Blue Velvet

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Blue Velvet

Réalisation David Lynch
Scénario David Lynch
Acteurs principaux
Sociétés de production De Laurentiis Entertainment Group
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Policier
thriller
Sortie 1987
Durée 120 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Blue Velvet est un film américain réalisé par David Lynch, sorti en 1986. Blue Velvet est sur la liste des 100 plus grands films jamais réalisés par Entertainment Weekly en 1999 et sélectionné par the American Film Institute comme un des 10 meilleurs films à énigme jamais réalisés.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans la belle petite ville américaine de Lumberton, en Caroline du Nord, M. Beaumont est victime d'une crise cardiaque en arrosant son gazon. Son fils Jeffrey, rentrant chez lui après une visite à son père malade, découvre une oreille humaine dans un champ. Cette oreille, en décomposition, est couverte d'insectes. Jeffrey amène immédiatement sa trouvaille à l’inspecteur Williams et fait ainsi la connaissance de sa fille, la jolie Sandy.

Poussé par la curiosité et un certain goût pour le mystère, Jeffrey va mener l'enquête avec elle pour découvrir à qui appartient cette oreille et ce que cache cette histoire macabre, derrière la façade apparemment innocente de Lumberton.

Cette investigation va le plonger dans un milieu étrange et sordide où évoluent, entre autres, Dorothy Vallens, une chanteuse de cabaret psychologiquement fragile, et Frank Booth, un dangereux psychopathe pervers.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse du film[modifier | modifier le code]

Après l'échec commercial et la mauvaise réception par la critique de Dune (1984), David Lynch a souhaité développer un film plus « personnel », plus proche du style surréaliste de ses débuts (Eraserhead, 1977). Le scénario de Blue Velvet est passé entre de nombreuses mains d'Hollywood entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, beaucoup de producteurs le refusant pour son caractère violent et fortement sexuel. Le Studio indépendant De Laurentiis Entertainment Group, propriété à l'époque du producteur Dino De Laurentiis, accepta de financer et de produire le film.

Le tournage s'est déroulé à Lumberton et Wilmington, en Caroline du Nord[1].

Aucun distributeur américain ne souhaitant avoir affaire avec ce film, le producteur Dino De Laurentiis monta sa propre société de distribution, De Laurentiis Entertainment Group (D.E.G.).

La scène du sauvetage de Dorothy est inspirée du personnage de Selina Cross dans Les Plaisirs de l'enfer. Dans ce film, le personnage est alors interprété par Hope Lange, l'actrice jouant Mrs Williams, la mère de Sandy, dans Blue Velvet.

Scénario[modifier | modifier le code]

Lynch considère Blue Velvet comme son film le plus personnel, et a affirmé qu'il est en partie autobiographique[2] :

« Kyle s'habille comme moi. Mon père était chercheur scientifique et travaillait au département de l'Agriculture à Washington. On passait notre temps dans les bois. J'en avais marre de la forêt à l'époque où je suis parti, mais quand même, les bûcherons et leurs bûches, toutes ces choses, c'est pour moi une image de l'Amérique autant que les clôtures de jardins avec leurs roses. Cette image est gravée en moi et me rend heureux. »

L'histoire du film provient de trois idées cristallisées dans l'esprit du réalisateur depuis 1973. D'après une interview de Lynch au Cineaste en 1987, la première idée se résume à « un sentiment » et à un titre, Blue Velvet[3]. La seconde idée était l'image d'une oreille humaine coupée et située dans un champ. Lynch a expliqué dans une interview[4] : « Je ne sais pas pourquoi c'était une oreille. Ce devait être un orifice du corps humain, un trou dans quelque chose... L'oreille est accrochée à la tête et débouche directement sur l'esprit, donc ça m'a semblé parfait. » La troisième et dernière idée était l'interprétation de la chanson Blue Velvet par Bobby Vinton[5] : « La tonalité est venue avec cette chanson : une ambiance, un temps, et les choses qui appartiennent à ce temps. »

David Lynch et Richard Roth ont envoyé le scénario à Warner Bros., qui se sont dits intéressés par le projet. Lynch a passé deux ans à écrire deux brouillons qui, selon lui, n'étaient pas très bons. Leur problème était qu'« ils comportaient tout ce qu'il y a de désagréable dans le film mais rien d'autre. Il manquait trop de choses[6]. »

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Dennis Hopper, qui avait joué précédemment dans Easy Rider (1969) et Apocalypse Now (1979), était la célébrité du film. La réputation d'Isabella Rossellini a commencé à se faire dans les années 1980, grâce aux publicités pour Lancôme dans lesquelles elle a figuré. Kyle MacLachlan, quant à lui, avait incarné le personnage principal dans Dune (1984), le film de Lynch adapté du roman du même nom qui a représenté un échec critique et commercial.

