Gustavo Petro

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Gustavo Petro
Illustration.
Gustavo Petro en 2013.
Fonctions
Président de la République de Colombie
En attente d'investiture –
Élection 19 juin 2022
Vice-président Francia Márquez
Prédécesseur Iván Duque
Sénateur colombien
En fonction depuis le
(3 ans, 11 mois et 4 jours)

(4 ans)
Maire de Bogota

(1 an, 8 mois et 8 jours)
Prédécesseur Maria Mercedes Maldonado (intérim)
Successeur Enrique Peñalosa

(2 ans, 2 mois et 18 jours)
Prédécesseur Clara López Obregón
Successeur Rafael Pardo (intérim)
Député colombien

(8 ans)
Circonscription Bogota

(2 ans, 7 mois et 19 jours)
Circonscription Cundinamarca
Biographie
Nom de naissance Gustavo Francisco Petro Urrego
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Ciénaga de Oro, département de Córdoba, Colombie
Nationalité Colombienne
Parti politique Pôle démocratique alternatif (2005-2010)
Colombia Humana (depuis 2011)
Diplômé de Université Externado de Colombie
Profession Économiste
Résidence Bogota

Gustavo Petro
Présidents de la République de Colombie

Gustavo Francisco Petro Urrego, né le à Ciénaga de Oro, est un homme politique colombien. Le , il est élu président de la Colombie.

Ancien militant du mouvement de guérilla urbaine M-19, diplômé en études du développement (1996) de l’université catholique de Louvain en Belgique, Gustavo Petro est maire de la capitale Bogota entre 2012 et 2015[1]. Après sa défaite au second tour de l'élection présidentielle colombienne de 2018, il devient sénateur le 20 juillet 2018.

En 2022, il brigue à nouveau la présidence du pays avec la militante écologiste Francia Márquez[2]. Après être arrivé en tête au premier tour, il bat Rodolfo Hernández au second et devient le premier président colombien issu de la gauche.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille modeste, éduqué par des prêtres, Gustavo Petro intègre à l'âge de 17 ans la guérilla bolivarienne du Mouvement du 19 avril, fondée en 1970 et dissoute en 1990. Il emploie pendant sa clandestinité le pseudonyme d'Aureliano, personnage du roman Cent Ans de solitude. Il a été arrêté et torturé par l'armée[3],[4]. De confession catholique, ses idéaux politiques sont influencés par la Théologie de la libération[5].

Économiste, il est membre du parti de gauche Pôle démocratique alternatif de 2005 à 2010, avant de créer le Mouvement progressiste en 2011. Il est membre de la Chambre des représentants de 1991 à 1994 et de 1998 à 2006. Il est ensuite sénateur de 2006 à 2010. Sujet à de fréquentes menaces de mort, il est contraint à quatre années d'exil[6].

Parlementaire, il dénonce la « parapolitique », les relations entre des élus de la majorité présidentielle et les milices paramilitaires qui les aident à se faire réélire en se débarrassant de leurs adversaires. Il contribue également à faire médiatiser le scandale des faux positifs (exécutions de milliers de civils par l’armée afin de les présenter en guérilleros tués au combat). Enfin, il s'en prend au DAS, les services secrets colombiens, accusé d’être utilisé par le président Álvaro Uribe pour neutraliser ses adversaires politiques[6].

Il est candidat à l'élection présidentielle en 2010 mais échoue dès le premier tour avec un peu plus de 9 % des voix.

Maire de Bogota[modifier | modifier le code]

Le , Gustavo Petro remporte la victoire à l'élection municipale de Bogota avec 32,16 % des suffrages. Il prend ses fonctions le . Il est le premier ex-guérillero à occuper un poste d'une telle importance en Colombie.

Il s'engage sur les thèmes de l’égalité des genres et du respect des droits des minorités sexuelles[7]. Il essaie de mettre fin à la pratique de la corrida mais se heurte à la Cour constitutionnelle[3]. En 2012, il s'oppose aux conseillers municipaux de droite au sujet de la responsabilité du ramassage des ordures, dont il souhaite déposséder des entreprises privées accusées de se comporter en « mafia », pour la transférer à une entreprise publique. Le désaccord génère en décembre d’importantes difficultés dans le ramassage des ordures. En , une pétition officielle est déposée par un parlementaire de la majorité gouvernementale de droite afin d'organiser un référendum pour révoquer Petro de sa fonction de maire.

