Evo Morales

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Evo Morales
Evo Morales
Evo Morales
Fonctions
Président de l'État plurinational de Bolivie[N 1]
En fonction depuis le
(11 ans, 8 mois et 28 jours)
Élection
Réélection
Vice-président Álvaro García Linera
Prédécesseur Eduardo Rodríguez Veltzé
Biographie
Nom de naissance Juan Evo Morales Ayma
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Orinoca, Oruro (Bolivie)
Nationalité Bolivienne
Parti politique MAS
Enfants Eva Liz Morales Alvarado
Álvaro Morales Peredo
Profession Syndicaliste
Religion Catholicisme romain
Résidence Palais Quemado

Evo Morales
Présidents de l'État plurinational de Bolivie

Juan Evo Morales Ayma est un dirigeant syndical et homme d'État bolivien, né le dans l'Altiplano bolivien dans une famille aymara à Orinoca, une ville de mineurs du département d'Oruro en Bolivie.

Chef de file du Mouvement vers le socialisme (MAS), il remporte l'élection présidentielle du et entre en fonction le . Bien qu'il ne soit pas le premier chef d'État d'ascendance amérindienne du pays, il est le premier à s'affirmer en tant que tel, et à écouter les revendications culturelles et sociales des populations indigènes.

Sur le plan international, Morales était proche du président vénézuélien Hugo Chávez, avec qui il partageait certains éléments de sa vision socialiste de l'Amérique latine. Réélu le 6 décembre 2009 avec 64 % des voix, son parti, le MAS, obtient la majorité absolue dans les deux Chambres. Il est réélu pour un troisième mandat le 12 octobre 2014 avec 61 % des voix, mais perd en 2016 un référendum constitutionnel qui devait lui permettre de briguer un quatrième mandat présidentiel.

Les politiques qu'il met en œuvre se concrétisent par une réduction significative de la pauvreté, de l’analphabétisme et des inégalités. Les critiques lui reprochent de ne pas suffisamment traduire dans la pratique ses projets sur la préservation de l'environnement et de trop souvent soutenir les revendications des indigènes et des classes populaires au risque de porter atteinte à la cohésion de la société bolivienne.

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Issu d'une modeste famille de paysans amérindiens, il doit rapidement mettre un terme à sa scolarité pour gagner sa vie. Il exerce alors des emplois aussi divers que peintre en bâtiment, maçon, boulanger ou bien encore trompettiste, avant d'effectuer son service militaire obligatoire[1]. Il prend finalement le chemin du Chapare, la zone de colonisation des migrants andins dans les basses-terres du département de Cochabamba. Sa langue maternelle est l'aymara, il a ensuite appris le quechua au contact des populations migrantes établies comme lui dans le Chapare, mais il ne maitrise pas suffisamment bien ces deux langues pour pouvoir tenir un discours. Il a aussi parfois un espagnol hésitant, ceci étant associé avec le fait qu'il a vu sa scolarité interrompue, ayant dû très jeune subvenir aux besoins de sa famille[2],[3].

Premiers engagements[modifier | modifier le code]

Face aux injustices dont lui semblent être victimes les habitants locaux, dont les revenus principaux sont générés par la production de coca, il décide de s'engager dans le combat politique et la lutte syndicale. En 1988, le gouvernement décide sous la pression internationale de détruire les récoltes et de les remplacer par d'autres cultures. La politique d'éradication de la coca (en), financée pour une grande part par la Drug Enforcement Administration provoquera sa rancœur vis-à-vis des États-Unis[4]. Elle nuirait selon lui aux petits exploitants sous couvert de lutte contre les narcotraficants.

Émergence politique des cocaleros[modifier | modifier le code]

Apparue pour la première fois lors d'un congrès extraordinaire de la Confédération syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie (CSTUCB) en 1988, la thèse dite de « l'instrument politique » défend la création d'un parti politique qui permettrait la participation des syndicats paysans au jeu électoral[5]. À partir de 1991, elle devient l'une des revendications portée par les représentants des cocaleros[6], et, en 1994, elle est majoritaire au sein de la CSTUCB.

