Joseph Colombo

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Joseph Colombo
Description de cette image, également commentée ci-après
Fichier de la police de New-York lors de son arrestation le 6 mars 1970
Nom de naissance Joseph Colombo Sr
Alias
Joe
Naissance
The Bronx, New York (États-Unis)
Décès (à 54 ans)
l'hôpital St Luke à Newburgh, New York
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession
Docker
Promoteur immobilier
Président de la Ligue de Défense des Droits Civique des Italo-Américains
Autres activités
Parrain de la famille Colombo
Extorsion de fond
Famille
Anthony Colombo (père)
Christopher Colombo (fils)
Joseph Colombo Jr (fils)
Anthony Colombo (fils)

Joseph "Joe" Colombo Sr. (né le à New York et mort le dans la même ville) est un gangster américain, qui fut le chef de la famille Colombo, une des Cinq Familles de la Cosa Nostra de New-York. Il a donné son nom à cette famille du crime qui est encore utilisé en 2013, anciennement nommée famille Profaci. Il est connu pour avoir fondé la Ligue de Défense des Droits Civique des Italo-Américains (en), en 1970. Il est le premier chef mafieux à s'afficher ostensiblement dans les médias, ce qui déplaît aux autres parrains mafieux qui ne veulent pas attirer l'attention sur la mafia. Ceci a surement causé sa perte car il est abattu lors de la Deuxième Journée de l'Unité Italienne, le 28 juin 1971. Il reste plusieurs années dans le coma, et meurt d'un arrêt cardiaque le 22 mai 1978. Seul John Gotti, vers la fin des années 1980 et le début des années 1990, aura la même couverture médiatique que lui, Gotti cherchant aussi à s'afficher ostensiblement dans les médias.

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Joseph Colombo, Sr. est né dans une famille italo-américaine. Son père, Anthony Colombo, était l'un des premiers membres de la famille Profaci, qui allait plus tard devenir la famille Colombo. En 1938, il est retrouvé mort par strangulation dans une voiture avec sa maîtresse[1]. Joe Colombo étudie au lycée de New Utrecht à Brooklyn pendant deux ans, puis il abandonne ses études pour rejoindre les Garde-Côtes US. En 1945, il est diagnostiqué névrosé et est révoqué de son service militaire. Sa carrière professionnelle officielle fut d'être docker pendant 10 ans, puis 6 ans comme vendeur dans une usine de boucherie[2]. Son dernier travail officiel étant d'avoir été vendeur dans l'immobilier[1].

Colombo possédait une modeste maison dans le quartier de Bay Ridge à Brooklyn et une propriété de 5 acres à Blooming Grove, dans l'état de New York[2]. Il a cinq enfants, dont Christopher Colombo, Joseph Colombo Jr et Anthony Colombo.

Première Guerre Colombo[modifier | modifier le code]

Colombo intègre, comme son père, la famille Profaci. Il en devient un des principaux tueurs de la famille et est rapidement promu caporegime.

En 1961, Joe Gallo et son équipe enlèvent Colombo et d'autres membres du commandement de la famille Profaci. Gallo leur demande une redistribution plus équitable des revenus de la famille. Sa demande fait suite à sa constatation que certains membres de la famille mènent une vie opulente et taxent fortement les autres membres de la famille. Après plusieurs semaines de négociations, Profaci et les frères Gallo se mettent d'accord. Colombo et les autres otages sont relâchés. Vers la fin de l'année 1961, Profaci rejette l'accord prit avec les frères Gallo et s'ensuit la Première Guerre Colombo[3].

Le 6 juin 1962, Joe Profaci meurt et Joseph Magliocco prend sa succession à la tête de la famille[4]. Maggliocco élabore rapidement un plan avec Joseph Bonanno pour éliminer le patron de la famille Lucchese, Tommy Lucchese et le patron de la famille Gambino, Carlo Gambino. Magliocco veut sanctionner les deux patrons pour leur soutien aux frères Gallo et il soutient Bonnano car il prévoit que celui-ci prenne le commandement de la Commission. Magliocco donne le contrat à Colombo, qui révélera le plan d'assassinat à Lucchese et Gambino. La Commission force Magliocco à se retirer du commandement et nomme Colombo à sa place comme parrain de la famille.