Le , il est destitué de son poste de maire par le procureur général Alejandro Ordoñez, proche du gouvernement et déjà responsable de la destitution de plus de 800 maires, pour cause de « violation des principes constitutionnels de la concurrence »[8], et interdit d'exercer toute fonction publique pendant une durée de 15 ans[9]. Petro fait appel de cette décision, mais celle-ci est confirmée le par le Conseil d'État. Malgré une injonction de la Commission interaméricaine des droits de l'homme, le président Juan Manuel Santos entérine la destitution le lendemain[10] et nomme son ministre du travail Rafael Pardo comme maire intérimaire. Cependant, le Tribunal supérieur de Bogota ordonne au président Santos de rétablir Petro dans ses fonctions le suivant[11].

Élection présidentielle de 2018[modifier | modifier le code]

Sa candidature pour l'élection présidentielle colombienne de 2018 est enregistrée le . Gustavo Petro défend notamment la gratuité de l’enseignement, le respect des accords de paix avec les FARC et un système économique plus respectueux de l’environnement.

Le , son véhicule est ciblé par des tirs, ce qui est interprété comme une tentative d'assassinat[12]. L'éventualité d'un assassinat de Gustavo Petro est sérieusement envisagée par ses partisans dans un pays où cinq candidats présidentiels ont été tués depuis la fin du XXe siècle et 282 militants syndicaux ou communautaires tués entre et [13].

Les grands médias colombiens lui sont hostiles et le présentent comme un « populiste » qui voudrait faire de la Colombie « un nouveau Venezuela ». Au contraire, il est apprécié chez les jeunes et les classes populaires[3].

Au second tour, il recueille 41,8 %, douze points derrière le candidat de droite, Iván Duque[14]. Ce score correspond cependant à une percée de la gauche[15].

Après l'élection, il est menacé de mort par le groupe paramilitaire Águilas Negras[16].

Élection présidentielle de 2022[modifier | modifier le code]

Pour l'élection présidentielle de 2022, Gustavo Petro est pré-candidat des partis Colombia Humana, de l'Union patriotique et du Parti communiste colombien[17], qui composent la coalition Pacto Histórico, afin d'élire un candidat unique lors de la consultation interpartis qui s'est tenu le 13 mars 2022, en même temps que les élections législatives. Il remporte cette consultation avec 80,5 % des suffrages et choisit Francia Márquez, militante afro-colombienne des droits humains et de l'environnement, comme colistière pour l'élection présidentielle à venir[18].

Parmi les points essentiels de son programme, il propose une réforme agraire destinée à rendre sa productivité à 15 millions d’hectares de terres pour mettre fin au «narco-latifundisme», l’arrêt de toute nouvelle exploration pétrolière dans le but de sevrer le pays de sa dépendance aux industries extractives et des combustibles fossiles, des investissements dans l’éducation publique et la recherche, des infrastructures pour l’accès à l’eau ainsi que le développement du réseau ferroviaire, une réforme fiscale et une réforme du système de santé, lequel est largement privatisé[19]. Petro a déclaré que la poursuite du néolibéralisme colombien finira par « détruire le pays » et a proposé une augmentation des impôts pour les Colombiens les plus riches. Il a également indiqué qu'il soutiendrait le procès du président Iván Duque pour les violences commises par les forces de sécurité lors des manifestations de 2021, qui ont fait une soixantaine de morts parmi les manifestants. En mars 2021, il a déclaré que son premier acte en tant que président serait de déclarer l'état d'urgence économique pour lutter contre la faim généralisée[20]. Il défend des propositions progressistes sur la question des droits des femmes et des LGBTQ[21],[22]. Il a aussi annoncé qu'il rétablirait les relations diplomatiques avec le Venezuela[23].

Il est confronté à une campagne de différents médias cherchant à l’assimiler au président vénézuélien Nicolás Maduro et affirmant qu'il prévoit des mesures d’expropriation s’il devient président. Pour répondre à ces attaques, il signe le 18 avril un document public dans lequel il s’engage à ne procéder à aucun type d’expropriation s’il est élu[24]. Le général Eduardo Zapateiro, commandant de l'armée colombienne, a lui aussi sévèrement critiqué Petro pendant la campagne, provoquant une controverse[25]. Par ailleurs, Petro a dû renoncer à faire campagne dans certaines parties du pays en raison des risques d’attentats venant des narcotrafiquants[26]. Le secteur des affaires se montre également hostile à sa candidature et des chefs d'entreprise ont menacé leurs employés de licenciement s'ils votaient pour Gustavo Petro. La Mission d'observation électorale colombienne a dénoncé des « crimes électoraux contre le droit de voter librement »[27]. Il est élu président le [28].