Pendant l'ensemble de la décennie 1990, les nombreuses divisions persistant au sein des syndicats de planteurs de coca poussent cependant certains cocaleros à opter pour des stratégies d'alliance avec des partis politiques existants tandis que les fractions les plus radicales du mouvement paysan, comme certains kataristes, refusent tout bonnement le jeu électoral classique. Partagés entre la Gauche unie (Izquierda Unida) et le MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) de Jaime Paz Zamora, les syndicats paysans rejoignent aussi progressivement les groupes indigènes émergents tandis que se consolide un nationalisme cimenté par l'opposition à une politique anti-coca vécue comme une ingérence américaine.

L'axe Pachakuti constitue en 1993 une première tentative de candidature autonome, qui obtiendra un élu au parlement bolivien[réf. nécessaire]. En 1995, une grande partie du mouvement social se fédère autour de l'Assemblée pour la souveraineté des peuples (ASP). Elle fait campagne lors des élections législatives de 1997 avec la Gauche Unie qui obtient quatre sièges, dont un remporté par Evo Morales.

Au cours de la décennie, Morales devient ainsi l'une des figures reconnues du mouvement des cocaleros. Élu en 1996 à la tête des six fédérations de syndicats paysans de la région du Chapare, son implantation locale se concrétise en 1997 par une confortable élection au Parlement bolivien (plus de 70 % des voix)[7].

Sa notoriété grandissante lui permet de doter le mouvement social paysan de son « instrument politique » avec la création en 1998 de l'« Instrument politique pour la souveraineté des peuples » (IPSP)[8]. La difficulté administrative de créer un parti le pousse, à l'occasion des élections municipales de 1999, à rejoindre le MAS qui bénéficie déjà d'une personnalité juridique. Autour de ce petit parti ouvrier à la faible audience va progressivement se fédérer une grande partie du mouvement social bolivien.

Expulsion du Parlement[modifier | modifier le code]

Morales siège au Parlement sous les présidences de l'ex-dictateur Hugo Banzer et de Jorge Quiroga, alors que la campagne d'éradication de la coca s'intensifie avec le Plan Dignidad, lancé en 1998, qui affecte particulièrement le Chapare. Le député Morales dénonce une « militarisation » du conflit, et affirme en retour le droit des paysans à résister militairement aux troupes boliviennes qui tireraient sur les manifestants.

En janvier 2002, des affrontements opposent durant quatre jours des cocaleros aux forces de sécurité dans la région de Cochabamba, faisant neuf victimes (cinq paysans, trois militaires et un policier)[9]. En raison du soutien de Morales aux revendications des cocaleros, la commission d'éthique du parlement le destitue peu après de son mandat législatif. En mai 2002, il dépose un recours devant le Tribunal constitutionnel pour violation de ses droits : selon lui, la présomption d'innocence, son droit à la défense et son immunité parlementaire aurait été injustement ignorés[10].

Chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

En 2002, il se présente à l'élection présidentielle et obtient plus de 20 % des voix, ne comptabilisant au premier tour que 2 points de retard sur le candidat élu (le libéral Sánchez de Lozada). Il s'impose alors comme une personnalité capable de fédérer l'opposition sociale et politique bolivienne au gouvernement néo-libéral de Gonzalo Sánchez de Lozada (alias « Goni »). La droite tente alors d'empêcher l'entrée de députés amérindiens (élus) du MAS au Parlement[11].

Les conflits sociaux s'exacerbent en 2003 concernant un projet d'exportation du gaz naturel (la Bolivie détenant les deuxièmes plus grandes réserves de gaz d'Amérique après le Venezuela) sans industrialisation préalable vers le Chili et, in fine, la Californie. La « guerre du gaz », dans laquelle Morales ainsi que Quispe sont particulièrement actifs, se solde par plus de 80 morts en octobre 2003, le président « Goni » ayant ordonné à l'armée de tirer par hélicoptères sur El Alto, la banlieue de La Paz. Les conséquences politiques de ce massacre l'obligent cependant à démissionner[12].

