Élection présidentielle brésilienne de 2010

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Précédent 2006 Drapeau du Brésil 2014 Suivant
Élection présidentielle brésilienne de 2010
Dilma Rousseff 2010.jpg
Dilma RousseffPT
Voix 55 752 483
  
56,05 %
Serra02032007-2.jpg
José SerraPSDB
Voix 43 711 162
  
43,95 %
Président
Sortant
Élu

L’élection présidentielle brésilienne de 2010 s'est déroulée en octobre 2010. Le premier tour a eu lieu le 3 octobre 2010 et le second tour le 31 octobre 2010. Elle marque la fin de la présidence de Lula da Silva qui, conformément à la Constitution brésilienne, ne peut pas se représenter pour un troisième mandat.

Des élections régionales et législatives ont lieu dans le même temps.

Les candidats[modifier | modifier le code]

Photo Candidat Âge Parti Idéologie
Dilma cropped.png
Dilma Rousseff 62 ans Parti des travailleurs (PT) Socialisme,Social-démocratie
Jose Serra cropped.png
José Serra 68 ans Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB) Social-libéralisme
Marinasilva13122006.jpg
Marina Silva 52 ans Parti vert (PV) Écologie politique, Libéralisme
Ivan Pinheiro 64 ans Parti communiste brésilien (PCB) Communisme
Sin foto.svg
José Maria de Almeida 53 ans Parti socialiste des travailleurs unifié (PSTU) Socialisme, Communisme
Sin foto.svg
José Maria Eymael 70 ans Parti social-démocrate chrétien (PSDC) Centre-droit, Démocratie chrétienne
Sin foto.svg
Levy Fidélix Parti rénovateur travailliste brésilien (PRTB) Centre-droit
Plínio Sampaio 2008.jpg
Plínio de Arruda Sampaio 80 ans Parti socialisme et liberté (PSOL) Socialisme, Anticapitalisme
Sin foto.svg
Rui Costa Pimenta 53 ans Parti de la cause ouvrière (PCO) Communisme

Campagne[modifier | modifier le code]

Le président Luiz Inácio Lula da Silva a exercé deux mandats consécutifs de quatre ans à la tête du Brésil et ne peut plus se représenter pour cette élection. Dilma Rousseff, candidate du Parti des travailleurs, bénéficie de son soutien. Un de ses principaux arguments de campagne est la réduction des inégalités sociales qui sont très fortes dans le pays.

Son principal opposant est José Serra. Il a été maire de São Paulo puis gouverneur de l'État de São Paulo. Il est soutenu par son parti, le Parti de la social-démocratie brésilienne, ainsi que par d'autres partis, comme les Démocrates (libéraux), le Parti travailliste brésilien et le Parti populaire socialiste (sociaux-libéraux).

Malgré le soutien du président sortant, qui jouit d'une forte popularité, Dilma Rousseff n'est pas élue dès le premier tour, comme plusieurs sondages pouvaient le laisser penser. Certains analystes estiment qu'elle est apparue trop progressiste sur des sujets tels que l'avortement ou l'homosexualité aux yeux d'un certain nombre d'électeurs, ce qui expliquerait qu'elle n'ait pas été élue au premier tour[1]. Arrivée largement en tête au soir du 3 octobre, elle est contrainte d'affronter José Serra au second tour. Marina Silva, arrivée troisième, ne donne pas de consigne de vote pour le second tour[2].

Lors de l'entre-deux tours, l'influence supposée de la religion dans le vote des électeurs domine d'abord la campagne : Dilma Rousseff s'est notamment engagée à ne pas légaliser l'avortement et le mariage entre homosexuels mais est accusée d'avoir un double langage par les partisans de José Serra[1], ce qui pousse des élus et des intellectuels français à signer une pétition en sa faveur[3]. Son adversaire est pris à parti par des militants du Parti des travailleurs lors d'une visite à Rio de Janeiro et reçoit un objet sur la tête[4]. Les sondages de fin de campagne donnent Dilma Rousseff largement gagnante car elle apparait plus crédible que José Serra sur les thèmes économiques et politiques[5].

Le président sortant Lula est critiqué pour son manque d'impartialité dans la campagne (il a notamment déclaré que l'opposition tentait « simplement de monter en épingle un incident sans gravité » à propos de l'agression de José Serra, alors que la vidéo de la scène montre le contraire), ce qui nuit à l'image de sa fonction selon ses adversaires[6].

