Jair Bolsonaro

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Jair Bolsonaro
Illustration.
Jair Bolsonaro en 2018.
Fonctions
Président de la République fédérative du Brésil
En fonction depuis le
(1 mois et 17 jours)
Élection 28 octobre 2018
Vice-président Hamilton Mourão
Gouvernement Bolsonaro
Coalition PSL-PRTB-DEM-MDB-PRB-
PSC-PTB-PR-PATRI-
PSD-NOVO-PODE
Prédécesseur Michel Temer
Député fédéral

(27 ans et 11 mois)
Élection
Réélection




5 octobre 2014
Circonscription Rio de Janeiro
Conseiller municipal de Rio de Janeiro

(2 ans)
Biographie
Nom de naissance Jair Messias Bolsonaro
Surnom « O Mito » (« Le mythe »)[1]
« Bolsomito »[2]
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Glicério (État de São Paulo, Brésil)
Nationalité brésilienne
Parti politique PDC (1989-1993)
PPR (1993-1995)
PPB (1995-2003)
PTB (2003-2005)
PP (2005-2016)
PSC (2016-2018)
PSL (depuis 2018)
Conjoint Michelle Reinaldo (depuis 2013)
Diplômé de Académie militaire d'Agulhas Negras
Profession militaire (capitaine Capitão.png)
Religion catholicisme
Résidence palais de l'Aurore

Signature de Jair Bolsonaro

Jair Bolsonaro
Présidents de la république fédérative du Brésil

Jair Bolsonaro (prononcé en portugais : [ ʒaˈiʁ bowsoˈnaɾu][3]), né le à Glicério (État de São Paulo), est un homme d'État brésilien, président de la République fédérative du Brésil depuis 2019.

Militaire de profession, il s’élève au grade de capitaine, puis devient militaire de réserve en raison de conflits avec sa hiérarchie. Se lançant en politique, il est élu en 1990 député fédéral à Rio de Janeiro, sous l’étiquette du Parti démocrate chrétien. Il est constamment réélu jusqu'en 2014, avec le soutien successif de plusieurs partis de droite.

Ses prises de position controversées, notamment à l'égard des femmes, des homosexuels, des Noirs et des peuples indigènes, ainsi que sa nostalgie pour la dictature militaire de 1964-1985, lui valent généralement d'être classé à l'extrême droite de l'échiquier politique brésilien. Jusqu'à sa candidature présidentielle, il est perçu comme une figure politique isolée, sa notoriété tenant alors essentiellement à ses propos polémiques.

Candidat du Parti social-libéral (PSL) à l'élection présidentielle de 2018, il est victime pendant la campagne d'une tentative d’assassinat de la part d’un militant d'extrême gauche, qui le blesse grièvement. Il est élu au second tour avec 55,1 % des voix face à Fernando Haddad, candidat du Parti des travailleurs. Il prend ses fonctions le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Jair Bolsonaro avec ses parents, en 1974, dans la Academia Militar das Agulhas Negras.

Ses parents, Perci Geraldo Bolsonaro – dentiste de profession – et Olinda Bonturi – femme au foyer –, sont des descendants d'immigrés italiens (Vénétie) et allemands[4],[5],[6].

La famille est modeste et il grandit avec ses cinq frères et sœurs à Eldorado, une petite ville pauvre de la vallée de Ribeira, dans l'État de São Paulo.

En 1970, alors que l'armée traque le déserteur et guérillero Carlos Lamarca, il guide les militaires dans cette région qu'il connaît bien. En récompense, un soldat lui donne un bulletin pour s'inscrire à l’école des cadets[7].

Formation[modifier | modifier le code]

À la fin de sa scolarité à l'école secondaire, il est reçu à la Escola Preparatória de Cadetes do Exército. Il est ensuite formé à l'Academia Militar das Agulhas Negras — la principale école militaire du pays —, dont il sort diplômé comme sous-lieutenant d'artillerie en 1977, pendant la dictature militaire.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Jair Bolsonaro en 1986.

