Persona non grata

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Fiche du capitaine Franz Von Papen, déclarant celui-ci Persona non Grata sur le territoire des USA

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Persona non grata (au pluriel personæ non gratæ), est une location latine signifiant littéralement « personne n’étant pas la bienvenue dans un pays », abrégé sous le sigle PNG, est une locution utilisée en diplomatie avec un sens juridique précis, aussi usitée dans le langage courant. Elle s'oppose à persona grata (au pluriel : personæ gratæ).

Dans le langage courant, dire d’une personne qu’elle est persona non grata revient à l’ostraciser. Vulgairement, on utilise le terme tricard.

Définition diplomatique[modifier | modifier le code]

C’est l’article 9 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques qui définit qu’un membre du corps diplomatique en mission peut être déclaré sans motivation et instamment persona non grata, amenant son rappel par le pays accréditant ou mettant fin à ses fonctions auprès de la mission, selon le cas.

Tout individu peut également être déclaré persona non grata avant son arrivée sur le territoire du pays d'accueil, lorsque son accréditation est considérée comme inacceptable[1].

Extension du terme[modifier | modifier le code]

Selon le CNTRL, ce terme peut également définir une personne qui n'est pas ou plus en faveur auprès d'un tiers, dans un milieu officiel, réservé ou fermé[2].

Exemples historiques[modifier | modifier le code]

Franz von Papen[modifier | modifier le code]

En tant que diplomate allemand (attaché militaire) résident aux États-Unis, Franz von Papen se livre également à diverses activités d'espionnage et de sabotage industriel contre les États-Unis, dont il finira par être expulsé avec d'autres officiers en .

Philippe Rossillon[modifier | modifier le code]

Suite à la fameuse petite phrase du président français Charles de Gaulle Vive le Québec libre, prononcé au balcon de l'hôtel de ville de Montréal le , Lester B. Pearson, Premier ministre du Canada, réagit le lendemain matin par un communiqué de presse : « Certaines déclarations faites par le président ont tendance à encourager la faible minorité de notre population qui cherche à détruire le Canada et, comme telles, elles sont inacceptables pour le peuple canadien et son gouvernement. Les habitants du Canada sont libres. Toutes les provinces du Canada sont libres. Les Canadiens n'ont pas besoin d'être libérés. Le Canada restera uni et rejettera toutes les tentatives visant à détruire son unité[3]. », déclaration qui revient à estimer que le général de Gaulle est devenu officieusement gènant au Canada et entraînera par la suite une réaction de Pierre Eliott Trudeau, devenu premier ministre en 1968 qui dans un discours à la Chambre des communes d'Ottawa déclare persona non grata le rapporteur général du Haut Comité de la langue française Philippe Rossillon, qualifié d'agent « plus ou moins secret »[4].

Kurt Waldheim[modifier | modifier le code]

En avril 1987, l'ancien secrétaire général des Nations unies de 1972 à 1981 Kurt Waldheim fut déclaré persona non grata aux États-Unis et ne fut plus le bienvenu dans de nombreux pays en raison des révélations sur son passé nazi[5]. Il resta sur la liste des personnes interdites de séjour dans ce pays, même après la publication du rapport du Comité international d'historiens[6].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site lefigaro.fr, article "«Persona non grata» : une décision diplomatique rare mais codifiée", consulté le 19 juin 2020.
  2. Site cntrl.fr, definition du terme "persona non grata", consulté le 19 juin 2020
  3. Godin 1980, p. 235.
  4. Réal Pelletier, L'«agent secret français» Philippe Rossillon est mort, dans La Presse, 8 septembre 1997, p. A4.
  5. (en) Karin Strohecker, « Waldheim, ex-UN leader and Nazi, buried in Austria », Reuters,  : « The revelations sparked an international outcry, prompting the United States to place him on a "watch list" barring him from entry and making Waldheim unwelcome in many nations. »
  6. « Kurt Waldheim meurt d'un infarctus à 88 ans », sur le site de La Libre Belgique, 14/06/2007 : « Si Waldheim lui-même n'a pas été mis en cause pour des agissements condamnables, le fait qu'il ait initialement nié avoir servi dans cette unité et les affirmations selon lesquelles lui et ses compatriotes autrichiens ne faisaient que leur devoir, ont conduit à sa mise au ban de la communauté internationale et à la décision de Washington de le placer sur une "liste noire" des personnes n'ayant pas le droit de se rendre aux États-Unis. Une mesure qui n'a jamais été levée. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]