Paraguay

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République du Paraguay

República del Paraguay (es) Prononciation du titre dans sa version originale Écouter

Tetä Paraguáype (gn)

Drapeau
Drapeau du Paraguay
Blason
Armoiries du Paraguay
Description de l'image Paraguay (orthographic projection).svg.
Devise nationale Paz y justicia
(espagnol : Paix et justice)
Hymne national Paraguayos, República o muerte
Administration
Forme de l'État République
Président Horacio Cartes
Vice-président Juan Afara
Langues officielles espagnol et guarani
Capitale Asuncion

25° 17′ S 57° 38′ O / -25.283, -57.633

Géographie
Plus grande ville Asuncion
Superficie totale 406 752 km2
(classé 59e)
Superficie en eau 2,3 %
Fuseau horaire UTC -4
Histoire
Indépendance De l'Espagne
Date
Démographie
Gentilé Paraguayen
Population totale (2016) 6 459 058[1] hab.
(classé 105e)
Densité 14,2 hab./km2
Économie
IDH (2012) 0,669 (111)
Monnaie Guarani (PYG​)
Divers
Code ISO 3166-1 PRY, PY​
Domaine Internet .py
Indicatif téléphonique +595

Le Paraguay, en forme longue la République du Paraguay (en guarani Paraguái, en espagnol República del Paraguay) est un pays d'Amérique du Sud sans accès à la mer. Son territoire compte deux régions différentes séparées par le fleuve Paraguay : la partie orientale, qui est la plus peuplée, et l'occidentale, qui intègre le Chaco Boreal ou Gran Chaco (le Chaco est une région naturelle qui s'étend au sud jusqu'en Argentine). Entouré par le Brésil, la Bolivie et l'Argentine, le Paraguay occupe une superficie de 406 752 km2, sa population est estimée à 6 459 058 habitants en 2011[1], sans compter une diaspora de centaines de milliers de paraguayens, notamment en Argentine, où ils ont souvent fait souche. Sa capitale est Asunción.

Géographie[modifier | modifier le code]

Image satellite du Paraguay.
Article détaillé : Géographie du Paraguay.

La surface totale officielle du Paraguay est de 406 752 km2, constituée, en chiffres arrondis, d'une aire terrestre de 397 300 km2 et d'un espace aquatique de 9 450 km2.

Topographie et hydrographie[modifier | modifier le code]

Le point culminant est le Cerro San Rafael, de 850 mètres d'altitude. Le point le plus bas se situe au point de confluence entre le Paraguay et le Paraná, les deux plus grands cours d'eau, à 40 m d'altitude environ[2]. La surface irriguée du Paraguay est estimée à 670 km2 (donnée de 1993)

Végétation[modifier | modifier le code]

Le pays était couvert, à l'est du fleuve Paraguay et au nord d'Asunción, de forêts tropicales denses, et près du fleuve Paraguay, de zones marécageuses. Au sud, de vastes zones inondables puis, se rapprochant du fleuve Paraná, de nouveau une forêt tropicale humide. À l'ouest, région du Chaco paraguayen, existaient au nord d'Asunción des forêts d'arbres de régions sèches (notamment le quebracho), de vastes zones de savanes et buissons de climat sec et une végétation de zone tropicale inondable. On rencontre encore dans les deux régions des variétés de palmiers. Malheureusement, le processus de dégradation est depuis longtemps à l'œuvre et s'est accéléré dans la région orientale depuis quelques décennies. « Plus de 8000 espèces de plantes ont été recensées au Paraguay, parmi lesquelles environ 15 % sont utilisées comme plantes médicinales. Un eldorado végétal que la déforestation a déjà largement atteint. En dix ans, le Paraguay est devenu le quatrième exportateur mondial de soja. Les zones inondables ont constitué traditionnellement des zones de production bovines, le pays étant depuis le début du XXe siècle et un important producteur de bétail. Le soja est devenu le moteur principal de la croissance du pays et rien ne semble arrêter son expansion.[non neutre][réf. nécessaire] « Le Paraguay est le champion de la déforestation », a déclaré l’ancien ministre de l’Environnement José Luis Casaccia. « Seulement 13 % de la forêt originale de la partie orientale du pays subsiste encore, et si on continue comme ça, dans trente ans, il n’y aura plus un arbre », a-t-il ajouté. »[3]

Géologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géologie du Paraguay.

Météorologie et climat[modifier | modifier le code]

Le climat, sub-tropical humide, peut laisser place en hiver à des périodes de froid, celui-ci montant depuis le Sud de l'Argentine. Les pluies sont importantes dans l'Est, alors que le climat est semi-aride dans l'Ouest où existent au sud et sud-ouest des régions inondées chaque année (département de Villa Hayes, abords du fleuve Pilcomayo, frontière avec l'Argentine).