Bolsonaro s'intéresse à l'armée dès l'âge de 15 ans[8].

Servant d'abord comme soldat, il s'élève jusqu'au grade de capitaine d'artillerie de l'armée de terre. Connu pour sa force physique, il est surnommé « Cavalão » (« le grand cheval »)[9],[10].

Le , il est renvoyé de l'armée à la suite de sa participation présumée à un projet consistant à faire exploser des bombes de faible puissance dans les toilettes de casernes. Cependant, le Tribunal suprême militaire l'acquitte de ces accusations le [11]. Bolsonaro devient alors militaire de réserve.

Vie privée et familiale[modifier | modifier le code]

Bolsonaro avec ses fils Eduardo et Flávio.
Jair Bolsonaro avec ses fils Eduardo et Flávio.

Jair Bolsonaro a été marié trois fois et a cinq enfants. De sa première femme, Rogéria Nantes Nunes Braga, il est le père de Flávio Bolsonaro (sénateur pour Rio de Janeiro), de Carlos Bolsonaro (conseiller municipal de la ville de Rio de Janeiro) et d'Eduardo Bolsonaro (député fédéral pour l'État de São Paulo). Il épouse ensuite Ana Cristina Valle, évangélique, avec qui il a un autre fils, Renan[12],[13].

En 2007, il rencontre son épouse actuelle, évangélique, Michelle Reinaldo, avec qui il a une fille, Laura[14].

Il est de confession catholique[6]. En 2016, lors d'un voyage en Israël, il se fait baptiser symboliquement dans le Jourdain, selon le rite évangélique[15],[16].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Jair Bolsonaro en 1990.

En 1986, alors qu'il a le grade de capitaine, il accorde au magazine Veja un entretien dans lequel il critique le faible niveau des salaires des militaires et les restrictions budgétaires imposées à l’armée[17]. Ses propos lui sont reprochés par sa hiérarchie et lui valent quinze jours d’emprisonnement. Il reçoit cependant le soutien de collègues et de femmes de militaires[18].

Il se fait élire en 1988 conseiller municipal de la ville de Rio de Janeiro pour le Parti démocrate chrétien (PDC).

Député fédéral[modifier | modifier le code]

En 1990, il est élu député fédéral à Rio de Janeiro avec le soutien du PDC. Constamment réélu depuis, il adhère successivement à plusieurs partis centristes ou de droite, une transhumance partisane courante au Brésil[7] : Parti progressiste réformateur (PPR), Parti progressiste brésilien (PPB), Parti travailliste brésilien (PTB), Parti progressiste (PP, successeur du PPB), Parti social-chrétien (PSC). En 2014, avec 465 000 voix, il est le mieux élu des 46 députés pour Rio de Janeiro[19].

À la Chambre des députés, il dépose près de 200 propositions de loi et un amendement constitutionnel ; cependant, ceux-ci sont quasiment tous rejetés[20]. Réputé mauvais orateur, il ne pèse guère dans la vie parlementaire du pays et reste une personnalité politique discrète, ce qui lui permettra, lors de la campagne présidentielle de 2018, d'apparaître comme un homme neuf au sein de la classe politique[7],[21].

Il se prononce en 2016 pour la destitution de Dilma Rousseff, dédiant son vote au colonel Ustra, qui aurait torturé celle-ci en 1970[21]. En octobre de la même année, il vote en faveur de l'amendement constitutionnel « PEC-241 », défendu par le nouveau gouvernement et qui vise à plafonner les dépenses publiques sur vingt ans[22].

En , il quitte le Parti social-chrétien pour le Parti social-libéral (PSL). Après son adhésion, le mouvement libéral des Livres (en) quitte le PSL, qui adopte dès lors des positions plus conservatrices.

Élection présidentielle de 2018[modifier | modifier le code]

Désigné candidat du PSL à l'élection présidentielle de 2018, Jair Bolsonaro prend pour collistier à la vice-présidence le général à la retraite Hamilton Mourão. Après l'invalidation de la candidature de l'ancien président Lula da Silva, Jair Bolsonaro prend la tête des sondages en vue du premier tour de l'élection[23].