Le conflit du gaz persiste toutefois sous son successeur, Carlos Mesa, qui démissionne en 2005 pour des raisons également liées à l'industrialisation du pays. C'est aussi l'époque où le MAS devient la première force politique du pays : en 2004, les municipales attribuent au parti quelque 18 % des suffrages.

Président de Bolivie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Présidence d'Evo Morales.

Élection[modifier | modifier le code]

Evo Morales est candidat à l'élection présidentielle bolivienne du . Plusieurs sondages le donnent vainqueur dès le premier tour. Le 19 décembre, il obtient 53,7 % des voix[13] et devient le premier Aymara à accéder à la plus haute fonction de l'État. Il a pu compter sur le soutien d'Álvaro García Linera, sociologue qui a théorisé le mouvement social bolivien, et qui occupe maintenant le poste de vice-président. Symboliquement intronisé le par les représentants indigènes sur les ruines pré-incas de Tiwanaku, il prête serment, le lendemain, devant le Congrès en présence d'une dizaine de chefs d'États d'Amérique latine et d'Europe.

Il nomme le 23 janvier son gouvernement, composé de seize ministres issus du MAS et des mouvements indigènes, paysans et syndicaux. Pour la première fois, une femme, Alicia Munoz Ale, obtient le ministère de l'Intérieur. Lors du discours qu'il prononce en cette occasion, Morales réaffirme sa volonté de « changer le modèle néolibéral » et de combattre la corruption, exigeant des membres de son gouvernement un « niveau zéro de corruption et de bureaucratie »[14].

Ses premières annonces concernent :

  • la production de coca : il affirme sa volonté de lutter contre le trafic de drogue et que l'une des lignes de son futur gouvernement sera : « zéro cocaïne, zéro trafic de drogue ». Mais il précise : « il ne peut y avoir, sous prétexte de lutte contre la drogue, zéro coca ou zéro cocaleros (le nom des cultivateurs de coca), il faut changer ces politiques ». Il désire, dans cette optique, voir dépénalisée au niveau international la culture de la coca. La mastication de la feuille de coca est une tradition millénaire[15] en Bolivie, et l'effet, bien que procurant une stimulation, n'a que fort peu à voir avec celui de la cocaïne[16].
  • la présence militaire étrangère : concernant les États-Unis, il estime que sous couvert de lutte contre la culture de la coca, les États-Unis installent des bases militaires. Il estime qu'actuellement « dans le cadre de politiques de lutte contre le trafic de drogue, les forces armées et la police sont subordonnées à des forces étrangères armées et en uniforme ». S'y opposant, il ajoute : « nous mènerons la lutte contre le trafic de drogue, mais sans aucune intervention policière ni militaire d'un pays étranger ».
  • la gestion des ressources naturelles : il ne compte pas chasser les multinationales du pétrole de son pays, mais nationaliser les entreprises exploitant les ressources naturelles, notamment l'industrie gazière et éventuellement pétrolière

Premier mandat[modifier | modifier le code]

Evo Morales et Lula da Silva le

Une Assemblée constituante est élue en 2006 afin de réformer la Constitution du pays[11]. Finalement, son gouvernement met l'accent sur l'alphabétisation, la pauvreté (augmentation du salaire minimum de 13 % lors de la seule année 2006[11], la distribution de bons scolaires aux foyers pauvres[11], la loi de redistribution des terres[11]) et la mortalité infantile, se souciant ainsi des classes misérables, en majorité indigènes, et largement délaissées auparavant[17]. Il décide également de réduire de moitié son salaire de président et celui des hauts-fonctionnaires[11].

En février 2007, il renvoie son ministre de l'Éducation, Félix Patzi, qui soutenait une réforme de l'éducation mettant l'accent sur les langues indigènes au détriment de l'espagnol, prenant ainsi ses distances avec l'indigénisme radical[11].

