Blue Velvet

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Blue Velvet
Réalisation David Lynch
Scénario David Lynch
Acteurs principaux
Sociétés de production De Laurentiis Entertainment Group (en)
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Policier, thriller
Durée 120 minutes
Sortie 1987

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Blue Velvet est un film américain écrit et réalisé par David Lynch, sorti en 1986. L'American Film Institute le sélectionne en 2008 parmi les 10 meilleurs films à énigme jamais réalisés. En 2013, Entertainment Weekly le classe quinzième dans sa liste des 100 plus grands films jamais réalisés[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans la belle petite ville américaine de Lumberton, en Caroline du Nord, Monsieur Beaumont est victime d'une crise cardiaque en arrosant son gazon. Son fils Jeffrey, rentrant chez lui après une visite à son père malade, découvre une oreille humaine dans un champ. Cette oreille, en décomposition, est couverte d'insectes. Jeffrey amène immédiatement sa trouvaille à l’inspecteur Williams et fait ainsi la connaissance de sa fille, la jolie Sandy.

Poussé par la curiosité et un certain goût pour le mystère, Jeffrey va mener l'enquête avec elle pour découvrir à qui appartient cette oreille et ce que cache cette histoire macabre, derrière la façade apparemment innocente de Lumberton.

Cette investigation va le plonger dans un milieu étrange et sordide où évoluent, entre autres, Dorothy Vallens, une chanteuse de cabaret psychologiquement fragile, et Frank Booth, un dangereux psychopathe pervers.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

 Source et légende : version française (VF) sur RS Doublage[2] et DSD Doublage[3].

Production[modifier | modifier le code]

Lynch considère Blue Velvet comme son film le plus personnel, affirmant qu'il est en partie autobiographique :

« Kyle s'habille comme moi. Mon père était chercheur scientifique et travaillait au département de l'Agriculture à Washington. On passait notre temps dans les bois. J'en avais marre de la forêt à l'époque où je suis parti, mais quand même, les bûcherons et leurs bûches, toutes ces choses, c'est pour moi une image de l'Amérique autant que les clôtures de jardins avec leurs roses. Cette image est gravée en moi et me rend heureux[4]. »

Genèse du film[modifier | modifier le code]

La première idée de scénario du réalisateur date de 1973. Elle se résume alors à « un sentiment » et au titre du film qui fait référence à la chanson Blue Velvet interprétée par Bobby Vinton : « La tonalité [du film] est venue avec cette chanson : une ambiance, une époque[5]. » L'image d'une oreille humaine coupée et située dans un champ vient ensuite à son esprit : « Je ne sais pas pourquoi c'était une oreille. Ce devait être un orifice du corps humain, un trou dans quelque chose... L'oreille est accrochée à la tête et débouche directement sur l'esprit, donc ça m'a semblé parfait[6]. » Il imagine aussi un personnage qui se cacherait dans la chambre d'une femme pour l'observer pendant la nuit et qui ainsi découvrirait un indice lui permettant de résoudre un meurtre[7].

Lynch passe deux ans à écrire deux ébauches qui, selon lui, n'étaient pas très bonnes : « Il y avait tout ce qu'il y a de désagréable dans le film mais rien d'autre. Il manquait trop de choses. Alors j'ai laissé le projet de côté pendant un temps[8]. »

Au début des années 1980, le réalisateur rencontre le producteur Richard Roth qui a lu le scénario de Ronnie Rocket (en), un projet inachevé du réalisateur. Il ne souhaite pas le produire mais lui demande s'il a d'autres scénarios à lui proposer. Lynch lui parle de ses idées pour Blue Velvet et le producteur est conquis. Lynch commence alors l'écriture de deux autres versions de l'histoire[9].

Peu après, Lynch fait face à l'échec commercial et la mauvaise réception critique de Dune (1984), produit par Dino De Laurentiis. Il explique au producteur italien qu'il envisage son prochain film comme une œuvre plus personnelle, plus proche du style surréaliste de ses débuts, et lui soumet le scénario qu'il développe avec Richard Roth. De Laurentiis accepte de financer le film via une nouvelle société créée aux États-Unis, De Laurentiis Entertainment Group (en). En échange d'une réduction de salaire et d'un budget limité à 6 millions de dollars, le producteur concède le final cut à Lynch[9].

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Pour le rôle de Dorothy Vallens, Lynch pense tout d'abord à Hanna Schygulla qui refuse[9]. Il rencontre ensuite Isabella Rossellini avec Dino De Laurentiis dans un restaurant new-yorkais. Il connaît peu l'actrice et ne pense pas à elle pour le rôle. Mais il sait qu'elle vient de tourner avec Helen Mirren dans Soleil de nuit (1985) et lui demande si elle veut bien transmettre un scénario à l'actrice britannique. Quand Isabella Rossellini le reçoit, une note de Lynch l'accompagne expliquant qu'il lui était venu à l'esprit qu'elle souhaitait peut-être elle-même jouer dans le film. Elle est conquise dès la première lecture du scénario et accepte le rôle, sans se douter qu'il aura un impact négatif sur la carrière qu'elle mène en parallèle dans le mannequinat[10].