Mais parmi les acteurs de Blue Velvet figurent également plusieurs personnes peu connues à l'époque, car le contenu du scénario et le budget modéré du film ont limité le nombre de célébrités que pouvait embaucher Lynch.

Le rôle de Frank Booth avait initialement été proposé à Robert Loggia, puis à Willem Dafoe et Richard Bright, qui l'ont tous trois refusé en raison du caractère vulgaire et trop intense du personnage[1]. Dennis Hopper, quant à lui, a accepté le rôle avec enthousiasme[7] : « Je dois jouer Frank ! Je suis Frank ! ». Hopper a confirmé ceci dans le documentaire « making-of » de Blue Velvet intitulé Les mystères de l'amour, produit en 2002[8].

Pour le rôle de Dorothy Vallens, Lynch avait tout d'abord pensé à Hanna Schygulla, qui refusa le rôle, puis à Helen Mirren[8]. Il a finalement rencontré Isabella Rossellini dans un restaurant new-yorkais, et l'actrice a accepté[1].

Le cinéaste avait une seule idée en tête pour le personnage de Jeffrey Beaumont : Val Kilmer. Mais l'acteur a refusé le rôle, prétextant que le scénario n'était que « pornographie ». Kilmer a affirmé plus tard qu'il aurait accepté la version finale du film, qui lui plaisait beaucoup[1]. Chris Isaak, dont Lynch a utilisé deux chansons de l'album Silvertone pour son film, a également été approché et a également refusé. Finalement, la proposition a été faite à Kyle MacLachlan, qui a accepté immédiatement.

Lynch a dit dans une interview qu'il comptait initialement engager Molly Ringwald, qui avait alors une réputation de « teen idol », pour le rôle de Sandy Williams. Mais la mère de l'actrice s'y est opposée en raison des scènes explicites contenues dans le film, qui auraient pu selon elle ternir la carrière prometteuse de sa fille dans le monde du cinéma[7].

Scènes coupées[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la sortie du film en blu-ray, David Lynch a remasterisé 50 minutes de scènes coupées, retrouvées récemment. En effet, le contrat exigeait que le film ne devait pas dépasser les deux heures et de nombreuses scènes furent évincées d'un premier montage qui durait 4h.

Musique[modifier | modifier le code]

Bande originale[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Le film n'a pas rencontré le succès commercial, rapportant environ 8 551 000 $ au box-office en Amérique du Nord pour un budget de 6 000 000 $[9]. En France, il a réalisé 573 980 entrées[10].

Il a reçu un accueil critique très favorable, recueillant 92 % de critiques positives, avec une note moyenne de 8,6/10 et sur la base de 38 critiques collectées, sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes[11].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Blue Velvet », sur Internet Movie Database
  2. (en) David Chute, « Out to Lynch », Film Comment,‎ octobre 1986
  3. (en) Laurent Bouzereau, « An Interview with David Lynch », Cineaste,‎ 1987, p. 39
  4. (en) Nan Robertson, « The All-American Guy Behind Blue Velvet », The New York Times,‎ 11 octobre 1986
  5. (en) Borden Lizzie, « The World According to Lynch », Village Voice,‎ septembre 1986
  6. (en) David Lynch, Chris Rodley, Lynch on Lynch, Faber & Faber,‎ 24 mars 2005
  7. a et b « Trivia on Blue Velvet (1986) », sur Internet Movie Database
  8. a et b Mysteries of Love: The Making of Blue Velvet, DVD Blue Velvet Special Edition, 2002
  9. Blue Velvet sur Box Office Mojo.
  10. Blue Velvet sur JP‘s Box-Office.
  11. Blue Velvet sur Rotten Tomatoes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]