Pays limitrophes[modifier | modifier le code]

Le Paraguay ne possédant pas d'accès à la mer, il est entouré par environ 3 450 km de frontières terrestres et fluviales, les délimitations n'étant toujours pas achevées, bien que les travaux aient été importants ces dernières années (2015)[réf. nécessaire]. C'est la raison pour laquelle les chiffres ne correspondent pas toujours entre les deux pays concernés. Ainsi pour la Bolivie, qui publie un chiffre de frontières avec le Paraguay de 711 km, contre 769 pour le Paraguay. Il semble que l'accord avec l'Argentine soit proche de sa conclusion, la frontière étant de 1690 km, 1345 fluviale et 345 terrestre[réf. nécessaire]. Le chiffre provisoire est de 945 km avec le Brésil (630 km fluviale et 315 km terrestres)[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Paraguay.
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Du XVIe au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

L'histoire coloniale du Paraguay est très compliquée en comparaison de celle d'autres parties de l'Empire espagnol des « Indes ». Asunción a d'abord été un poste avancé pour Buenos Aires, puis cette place forte a été détruite par des Indiens. D'abord point de départ d'expéditions à la recherche de l'or des Incas, constatant que d'autres espagnols avaient atteint ce but, elle est devenue le centre administratif et la base de la conquête d'une grande partie du bassin du Rio de la Plata. Elle a constitué jusqu'au début du XVIe siècle la « province Géante des Indes » par défaut, mais a été rapidement démembrée. En effet, alors que les autres provinces voyaient leur territoire délimité - avec toutes les approximations qu'entrainaient les connaissance géographiques limitées de l'époque - c'est à la suite de la « refondation » de Buenos Aires depuis Asunción que, du fait de sa position géographique de port sur l'embouchure du Rio de la Plata, la première a pris l'ascendant et sera élevée à capitale de province, amputant l'aire de la province du Paraguay, puis sera choisie comme siège du nouveau Vice-Royaume du Rio de la Plata dont le Paraguay ne sera plus qu'une des « intendances ».

Les Européens arrivèrent dans la région dans le premier tiers du XVIe siècle (Sebastián Gaboto, Juan de Solis, Aleixo Garcia, etc.), mais le premier acte de la Couronne d'Espagne la concernant attribua à Pedro de Mendoza le titre d'« Adelantado » investi — à ses frais et profits (sauf le sixième pour la Couronne), mais pour le roi d'Espagne — de l'exploration et de la conquête du Rio de la Plata en date de 1534[5]. Il s'embarqua en 1535 et érigea en 1536 le (premier) fort de Buenos Aires. Le premier établissement qui deviendra Asunción a été fondé par Juan de Ayolas (18 janvier 1536). Puis sera fondé officiellement le fort d'Asunción par Juan de Salazar, le 15 août 1537, le jour de l'Assomption, (d'où son nom initial de « Muy Noble y Leal Ciudad de Nuestra Señora Santa María de la Asunción »), au cours d'une expédition pour retrouver un autre explorateur parti de Buenos Aires pour chercher une route vers le pays de l'or (le pays des Incas, le Pérou), le même Juan de Ayolas cité plus haut, le premier à affronter les Indiens Guarani (« Carios » chez Schmidel[6],[7]).

Buenos Aires ayant été harcelée par les Indiens peuplant la région à tel point qu'il fallut l'abandonner en 1540, Asunción, sous l'influence du personnage qui en fera le principal centre administratif et de conquête de la région, Domingo Martínez de Irala, l'instituera en « ville » en créant son « Cabildo » (1541), sorte de conseil municipal des gens importants. Ces différentes dates rendent compte de la difficulté, dans l'Amérique coloniale espagnole, de comprendre les différences de dates rapportées pour un événement qui semble le même[réf. nécessaire].

Unique centre administratif d'une énorme région, Asunción (quelque trois à quatre mille habitants dans la première moitié du XVIIe siècle), fut jusqu'à la fin du XVIIe siècle le lieu de passage obligé du bassin du Rio de la Plata hispanique, aussi bien pour les nouveaux colons que pour les ordres religieux (essentiellement les jésuites et les franciscains, à moindre titre les dominicains et d'autres) et la « mère des villes » par le nombre de ses habitants qui en partirent fonder d'autres villes. De nombreuses luttes opposèrent entre eux les prétendants au pouvoir espagnols, criollos et mestizos jusqu'au XVIIIe siècle[réf. nécessaire].

