Michel Temer

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Michel Temer
Michel Temer en 2011.
Michel Temer en 2011.
Fonctions
Président de la
République fédérative du Brésil

(intérim)
En fonction depuis le
(2 mois et 10 jours)
Gouvernement Temer
Coalition PMDB-PR-PSD-PSB-
PTB-PV-Démocrates-
PRB-PPS-PSDB
Prédécesseur Dilma Rousseff
(suspendue)
Vice-président de la
République fédérative du Brésil
En fonction depuis le
(5 ans 6 mois et 21 jours)
Élection
Réélection
Président Dilma Rousseff
Prédécesseur José Alencar Gomes da Silva
Président de la Chambre des députés

(1 an 10 mois et 15 jours)
Prédécesseur Arlindo Chinaglia
Successeur Marco Maia

(4 ans et 12 jours)
Prédécesseur Luís Eduardo Magalhães
Successeur Aécio Neves
Député fédéral pour São Paulo

(23 ans 10 mois et 16 jours)
Biographie
Nom de naissance Michel Miguel Elias Temer Lulia
Date de naissance (75 ans)
Lieu de naissance Tietê (Brésil)
Nationalité brésilienne
Parti politique PMDB
Conjoint Maria de Toledo (avant 2003)
Marcela Tedeschi (depuis 2003)
Profession Avocat
Professeur de droit
Religion Catholicisme maronite[1]
Résidence Palácio da Alvorada, Brasilia

Signature de Michel Temer

Michel Temer
Vice-présidents de la République fédérative du Brésil
Présidents de la République fédérative du Brésil

Michel Miguel Elias Temer Lulia, né le à Tietê, est un avocat, professeur de droit constitutionnel et homme d'État brésilien, membre du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) et vice-président de la République fédérative du Brésil depuis le .

Siégeant à la Chambre des députés pour São Paulo durant six législatives, il préside la chambre basse du Congrès à deux reprises, de 1997 à 2001 puis de 2009 à 2010.

Désigné candidat à la vice-présidence de la République pour l'élection présidentielle d'octobre 2010, il devient le deuxième personnage de l'État après la présidente élue, Dilma Rousseff. Ils sont réélus à l'issue du scrutin présidentiel d'octobre 2014.

Le , Michel Temer devient président de la République du Brésil par intérim dans le cadre de la procédure de destitution de Dilma Rousseff, accusée de maquillage des comptes publics. Il forme un nouveau gouvernement en attendant le vote définitif du Sénat.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Né à Tietê, dans l'État de São Paulo, Michel Temer est issu d'une fratrie de cinq enfants[2]. Ses parents, producteurs de café et de riz de profession[2], sont des Libanais maronites vivant dans le village de Tabourah, dans le district du Koura, au Liban[3]. Michel Temer est ainsi le premier chef de l'exécutif brésilien d'origine libanaise[4]. Il ne parle pas couramment l'arabe, mais il est capable de comprendre le sujet d'une conversation dans cette langue[5],[6],[7].

Diplômé de la faculté de droit de l'université de São Paulo, il obtient son premier diplôme universitaire en 1963, et poursuit ses études jusqu'en 1974, lorsqu'il quitte l'université pontificale catholique de São Paulo avec un doctorat en droit. Il commence une carrière juridique en travaillant, à partir de 1963, dans un cabinet privé, avant d'intégrer la fonction publique en devenant procureur de l'État de São Paulo, en 1970. Parallèlement, il rejoint le cabinet du secrétaire d'État à l'Éducation de São Paulo, José Carlos de Ataliba Nogueira.

D'une première union, Michel Temer est le père de trois filles, tandis que deux autres de ses enfants sont nés de sa relation avec une autre compagne. En 2003, il épouse Marcela Tedeschi Araújo, de quarante-deux ans sa cadette ; leur fils, Michelzinho, naît la même année. Marcela Temer est très connue au Brésil, notamment depuis l'investiture de Dilma Roussseff en 2011 durant laquelle sa tenue vestimentaire et son élégance ont été très commentées sur les réseaux sociaux[8].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Député fédéral de São Paulo[modifier | modifier le code]

En 1983, Michel Temer est nommé procureur général de l'État de São Paulo avant d'en devenir, l'année suivante, le secrétaire de la Sécurité publique.