Faisant notamment campagne contre l’insécurité et la corruption, il bénéficie du ressentiment de la population vis-à-vis de la classe politique traditionnelle, la violence et la crise économique ayant plongé des millions de Brésiliens dans la misère[24],[25],[26]. Alors que la plupart de la classe politique est poursuivie pour des délits financiers, il n’est mis en cause dans aucune affaire, ce qui lui permet de bénéficier d’une image de probité[27],[28]. Son principal conseiller économique est toutefois soupçonné par la justice de fraude[29]. De par son style et ses prises de position, Jair Bolsonaro est parfois comparé au président américain Donald Trump[21],[30],[31]. Le spécialiste de l’Amérique du Sud Christophe Ventura souligne que « Le rejet très fort de la politique en général par la population crée une sorte de trumpisme brésilien. Bolsonaro capte ces ressentiments et se transforme en candidat anti-système, ce qu'il n'est pourtant pas du tout »[32]. Nicolas Lebourg estime que si ce rapprochement peut être pertinent en ce que Bolsonaro se montre « transgressif, sexiste, ordurier et fier de l’être », il est plus pertinent de le rapprocher des extrêmes droites européennes compte tenu de l'influence qu'elles ont eue sur l'extrême droite brésilienne ; il met également en avant son appartenance à la « nouvelle droite » brésilienne qui « a aussi une dynamique liée à ses fondamentaux locaux : autoritarisme, catholicisme ou anticommunisme obsessionnel »[33].

Jair Bolsonaro blessé à l'arme blanche, le à Juiz de Fora.

Le 6 septembre 2018, il est poignardé alors qu’il tient un meeting à Juiz de Fora[34]. Hospitalisé dans un état critique — les médecins constatent plusieurs perforations de son intestin grêle et la perte de 2,5 litres de sang —, il subit trois opérations chirurgicales[35],[36],[37],[38]. Son agresseur, Adelio Bispo de Oliveira, est un ancien militant du Parti socialisme et liberté qui affirme avoir agi « sur l'ordre de Dieu » pour « des motifs politiques, religieux, et également en raison des préjugés que montre Bolsonaro à chaque fois qu’il parle de race, de religion et des femmes »[39],[40],[41],[42]. Cette tentative d'assassinat intervient dans un climat de tensions inédit pour une élection présidentielle[43],[44] ; Jair Bolsonaro avait auparavant lui-même refusé de condamner une attaque contre la caravane de campagne de Lula et avait appelé à mitrailler des militants de gauche[44],[45],[46]. Il quitte l'hôpital le pour poursuivre sa convalescence et sa campagne à son domicile[47].

Son électorat comprend principalement des membres des classes moyennes et supérieures, des jeunes, et des habitants du Sud[48],[49],[50]. Il est particulièrement apprécié des propriétaires terriens et des industriels[48],[49]. D'abord surtout favorables à Geraldo Alckmin, les marchés financiers se rallient progressivement à sa candidature en raison de la montée des intentions de vote en sa faveur et de son programme économique[51],[29]. Il reçoit également le soutien de personnalités comme Ronaldinho, Lucas Moura, Rivaldo, Marcelo Filho, Cafu, Felipe Melo, Jádson, José Aldo ou Gusttavo Lima[52],[53],[54],[55],[56].

Le , il arrive en tête du premier tour avec 46,03 %, soit un score plus important qu’annoncé par les sondages. Dans le même temps, les élections parlementaires voient le PSL devenir la deuxième force en termes d’élus et la première en nombre de voix[57],[58]. Dans l’entre-deux-tours, Jair Bolsonaro modère quelque peu son discours, notamment sur les questions économiques[59]. Comme au premier tour, il refuse de participer à des débats, invoquant les consignes de ses médecins puis des raisons stratégiques[60],[61].