Plus d'un siècle et demi de l'histoire coloniale du Paraguay fut dominé par la question des « réductions » jésuites. À la suite d'une série d'ordonnances royales de 1607, les « réductions » (« regroupements », en français « missions ») d'Indiens par les jésuites furent affranchis de toute dépendance des pouvoirs civils, donc de l'application de l'« encomienda », institution selon laquelle les Indiens recevaient protection et éducation chrétienne de la part des colons en échange de temps de travail sur leur exploitation. En pratique, ce fut le recours au travail forcé. Les années 1610 à 1767 connurent la domination jésuite sur les Indiens Guaranis de la province jésuite du Paraguay, qui comprenait une partie du Sud de la région orientale du Paraguay actuel, mais aussi une petite frange du Brésil (aujourd'hui dans l'Etat de Rio Grande do Sul), la majeure partie de l'actuelle province argentine de "Misiones" et du Nord-Est de l'actuel Uruguay. Il convient ni de surestimer l'étendue de cette zone par rapport au Rio de la Plata (Il y a fréquemment confusion entre la Province jésuite immense dont le siège était à Córdoba en Argentine et la zone effectivement couverte par les missions du Paraguay-Paraná), ni d'en sous estimer l'importance économique et politique. À partir de 1609, les jésuites commencèrent à organiser les réductions, villages composés de plusieurs centaines ou milliers d'Indiens sédentarisés et encadrés seulement par deux jésuites. Leur organisation a pu évoquer un « communisme chrétien » (Clovis Lugon[8]) ou une "théocratie socialiste" [9], dans la mesure où la vie des Guaranis était communautaire [10](jusqu'à la distribution chaque matin des outils pour aller travailler aux champs) et fortement encadrée par la religion (messe obligatoire à h 30, le matin, et journée rythmée par les célébrations religieuses). Cependant, les qualificatifs de « communiste » ou de « socialiste » ne correspondent aucunement au système d'autorité ni à la réalité économique, dont le contrôle des exportations demeurait entre les mains de la Compagnie de Jésus. De même, le qualificatif d'« État » ne correspond à aucune réalité, l'habilitation des réductions résultant d'une décision royale comme l'expulsion des jésuites ordonnée par le pouvoir royal qui a fait disparaître le soi-disant « État »[réf. nécessaire][style à revoir].

En 1611, les ordonnances d'Alfaro, inspirées par les jésuites, définirent plus étroitement les règles de l'encomienda, au grand dam des colons. Par ailleurs, seuls les jésuites étaient autorisés à séjourner dans les réductions pour y encadrer les Indiens et administrer la mission. Les franciscains, notamment, créèrent également dans la province du Paraguay et au-delà de nombreux villages indiens, jusqu'à la région actuelle du Sud de la Bolivie, et tentèrent avec moins de moyens juridiques et sans moyens militaires de préserver ces Indiens de la mainmise des colons[réf. nécessaire].

La province du Paraguay a appartenu à la vice-royauté du Pérou jusqu'à la création du vice-royaume du Rio de la Plata (1776-1778), dont il devient Intendencia del Paraguay (es) en 1782. Le rôle d'Asunción en tant qu'étape stratégique entre le Rio de la Plata et le Haut-Pérou (le haut plateau bolivien actuel) s'affaiblit progressivement après la « refondation » de Buenos Aires en 1580. Son rôle de passage obligé entre le Rio de la Plata et le Haut-Pérou, par une route difficile, par laquelle étaient acheminées des marchandises vers les centres miniers tels le maté, la viande bovine séchée, le cuir, les animaux de bât, etc., que fournirent dans des conditions très compétitives les missions jésuites dès qu'elles furent organisées, s'évanouit (une partie importante de l'économie des réductions était donc liée à l'activité minière du Haut-Pérou)[réf. nécessaire].

