Fernando Haddad

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Fernando Haddad
Illustration.
Fernando Haddad en 2016.
Fonctions
Maire de São Paulo

(4 ans)
Prédécesseur Gilberto Kassab
Successeur João Doria
Ministre brésilien de l’Éducation

(6 ans, 5 mois et 26 jours)
Président Luiz Inácio Lula da Silva
Dilma Rousseff
Gouvernement da Silva
Rousseff
Prédécesseur Tarso Genro
Successeur Aloizio Mercadante
Biographie
Date de naissance (55 ans)
Lieu de naissance São Paulo (Brésil)
Nationalité Brésilienne
Parti politique PT (depuis 1983)
Diplômé de Université de São Paulo
Religion Christianisme orthodoxe

Fernando Haddad, né le 25 janvier 1963, est un universitaire et homme politique brésilien, membre du Parti des travailleurs (PT), candidat à l'élection présidentielle brésilienne de 2018. Soutenu par Lula, rendu inéligible, il termine en deuxième position à l'issue du premier tour, se qualifiant contre Jair Bolsonaro.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Fernando Haddad est le fils de Khalil Haddad, un Libanais arrivé au Brésil en 1947[1]. Sa mère, Norma Teresa Goussain, descend de Libanais nés au Brésil. Ses parents développent un lucratif commerce de textile en gros[2]. Il est le deuxième d'une famille de trois enfants. La famille est chrétienne orthodoxe[2].

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Étudiant à la faculté de droit à l’université de São Paulo, il connaît ses premiers engagements politiques en participant à des mouvements étudiants contre la dictature militaire[3]. Il devient ensuite professeur de sciences politiques et d'économie à l'université de São Paulo[1].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

En 1983, il adhère au Parti des travailleurs (PT)[2].

Ministre de l’Éducation[modifier | modifier le code]

Il est ministre de l'Éducation de 2005 à 2012, sous la présidence de Lula puis de Dilma Roussef. Il met en œuvre une politique de démocratisation des universités, dont l'accès était auparavant largement réservées aux classes aisées. L’attribution massive de bourses aux étudiants permet aux enfants des classes moyennes inférieures et, dans une moindre mesure, à ceux des classes très pauvres, d’entamer des études supérieures[4].

Son « plan de développement de l’éducation » se traduit en outre par une augmentation significative du budget, l’instauration d’un salaire minimum national pour les professeurs et l’élargissement de l’éducation préscolaire rendant l’école obligatoire dès quatre ans[5].

Maire de São Paulo[modifier | modifier le code]

En 2012, soutenu par le Parti des travailleurs, il devient maire de São Paulo[1]. Durant son mandat, il parvient à réduire la dette de la ville[3]. Le , il perd la mairie dès le premier tour en obtenant seulement 16,7 % des voix, contre 53,3 % pour le candidat de droite João Doria Júnior[6].

Élection présidentielle de 2018[modifier | modifier le code]

Fernando Haddad et Manuela d'Ávila en 2018.

En vue de l'élection présidentielle de 2018, son nom est régulièrement évoqué pour devenir candidat du Parti des travailleurs en cas d'inéligibilité de Lula, condamné pour corruption. Aux côtés de celui-ci, le 4 août 2018, il est désigné candidat à la vice-présidence de la République[7].

Le 11 septembre 2018, il est désigné candidat par le Parti des travailleurs, le Tribunal supérieur électoral ayant rejeté la candidature de Lula[8],[9]. Selon le journal conservateur argentin La Nación, il est réputé orgueilleux et n’avait pas les faveurs initiales de l’ancien président[2]. Selon L'Humanité, il est confronté à une campagne médiatique à charge ; en raison du nombre de parlementaires du PT, il bénéficie cependant de beaucoup plus de temps d’antenne que son principal concurrent, Jair Bolsonaro[10],[11].

Le 18 septembre 2018, il déclare que s'il était élu, il ne gracierait pas Lula, arguant que celui-ci, ne voulant pas faire l'objet de « faveurs », préfère prouver qu'il a été victime d'une « erreur judiciaire » devant les tribunaux et les forums internationaux[12].