Deuxième mandat[modifier | modifier le code]

Le 6 décembre 2009, Evo Morales est réélu en obtenant 64 % des voix, contre 27 % à son principal adversaire, le conservateur Manfred Reyes[17],[18],[19]. Le MAS obtient en même temps la majorité absolue au Parlement bolivien. Peu de temps après, Manfred Reyes, mis en examen pour corruption, s'enfuit pour les États-Unis, tandis que l'ex-gouverneur de La Paz, José Luis Paredes, s'exile en Argentine pour des raisons similaires[17]. L'industriel Branko Marinkovic, ancien président du Comité Pro Santa Cruz qui avait aussi appelé au soulèvement contre Morales, prend également la fuite (il est soupçonné d'être lié au complot du boliviano-croate Rozsa Flores, démantelé en avril 2009, et qui visait à assassiner Morales)[20].

Dans la foulée de son élection, fin décembre 2009 à Copenhague, lors du sommet sur le réchauffement climatique, Evo Morales propose un référendum mondial sur le principe d'un tribunal international climatique et de la défense des droits de la Terre mère[21]. En avril 2010, il reprend ces thèmes lors de la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique que son gouvernement a organisée à Cochabamba[22].

Le 2 juillet 2013, l'avion d'Evo Morales est contraint d'atterrir à Vienne après une demande d’atterrissage en urgence car le Portugal, puis l'Espagne, la France (juste avant le passage de la frontière) et l'Italie lui interdisent le survol de leur territoire. Il est retenu à l'aéroport de Vienne durant plus de 13 heures au prétexte qu'il transporte peut-être Edward Snowden[23]. Lors de son retour en Bolivie dans la nuit du 3 juillet 2013, le président Morales exprime son indignation et sa colère sur la façon dont il a été traité, au mépris selon lui du droit international. L'Argentine, le Venezuela, l’Équateur, le Nicaragua, le Surinam, l'Uruguay et Cuba font part de leur soutien à Evo Morales, qui demande « des explications claires et franches » aux pays concernés[23]. Les ambassadeurs de trois pays (Italie, France, Espagne) ainsi que le consul du Portugal sont officiellement convoqués à La Paz. En août 2013, dans les colonnes du Monde diplomatique, Evo Morales publie l'article « Moi, président de la Bolivie, séquestré en Europe[23] », où il dénonce sa séquestration, ce qu'il considère comme un acte de terrorisme d'État. Le ministre français des Affaires étrangères appelle son homologue bolivien pour s'excuser[24].

Troisième mandat[modifier | modifier le code]

Il est réélu président au premier tour de l’élection présidentielle le 12 octobre 2014. Il considère que ce vote était « un débat entre deux modèles : les nationalisations et les privatisations » et que « les nationalistes l'ont emporté par plus de 60 % ». Cette confortable victoire s'expliquerait par de bons résultats obtenus en matière de politique économique et par les succès rencontrés par les programmes sociaux élaborés par son gouvernement, qui ont permis une réduction de l’extrême pauvreté d'un taux de 38 % en 2006 à 19 % en 2014 selon les chiffres des Nations unies [25],[26]. Evo Morales s'engage alors à éliminer l’extrême pauvreté avant 2025[27].

En février 2016, se tient un référendum devant modifier la Constitution pour permettre à Evo Morales de briguer un quatrième mandat de président, ce qui lui permettrait potentiellement d'être président jusqu'en 2025. Mais en cours de campagne des accusations de corruption sont lancées à l'encontre d'Evo Morales : celui-ci aurait usé de son influence en faveur de Gabriela Zapata, qui avait été sa compagne 10 ans auparavant, pour permettre à l'entreprise dont elle compte parmi les dirigeants de signer des contrats avec le gouvernement pour des centaines de millions de dollars ; plusieurs enquêtes judiciaires sont alors ouvertes[28]. La polémique atteint son paroxysme lorsque Gabriela Zapata accuse le président d'avoir eu avec elle un fils qu'il aurait refusé de reconnaitre. Le 22 février, le « non » l'emporte avec 51,3 % des suffrages, ce qui constitue la première défaite électorale d'Evo Morales[28],[29]. Au sujet des affaires judiciaires le concernant, Evo Morales est finalement innocenté des accusations de corruption par le rapport d’enquête, après le déroulement du scrutin, tandis qu'une comparaison d'ADN constate l'absence de lien de parenté entre le président et l'enfant présenté comme étant son fils[30].