Au second tour, le , Jair Bolsonaro obtient 55,13 % (58 millions de voix) face au candidat du Parti des travailleurs (PT), Fernando Haddad (47 millions, 44,87 %)[62].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Jair Bolsonaro lors de son investiture.
Investiture et débuts[modifier | modifier le code]

Son investiture à la présidence de la République fédérative du Brésil se déroule le [63]. Il constitue le lendemain un gouvernement resserré, composé de vingt hommes et deux femmes, et comprenant des militaires, des nostalgiques de la dictature, des évangéliques et climatosceptiques, avec une personnalité dominante cumulant cinq portefeuilles de ministres (Économie, Finances, Industrie, Commerce et Planification), Paulo Guedes[64].

Il est réopéré fin pour retirer une poche de colostomie[65]. Son hospitalisation dure deux semaines en raison de complications post-opératoires[66].

À ses débuts, il bénéfice de 75 % d'opinions favorables[67]. Mais il devra composer avec un Congrès où son parti est minoritaire[68].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Sa première mesure est d'augmenter de 4,6 % le salaire mensuel minimum, une mesure qui concerne 50 millions de Brésiliens[69].

Politique internationale[modifier | modifier le code]

Le , il se dit ouvert pour discuter de l'ouverture d'une base américaine[70], ce qui provoque des remous au sein de l'armée[71].

Prises de position et polémiques[modifier | modifier le code]

Positionnement[modifier | modifier le code]

Souvent qualifié de nationaliste, populiste ou fasciste, Jair Bolsonaro est généralement classé à l’extrême droite de l’échiquier politique[72],[73],[74],[75],[76],[77],[78],[79],[80]. Ses partisans le définissent comme un conservateur de droite[81]. Il appartient au courant conservateur dit de la « Bancada B.B.B » (pour « Banque Balle Bible Bœuf »), qui regroupe les parlementaires liés aux intérêts de la police militaire, des églises évangéliques et de l’agro-industrie[82],[83]. Il entretient une relation particulièrement conflictuelle avec les médias[84].

Pour le consultant politique Jesus Silva Herzog Marquez, Bolsonaro n'est pas un populiste de droite, comme le présente une partie de la presse, mais un fasciste. Au contraire, l'analyste politique Carlos Pereira ne le voit pas comme un fasciste, mais comme un « conservateur prémoderne du XIXe siècle » ne s’étant « jamais modernisé »[85]. En France, l'historienne Armelle Enders indique : « Bolsonaro est d’ailleurs le candidat de la bourgeoisie brésilienne – de la haute à la petite – et du patronat, même s’il a considérablement élargi son électorat à d’autres strates de la société. […] Le discours de Bolsonaro, faiblement articulé, se réduit à un ultranationalisme chimiquement pur, totalitaire et vengeur. »[86]. Maud Chirio, maître de conférences à université Paris-Est-Marne-la-Vallée, affirme que son slogan, « Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous », est « une référence assumée au Deutschland über alles (Allemagne au-dessus de tous), l'hymne nazi »[78].[pertinence contestée]

Économie[modifier | modifier le code]
Jair Bolsonaro en 2010.

En 2018, il s’affiche comme un défenseur du libre marché et appelle à la privatisation de plusieurs compagnies publiques[87]. Des analystes indiquent que son parcours politique n’en fait pas pour autant un partisan acharné du libéralisme économique[88]. Il tient ainsi un discours protectionniste en dénonçant l’importance des investissements chinois au Brésil ; selon lui, « la Chine n'achète pas au Brésil : la Chine achète le Brésil »[59],[89].

Il a condamné les aides sociales apportées aux plus pauvres sous la présidence de Lula, estimant que celles-ci « nourrissent une population de bandits et de fainéants. »[90]. Dans l’entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2018, il revient sur sa proposition de supprimer le treizième mois des salariés et propose son intégration dans le programme social Bolsa Família[90],[91].

Il a pour conseiller l'économiste libéral Paulo Guedes[92].