Cependant, le système des réductions jésuites soulevait l'hostilité des colons espagnols de première génération et de leurs enfants métis (il n'y avait pas de femmes espagnoles disponibles au XVIe siècle et en nombre insuffisant au siècle suivant), dans la mesure où les ordonnances d'Alfaro soustrayaient les Guaranis à l'encomienda. Des raids de colons désireux de rafler des esclaves furent organisés, et ce d'autant plus facilement que les réductions réunissaient une quantité importante d'Indiens en un même lieu. D'un côté, des colons espagnols tentaient des rancheadas, d'un autre côté, notamment dans les années 1630, des expéditions de chasse aux esclaves étaient organisées par les bandeirantes, colons portugais de la ville de São Paulo, pourtant située à quelque mille kilomètres des réductions de la région de Guaira qu'il fallut déplacer vers le sud. Ce fut une des motivations du roi d'Espagne pour autoriser les Guaranis à s'armer et à constituer des milices. En 1641 eut lieu la bataille du río Mbororé, victoire des Guaranis et de leurs Jésuites contre les Paulistes. Cependant, l'armement de milices guaranis répondaient aussi aux besoins nés de l'expansion de la colonie portugaise du Brésil, et elles durent intervenir, le plus souvent avec succès, notamment contre l'implantation portugaise de la Nova Colonia de Sacramento, sur le Rio de la Plata en face de Buenos Aires, ce qui conduisit, en 1750, à la signature du traité de Madrid, « traité des frontières » (limites), ou « d'échange » (permuta) entre les monarchies espagnole et portugaise : en échange de l'évacuation par les Portugais de la place de Colonia (aujourd'hui Colonia del Sacramento en Uruguay), zone de contrebande et de menace portugaise sur Buenos Aires, le roi d'Espagne, qui avait pourtant accordé aux jésuites l'administration de la zone, devait faire évacuer sept réductions situées à l'est du fleuve Uruguay et céder ce territoire aux Portugais. Le refus des Guaranis se manifesta par la Guerre des 7 réductions, de 1754 à 1756, sous l'égide du cacique (chef coutumier) et corregidor (« président » du « conseil municipal » d'une réduction) Nicolàs Ñeengirú[11].

L'expulsion des jésuites satisfaisait une demande ancienne des colons, et cet épisode conforta les rumeurs, alimentées entre autres par les ordres religieux concurrents, qui circulaient alors en Europe (amplifiées et rendues crédibles par des philosophes des Lumières, au premier rang desquels Voltaire), faisant de ces réductions un véritable État dans l'État aux mains des jésuites, exploitant les Guaranis dans le dessein de s'affranchir de la tutelle temporelle des Royaumes d'Espagne et du Portugal. La rumeur voulait même que cet État soit gouverné par un empereur (répondant précisément, comme Neengiru, au prénom de Nicolas) et qu'il frappe sa propre monnaie (certains affirment en avoir vu des exemplaires). Tout cela ne fut pas sans influer dans la décision prise par la monarchie portugaise en 1759, puis par la monarchie espagnole en 1767, d'expulser les jésuites de son empire américain. L'expulsion des jésuites du Portugal, de France et d'Espagne répond à de multiples facteurs, mais leurs vœux d'obéissance absolue au Pape heurtaient à la fois les idées des Lumières (le marquis de Pombal au Portugal, celles-ci ajoutées aux courants gallicaniste et janséniste en France, et, en Espagne, à la fois ces facteurs et les raisons propres à la situation des groupes de pression dans le Rio de la Plata). L'expulsion des jésuites des réductions n'est qu'un effet collatéral de l'hostilité d'idéologies ennemies, mais se retrouvant sur ce point (aspects temporel et religieux)[réf. nécessaire].

L'histoire du Paraguay colonial ne s'est pas limitée au conflit entre les colons et les jésuites. Bien d'autres évènements sont intervenus, telles les « révolutions » successives des Comuneros entre 1717 et 1757, soulèvements de privilégiés (et non du peuple comme il est souvent écrit), inspirés sur le plan idéologique par Francisco de Vitoria et sa théorie du pouvoir du commun qui doit circonscrire les prérogatives royales (voir le soulèvement antérieur des Comuneros en Espagne). Après l'expulsion des jésuites et la disparition de leurs réductions, le Paraguay continuera à résister à la pression des portugais du Brésil et à la puissance relative de plus en plus grande de Buenos Aires qui contrôle le débouché fluvial de la province — puis de l'intendance (puis de la République) — vers l'océan. Les relations avec Buenos Aires seront au cœur des défis que le Paraguay devra relever lorsque s'approchera l'indépendance des colonies espagnoles d'Amérique, accélérées dans plusieurs parties de l'Empire, dont le Rio de la Plata, par l'occupation napoléonienne de l'Espagne[réf. nécessaire].