Evo Morales voit le « Buen Vivir » comme l’horizon civilisationnel et culturel à atteindre pour la Bolivie, alternative au capitalisme[31].

Politique du gouvernement Morales[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Au sujet de la gestion des ressources naturelles il ne compte pas chasser les multinationales du pétrole de Bolivie mais renforcer le rôle de l’État, notamment dans les industries gazière et pétrolière, et accroitre la proportion revenant à la Bolivie des richesses produites par l'exploitation de ces ressources. En mai 2006, il annonce des contrats d'exploitation des ressources pétrolières plus contraignants pour les compagnies étrangères et étend les prérogatives de la compagnie publique nationale[32]. Une vingtaine d’entreprises reviennent dans l’administration publique après avoir été privatisées par les gouvernements précédents[33].

La Bolivie atteint en 2013 son record historique de croissance économique avec un taux de 6,5 %[34]. Entre 2005 et 2013, le PIB par habitant est multiplié par deux[35]. Par ailleurs, l'indice de Gini sur les inégalités se contracte pour tomber de 0,60 en 2005 à 0,47 en 2015[36].

Droit du travail et retraites[modifier | modifier le code]

À partir de février 2008, la réforme des retraites institutionnalisée par son gouvernement permet à tous les retraités boliviens (dont seul un sur cinq disposait d'une retraite auparavant) de percevoir un revenu correspondant à 40 % du salaire minimum[37]. Une nouvelle réforme est engagée en 2010 pour abaisser l'âge d'accès à la retraite à 58 ans[38].

Le salaire minimum est régulièrement rehaussé pour atteindre une hausse de près de 300 % depuis 2007 en 2016[33]. En décembre 2016, la Bolivie détient le taux de chômage le plus faible d'Amérique du Sud (4,1 %)[39].

Santé et éducation[modifier | modifier le code]

De 2007 à 2014, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le budget alloué à la santé a progressé de 173 %, ce qui ferait de la Bolivie l'un des pays d’Amérique du Sud les plus déterminés à donner priorité à la santé[40]. L’Organisation panaméricaine de la santé indique en 2015 que les campagnes de vaccination ont permis d'éliminer ou de réduire significativement la poliomyélite, la rubéole et la rougeole[41].

À la toute fin de l'année 2008, Evo Morales annonce que la Bolivie s'est libérée de l’analphabétisme selon les standards posés par l'Unesco, la taux d’analphabétisme étant passé sous les 4 % (contre 13 % en 2005) selon les statistiques gouvernementales. La Bolivie serait ainsi devenue le troisième pays de la région « libre d’analphabétisme » après Cuba en 1961 et le Venezuela en 2005[42][43].

Questions sociétales[modifier | modifier le code]

La Constitution bolivienne adoptée en 2009 est l’une des premières au monde à interdire expressément la discrimination sur la base de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre[44]. Le mariage homosexuel reste toutefois illégal[44].

En 2010, le Parlement adopte la loi contre le racisme et toutes les formes de discriminations, qui prohibe notamment les discriminations des personnes homosexuelles par des entreprises ou des individus et rend possible d’éventuelles condamnations[45].

En 2016, une loi permet aux transsexuels et aux transgenres de pouvoir changer l'indication de leur nom et de leur sexe sur leurs papiers d'identité, après consultation d'un médecin, sans avoir recours préalablement à une opération de changement de sexe[46]. Depuis 2017, le mariage leur est également possible[47].

Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

En 2008, l'ambassadeur américain Philip Goldberg et la DEA sont expulsés, accusés d'espionnage et d'opérations de déstabilisation. La Bolivie était alors confrontée à une opposition sécessionniste de la part de certaines provinces, notamment de Santa Cruz. À la suite de cela, les États-Unis ont retiré à la Bolivie le bénéfice de l'Andean Trade Promotion and Drug Eradication Act et l'ont classée comme l'un des « mauvais élèves » de sa « guerre contre la drogue »[48].