Le 31 octobre 2010, Dilma Rousseff remporte le second tour et devient la première femme élue à la présidence du Brésil.

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidat arrivé en tête au premier tour par État.
Candidat arrivé en tête au second tour par État.

Près de 136 millions de Brésiliens ont été appelés à voter les 3 et 31 octobre 2010. Lors du premier tour, le taux de participation a atteint 81,88 % alors que le vote est obligatoire pour une partie de la population. L'abstention représente 18,12 % au premier tour, tandis qu'il y a 3,13 % de votes blancs et 5,51 % de votes nuls. Lors du second tour, le taux de participation est de 78,50 %. Bien que la proportion en votes blancs (2,30 %) et en votes nuls (4,40 %) soit moins importante qu'au premier tour, l'abstention est plus élevée; elle s'élève en effet à 21,45 %.


Résultats[7]
Premier tour Second tour
Abstentions 18,12 %
Votants 111 193 747 81,88 % 106 606 214 78,55 %
Bulletins enregistrés 111 193 747 106 606 214
Bulletins blancs (1er: 3 479 340 - 3,13 %; 2nd: 2 452 597 - 2,30 %) et nuls(1er: 6 124 254 - 5,51 %; 2nd: 4 689 428 - 4,40 %) 9 603 594 8,64 % 7 142 297 6,7 %
Suffrages exprimés 101 590 153 91,36 % 99 463 917 93,3 %
Candidat Parti Suffrages Pourcentage Suffrages Pourcentage
Dilma Rousseff Parti des travailleurs 47 651 434 46,91 % 55 752 529 56,05 %
José Serra Parti de la social-démocratie brésilienne 33 132 283 32,61 % 43 711 388 43,95 %
Marina Silva Parti vert 19 636 359 19,33 %
Plínio de Arruda Sampaio Parti socialisme et liberté 886 816 0,87 %
José Maria Eymael Parti social-démocrate chrétien 89 350 0,09 %
José Maria de Almeida Parti socialiste des travailleurs unifié 84 609 0,08 %
Levy Fidélix Parti rénovateur travailliste brésilien 57 960 0,06 %
Ivan Pinheiro Parti communiste brésilien 39 136 0,04 %
Rui Costa Pimenta Parti de la cause ouvrière 12 206 0,01 %


Premier tour[modifier | modifier le code]

Dilma Rousseff arrive en tête dans dix-huit États, principalement dans le Nord et l'Est du pays. Elle obtient la majorité absolue dans dix d'entre eux[7] et réalise son meilleur score (70,65 %) dans l'État de Maranhão[7]. En revanche, elle obtient son plus mauvais résultat (23,92 %) dans l'État d'Acre[7].

José Serra arrive premier dans huit États et obtient la majorité absolue dans deux d'entre eux[7] dont Acre où il obtient son score le plus élevé (52,13 %)[7]. Amazonas est l'État ayant le moins voté pour le candidat du PSDB avec 8,47 %[7].

Marina Silva devance les deux qualifiés pour le second tour dans le District fédéral avec 41,96 %[7]. Elle est en revanche largement distancée dans l'État de Rio Grande do Sul où elle obtient son pire résultat avec 11,33 %[7].

Second tour[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Dieu s'invite dans la campagne électorale brésilienne », sur LeFigaro.fr,‎ 18 octobre 2010 (consulté le 21 octobre 2010)
  2. « Brésil: lutte encore indécise à quinze jours du second tour de la présidentielle », sur leparisien.fr,‎ 18 octobre 2010 (consulté le 21 octobre 2010)
  3. « Brésil: pétition de soutien à Rousseff », sur LeFigaro.fr,‎ 21 octobre 2010 (consulté le 21 octobre 2010)
  4. « Brésil: José Serra agressé par des militants du PT de Lula à Rio », sur AFP,‎ 20 octobre 2010 (consulté le 21 octobre 2010)
  5. « Dilma accentue son avance au Brésil », sur AFP,‎ 27 octobre 2010 (consulté le 27 octobre 2010)
  6. « Lula franchit la ligne jaune dans la campagne brésilienne », Les Échos, 27 octobre 2010.
  7. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Tribunal Superior Eleitoral Eleições 2010 Divulgação de Resultados »

Article connexe[modifier | modifier le code]