Du XIXe siècle à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Un « cuartelazo », l'occupation du Quartier Général militaire à Asunción dans la nuit du 14 au par quelques dizaines d'hommes, est retenu comme date officielle de la proclamation de l'indépendance. En réalité, la proclamation de 1811 fait allégeance à l'Espagne royale. Ce n'est, formellement, que le 1er octobre 1813 que l'indépendance sans aucune référence d'allégeance extérieure sera proclamée par le Congrès qui avait été convoqué pour le 30 septembre. Ainsi, le 16 mai 1811, un triumvirat, qui comprenait le futur docteur Francia, et qui avait été constitué à la suite de l'occupation du quartier général, prit position à l'égard de la Junte qui s'était établie à Buenos Aires, « reconnaissant toujours le malheureux souverain sous les auspices duquel nous vivons (Ferdinand VII d'Espagne), nous unissant et nous confédérant avec la ville de Buenos Aires elle-même, » etc. Le 20 juin, les cinq membres (dont le Docteur Francia), d'une Junte désignée par le Congrès de la province du Paraguay prêtèrent serment de n'obéir à aucun autre souverain que Ferdinand VII. Le fut signé avec Buenos Aires un traité de commerce, sur les frontières et d'amitié qui, dans son article 5, consacra la reconnaissance par Buenos Aires de l'indépendance du Paraguay. Négocié principalement par le docteur Francia, celui-ci, après avoir patiemment éliminé ses rivaux et tissé un réseau dans le pays, deviendra d'abord Consul aux côtés de Fulgencio Yegros (désignation par un Congrès le 12 octobre 1813), puis « dictateur temporaire » élu pour cinq ans le par un autre Congrès, et enfin un dernier Congrès le désignera "Suprême Dictateur à vie" le 30 mai 1816. Il le restera en effet jusqu'à sa mort survenue le . Très controversé, son « règne », isolant presque complètement le pays du monde extérieur, a permis d'épargner au Paraguay les troubles constants qui ont agité les autres ex-colonies espagnoles et l'alphabétisation de la quasi-totalité de la population, même si l'enseignement était interdit, sauf exception, au-delà de ce que nous appellerions l'école primaire. La paix a permis à la population de jouir d'un relatif bien-être. Après un bref intermède militaire, il a été remplacé après sa mort par Carlos Antonio López, personnage aussi étrange, mais conscient que le pays ne pourrait demeurer éternellement fermé, celui-ci réitéra la proclamation de l'indépendance en 1842 afin de mettre un terme aux prétentions périodiques de Buenos Aires sur l'ancienne intendance. Il ouvrit précautionneusement les frontières, important des savoir-faire et des équipements modernes (chemin de fer, chantiers navals, etc.) et donna au pays une puissance économique pouvant permettre au pays de rivaliser avec celle de ses voisins, puissance relative concentrée géographiquement, ce qui était susceptible de lui conférer un avantage. Carlos Antonio Lopez, conscient que le temps travaillait contre le Paraguay, consacra une part notable des ressources à un effort militaire. Le Congrès l'autorisa en 1856 à désigner un successeur intérimaire par pli scellé. Il décéda le 10 septembre 1862 et le successeur en question était l'un de ses fils, Francisco Solano Lopez, qu'il avait nommé à la tête de l'armée et qu'il avait envoyé conduire diverses ambassades auprès des puissances de l'époque.Ce dernier convoqua un Congrès pour le 12 octobre 1862 qui le « choisit » comme président. Fort des moyens économiques laissés par son père, il se prépara à la guerre qui devait éclater en 1864 avec le Brésil, puis en début 1865 avec l'Argentine et l'Uruguay, les trois pays se liguant par le Traité de la Triple Alliance (1er mai 1865). Le poids relatif du Paraguay inquiétait ses voisins. Son refus de se plier aux exigences du libre commerce[12] prôné par la Grande-Bretagne et déjà les Etats-Unis déplaisait aux intérêts argentins et brésiliens. Devant le grignotage par le Brésil des territoires à la frontière indéfinie du Nord-Est, le Paraguay réagit par un coup de main réussi[Quoi ?] au sud du Mato Grosso[réf. nécessaire]. Considérant que les opérations menées en Uruguay par le Brésil et ses alliés uruguayens (Venancio Flores, également proche de Mitre qui dirigeait l'Argentine) mettaient en cause les équilibres politiques dans le Rio de la Plata, ce qui n'était pas infondé, Francisco Solano Lopez demanda à l'Argentine le libre passage de ses troupes pour atteindre l'Uruguay. La réponse tardant, très probablement à dessein, il expédia des troupes importantes au travers du territoire argentin. Le Paraguay déjà en guerre avec le Brésil, c'était là une occasion pour l'Argentine d'en finir avec les prétentions paraguayennes sur son actuelle province de Misiones. L'intervention de l'Uruguay désormais dirigée par Flores, n'a répondu qu'à un échange de bons procédés à titre personnel entre ce dernier et Mitre. En bref, les actes de guerre du Paraguay, dans le cas du Brésil répondant à sa pression militaire, n'ont fait qu'avancer une confrontation vraisemblablement inéluctable compte tenu de l'occupation de plus en plus serrée des territoires incontrôlés qui séparaient les pays d'Amérique latine entre eux. Francisco Solano Lopez, si ses décisions étaient compréhensibles, satisfaisait aussi sans doute ses rêves de gloire que la diplomatie, qu'il avait pourtant exercée avec un certain succès sous la direction de son père, ne comblait pas.