Selon des informations dévoilées par WikiLeaks, les États-Unis auraient versé 4 millions de dollars en 2007 à des organisations séparatistes de Santa Cruz afin de déstabiliser le gouvernement bolivien[49].

La Bolivie adhère en 2006 à l'Alliance bolivarienne pour les Amériques, fondée à l'initiative de Cuba et du Venezuela, et devient membre permanent du Mercosur en 2015.

Les problématiques relatives à l’environnement constituent l'axe majeur de la politique extérieure d'Evo Morales[50]. Depuis l’échec de la Conférence de Copenhague de 2009, la Bolivie tente d'initier un front écologique alternatif pour redéfinir les engagements internationaux dans la lutte contre le changement climatique, qui se matérialise en 2010 avec l'organisation de la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique[50][51].

Carrière de footballeur[modifier | modifier le code]

Grand passionné de football, Evo Morales signe un contrat professionnel d'une année en mai 2014 pour jouer en première division bolivienne avec le club de Sport Boys Warnes[52].

Discours[modifier | modifier le code]

  • (es) La revolución democrática y cultural : diez discursos (dix discours d'Evo Morales), Editorial Malatesta, Lima, 2006, 180 p.
  • (fr) Pour en finir avec l'État colonial : discours d'investiture présidentielle (préface de Danielle Mitterrand, traduit de l'espagnol par l'association Le Jouet enragé), Le Jouet enragé, L'Esprit frappeur, Paris, 2006, 87 p. (ISBN 2-84405-227-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Président de la République de Bolivie du au , puis président de l'État plurinational de Bolivie depuis l'approbation de la nouvelle Constitution le .

