Sérgio Moro

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Sérgio Moro
Sérgio Moro (cropped).jpg

Sergio Moro au Sénat fédéral, en septembre 2015.

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Juge fédéral, avocat, jugeVoir et modifier les données sur Wikidata

Sérgio Fernando Moro, né le 1er août 1972 à Ponta Grossa, dans l'État du Paraná, est un magistrat brésilien spécialisé dans la lutte contre la corruption.

Juge fédéral, il accède à la célébrité internationale lors de l'éclatement de l'opération Lava Jato (aussi appelée « scandale Petrobras »), dont il conduit l'enquête. Comparé à Eliot Ness[1], il jouit d'une certaine popularité pour son engagement contre la corruption de la classe dirigeante mais reste contesté par les partisans de Lula pour la virulence de ses méthodes à l'encontre de l'ancien président.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Sérgio Moro obtient ses diplômes en droit en 1995 et devient juge fédéral l'année suivante. Grâce à un programme d'échange, il part étudier à la Harvard Law School en 1998. Il obtient un doctorat en droit de l'université fédérale du Paraná en 2002. Il y est actuellement professeur de droit assistant[2].

En 2007, il bénéficie du statut de visiteur international octroyé par le Département d'État des États-Unis et visite les agences gouvernementales américaines chargées de la lutte contre le blanchiment d'argent.

Affaires médiatiques[modifier | modifier le code]

Moro a dirigé les enquêtes de plusieurs affaires de grande ampleur : il coordonna les investigations de l'affaire Banestado, qui aboutit à la mise en accusation de 97 personnes, ainsi que celles de l'opération Farol da Colina, dans laquelle il mit 103 personnes accusées de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale en détention provisoire. Il intervint également dans l'affaire dite du Scandale des mensualités[3].

Affaire Petrobras[modifier | modifier le code]

Article connexe : Opération Lava Jato.
Le juge Moro, en septembre 2015.

À partir d'une petite enquête sur une affaire de blanchiment d'argent à Curitiba, Moro met au jour un vaste système de corruption[4]. Cette affaire politico-financière mêle de hauts responsables de la république brésilienne, l'ex-président Lula da Silva, ainsi que des hommes d'affaires[5]. Les entreprises Petrobras et Odebrecht sont notamment impliquées.

Afin d'obtenir des informations, il exploite les dispositions législatives permettant aux malfrats qui collaborent avec la justice de voir leur peine réduite[6]. Le 4 mars 2016, il ordonne l'arrestation et l'interrogatoire de Lula, devant les caméras de télévision brésiliennes[6].

Le 16 mars 2016, il fait diffuser plus de cinquante enregistrements téléphoniques révélant que la nomination de l'ancien président Lula à un poste ministériel a pour but de lui éviter des poursuites judiciaires[4]. Il déclare : « En démocratie, les gens doivent savoir ce que leurs responsables font, même quand ils tentent d’agir dans l’ombre »[4]. Il devient une figure populaire auprès des opposants au gouvernement, qui réclament sa destitution, mais voit ses méthodes jugées partiales par les soutiens du Parti des travailleurs : l'ex-président Lula le qualifie ainsi de représentant de la « République de Curitiba »[6]. Des manifestants arborent des t-shirts ou des pancartes à l'effigie du juge Moro[7].

Le 31 mars 2016, Sergio Moro est dessaisi de l'affaire par le Tribunal suprême fédéral (STF)[8].

L’avocat anglais Geoffrey Robertson lui reproche des violations du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et dépose une plainte auprès du Comité des droits de l'homme de l'ONU en juillet 2016[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Claire Gatinois, « Le juge Sergio Moro, l’Eliot Ness brésilien », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  2. (en) Will Connors et Luciana Magalhaes, « Court Ruling Threatens to Hamper Brazilian Judge Sergio Moro’s Anticorruption Success », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne)
  3. (pt) « Moro, o juiz que pode decidir o Mensalão », sur Brasil 24/7 (consulté le 30 mars 2016)
  4. a, b et c « Sergio Moro, le juge qui fait trembler le Brésil », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  5. (en) David Segal, « Petrobras Oil Scandal Leaves Brazilians Lamenting a Lost Dream », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  6. a, b et c Claire Gatinois, « Le juge Moro, ennemi juré de Lula, idole des Brésiliens », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  7. « Sergio Moro, l'icône des manifestants anti-Dilma Rousseff », sur Le Huffington Post, (consulté le 28 mars 2016)
  8. « Au Brésil, le Tribunal suprême dessaisit le juge chargé de l’enquête sur Lula da Silva », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  9. (pt) Brasil 24/7, « Onde foi que o Brasil se perdeu? »

Voir aussi[modifier | modifier le code]