Hommages[modifier | modifier le code]

En 2018, Gustavo Petro est nommé professeur honoraire à l'Université nationale de Lanús en Argentine, pour sa défense des droits de l'homme et de la paix[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Elections en Colombie: Gustavo Petro, la vague socialiste, l'espoir des jeunes », sur RTBF (consulté le )
  2. Alencontre, « Colombie. Gustavo Petro va briguer la présidence de la Colombie avec Francia Márquez – A l'encontre » (consulté le )
  3. a b et c « Qui est Gustavo Petro, le favori de la gauche colombienne ? », sur lepetitjournal.com,
  4. (es) « Quiénes son "los mismos de siempre" que han gobernado Colombia por 200 años », BBC News Mundo,‎ (lire en ligne)
  5. (es) « El encuentro de Papa Francisco y el candidato progresista Gustavo Petro y la teología del odio en Colombia »
  6. a et b Cathy Dos Santos, « Colombie. L’ex-guérillero Petro sur la route de la présidence », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. « A Bogota aussi, on s’écharpe sur l’écriture inclusive », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  8. « Mélenchon : il écrit au président colombien pour défendre le maire de Bogota », RTL.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. AFP, « Le maire de Bogota démis de ses fonctions », Libération,‎ (lire en ligne)
  10. Louise Michel D., « Destitution du maire de Bogotá: «une décision politique de Santos» », sur jolpress.com, (consulté le )
  11. « Le maire limogé de Bogota retrouve ses fonctions », Jol Presse, 27 avril 2014
  12. Harol Gonzalez, « Tentative d’assassinat du candidat présidentiel Gustavo Petro en Colombie. », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. « En Colombie, le candidat de gauche, Gustavo Petro, en tête dans les sondages », sur Le Monde.fr (consulté le )
  14. FRANCE 24, « Colombie : Ivan Duque, candidat de droite et opposant à l'accord avec les Farc, élu président », sur france24.com, (consulté le ).
  15. Loïc Ramirez, « En Colombie, la paix "réduite en miettes" ? : Victoire électorale de la droite, essor de la gauche. », Le Monde diplomatique,‎ , p. 4-5
  16. AFP, « Les Aguilas Negras, marque sans visage qui sème la terreur en Colombie », sur Orange Actualités, (consulté le )
  17. (es) Blu Radio, « Aún hay candidatos sin aval para estar en consultas del Pacto Histórico y Coalición Centro Esperanza », sur Blu Radio, (consulté le )
  18. « Colombie. Au seuil d’un changement historique? Elections, guerre sociale et paramilitarisme », sur Alencontre,
  19. « Colombie, l’année de tous les espoirs », sur Le Courrier,
  20. (en-US) AQ Editors | November 4 et 2021, « Meet the Candidates: Colombia », sur Americas Quarterly (consulté le )
  21. (es) Casa Editorial El Tiempo, « El poder de los LGBT en la alcaldía de Petro », sur El Tiempo, (consulté le )
  22. (en-GB) José María González Alonso, « Why is the LGBT community afraid of the new government in Colombia? - LatinAmerican Post », sur latinamericanpost.com (consulté le )
  23. (es) Casa Editorial El Tiempo, « Petro anuncia que reanudará relaciones con Venezuela », sur El Tiempo, (consulté le )
  24. « Colombie. Gustavo Petro face à une campagne médiatique qui l’assimile à Maduro s’engage à ne pas exproprier », sur A l'encontre,
  25. (es) « Comandante del Ejército, general Eduardo Zapateiro, no aguantó más y enfrentó a Gustavo Petro en redes », sur Semana.com, (consulté le )
  26. Anne Proenza, « Colombie: le candidat de gauche Gustavo Petro sonne «l’heure du changement» à la présidence », sur Libération (consulté le )
  27. « À la Une: à dix jours du premier tour de l'élection présidentielle, la tension monte en Colombie », sur RFI, (consulté le )
  28. (es) « Gustavo Petro: quién es el primer presidente de izquierda en Colombia », El Tiempo,‎ (lire en ligne)
  29. (en) Alejandro Leone, Camila Leone, « Petro en Argentina. “Los caminos jurídicos intentan eliminar liderazgos” », sur revistaallaite.unla.edu.ar (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]