República Velha

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République des États unis du Brésil
República dos Estados Unidos do Brasil (pt)

1889 – 1930

Drapeau Blason
Devise : Ordem e Progresso
"Ordre et progrès"
Description de l'image Brazil (orthographic projection).svg.
Informations générales
Statut République
Démocratie constitutionnelle
Capitale Rio de Janeiro
Langue Portugais
Monnaie Réal portugais
Superficie
Superficie 8 514 876 km2
Histoire et événements
Création
1930 Révolution
Président
1889-1891 Marshal Deodoro da Fonseca (Premier)
1926-1930 Washington Luís (dernier[1])

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La República Velha (« Vieille République » en portugais) est le nom communément donné à la République des États-Unis du Brésil[2] (en portugais República dos Estados Unidos do Brasil) durant la période allant de 1889 à 1930.

Elle est précédée par l'Empire du Brésil, jusqu'à la déposition de Pierre II, et prend fin avec l'instauration de l'Estado Novo, en 1937, par Getúlio Vargas, au pouvoir depuis la révolution de 1930.

La révolution constitutionnaliste[modifier | modifier le code]

Premier drapeau de la République créé par Ruy Barbosa, utilisé entre le 15 et le 19 novembre 1889.
La proclamation de la République, par Benedito Calixto.

Le , Manuel Deodoro da Fonseca dépose l'empereur Pierre II et proclame la république.

La devise d'Auguste Comte « Ordre et Progrès » figure sur le drapeau de la République et la Constitution de 1891 s'inspire des Cours de philosophie positive et du Système de politique positive d'Auguste Comte. Les débuts de la République sont marqués par le « coronelisme », soit un équivalent du caudillisme des pays hispanophones. La « vieille république » est aussi connue comme la « république oligarchique »[3]. Cette république se définissait comme étant une démocratie constitutionnelle.

Cependant, les élections étaient largement truquées, les électeurs subissant des pressions ou étant forcés de voter pour un candidat (voir coronelismo), et même dans le cas où les résultats sont défavorables, l'élection pouvait être annulée sur simple décision du Congrès. Ce système avait pour conséquence une alternance de la présidence du pays entre les oligarchies dominantes des États de São Paulo et de Minas Gerais. Ce régime était souvent identifié sous le terme de « Café com Leite » (Café au lait), en raison de la domination de la vie politique par les élites de Sao Paulo (centre de la production de café) puis de Rio de Janeiro et du Minas Gerais (centre de la production laitière)[4].

Cette période s'est achevée avec le coup d'État militaire, dit Révolution de 1930, qui plaça Getúlio Vargas au pouvoir jusqu'en 1945. Une nouvelle constitution (pt) est rédigée en 1934, avant que Vargas n'instaure en 1937 une dictature, dite de l’Estado Novo (en référence au régime de Salazar) en « octroyant » une nouvelle constitution, la Constitution de 1937 (pt).

Les oligarchies foncières[modifier | modifier le code]

Les hommes d'affaires (barons du café, magnats de la finance et du commerce, oligarchie industrielle urbaine, etc) prennent en grande partie possession de l’État. Pour empêcher l'effondrement des prix du café en raison de la constante augmentation de la production, l’État achète le surplus et le met en stock. Il recourt pour ce faire à l'emprunt : 72,7 millions de Livres sterling sont empruntés entre 1906 et 1930 pour cette politique de valorisation du café. Les garanties et conditions de ces emprunts sont souvent draconiennes ; l'emprunt Rothschild de 10 millions de livres sterling est assorti du contrôle des douanes comme gage et de la promesse qu'aucun nouvel emprunt ne serait sollicité par le Brésil sans l'assentiment de la banque Rothschild[3].

Au niveau local, les coroneis contrôlent les élections afin de maintenir une législation favorable aux intérêts des hommes d'affaires. Au contraire, la classe ouvrière ne bénéficie que très peu des affaires réalisées par les entreprises[3].