Quatre ans plus tard, le , il est élu député fédéral sous la bannière du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB). À ce titre, il fait partie de l'Assemblée constituante, qui doit alors rédiger une nouvelle constitution pour le Brésil. Michel Temer se place du côté des progressistes : opposé à la peine de mort, il contribue à l'inscription, dans la nouvelle loi fondamentale, de la limitation des droits de propriété privée, la stabilité de l'emploi, la semaine du travail à 30 heures et la nationalisation du système financier ; parallèlement, il soutient la rupture des relations diplomatiques avec les pays légalisant les discriminations raciales, la légalisation de l'avortement et l'instauration d'un régime présidentiel.

Michel Temer, alors député fédéral, le .

Par deux fois, Michel Temer préside la Chambre des députés, entre 1997 et 2001, puis entre 2009 et son élection à la vice-présidence de la République, l'année suivante. Dès son premier mandat à la tête de la chambre basse, il favorise une communication plus dense pour rendre compte des travaux des députés.

La carrière politique de Michel Temer prend un tournant le lorsqu'il est désigné président du PMDB ; il devient alors un personnage clé de l'échiquier politique, puisque son parti politique est régulièrement sollicité par les gouvernements de tout bord afin de faciliter l'adoption, par les deux chambres du Congrès, des projets de loi. Après l'élection de Luiz Inácio Lula da Silva à la tête du Brésil, il est souvent consulté par ce dernier, qui en fait le principal partenaire de sa majorité parlementaire bien que, pour la vice-présidence, il lui ait préféré José Alencar.

Alors président de la chambre basse, Temer est invité, le , à solliciter la vice-présidence de la République fédérative au côté de Dilma Rousseff, la candidate du Parti des travailleurs (PT) soutenue par le président Lula da Silva. Le , à l'issue du second tour de scrutin, Rousseff et Temer sont élus à la tête de l'État brésilien pour un mandat de quatre ans. Ils sont investis le , devant le Congrès national du Brésil.

Vice-président de la République[modifier | modifier le code]

Au cours de ce premier mandat, Temer est régulièrement sollicité par la présidente Rousseff pour dénouer les crises liées à la majorité parlementaire et pour faciliter les compromis indispensables à l'adoption des projets de loi déposés par le gouvernement fédéral. Ce rôle vaut au vice-président d'être surnommé « aspirador de pó » (« l'aspirateur », en portugais) par les alliés de la chef de l'État.

Michel Temer et Dilma Rousseff, le .

Reconduit à la vice-présidence après la réélection de Dilma Rousseff, Michel Temer prend progressivement ses distances vis-à-vis de la chef de l'État. Ainsi, le , il explique publiquement qu'il est nécessaire que « quelqu'un ait la capacité d'unir le pays », sous-entendant par là que ce n'était pas le cas de la présidente Rousseff. Cette prise de position est considérée par la presse comme étant une marque de rupture entre les deux têtes de l'exécutif. À la fin de l'année 2015, quelques mois seulement après le début de son second mandat, le vice-président rédige et fait publier par la presse, à l'intention de Dilma Rousseff, une lettre dans laquelle il se plaint ouvertement du rôle de « vice-président décoratif » que lui aurait dévolu la chef de l'État[9].

Michel Temer, condamné fin 2015 par le tribunal électoral de Sao Paulo à une amende de 80 000 reais pour financement illicite de campagne électorale, risque d'être déclaré inéligible pour une période de huit ans[10].

Alors que la présidente Rousseff est de plus en plus fragilisée par des affaires de corruption liée au scandale Petrobras, qui implique également son mentor Lula, le PMDB retire, le , son soutien au gouvernement de la chef de l'État, celle-ci devant alors gérer la crise politique la plus grave depuis son élection à la présidence. De son côté, alors qu'une procédure de destitution est ouverte pour maquillage des comptes publics à l'encontre de Rousseff par le président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha, réputé proche du vice-président, Michel Temer se dit « prêt » à lui succéder, dans la mesure où la Constitution prévoit que c'est le vice-président qui doit devenir le chef de l'État jusqu'à la fin du mandat prévue du président de la République en fonction[11],[12]. Les proches de Rousseff, surtout au sein du PT, dénoncent le rôle joué par le vice-président dans le retrait de son parti de la coalition, certains supposant que, par opportunisme, celui-ci veuille prendre le pouvoir au moyen de la destitution de Dilma Rousseff, alors que Temer lui-même est impliqué dans plusieurs affaires de corruption[13].

Président de la République par intérim[modifier | modifier le code]

Michel Temer annonçant son programme économique en tant que président de la République par intérim.

