Indicateur (police)

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Une « bouche de lion », boite aux lettres pour les dénonciations anonymes au palais des Doges, à Venise. Traduction de l'inscription dans la pierre: « Dénonciations secrètes contre toute personne qui dissimule des faveurs ou des services, ou qui cherche à cacher ses vrais revenus ».
Garre les Mouches (sic).
Caricature des « mouchards » de la police française d'Ancien Régime, gravure sur cuivre, 1720.
Un agent du Département d'État des États-Unis félicite et donne une somme d'argent à un indicateur dont l'information a permis de neutraliser un terroriste aux Philippines.

Un indicateur ou informateur est, dans le domaine de la police et du renseignement, un auxiliaire qui fournit des informations aux services, soit « bénévolement », soit en l'échange d'une certaine impunité (poursuite de son propre trafic, élimination d'un concurrent…), d'un gain financier, d'un assouplissement de leur régime carcéral (meilleur cantinement, rapprochement géographique avec leur famille) ou d'un service (obtention de titres de séjour).

Description[modifier | modifier le code]

L'anonymat ou la confidentialité sont utilisés pour protéger la source (l'informateur) des représailles de la part des personnes dénoncées ou de leurs complices.

France[modifier | modifier le code]

En France, les indics peuvent être rétribués (paiement en espèces, net d'impôts, par le Ministère de l'Intérieur pour les policiers, par le Ministère du budget pour les douaniers) depuis la loi du 9 mars 2004 sur la sécurité (dite loi Perben II) : immatriculés dans des fichiers qui recensent leur savoir-faire criminel et le service policier qui le gère, les affaires qu'ils ont amenées et leur rayon d'action ; ces fichiers sont regroupés dans le Bureau central des sources qui dépend du Service interministériel d’assistance technique (SIAT, service de la Direction centrale de la police judiciaire)[1], avant ils pouvaient recevoir jusqu'à 10 % de la valeur de la saisie (drogue, argent), cette pratique pouvant aboutir à la mise en examen de policiers pour association de malfaiteurs.

Suisse[modifier | modifier le code]

Des auxiliaires de sécurité peuvent être formés et mobilisés, ils n'exercent généralement pas cette occupation à plein temps, font principalement de la surveillance de personnes, et sont attribués à un quartier, une mission précise ou une plage horaire et ensuite affectés à d'autres personnes. Ils peuvent être mobilisés dans la minute via leur téléphone mobile. La police peut y avoir recours comme témoins sur une intervention ou un évènement particulier. Ils n'ont besoin d'aucun diplôme particulier.

Indicateurs connus[modifier | modifier le code]

Famille d'indicateurs[modifier | modifier le code]

Trois familles d'informateurs sont recensées[2] :

  • informateurs occasionnels : témoins d'un fait ponctuel, bénévoles ;
  • informateurs plus réguliers : garagiste (pour les voitures maquillées), armurier, brocanteur (pièce atypique), paysan, maire, patron d'hôtels ou de boîtes de nuit (clientèle louche ou qui « flambe »), bénévoles mais parfois « offres de primes » ;
  • informateurs professionnels : essentiellement des voyous, bandits, repris de justice, manipulés par le policier ou rémunérés (cash, service).

Une dernière famille beaucoup plus rare concerne des informateurs professionnels officiels de la gendarmerie nationale.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

De très nombreux films policiers ont mis à l'écran des personnages d'indicateurs. On peut par exemple citer La Balance (1982) de Bob Swaim, Le Cousin (1997) d'Alain Corneau ou Le Doulos (1962) de Jean-Pierre Melville.

Argot[modifier | modifier le code]

L'indicateur est affublé d'un grand nombre de noms dans l'argot des policiers ou des criminels : « aviseur » (pour les douanes), « balance »[3], « bavette », « baveux », « bourrique », « cafard », « cousin », « doulos », « rat », « cafteur », « casserole », « donneur », « fileur », « indic' »[3], « mouche »[4], « mouton », « raille », « taupe »[3],[5], « tonton flingueurs »[3]etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. art. 15-1, legifrance.gouv.fr
  2. « Policiers : "l'indic est une valeur montante" », Celine Rastello , L'Obs.com, 4 octobre 2011.
  3. a b c et d Peter K. Manning, Lawrence J. Redlinger et Jay Williams, « Recruter, cibler et gérer les informateurs : Lutte antidrogue et crime organisé sur le continent américain », Autrement, no 238,‎ , p. 155-173 (ISSN 1164-737X).
  4. Terme utilisé au XVIIe siècle.
  5. Également utilisé pour désigner un avocat.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Cornevin, Les indics : la face cachée de la police française, La France des balances, Flammarion, 2011
  • Brute de coffrage : 15 ans d infiltration des réseaux de trafic de stup, Kirographaires éditions, 2011

Article connexe[modifier | modifier le code]