Le Brésil dans la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Malgré ses divisions politiques internes, le Brésil pendant la Première Guerre mondiale déclare la guerre à la Triplice après une position initiale de neutralité. La contribution du Brésil est modeste, visant plus une dimension symbolique qu'une affirmation militaire de premier ordre. Il est le seul pays d'Amérique du Sud à participer vraiment au premier conflit mondial au-delà d'une déclaration de guerre formelle. Sa principale action s'inscrit dans la bataille de l'Atlantique ou la marine brésilienne déploie plusieurs navires, mais le Brésil envoie également une unité combattre sur le front occidental.

Changements démographiques[modifier | modifier le code]

Entre 1875 et 1960, environ cinq millions d'Européens ont immigré au Brésil, s'installant notamment dans les quatre États du sud du pays (São Paulo, Paraná, Santa Catarina et Rio Grande do Sul. Ils viennent principalement du Portugal, de l'Italie, d'Allemagne, d'Espagne, de Pologne auxquels s'adjoignent des immigrants du Japon, et du Moyen-Orient. L'État de São Paulo abrite d'ailleurs la plus grande communauté japonaise en dehors du Japon. Malgré les distinctions de classes, l'identité nationale est très forte et les rixes entre communautés sont très rares. Les indigènes de souche amérindienne, habitant notamment dans les régions frontalières du bassin amazonien, représentent moins de 1 % de la population. L'immigration a grandement favorisé l'urbanisation et l'industrialisation du Brésil.

La lutte pour les réformes[modifier | modifier le code]

En 1922, de jeunes officiers issus des classent moyennes réagissent : c'est le mouvement tenentismo (du mot teniente qui signifie lieutenant). Le premier soulèvement a lieu le 5 juillet 1922 à la forteresse d'Igrejinha. Bien que réprimé après une solide résistance, le mouvement du 5 juillet est d'une grande importance politique. Il marque le début de l'assaut contre la « vieille république oligarchique » et de son affaiblissement jusqu'à sa disparition en 1930. Deux ans plus tard, en juillet 1924, une révolte de militaires éclate à São Paulo ; les insurgés parviennent même à occuper la ville pendant trois semaines. Une troisième révolte a lieu l’État du Rio Grande do Sul en 1925, et une dernière se produit en 1926[3].

Les objectifs des militaires rebelles sont essentiellement ceux des classes moyennes, insatisfaites par la situation économique et politique du Brésil, aucun changement démocratique n'étant envisageable du fait d'un système politique bouché par le « règne des gouverneurs » selon un système en vertu duquel les gros propriétaires et la grande bourgeoisie dictent les conditions dans les États. Les revendications formulées par le mouvement concernent notamment le vote secret, la liberté de presse et d'association, le respect des résultats électoraux, l'alphabétisation et la nationalisation de certains intérêts économiques étrangers[3].

C'est aussi dans ce contexte que se produit la marche de la colonne Prestes. Luis Carlos Prestes est un ingénieur militaire, futur secrétaire général du Parti communiste du Brésil et commandant de l'état major du chef de la révolte de Sao Paulo, Miguel Costa. À la tète d'une colonne de quelques centaines de soldats, il entreprend de diffuser les idées révolutionnaires à travers tout le pays. Après une marche d'avril 1925 à février 1927, constamment poursuivie par l'armée fédérale sans jamais être vaincue, la collonne demande l'asile à la Bolivie[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.britannica.com/biography/Washington-Luis
  2. https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2014-1-page-44.htm
  3. a b c d e et f Leslie Manigat, L'Amérique latine au XXe siècle : 1889-1929, Éditions du Seuil, , p. 118-125
  4. Olivier Dabène et Frédéric Louault, Atlas du Brésil : promesses et défis d'une puissance émergente, Autrement, , 98 p. (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (pt) Prado Maia, D.N.O.G. (Divisão Naval em Operações de Guerra), 1914–1918: uma página esquecida da história da Marinha Brasileira, Serviço de Documentação Geral da Marinha (1961)
  • (en) Rex A. Hudson, ed. Brazil: A Country Study. Washington: GPO for the Library of Congress (1997)

Articles connexes[modifier | modifier le code]