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Rebecca (film, 1940)

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Rebecca
Description de cette image, également commentée ci-après
Affiche du film.
Réalisation Alfred Hitchcock
Scénario Scénario
Joan Harrison
Robert E. Sherwood
Adaptation
Philip MacDonald
Michael Hogan (en)
d'après le roman de
Daphné du Maurier
Acteurs principaux Laurence Olivier
Joan Fontaine
George Sanders
Judith Anderson
Sociétés de production Selznick International Pictures
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame, thriller, romance
Durée 130 minutes
Sortie 1940

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Rebecca est le premier film américain réalisé par Alfred Hitchcock, sorti en 1940. C'est l'adaptation du roman de Daphné du Maurier publié en 1938.

Il s'agit de l'histoire de l'emprise du souvenir d'une femme morte sur celui qui fut son mari ainsi que sur la nouvelle épouse de celui-ci et sur leur gouvernante, un an après sa mort.

Laurence Olivier et Joan Fontaine.

Mrs Edythe Van Hopper, accompagnée de sa jeune dame de compagnie[1], en villégiature à Monte-Carlo croise un riche veuf, Maxim de Winter. Ce dernier n'a aucun mal à séduire la jeune femme et, dans la foulée, à l'épouser et l'emmener dans sa demeure ancestrale de Manderley, quelque part sur la mystérieuse côte de Cornouailles.

Les premiers contacts avec le personnel du château, régenté par la peu amène gouvernante Mrs Danvers, sont d'abord difficiles, la jeune épouse ne se sentant pas à la hauteur. Quant à Mrs Danvers, attachée depuis toujours au service de feue Mrs de Winter, Rebecca, et lui vouant une passion sans limite, même à titre posthume, elle n'accepte pas l'intrusion de l'« usurpatrice » et affiche ouvertement son inimitié.

Le souvenir de l'épouse disparue et vénérée continue de hanter le sombre château. Les incidents se multiplient avec Mrs Danvers, Maxim de Winter fait preuve de sautes d'humeur et d'accès de colère, jusqu'à l'ouverture du bal qu'il a accepté et dont il laisse l'organisation à sa nouvelle épouse.

Fiche technique

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Distribution

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Judith Anderson et Joan Fontaine.

Bien que Rebecca soit le premier film qu'il a tourné en Amérique, Alfred Hitchcock n'en reste pas moins fidèle à son Royaume-Uni natal. En effet, l'histoire (dont les scènes-clé se déroulent dans un manoir de la côte de Cornouailles) est adaptée d'un roman de l'auteur britannique Daphné du Maurier.

Relations Selznick-Hitchcock

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La collaboration Selznick-Hitchcock fut orageuse. Le producteur remania de nombreuses scènes[2], ce qui incita par la suite Alfred Hitchcock à tourner en utilisant la technique du tourné-monté (en suivant le fil du scénario), afin d'offrir moins de latitude d'intervention au directeur du studio.

Le film a été entièrement tourné en Californie, et essentiellement dans des décors et avec des maquettes. C'est pour cela que l’on ne voit jamais la façade de Manderley en plein jour.

Hitchcock apparaît en caméo dans le dernier quart du film : il se trouve à proximité de la cabine téléphonique d'où Favell appelle Mrs Danvers pour lui décrire la tournure que prennent les événements.

Deux versions de la scène existent. Une des versions semble avoir été coupée au montage dans certaines adaptations, l'autre moins flagrante est visible sur toutes les adaptations[3],[4],[5].

Bande annonce du film.

Hitchcock comptait sur la popularité du roman afin de promouvoir son premier film américain. Un slogan disait « You loved the novel, you'll live the film » (« Vous avez aimé le roman, vous vivrez le film »).

Homosexualité

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Le film a fait l'objet de nombreuses interprétations[6] selon lesquelles le scénario suggérerait une relation saphique entre Mrs Danvers et Rebecca.

Ces interprétations s'appuient surtout sur la scène où Mrs Danvers exhibe et caresse les dessous et manteaux de fourrure de la défunte, puis proclame la passion qu'elle éprouvait à son égard ; sous-entendus repris dans la scène où Max De Winter révèle à sa nouvelle épouse qu'il découvrit peu de temps après son premier mariage « la vraie nature » de Rebecca.

Postérité

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Commentaires d'Alfred Hitchcock

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« Ce n'est pas un film d'Hitchcock. C'est une sorte de conte et l'histoire elle-même appartient à la fin du XIXe siècle. C'était une histoire assez vieux jeu, assez démodée. Rebecca est une histoire qui manque d'humour[9]. »

« Je pense que d'une certaine manière, le film est l'histoire d'une maison ; on peut aussi dire que la maison est un des trois personnages principaux du film.
Souvenez-vous que la maison n'avait aucune situation géographique ; elle était complètement isolée. C'est instinctif de ma part. Je dois garder cette maison isolée pour m'assurer que la peur y sera sans recours. La maison dans Rebecca est éloignée de tout. Vous ne savez même pas de quelle ville elle dépend[9]. »

Récompenses

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À cela s'ajoutent 9 nominations dans d'autres catégories :

Notes et références

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  1. Le prénom de la future Mrs de Winter n'est jamais prononcé dans le film.
  2. Hitchcock and Selznick: The Rich and Strange Collaboration of Alfred Hitchcock and David O. Selznick in Hollywood de Leonard J. Leff, University of California Press 1999 ; voir sur books.google.co.uk.
  3. Cf. Hitchcock-Truffaut : secrets de fabrication : « Caméo : Vers la fin du film, près de la cabine téléphonique, le personnage de Favell raconte au téléphone à Mrs. Danvers la tournure des événements. Cette scène semble avoir été coupée au montage dans certaines versions », sur France Inter.
  4. (en) Sur tasteofcinema.com : « Perhaps because this was his first American film and the practice of the cameo was not well established, the cameo in Rebecca is virtually impossible to spot without help. Hitchcock can be glimpsed very briefly walking in the background past George Sanders 2 hours and 7 minutes into the film (just before the film ends). »
  5. Sur Mon cinéma à moi : « Une fois n’est pas coutume, Hitchcock apparaît presque à la fin du film. Il figure un passant ordinaire, traversant derrière Favell. Le réalisateur s’était d’abord filmé attendant devant la cabine téléphonique qu’elle se libère, avant de se rabattre sur une apparition plus discrète. Le moment n’est pourtant pas anodin, puisque l’appel téléphonique va provoquer la réaction de Mrs Danvers et la destruction de Manderley. »
  6. Cf. notamment le documentaire The Celluloid Closet.
  7. (en) Robin Allan, Walt Disney and Europe, p. 210.
  8. Bruno Girveaun, Il était une fois Walt Disney : Aux sources de l'art des studios, p. 200.
  9. a et b François Truffaut, Le Cinéma selon Hitchcock, Robert Laffont, 1966.

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Bibliographie

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Liens externes

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