À l'âge de 41 ans, Colombo est un des plus jeunes parrains d'une famille mafieuse aux États-Unis. Il est aussi le premier italo-américain à être né aux États-Unis à devenir parrain d'une famille du crime de New-York. À la différence d'autres patrons mafieux, il n'a pas de scrupule à se confronter publiquement aux forces de l'ordre. Par exemple, quand il est convoqué pour être questionné au sujet du meurtre de l'un de ses soldats, Colombo vient à la convocation sans avocats et rabroue l'enquêteur qui l'interroge, Albert Seedman (qui deviendra plus tard le supérieur des enquêteurs). L'interrogé répond : « Je suis un citoyen américain de première classe » et rajoute « Je n'ai pas de badge qui fait de moi un citoyen modèle comme toi, mais je gagne ma vie honnêtement »[5].

Le 9 mai 1966, Colombo est condamné à 30 jours de prison pour avoir refusé de répondre aux questions du grand jury sur ses affaires financières[6]. Ce sera sa première et dernière condamnation à de la prison ferme.

Ligue de défense des droits civiques des Italo-Américains[modifier | modifier le code]

Le 23 avril 1970, Colombo est arrêté, pour des accusations d'extorsions de fond. En réponse, au printemps, il crée la ligue de défense des droits civiques des Italo-Américains en expliquant qu'il se considère traqué par le FBI du fait de ses origines italo-américaines. Il décide de prendre en filature les agents du FBI dans New-York et envoie des piquets de grève dans les agences du FBI. L'activisme de Colombo mena à une réponse massive de nombreux Italo-Américains qui se sentaient eux aussi persécutés par la gouvernement fédéral et l'industrie du divertissement. Colombo forme la ligue pour améliorer l'action du groupe[7]. Le 29 juin 1970, 50 000 personnes se réunirent au Columbus Circle à New-York pour un rassemblement concernant la « journée de l'unité italo-américaine ». Parmi les participants se trouvent cinq membres du congrès et plusieurs membres importants du show-business.

Sous la direction de Colombo, la ligue grandit rapidement et atteint une audience nationale. À la différence des autres chefs mafieux qui fuient les médias, Colombo apparaît à la télévision dans des interviews, des fonds de soutien et à des assemblées pour l'engagement de la ligue. En 1971, Colombo aligne la ligue avec le rabbin et militant politique Meir Kahane de la Jew Defense League (JDL) ou Ligue de Défense Juive, affirmant que les deux groupes sont harcelés par le gouvernement fédéral[8]. À une période, Colombo paie personnellement pour la libération conditionnelle de 11 membres de la JDL[9].

Le film : Le Parrain[modifier | modifier le code]

Durant le printemps 1971, Paramount Pictures commence le tournage du film Le Parrain avec l'assistance de Colombo et de la ligue. Du fait du sujet, la production fait face à une grande opposition de la part des italo-américains pour le tournage du film à New-York. Cependant, après une réunion entre le producteur Albert Ruddy et Joseph Colombo, ils se mettent d'accord sur le retrait des termes « Mafia » et « Cosa Nostra » du film et la ligue se met à coopérer avec la production[10].

Tentative d'assassinat[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1971, Joe Gallo sort de prison. Comme geste supposé de réconciliation, Colombo l'invite à une réunion de pacification en lui offrant 1 000 $[11]. Gallo refuse l'invitation et dit qu'il n'acceptera jamais la paix entre les deux factions si Colombo ne lui offre pas 100 000 $. À cette époque, le parrain actif Vincenzo Aloi lance à nouveau l'ordre de tuer Gallo[12].

Le 11 mars 1971, après avoir été condamné pour parjure pour avoir menti sur sa licence pour devenir un vrai promoteur dans l'immobilier, Colombo est condamné à 2,5 ans dans une prison fédérale[13]. Cependant, la condamnation est cassée en appel[14].

Le 28 juin 1971, Colombo se fait tirer dessus et est sérieusement blessé durant la seconde Journée de l'Unité Italienne. Lorsque Colombo s'approche du podium pour s'adresser à la foule, Jerome Johnson, un délinquant de rue afro-américain, approche Colombo. Il porte une carte de presse de la ligue et est déguisé en photographe. Il tire trois balles avec un pistolet automatique dans la tête et le cou de Colombo[14]. Le fils de Colombo et d'autres personnes ceinturent Johnson à terre. À ce moment, un second homme sort de la foule et abat Johnson. Le deuxième assaillant s'enfuit sans être identifié. La foule se disperse rapidement, bien que certains continuent à assister aux festivités.