Le 12 mai 2016, la présidente Dilma Rousseff, accusée d'avoir maquillé des comptes publics, est écartée du pouvoir par une procédure de destitution. Michel Temer assure dès lors les fonctions de chef de l'État pour un délai maximum de 180 jours. Dès le lendemain, face à la situation financière dégradée du Brésil, le nouveau gouvernement annonce une réduction des dépenses publiques tout en soulignant sa volonté de maintenir les programmes sociaux en faveur des plus pauvres[14].

Quelques semaines après la constitution de son gouvernement, les ministres de la Planification et de la Transparence sont contraints à la démission sur fond d'accusations de corruption[15],[16]. Un troisième ministre, chargé du Tourisme, est également visé par une enquête pour avoir reçu de l'argent d'entreprises privées en échange de possibles faveurs dans la conclusion de contrats, décide d'abord de rester au gouvernement[17], puis démissionne à son tour[18]. En juin 2016, plusieurs des principaux alliés politiques de Michel Temer, dont le président du Sénat, le président de l'Assemblée nationale, le président du PMDB et un ancien président de la République se voient placés sous une demande d'arrestation pour leur implication dans le scandale de corruption de Petrobras[19].

Le , Michel Temer dément toute implication dans quelque scandale de corruption lié à Petrobras alors que Sergio Machado, ancien président de Transpetro, une filiale de Petrobras, le met personnellement en cause dans le cadre d'un accord avec la justice visant à réduire sa peine[20],[21].

Bien que Michel Temer soit impopulaire, un sondage réalisé par Datafolha en juillet 2016 indique que la moitié des Brésiliens sont pour son maintien à la tête du pays jusqu'en 2018[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Vilarejo libanês do 'filho Michel Temer' segue igreja ortodoxa grega - 08/05/2016 - Poder - Folha de S.Paulo » (consulté le 14 mai 2016)
  2. a et b « Comment Michel Temer, discret et impopulaire, a pris la présidence du Brésil à Dilma Rousseff », sur francetv info (consulté le 15 mai 2016)
  3. Vilarejo libanês do 'filho Michel Temer' segue igreja ortodoxa grega
  4. O que explica a força dos descendentes de árabes na política brasileira?
  5. « Os planos de Michel Temer para o mundo árabe » (consulté le 14 mai 2016)
  6. « Conciliador, ‘charmosão’ e ‘mordomo de filme de consternação': afinal, quem é Michel Temer » (consulté le 14 mai 2016)
  7. « Origem de políticos brasileiros, Líbano tem rua com nome de Michel Temer - 14/06/2015 - Poder - Folha de S.Paulo » (consulté le 14 mai 2016)
  8. « Marcela Tedeschi Temer. La Carla de São Paulo », Courrier international,
  9. « Brésil: Michel Temer, le vice-président lassé du second rôle "décoratif" », La Libre Belgique,
  10. « Le paradoxe de la nomination de Michel Temer à la place de Dilma Rousseff », sur Le Huffington Post (consulté le 9 juin 2016)
  11. « Michel Temer, le centriste qui se voit président du Brésil », La Croix,
  12. « Brésil : le vice-président, Michel Temer, voit son heure venue », Le Monde,
  13. « Michel Temer, le meilleur ennemi de Dilma Rousseff au Brésil », Libération,
  14. http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/05/13/97002-20160513FILWWW00266-bresil-reduction-des-depenses-publiques-et-maintien-des-programmes-sociaux-ministre-de-l-economie.php
  15. « Brésil: le ministre qui s'était "mis en réserve" a été limogé », sur LExpress.fr (consulté le 26 mai 2016)
  16. Lefigaro.fr avec AFP, « VIDÉO - Brésil: démission du ministre de la Transparence », sur Le Figaro (consulté le 31 mai 2016)
  17. « Un premier mois difficile pour le président intérimaire Michel Temer », sur tdg.ch/ (consulté le 9 juin 2016)
  18. Lefigaro.fr avec AFP, « Brésil: démission d'un 3e ministre du gouvernement Temer », sur Le Figaro (consulté le 16 juin 2016)
  19. (fr) « Brésil: quatre alliés du président par intérim Michel Temer visés par la justice - Amériques - RFI », sur rfi.fr,‎ (consulté le 9 juin 2016)
  20. (fr) « Michel Temer dément toute implication dans le scandale Petrobras », sur L'Obs (consulté le 16 juin 2016)
  21. http://www.lepoint.fr/monde/bresil-le-nouveau-president-rattrape-par-l-affaire-petrobras-16-06-2016-2047047_24.php
  22. www.20minutes.ch, 20 Minutes, 20 Min, www.20min.ch, « 1 Brésilien sur 2 veut que Temer reste au pouvoir », sur 20 Minutes (consulté le 20 juillet 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]