Le Paraguay s'engagea dans un conflit qui, de bilatéral, se transforma donc en « Guerre de la Triple Alliance » contre ses trois ennemis coalisés, l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay (1865-1870). les buts de guerre inscrits dans le Traité de 1865 comprenaient l'attribution au Brésil et à l'Argentine des territoires qu'ils revendiquaient et l'imposition de la clause de la nation le plus favorisée, en finissant avec le protectionnisme qui avait permis le développement relatif du pays. Conduite imprudemment sur le plan stratégique dès le début de la guerre, quatre années ne furent que celles d'un lent repli avant la quasi-extermination de son peuple. Défait, l'acharnement principalement des armées brésiliennes et la résistance obstinée de Francisco Solano Lopez aboutit à sa mort au combat et à la dévastation complète de la partie peuplée du pays, les enfants d'environ quatorze ans étant enrôlés, à la réduction de sa population à une fraction de ce qu'elle était auparavant (probablement entre un tiers et la moitié), causant un déséquilibre démographique inouï entre les sexes (un homme pour deux à quatre femmes). La polygamie de fait se pratiquera par la force des choses et, compte tenu de la courte espérance de vie, le rééquilibrage démographique sera atteint une soixantaine d'années plus tard. Il y perdit aussi des territoires qu'il contrôlait mal autour de son actuelle région à l'est des fleuves Paraguay et Rio Paraná. Comme l'Uruguay, le pays devint « pays tampon » entre l'Argentine et le Brésil et connaîtra, désormais, une existence alignée sur celle des autres pays de la région : instabilité politique, exploitation du territoire par des intérêts d'abord anglo-argentins, puis aussi anglo-brésiliens. Ainsi exploitée, l'économie ne se rétablit au niveau antérieur à la guerre qu'une cinquantaine d'année plus tard. Le Paraguay dut affronter une deuxième guerre, la guerre du Chaco-1932-1935. Attaqué par la Bolivie, il gagna aux dépens de celle-ci la plus grande partie du Chaco qu'elle revendiquait. En fait, la région conquise n'était contrôlé par aucun pays à l'exception de ses franges, situation fréquente entre les anciennes colonies espagnoles et portugaises d'Amérique latine, qui a donné lieu au renouvellement de la théorie juridique dite de "l'uti possidetis juris : la terre appartenait à celui qui l'occupait, encore fallait-t-il prouver le caractère effectif de l'occupation et tenter de s'appuyer sur des titres. L'essentiel du territoire qui lui a été alors reconnu ne comprenait pas de ressources économiques notables (la thèse largement diffusée selon laquelle elle aurait été déclenchée pour y rechercher du pétrole sous l'influence américaine ne repose sur rien de sérieux), la principale ressource, le quebracho, un arbre à croissance lente au tronc riche en tanin alors indispensable aux industries du cuir, étant déjà sous souveraineté de fait paraguayenne et sous domination économique argentine le long du Haut-Paraguay.

C'est après la fin de cette guerre que les forces politiques sous l'influence de l'Argentine puis, à moindre titre, du Brésil, regroupées, en synthèse, entre libéraux (les « bleus ») et libéraux nationalistes (les « rouges » ou « colorados »), durent céder le pouvoir à des régimes militaires sous la pression notamment des anciens combattants du Chaco et du Colonel Franco qui fondera le parti « Fébrériste ». L'orientation politique de ceux-ci alla d'une tendance démocratique (José Félix Estigarribia, « Général de la victoire » de la Guerre du Chaco, élu le 30 avril 1939, décédé dans un accident d'avion le 7 septembre 1940) jusqu'à une tendance influencée par une adaptation locale du fascisme (Général Victor Morinigo, 24 décembre 1940, avec perte progressive d'influence jusqu’au 12 janvier 1947), pour déboucher, les « colorados » alors dominants, sur une période de guerres civiles (1947), coups d'État et de troubles dont sortira finalement vainqueur le général Alfredo Stroessner en 1954 et renversement de l'influence des deux grands voisins au profit du Brésil.

La dictature d'Alfredo Stroessner, qui a duré trente-cinq ans, fut renversée en 1989 sous la pression des États-Unis. Le Brésil lui a offert l'asile politique jusqu'à sa mort en 2006. Alfredo Stroessner avait noyauté à son profit le parti Colorado ainsi que tous les groupes de pression (syndicats, organisations étudiantes, ordres professionnels, [organisations paysannes). Ce parti a réussi à lui survivre au prix d'une mise au goût du jour : les élections présidentielles sont donc désormais formellement libres et, en principe, sans manipulation. Mais leur portée démocratique reste douteuse compte tenu du clientélisme et de la corruption sous-jacente présente à tous les niveaux administratifs de l'état[non neutre] [réf. nécessaire] [style à revoir].