Sécurité et dictature[modifier | modifier le code]

Mettant l’accent sur l’importance de la sécurité publique, il se montre avant son élection partisan de la majorité pénale à 16 ans, du port d'armes, de la peine de mort et de l'utilisation de la torture contre les trafiquants de drogue[93],[94],[95]. En 2008, pour réduire la criminalité et la pauvreté, il se prononce pour un contrôle des naissances au moyen de la stérilisation forcée des individus pauvres n’ayant pas reçu éducation et des criminels[96]. Il exprime régulièrement sa nostalgie pour la dictature militaire, qualifiant le coup d’État de 1964 de « révolution démocratique »[97]. Il déclare dans un entretien radiophonique que l'« erreur de la dictature a été de torturer au lieu de tuer »[98]. Il proclame également son admiration pour le dictateur chilien Augusto Pinochet[21]. Lors de la campagne présidentielle de 2018, il affirme que son objectif est de faire que le Brésil « ressemble à ce qu'il était il y a 40 ou 50 ans »[99].

Le , il déclare que s'il est élu président, il lancera une purge « comme jamais le Brésil n'en a connue ». Il dit que les dirigeants du Parti des travailleurs « devront tous pourrir en prison », et déclare, à propos des mouvements de gauche : « Ils vont devoir se soumettre à la loi comme tout le monde. Ou ils s'en vont, ou ils vont en prison. »[100],[101],[102]. Peu après sa prise de fonction, il promet de destituer les fonctionnaires qui auraient des idées « communistes »[103].

Le 21 novembre 2018, il déclare que le Brésil, en comparaison avec la Hongrie, « ne sait toujours pas ce qu'est la dictature, ni ce que c'est que de souffrir aux mains de ces personnes »[104].

Après son élection à la présidence du Brésil, il s'oppose au rétablissement de la peine de mort, considérant qu'il s'agit d'« une clause immuable de la Constitution »[105].

Questions sociétales[modifier | modifier le code]
Jair Bolsonaro en 2014.

Hostile à la laïcité, il est opposé à l’avortement[106],[107].

Il tient plusieurs fois des propos homophobes[a],[b],[108] et s’oppose à l'union civile entre deux personnes de même sexe alors que le Conseil national de justice a légalisé le mariage homosexuel au Brésil[93],[109]. Lors de la campagne présidentielle de 2018, il se défend de toute homophobie[c],[110]. Après son élection, il se prononce pour des peines plus lourdes pour les agressions homophobes[111].

À plusieurs reprises, il tient des propos misogynes[112]. À la députée fédérale Maria do Rosário, qui venait de le traiter de violeur, il lance en 2003 qu'il ne pourrait pas la violer car elle « ne le mérite pas », puis déclare en 2014 que c’est parce qu'elle est mauvaise et laide[113],[114],[115],[116]. En 2017, il déclare qu'il faut en « finir avec cette histoire de féminicide »[117]. Il prône le port d’armes pour les femmes, l’alourdissement des peines pour les violeurs et la mise en place de la castration chimique pour ceux-ci[118].

Il est aussi accusé de tenir à plusieurs reprises des propos racistes[d],[e], notamment envers les peuples indigènes et les Noirs, qu’il ne souhaite pas voir bénéficier des quotas ethniques dans les universités[f],[119],[120],[21],[106],[121]. Il est également hostile aux revendications des paysans sans-terre, qualifiant ses membres de « terroristes »[g],[48],[102].

Politique internationale[modifier | modifier le code]
Jair Bolsonaro avec le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, John Bolton, le 29 novembre 2018.

En 1999, alors qu'il est membre du Parti progressiste (droite conservatrice), il déclare dans le journal Estadão de S.Paulo qu'Hugo Chávez est un « espoir pour l'Amérique latine » et qu'il « espère que sa philosophie arrivera au Brésil ». Interrogé sur le soutien de la gauche vénézuélienne à Chavez, il répond : « Je ne suis pas anticommuniste et lui non plus. En fait, il n'y a rien de plus proche du communisme que le milieu militaire »[122],[123]. Il s’oppose par la suite à Chávez, qu’il qualifie de « dictateur », au même titre qu’Evo Morales ou Fidel Castro[124].

