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Le crime était presque parfait

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Le crime était presque parfait
Description de l'image Dial M For Murder.jpg.
Titre original Dial M for Murder
Réalisation Alfred Hitchcock
Scénario Frederick Knott
Acteurs principaux Ray Milland
Grace Kelly
Robert Cummings
John Williams
Sociétés de production Warner Bros.
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Thriller
Durée 105 minutes
Sortie 1954

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Grace Kelly
De g. à d. : Ray Milland, Robert Cummings et John Williams

Le crime était presque parfait (Dial M for Murder) est un film américain réalisé en relief par Alfred Hitchcock, sorti en 1954.

Tony Wendice (Ray Milland), ancien champion de tennis, craint que sa femme Margot (Grace Kelly), qui a une aventure avec l'auteur de romans policiers Mark Halliday (Robert Cummings), ne le quitte et le laisse financièrement démuni.

Aussi échafaude-t-il un plan pour faire assassiner Margot par un comparse, ancien camarade de collège ayant mal tourné, Alexandre Swan (Anthony Dawson), pour hériter de cette dernière pendant qu'il se forge un alibi inattaquable.

Pour ce faire, il subtilise la clé de sa femme et la glisse sous le tapis de l'escalier, où l'assassin n'aura plus qu'à la prendre pour s'introduire dans l'appartement. Il se cachera ensuite derrière le rideau qui est à côté du téléphone dans le salon. Margot, endormie dans la chambre, n'entendra rien. Wendice, parti à un dîner en compagnie d'Halliday - qui lui fournira ainsi bien involontairement un alibi imparable - appellera à 11 heures du soir précise l'appartement et sa femme, réveillée par la sonnerie, viendra répondre. A ce moment, le tueur surgira de derrière le rideau et l'étranglera avec un bas. Puis, il mettra un peu de désordre pour faire croire à un début de cambriolage.

Les choses se passent à peu près comme prévu si ce n'est que la victime, en se débattant, se saisit d'une paire de ciseaux qu'elle plante dans le dos de son agresseur qui, en s'effondrant sur la lame, tombe raide mort.

Au téléphone, Wendice entend des bruits de lutte puis un grand silence. Il comprend qu'il y a quelque chose qui cloche. Bientôt Margot, choquée et affolée, lui demande entre deux sanglots de revenir tout de suite en lui racontant l'agression qu'elle vient de subir et son dénouement dramatique. Wendice prévient Halliday qu'il doit partir prématurément sans lui en donner la raison. Il a en effet besoin d'être seul pour ourdir rapidement un plan B afin de se débarrasser de sa femme.

Arrivé sur place, il subtilise la clé dans une des poches du mort et la remet discrètement dans le sac de Margot. Puis, il brûle le bas qui a servi pour la tentative de meurtre. Enfin, il entrebaille la fenêtre derrière le rideau pour faire croire que le tueur s'est introduit par là. Puis, à l'aide d'autres éléments, il suggère par petites touches à l'intention de la police l'hypothèse d'un crime - celui d'une femme infidèle qui s'est débarrassée d'un maître-chanteur - maquillé en tentative de cambriolage qui a mal tourné.

Et le complot machiavélique fonctionne : accusée d'avoir tuée Swan avec préméditation afin de se débarrasser d'un maître-chanteur au courant de sa liaison, Margot est condamnée à mort.

Mais Halliday, qui ne croit pas une seconde à la culpabilité de Margot, harcèle l'inspecteur de police qui a mené l'enquête, pour qu'il la reprenne. Il a d'autant moins de mal que celui-ci reste intrigué par cette affaire. Il comprend notamment mal pourquoi le tueur n'avait aucune clé, fût-ce la sienne, dans ses poches. Ses doutes se renforcent quand il constate que la clé dans le sac de Margot n'est pas celle de l'appartement. Quand il découvre la bonne clé sous le tapis de l'escalier, il comprend tout. Il ne reste plus qu'à tendre un piège à Wendice pour le confondre et à sauver ainsi in extremis Margot de la pendaison.

Fiche technique

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Distribution

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Tournage en 3D

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Le crime était presque parfait a été originellement filmé en relief stéréoscopique et projection en lumière polarisée, un procédé inventé au début des années 1950 et devenu très en vogue, nécessitant l'usage de lunettes polarisantes lors du visionnage[2].

Hitchcock a parfaitement intégré les possibilités du relief à sa mise en scène, comme dans le très gros plan sur le doigt de Tony Wendice tournant le cadran du téléphone, la main de Margot à la recherche désespérée de la paire de ciseaux ou la clef tendue par l'inspecteur Hubbard à la fin du film. Malheureusement très peu de spectateurs eurent l'occasion de profiter de cette version lors de sa sortie, car une seule ville (Saint-Louis)[réf. nécessaire] la projeta en relief.

De nos jours, le film est régulièrement projeté en relief lors de festivals ou manifestations spécialisées, et par certaines salles de cinéma équipées pour cette technique, celle-ci nécessitant une double projection et un écran métallisé spécial. Un entracte est nécessaire pour le chargement simultané des deux bobines indispensable à l'effet stéréoscopique.

Un Blu-ray 3D est désormais disponible.

Autour du film

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  • Le crime était presque parfait est le premier des trois films d'Hitchcock avec l'actrice Grace Kelly[2]
  • Caméo : à la 13e minute, Alfred Hitchcock, faute de pouvoir apparaître en mouvement dans une intrigue presque entièrement en huis clos, fait tout de même une apparition statique, sur la photo que Tony Wendice montre au prétendu capitaine Lesgate, parmi les anciens élèves attablés en compagnie dudit Wendice et de C. A. Swan.

Références dans d'autres œuvres

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Ce film a influencé de nombreux épisodes de la série télévisée Columbo, notamment l'épisode pilote Inculpé de meurtre (Prescription: Murder) et le quatrième épisode de la septième saison Jeu de mots (How to Dial a Murder).

Il a aussi influencé le film Meurtre parfait, son remake réalisé par Andrew Davis, avec Michael Douglas, Gwyneth Paltrow et Viggo Mortensen.

Notes et références

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  1. Film projeté avec un entracte
  2. a et b Olivier Père, « Le crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock », Blog d'Olivier Père,‎ (lire en ligne)

Bibliographie

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  • Pierre Murat, « Le crime était presque parfait », Télérama no 3284-3285, Télérama SA, Paris, p. 196, , (ISSN 0040-2699)

Liens externes

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