Des élections pour renouveler le président et les deux chambres ont eu lieu le 27 avril 2003. Nicanor Duarte Frutos, du parti Colorado, a été élu président. Le 20 avril 2008, le parti Colorado voyait son règne de plus de soixante ans s'achever avec l'élection de Fernando Lugo, ancien évêque de gauche de l'Alliance Patriotique pour le Changement (APC), à la présidence du pays. Celui-ci a été déchu de la présidence par le Sénat le 22 juin 2012 et remplacé par son vice-président, Federico Franco. Cette destitution, très controversée, fut notamment qualifiée par la présidente argentine Cristina Kirchner de « coup d'État », et valu au Paraguay une exclusion du Marché commun du Sud (Mercosur), de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) et de la Communauté d'États latino-américains et caraïbes (Celac), qui ne reconnurent pas la légitimité du nouveau gouvernement[13].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Paraguay.

Le Paraguay est une république présidentielle. La constitution de 1992 impose la division des pouvoirs.

Organisation des pouvoirs[modifier | modifier le code]

Le président est à la fois le chef de l'État et le chef du gouvernement. Le président et le vice-président sont élus pour un mandat de cinq ans. Le président choisit après l'élection les membres de son cabinet.

Le parlement est composé de deux chambres. La Chambre des députés (Cámara de Diputados) compte quatre-vingts membres et le Sénat en compte quarante-cinq. Les élections législatives pour le renouvellement des deux chambres ont lieu tous les cinq ans, en même temps que l’élection présidentielle.

La Cour suprême est la plus haute instance judiciaire. Les sénateurs et le président en choisissent les neuf membres en se basant sur les recommandations d'un conseil spécifique.

La distinction civile la plus élevée du pays est l'Ordre National du Mérite du Paraguay.

Découpage administratif[modifier | modifier le code]

Carte du Paraguay
Article détaillé : Départements du Paraguay.

Le Paraguay est divisé en dix-sept départements, mais la capitale dispose d'un statut particulier. À la tête de chaque département, se trouve un gouverneur élu par les citoyens de la région. Voici la liste des départements :

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Paraguay.

La population du pays est estimée à 6 459 058 habitants en 2011.

Le Paraguay est le 63e pays le plus pauvre au monde. Son taux de pauvreté est évalué à 32 % des habitants.

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues au Paraguay.

Au Paraguay, il existe deux langues officielles : le guarani et le castillan (espagnol). Le Paraguay est l’un des rares pays d’Amérique latine où la langue indienne est reconnue depuis longtemps : elle est la langue nationale depuis 1967, et la langue co-officielle depuis 1992. Enfin, depuis 1994, un plan national d’éducation vise à enseigner les deux langues à tous les Paraguayens[14]. Même si les deux langues ont un statut égal, dans l’administration, la justice, l’enseignement et des média, l’espagnol s’impose largement mais il n'y a que 6 % d'unilingues espagnols et ce pourcentage diminue car le bilinguisme s’étend malgré tout à toutes les sphères de la société : 55 % des Paraguayens peuvent donc s’exprimer en espagnol.

88 à 95 % de la population totale parle le guarani. 39,2 % sont unilingues guarani, 48,9 % sont bilingues guarani-espagnol et 2,7 % parlent une autre langue indienne avec parfois le guarani comme seconde langue.

Il existe une vingtaine de langues amérindiennes vivantes : l’aché, l’ayoreo, le bolivien oriental (?), le chamacoco (en), le chiripá, le chorote iyo'wujwa, le guana, le guaraní, le guaraní mbyá, le guaraní paraguayen, la lengua, le maká, le maskoy pidgin, le nivaclé, le pai tavytera (en), le sanapaná, le tapieté, le toba et le toba-maskoy, plus une langue disparue, l'emok.

Les autres langues d'origine européenne parlées sont le portugais (3,2 %), l’allemand standard (immigration), le plautdietsch (allemand des mennonites) et l'italien.

Santé[modifier | modifier le code]

Il y a environ 11 médecins pour 10 000 personnes[15]. Il y a 18 infirmiers et sages-femmes pour 10 000 personnes[15]. L'espérance de vie en bonne santé était de 64 ans en 2007[15]. Le taux d'infection du VIH était de 0,5 % en 2007[15].

Religion[modifier | modifier le code]

Environ 90 % sont catholiques et 10 % sont protestants (principalement mennonites) ou mormons, entre autres religions.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Paraguay.

Monnaie[modifier | modifier le code]

La monnaie paraguayenne est le Guaraní paraguayen.