Années comme invalide et décès[modifier | modifier le code]

Sérieusement blessé, Joseph Colombo restera paralysé durant les sept années suivantes. Le 28 août 1971, après deux mois au Roosevelt Hospital à Manhattan, Colombo est déplacé vers sa propriété de Blooming Grove[15]. En 1975, une contre-expertise démontre que Colombo peut bouger son pouce et son index de sa main droite. En 1976, d'autres rapports médicaux montrent qu'il peut reconnaître des gens et dire plusieurs mots à la suite[2]. Le 22 mai 1978, il meurt d'un arrêt cardiaque dans son lit à l'hôpital St Luke à Newburgh à New-York[2].

Les funérailles de Colombo ont lieu à l'église catholique St Bernadette à Bensonhurst et il est enterré au cimetière de Saint John dans le Middle Village, un quartier du Queens[16].

Enquête[modifier | modifier le code]

Le New York Police Department (NYPD) a conclu que Johnson était un tireur solitaire. L'enquête a démontré que Johnson avait été vu quelques jours auparavant dans un club appartenant à Carlo Gambino. Une des théories sur cette tentative d'assassinat est que Carlo Gambino en était l'organisateur. Car Colombo a refusé d'écouter les remontrances de Gambino au sujet de la ligue et de la publicité qu'elle faisait sur la mafia. Comme réponse et conclusion aux plaintes de Gambino, Colombo lui aurait craché au visage. Cependant, les cadres dirigeants de la famille Colombo sont convaincus que Joe Gallo est le principal suspect. Gallo avait auparavant indiqué sa volonté de continuer la lutte armée. De plus, Johnson, qui était afro-américain, la famille Colombo pensait que Gallo l'avait recruté grâce à ses amis afro-américains lors de ses séjours en prison.

Après la tentative d'assassinat de Colombo, Joseph Yacovelli, devient le parrain en activité[17]. Cependant, Yacovelli n'est juste que l'homme de paille de Carmine Persico, qui a pris le contrôle de la famille. L'attentat de Colombo déclencha la seconde guerre Colombo avec l'équipe de Gallo.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b https://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F00A14FC355F127A93C1A9178ED85F458785F9
  2. a b c et d https://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F60615F6385413728DDDAD0A94DD405B888BF1D3
  3. https://books.google.fr/books?id=jgCpxTpPCPcC&pg=PA179&dq=%22Joe+Gallo%22&hl=en&ei=BCe0Tpa-HIXo0QGN_7CRBA&sa=X&oi=book_result&ct=result&redir_esc=y#v=onepage&q=%22Joe%20Gallo%22&f=false
  4. https://books.google.fr/books?id=UcrWRVykMgEC&pg=PA103&dq=%22Joseph+Colombo%22&hl=en&ei=Ci67Tt73AYHn0QHbjIXfCQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&redir_esc=y#v=onepage&q=%22Joseph%20Colombo%22&f=false
  5. Raab, Selwyn. The Five Families: The Rise, Decline & Resurgence of America's Most Powerful Mafia Empire. New York: St. Martins Press, 2005. p. 187
  6. https://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F60A15FE345A117B93C2A8178ED85F428685F9
  7. https://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F10E13F73B5A157493CAA8178DD85F448785F9
  8. https://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F10D17FD355F127A93C6A8178ED85F458785F9
  9. https://books.google.fr/books?id=CzGfl-J3FBgC&pg=PA169&dq=%22Joseph+Colombo%22&hl=en&ei=6i-7TuTsNeTl0QH2vYXfCQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&redir_esc=y
  10. https://www.nytimes.com/packages/html/movies/bestpictures/godfather-ar1.html?scp=1&sq=%22Joseph%20Colombo%22%20Godfather&st=cse
  11. https://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=FA0914FC3959147A93C3AB178DD85F478785F9
  12. https://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F00912FC3D591A7493C7A9178CD85F458785F9
  13. Ferretti, Fred (March 23, 1971). « Corporate Rift in 'Godfather' Filming ». New York Times.
  14. a et b http://www.trutv.com/library/crime/gangsters_outlaws/family_epics/colombo/1.html
  15. https://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=FA0717FA3D591A7493CAAB1783D85F458785F9
  16. http://www.findagrave.com/cgi-bin/fg.cgi?page=gr&GRid=5906
  17. https://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F20F1EFE385C1A7493C3A91782D85F458785F9