Le 7 octobre 2018, Bolsonaro arrive en tête du premier tour avec un score plus important qu’annoncé par les sondages : il obtient 46,03 % (49 millions de voix), contre 29,28 % (31 millions de voix) pour Haddad, qu'il affrontera au second tour le 28 octobre[13]. Largement devancé par son adversaire auprès des classes moyennes et aisées, il obtient le soutien des classes les plus pauvres[14].

Accusations de corruption[modifier | modifier le code]

Cette section est liée à une affaire judiciaire en cours. 
Le texte peut changer fréquemment, n'est peut-être pas à jour et peut manquer de recul. N'hésitez pas à participer à l'écriture de synthèse de manière neutre et objective, en citant vos sources. N'oubliez pas que, dans nombre de systèmes judiciaires, toute personne est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement et définitivement établie.

Le 4 septembre 2018, il est mis en accusation pour des faits présumés de corruption liés à sa campagne pour les élections municipales de 2012 : il est soupçonné d'avoir reçu 2,6 millions de réais (soit un million d'euros au taux de change de l'époque) de la part d'une entreprise du bâtiment, UTC Engenharia, qui aurait espéré en retour des faveurs dans l'obtention de marchés publics[15],[16]. Son service de presse dénonce une accusation « sans preuve », fondée sur la délation d'un cadre de l'entreprise, qui est d'ailleurs entrée en litige avec la municipalité sur le projet en question[réf. nécessaire]. Déjà condamné pour corruption, ce dernier a noué un accord de collaboration avec la justice pour obtenir une remise de peine[15].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié à Ana Estela Haddad.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Shobhan Saxena, « Le maire qui révolutionne São Paulo », Courrier International (extrait et traduction depuis The Wire), no 1317,‎ , p. 28-29
  2. a b c et d https://www.courrierinternational.com/article/vu-dargentine-qui-est-fernando-haddad-le-remplacant-de-lula
  3. a et b « Brésil : Fernando Haddad, le candidat de Lula, un intellectuel qui sort de l'ombre », France Culture,‎ (lire en ligne)
  4. « Brésil : vers un duel entre gauche et extrême-droite à la présidentielle ? », Basta,‎ (lire en ligne)
  5. « Fernando Haddad, de l’ombre à la lumière », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  6. Brésil/municipales : le parti de Lula perd des bastions historiques, Le Figaro, 3 octobre 2016.
  7. « Brésil : toujours en prison, Lula est désigné candidat à la présidentielle », sur Le Monde.fr (consulté le 4 août 2018)
  8. « Brésil : Fernando Haddad remplace Lula comme candidat du PT à l'élection présidentielle - France 24 », sur France 24 (consulté le 12 septembre 2018)
  9. « Brésil : Fernando Haddad remplace Lula comme candidat du PT à l'élection présidentielle - France 24 », sur France 24 (consulté le 11 septembre 2018)
  10. « Brésil. Haddad et D’Avila rattrapent leur retard face à l’extrême droite », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  11. https://www.lepoint.fr/monde/bresil-face-a-bolsonaro-l-ultra-favori-les-bien-maigres-espoirs-de-haddad-15-10-2018-2262990_24.php
  12. « Brésil: Haddad exclut de gracier Lula s'il est élu président », sur Le Figaro (consulté le 18 septembre 2018)
  13. https://g1.globo.com/politica/eleicoes/2018/apuracao/presidente.ghtml
  14. Les habitants nord-est du Brésil, l’une des régions les plus pauvres du pays, ont placé Fernando Haddad en tête, à 42 %, contre 23 % pour Bolsonaro. Cf. Ivan du Roy, « Présidentielle au Brésil : une radicalisation de la droite et des classes dominantes », Basta,‎ (lire en ligne)
  15. a et b « Brésil: Haddad, colistier de Lula, accusé formellement de corruption », sur RTBF Info (consulté le 10 septembre 2018)
  16. Reuters Editorial, « Brazil Workers Party VP candidate Haddad charged with corruption », sur U.S. (consulté le 10 septembre 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

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