]

Sa candidature pour l'élection présidentielle colombienne de 2018 est enregistrée le . Il défend notamment la gratuité de l’enseignement, le respect des accords de paix avec les FARC et un système économique plus respectueux de l’environnement.

Le , son véhicule est ciblé par des tirs, ce qui est interprété comme une tentative d'assassinat[8]. L'éventualité d'un assassinat de Gustavo Petro est sérieusement envisagée par ses partisans dans un pays où cinq candidats présidentiels ont été tués depuis la fin du XXe siècle et 282 militants syndicaux ou communautaires tués entre et [9].

Les grands médias colombiens lui sont hostiles et le présentent comme un « populiste » qui voudrait faire de la Colombie « un nouveau Venezuela ». Au contraire, il est apprécié chez les jeunes et les classes populaires[1].

Au second tour, il recueille 41,8 %, douze points derrière le candidat de droite, Iván Duque[10]. Ce score correspond cependant à une percée de la gauche[11].

Après l'élection, il est menacé de mort par le groupe paramilitaire Águilas Negras[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Qui est Gustavo Petro, le favori de la gauche colombienne ? », sur lepetitjournal.com,
  2. a et b Cathy Dos Santos, « Colombie. L’ex-guérillero Petro sur la route de la présidence », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le 2 juin 2018)
  3. « A Bogota aussi, on s’écharpe sur l’écriture inclusive », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2018)
  4. « Mélenchon : il écrit au président colombien pour défendre le maire de Bogota », RTL.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juin 2018)
  5. AFP, « Le maire de Bogota démis de ses fonctions », Libération,‎ (lire en ligne)
  6. Louise Michel D., « Destitution du maire de Bogotá: «une décision politique de Santos» », sur jolpress.com, (consulté le 1er avril 2014)
  7. « Le maire limogé de Bogota retrouve ses fonctions », Jol Presse, 27 avril 2014
  8. Harol Gonzalez, « Tentative d’assassinat du candidat présidentiel Gustavo Petro en Colombie. », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le 7 mars 2018)
  9. « En Colombie, le candidat de gauche, Gustavo Petro, en tête dans les sondages », sur Le Monde.fr (consulté le 7 mars 2018)
  10. FRANCE 24, « Colombie : Ivan Duque, candidat de droite et opposant à l'accord avec les Farc, élu président », sur france24.com, (consulté le 9 août 2020).
  11. Loïc Ramirez, « En Colombie, la paix "réduite en miettes" ? : Victoire électorale de la droite, essor de la gauche. », Le Monde diplomatique,‎ , p. 4-5
  12. AFP, « Les Aguilas Negras, marque sans visage qui sème la terreur en Colombie », sur Orange Actualités, (consulté le 25 août 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]