Il est favorable au renforcement des liens entre le Brésil et les États-Unis[125]. Il exprime son admiration pour le président américain Donald Trump[81].

Pro-Israël, Jair Bolsonaro appelle au transfert à Jérusalem de l’ambassade brésilienne en Israël, et à la fermeture de l'ambassade de Palestine au Brésil[126],[127].

Environnement[modifier | modifier le code]

Climatosceptique, il se prononce pour le retrait du Brésil de l'accord de Paris sur le climat et pour la fusion du ministère de l'Environnement avec celui de l'Agriculture ; il renonce à cette fusion lors de la formation de son gouvernement[128]. Il entend également construire une autoroute traversant la forêt amazonienne, répondre au lobby agroalimentaire en ouvrant des droits à la culture du soja et à l'élevage, ouvrir les territoires des communautés indigènes aux entreprises minières, assouplir les lois relatives à la protection de l'environnement et interdire des ONG écologistes[129],[130].

Culture[modifier | modifier le code]

En , il propose, en cas de victoire à la présidentielle, de nommer comme ministre de la Culture l'ancien acteur Alexandre Frota (pt)[131]. Il indique ensuite vouloir supprimer le ministère de la Culture[132] ; cette suppression était déjà envisagée en 2016 par le gouvernement Temer[133].

Accusations visant sa famille[modifier | modifier le code]