Le cinéaste a un seul acteur en tête pour le personnage de Jeffrey Beaumont : Val Kilmer. Mais celui-ci refuse, jugeant que le scénario n'est que « pornographie ». Il expliquera par la suite qu'il aurait finalement pu accepter le rôle au vu de la version finale du film, qui lui plaît beaucoup[11]. Chris Isaak, dont deux chansons de l'album Silvertone (en) figurent dans le film, est également approché et refuse à son tour. Le choix se porte alors sur Kyle MacLachlan, qui a commencé sa carrière au cinéma dans le précédent film de Lynch, Dune (1984). Il est lui aussi surpris par la crudité du scénario, plus marquée que dans le film, et demande à ses parents de le lire avant de donner sa réponse au réalisateur. Son père ne s'oppose pas à ce qu'il tourne mais sa mère est réticente. L'acteur accepte tout de même la proposition car il fait confiance au réalisateur[10].

Lynch propose le rôle de Frank Booth à Robert Loggia, puis à Willem Dafoe et Richard Bright. Tous trois le refusent en raison du caractère vulgaire et trop intense du personnage[11]. Dennis Hopper, quant à lui, accepte le rôle avec enthousiasme : « Je dois jouer Frank ! Je suis Frank ![12] ».

Pour le rôle de Sandy Williams, Lynch compte engager Molly Ringwald, qui s'est fait connaître dans plusieurs teen movies. Mais la mère de l'actrice refuse la proposition car elle craint que les scènes explicites du film nuisent à la carrière prometteuse de sa fille[12]. Le rôle est confié à Laura Dern.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage se déroule en Caroline du Nord, dans les studios de De Laurentiis Entertainment Group (en) à Wilmington et dans la ville de Lumberton pour les scènes en extérieur[11].

Le premier montage du film avoisine les quatre heures. Comme Lynch s'est engagé à fournir un film de deux heures, il est contraint d'abandonner des intrigues secondaires et des scènes qui approfondissent le caractère des personnages. Il effectue également quelques coupes à la demande de la Motion Picture Association of America qui juge certains plans trop violents[9].

La scène du sauvetage de Dorothy est inspirée du personnage de Selina Cross dans Les Plaisirs de l'enfer (1957) de Mark Robson. Dans ce film, le personnage est interprété par Hope Lange, l'actrice jouant Madame Williams, la mère de Sandy.

Pour la sortie du film en Blu-ray en 2011, Lynch cherche à mettre la main sur les négatifs des scènes coupées au montage. Mais Dino De Laurentiis ne sait pas où ils sont et les pense perdus. Son studio américain qui a fait banqueroute en 1989 a été racheté par Carolco Pictures qui a fait banqueroute à son tour en 1995 et les actifs de Carolco ont ensuite été répartis entre plusieurs repreneurs. Les négatifs sont finalement retrouvés à Seattle et Lynch remastérise 51 minutes de scènes coupées et alternatives sous le titre The Lost Footage[13],[14].

Musique[modifier | modifier le code]

Bande originale[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Le film n'a pas rencontré le succès commercial, rapportant environ 8 551 000 $ au box-office en Amérique du Nord pour un budget de 6 000 000 $[15]. En France, il a réalisé 573 980 entrées[16].

Il a reçu un accueil critique très favorable, recueillant 92 % de critiques positives sur le site agrégateur Rotten Tomatoes, avec une note moyenne de 8,6/10 et sur la base de 38 critiques collectées[17].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The 100 All-Time Greatest Movies of All Time by Entertainment Weekly 2013 », sur Filmsite.org (en) (consulté le 24 février 2019).
  2. Fiche du doublage français du film sur RS Doublage.
  3. Fiche du doublage français du film sur DSD Doublage.
  4. (en) David Chute, « Out to Lynch », Film Comment,‎ .
  5. (en) Borden Lizzie, « The World According to Lynch », The Village Voice,‎ .
  6. (en) Nan Robertson, « The All-American Guy Behind Blue Velvet », The New York Times,‎ .
  7. (en) Laurent Bouzereau, « An Interview with David Lynch », Cineaste,‎ , p. 39.
  8. (en) David Lynch, Chris Rodley, Lynch on Lynch, Faber & Faber, .
  9. a b c et d Mysteries of Love: The Making of Blue Velvet, DVD Blue Velvet Special Edition, 2002.
  10. a et b (en) Jamie Righetti, « ‘Blue Velvet’ Remembered: Isabella Rossellini and Kyle MacLachlan Praise David Lynch’s On-Set Environment », sur Indiewire, (consulté le 24 février 2019).
  11. a b et c « Blue Velvet (1986) », sur Internet Movie Database.
  12. a et b « Trivia on Blue Velvet (1986) », sur Internet Movie Database.
  13. (en) Jason Bentley, « David Lynch, Morning Becomes Eclectic », sur KCRW, (consulté le 24 février 2019).
  14. (en) Michael Roffman, « David Lynch’s Blue Velvet heading to Criterion with nearly an hour of deleted material », sur Consequence of Sound, (consulté le 24 février 2019).
  15. Blue Velvet sur Box Office Mojo.
  16. Blue Velvet sur JP‘s Box-Office.
  17. Blue Velvet sur Rotten Tomatoes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]