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Evo Morales », Les Échos, 11 août 2008, p. 28.
  2. Rolland et Joëlle Chassin (dir.), Pour comprendre la Bolivie d'Evo Morales, L'Harmattan, , 447 p. (ISBN 978-2-296-04494-4), p. 44
  3. Carla Fernandes, Cinémas du réel en Amérique latine: XXIe siècle, Presses universitaires du Mirail, (ISBN 9782810700738), p. 48
  4. Le Devoir, 31 juillet 2006.
  5. Sur la thèse de l'instrument politique, voir Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie, Raisons d'agir, 2008, pp. 54-68.
  6. Kevin Healy, « Political ascent of bolivia's peasant coca leaf producer », Journal of interamerican studies and world affairs, vol. 33 (1), 1991.
  7. Do Alto et Stefanoni, op. cit., p. 60.
  8. Do Alto et Stefanoni, op. cit., p.  61.
  9. Do Alto et Stefanoni, op. cit., p.  71.
  10. « From coca to congress. An Interview With Evo Morales », The Ecologist, 11 novembre 2002.
  11. a, b, c, d, e, f et g Roméo Langlois et Pascale Mariani, La Bolivie veut retrouver ses racines indiennes, Le Figaro, 20 mars 2007
  12. « Bolivie: les Amérindiens gagnent la "guerre du gaz", perdue par les Etats-Unis - LatinReporters.com », sur www.latinreporters.com
  13. http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/bolivie_509/presentation-bolivie_938/politique-interieure_4492.html
  14. « Evo Morales nomme un cabinet de changement », Le Devoir,24 janvier 2006, p. a5.
  15. Voir le mythe inca de Mama Coca
  16. (fr) Les fédérations et les syndicats de cocaleros en Bolivie
  17. a, b et c Evo Morales investi pour un second mandat, Le Monde avec AFP, 21 janvier 2010.
  18. Dépêche Yahoo
  19. Les Boliviens élisent Evo Morales président pour un deuxième mandat, El Mundo, lundi 7 décembre 2009
  20. L'adversaire de Morales s'est exilé à Miami, Le Courrier, 16 janvier 2010
  21. Cf. site Primitivi
  22. Cf. "Morales pour un tribunal climatique", article du Journal du dimanche du 23 avril 2010
  23. a, b et c Evo Morales, « « Moi, président de la Bolivie, séquestré en Europe » : Avec l’affaire Snowden, les Etats-unis accentuent leur dérive sécuritaire », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  24. (en) « Snowden case: France apologises in Bolivia plane row », BBC,‎ (lire en ligne)
  25. France Inter avec Reuters, « Bolivie : le triomphe d'Evo Morales »,
  26. Tarik Bouafia, « Evo Morales en route pour un troisième mandat | Investig'Action », sur www.investigaction.net
  27. « Bolivie : Evo Morales s'engage à éradiquer l'extrême pauvreté d'ici 2025 », sur Actu Latino,
  28. a et b http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/02/23/97001-20160223FILWWW00208-bolivie-probable-defaite-d-evo-morales.php
  29. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/02/24/97001-20160224FILWWW00221-referendum-en-bolivie-evo-morales-reconnait-avoir-perdu-la-bataille.php
  30. « François Lenglet, ou la corruption du débat - Mémoire des luttes », sur www.medelu.org
  31. « La Bolivie voit le « Buen Vivir » comme l’horizon civilisationnel et culturel alternatif au capitalisme », (consulté le 6 août 2016)
  32. « Evo Morales annonce la nationalisation des hydrocarbures en Bolivie », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  33. a et b « En Bolivie, victoire de la carpe et du lapin - Mémoire des luttes », sur www.medelu.org
  34. « Bolivie: Morales célèbre un taux de croissance record - Amériques - RFI »,
  35. « Prodigieuse métamorphose de la Bolivie », sur www.medelu.org
  36. « Pobreza en Bolivia disminuyó 20 por ciento en la última década », Prensa Latina - Agencia Latinoamericana de Noticias,‎ (lire en ligne)
  37. « Evo Morales instaure une rente universelle dès 60 ans »
  38. « La retraite sept ans plus tôt : la Bolivie de Morales à contre-courant »,
  39. « Tasa de desempleo en Bolivia es la más baja de Suramérica », teleSUR -,‎ (lire en ligne)
  40. (es) « Fernando Leanes: Bolivia, con 173% en inversión per cápita en salud - La Razón », sur www.la-razon.com
  41. « OPS/OMS distingue al Ministerio de Salud por erradicar el sarampión, polio y rubeola congénita | CAMBIO - Periódico del Estado Plurinacional », sur www.cambio.bo (consulté le 22 janvier 2017)
  42. Unidad Editorial Internet, S.L., « Evo Morales declara a Bolivia libre de analfabetismo | elmundo.es », sur www.elmundo.es
  43. « Bolivia será declarada libre de analfabetismo el 20 de diciembre », sur lta.reuters.com
  44. a et b « Bolivie : Gay et lesbien », Lonely Planet,‎ (lire en ligne)
  45. « Ley contra el racismo y toda forma de discriminación », Estado Plurinacional de Bolivia,‎ (lire en ligne)
  46. « Bolivie: la marche des diversités sexuelles, témoin d’un pays progressiste », RFI,‎ (lire en ligne)
  47. (es) « Confirman validez de matrimonios de transexuales y transgénero en Bolivia », sur eju.tv (consulté le 15 juillet 2017)
  48. Bolivia walks thin line as it struggles to battle coca production, Washington Post, 13 novembre 2010
  49. (es) « Un analista de WikiLeaks muestra cómo EE.UU. patrocinó el separatismo en Bolivia », RT en Español,‎ (lire en ligne)
  50. a et b « La Bolivie et le changement climatique : tentative de constitution d'une alternative écologique ? », sur www.sciencespo.fr
  51. « La conférence des peuples de Cochabamba », sur conference-climat.durable.com (consulté le 15 juillet 2017)
  52. (es) Evo Morales jugará en la Primera División de Bolivia, mundodeportivo.es, 18 mai 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (es)(fr) Abya Yala es nuestra/Abya Yala nous appartient, film documentaire de Patrick Vanier réalisé en 2007 en France et en Bolivie, France-Amérique Latine 33, Bordeaux, 2008?, 80' (DVD)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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