Ressources naturelles[modifier | modifier le code]

Le Paraguay exporte plus de viande que l'Argentine et produit dix fois plus d'électricité qu'il n'en consomme grâce à l'hydroélectricité.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Paraguay.

La culture du pays est relativement métissée, mais la situation des populations autochtones est souvent difficile. « L’article le plus raciste de l'année » selon Survival a été publié en 2007 dans ce pays, assimilant les Indiens du Paraguay au cancer et les décrivant comme des gens « néolithiques », « attardés » et « crasseux »[16].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvain Souchaud, Pionniers brésiliens au Paraguay, Karthala, Paris, 2002, 407 p.
  • Efraim Cardozo, El Paraguay colonial. Las raíces del nacionalismo, Ediciones Nizza, Buenos Aires Asunción, 1959, 231 p.
  • François Chartrain, L'Église et les partis dans la vie politique du Paraguay depuis l'Indépendance (thèse de doctorat d'État de science politique, Paris I, 1972,631 p. hors bibliographie), disponible à l'Institut d'études politiques, à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine et à la Bibliothèque Cujas à Paris, au CLTES de Marne-la-Vallée et au siège de la Revista Paraguaya de Sociologia d'Asuncion
  • François Chartrain, La Iglesia y los partidos en la vida politica del Paraguay desde la Independencia. Centro de Estudios Antropologicos de la Universidad Catolica (CEADUC), Biblioteca de Estudios Paraguayos - Volumen 101. Asunción 2013. 552 pages.
  • Carlos Sampayo, Oscar Zarate, Paraguay : chronique d'une extermination, Milan, Quadragono, 1980
  • François Chartrain, Causes de la Guerre du Chaco - Éléments de jugement (Mémoire pour l'Institut des hautes Études Internationales de Paris I, 1967, résumé dans la revue Caravelle no 14, 1970 Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien).
  • Lizette Dias de Oliveira, Les réductions guarani de la province jésuite du Paraguay, étude historique et sémiotique (thèse disponible en microfiches dans certaines bibliothèques).
  • M. Ezran, Une colonisation douce : les missions du Paraguay, Paris, 1989.
  • Barbara Ganson, The Guarani under Spanish Rule in the Rio de la Plata, Stanford, 2003.
  • Hernández Pablo s.j. (1908): El extrañamiento de los Jesuitas del Río de la Plata. Madrid, Librería V. Suárez, 420 págs.
  • L. A. Muratori, Relation des Missions du Paraguay, 1754.

La bibliographie ayant été entièrement renouvelée ces dernières années, il est conseillé de s'en tenir aux ouvrages les plus récents.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/pa.html
  2. La ville d'Asunción étant située officiellement à 43 mètres d'altitude, la déclivité étant de 5 à 6 centimètres par kilomètre, et sous réserve du choix nécessairement arbitraire du point de référence
  3. [1]
  4. (es) « Comision nacional demarcadora de limites », sur Comision nacional demarcadora de limites,‎ (consulté le 1er janvier 2016)
  5. "Capitulacion" de Charles Quint du 21 mai 1534
  6. (de) Ulrich SCHMIDEL, Wahrhafftige Historien einer wunderbaren Schiffart, Graz (Autriche), Akademische Druck- und Verlagsanstalt, Frühe Reisen und Seefahrten, 1962 (réédition de l'original de 1602), 103 p.
  7. (es) Ulrico SCHMIDEL, Viaje al Rio de la Plata y Paraguay, Buenos Aires, Colección de Angelis (IX). VI-61-XII págs., , VI-61-XII p.
  8. Clovis Lugon, La république communiste chrétienne des Guaranis (1610-1768), Paris, Editions ouvrières, , 293 p.
  9. Louis Baudin, Une théocratie socialiste : l'Etat jésuite du Paraguay, Paris, M. T. Génin, , 72 p.
  10. Maxime HAUBERT, La vie quotidienne au Paraguay sous les jésuites, Paris, Hachette,
  11. Anonyme, Nicolas 1er jésuite et Roi du Paraguai (1761). A Buenos Aires, aux dépens de la Compagnie. Avec la permission du Général et du Gouverneur., Buenos Aires, Anonyme, , 27 p.
  12. « Et le Paraguay découvrit le libre-échange », Manuel d'histoire critique (Le Monde Diplomatique),‎ , Extrait (lire en ligne)
  13. Le Paraguay dévoré par le soja Le Monde diplomatique, janvier 2014
  14. Boyer H. et Natali C., « L’éducation bilingue au Paraguay ou comment sortir de la diglossie », Revue de didactologiendes langues-cultures et de lexiculturologie 2006/3, no 143, p. 333-353.
  15. a, b, c et d http://www.who.int/gho/countries/pry.pdf
  16. Document Survival.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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