En janvier 2019, son fils Flávio Bolsonaro fait l'objet d'une enquête pour corruption[134]. L’enquête notait aussi des transferts en chèques, dont l’un au bénéfice de Michelle Bolsonaro[135].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle[modifier | modifier le code]
Année Premier tour Second tour
Voix % Rang Issue Voix % Rang Issue
2018 49 276 990 46,0 1 Qualifié 57 797 847 55,1 1 Élu
Élections législatives[modifier | modifier le code]
Année
Parti Voix % Rang Issue
2014 PP 464 572 6,1 1 Élu[136]
2010 PP 120 646 1,5 11 Élu[137]
2006 PP 99 700 1,2 14 Élu[138]
2002 PPB 88 945 1,1 21 Élu[139]
1998 PPB 102 893 1,4 10 Élu[140]
1994 PPR 111 927 2,5 3 Élu[141]
1990 PDC Élu[142]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En 2013, il affirme qu'il est « très fièrement homophobe ». Cf. (pt) CanalTwtv, « TWTV _ Deputado Jair Bolsonaro falando sobre Homosexualismo », (consulté le 14 octobre 2018)
  2. Il laisse entendre en 2011 qu’il souhaiterait voir son fils tué dans un accident s’il était homosexuel.
  3. Il affirme vouloir « gouverner pour tous, y compris pour les gays, parce qu'il y a des gays qui sont des pères, qui sont des mères ». Cf. « Jair Bolsonaro 1️⃣7️⃣ on Twitter », Twitter,‎ (lire en ligne, consulté le 14 octobre 2018)
  4. En 2008, devant la Chambre des députés, s'exprimant au sujet du représentant amérindien Jacinaldo Barbosa, il estime qu'il « devrait manger du foin, là dehors, pour maintenir ses origines. » Cf. (pt-br) « Notícias - Povos Indígenas no Brasil », sur pib.socioambiental.org (consulté le 21 octobre 2018)
  5. En avril 2017, lors d'une conférence au club hébraïque de Rio de Janeiro, il affirme « Vous avez déjà vu un Japonais faire l'aumône ? Parce que c'est une race qui porte la honte sur son visage. C'est différent, de cette race qui est là en bas, ou de cette minorité qui rumine à côté. ». Cf. (en-US) The Intercept Brasil, « Eu sou Jair Bolsonaro », sur The Intercept, (consulté le 21 octobre 2018)
  6. Au sujet des peuples autochtones, il ne veut pas « un centimètre de plus pour les Indiens ni pour ces bons à rien de quilombolas ». Les Quilombolas sont des paysans descendant des esclaves qui étaient parvenus à s'échapper des plantations avant l'abolition de l'esclavagisme en 1888. Depuis 1988, l'article 68 de la constitution brésilienne leur garantit le droit à des terres.
  7. Il affirme voir en eux des « voyous » et le « bras armé du PT ». Il déclare également : « nous allons donner des fusils aux producteurs ruraux, ce sera leur carte de visite pour les envahisseurs »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alcyone Wemaëre, « Bolsonaro, le "Trump tropical" qui veut mettre le Brésil au pas », sur France 24, (consulté le 5 novembre 2018)
  2. Jair Bolsonaro, le Trump tropical s’abat sur la démocratie brésilienne, France Culture
  3. Prononciation en portugais brésilien retranscrite selon la méthode de l'alphabet phonétique international (API).
  4. « Brésil: «Trump tropical», «Mito»... Qui est Jair Bolsonaro, grand favori à la présidentielle? », sur 20minutes.fr, (consulté le 28 octobre 2018)
  5. (pt) Valdir Sanches, « ‘Ele não era de falar besteira’, diz mãe de Jair Bolsonaro », sur revistacrescer.globo.com, (consulté le 28 octobre 2018)
  6. a et b Nicolas Delesalle, « Le mirage Bolsonaro », Paris Match, semaine du 31 octobre au 7 novembre 2018, p. 46-51.
  7. a b et c Michel Leclercq, « Jair Bolsonaro, l'antisystème qui veut "nettoyer" le pays », Le Figaro, 27-28 octobre 2018, p. 6.
  8. (pt-br) « 5 facetas de Jair Bolsonaro », GaúchaZH,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2018)
  9. « Brésil : Bolsonaro et l'extrême droite aux portes du pouvoir », L'Alsace, 27 octobre 2018.
  10. https://www.liberation.fr/planete/2018/10/21/bolsonaro-le-chantre-de-la-dictature-en-passe-de-presider-le-bresil_1686769
  11. (pt-br) Eduardo Reina, « EXCLUSIVO: Os documentos do Exército sobre a expulsão de Bolsonaro da Escola de Oficiais após plano terrorista », Diário do Centro do Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le 14 octobre 2018)
  12. « Brésil: les évangéliques bénissent Bolsonaro », sur LExpress.fr (consulté le 5 novembre 2018)
  13. https://www1.folha.uol.com.br/poder/2018/09/mitinho-cacula-de-bolsonaro-cria-gosto-por-politica-e-galinhas.shtml
  14. http://www.terra.com.br/istoegente/65/reportagem/rep_bolsonaro.htm
  15. « Derrière la victoire de Bolsonaro, le foudroyant succès des évangéliques en Amérique latine », sur Le Figaro (consulté le 5 novembre 2018)
  16. https://noticias.gospelprime.com.br/jair-bolsonaro-batizado-rio-jordao/
  17. http://www.arqanalagoa.ufscar.br/pdf/recortes/R03088.pdf
  18. http://observatoriodaimprensa.com.br/jornal-de-debates/capitao-bolsonaro-a-historia-esquecida/
  19. https://ultimosegundo.ig.com.br/politica/2014-10-05/reeleito-deputado-pelo-rio-bolsonaro-quase-quadruplicou-votos-em-relacao-a-2010.html
  20. https://politica.estadao.com.br/noticias/geral,bolsonaro-aprova-dois-projetos-em-26-anos-de-congresso,70001900653
  21. a b c d et e « Jair Bolsonaro, le Donald Trump brésilien qui électrise la présidentielle », Europe 1,‎ (lire en ligne, consulté le 11 septembre 2018)
  22. (pt-br) « Saiba como votou cada deputado no segundo turno da PEC 241 », Política,‎ (lire en ligne, consulté le 21 octobre 2018)
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  26. Michel Leclercq, « Brésil : l'extrême droite à l'orée du pouvoir », Le Figaro, 27-28 octobre 2018, p. 6.
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