Les Lumières de la ville

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Les Lumières de la ville
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Charlie Chaplin et Virginia Cherrill.

Titre original City Lights
Réalisation Charlie Chaplin
Scénario Charlie Chaplin
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Durée 87 minutes
Sortie 1931

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Lumières de la ville (City Lights) est une comédie dramatique américaine réalisée par Charles Chaplin, sortie le .

Premier film sonore de Chaplin, mais qui, en l'absence de dialogues, comprend des intertitres. L'histoire commence par l'inauguration d'un monument dénommé "Paix et Prospérité" sur lequel dort un vagabond, donnant dés le début, le ton à une fable moderne drôle et sarcastique avec, à la clef, un gigantesque pied de nez (visible de façon concrète à la quatrième minute du film) aux institutions et à la société, en général. Le scénario traite, entre autre, de la mort (le suicide), des inégalités sociales et du handicap (la cécité) tout en s'autorisant une petite note d'espoir à la fin de l'histoire.

Il s'agit du premier film de l'actrice américaine Virginia Cherrill qui deviendra l'épouse de l'acteur anglo-américain Cary Grant.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Le Krach boursier de 1929 est survenu durant le tournage du film. Durant la même période, les États-Unis se sont lancés dans une opération politique de protectionnisme en promulguant une Loi sur la taxation des importations. Simultanément, le « code Hays » interdit l'emploi dans les films américains de certain mots, de dialogues, situations pouvant porter atteinte aux bonnes mœurs est promulgué la même année, mais le film fut tourné juste avant que cette Loi soit appliquée.

Le cinéma sonore est apparu à l'époque où sortait le Cirque, film tourné trois ans plus tôt, en 1927 et sorti en 1928 et son réalisateur, Charlie Chaplin n'est pas très enthousiaste face à cette évolution. Son nouveau film possédera tout de même un style identique aux précédents, à l'émotion exacerbée et qui narre les aventures d'une jeune aveugle et de son ami vagabond.

Le réalisateur et acteur principal du film va tout de même se lancer dans le « passage au sonore ». Il compose lui-même la bande originale et dés la première scène qui laisse découvrir les discours inaudibles des premiers personnages apparaissant à l'écran, on comprend assez facilement que Chaplin reste un ardent défenseur du cinéma muet[1]. Chaplin continuera sur cette lancée mixant sonorité et pantomime avec le film suivant dénommé les Temps modernes qui s'élaborera sur le même principe, mais ce sera le dernier film de ce type.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Une foule est réunie sur une grande avenue d'une grande ville américaine pour assister à l'inauguration d'une statue monumentale dédiée à la paix et à la prospérité. Le maire, une citoyenne d'honneur, le sculpteur, se succèdent devant la tribune, chacun allant de son petit discours de circonstance et dont on ne comprend pas un mot. Puis, suite au geste de la femme, le grand voile se lève et laisse découvrir un ensemble statuaire au milieu duquel, parmi les poses hiératiques de personnages graves et solennels, un vagabond dort paisiblement sans se soucier de son environnement. Réveillé, il va devoir se sauver non sans gesticuler et s'agiter, même durant l'hymne national car des parties de vêtements sont restés accrochés, notamment en raison d'un glaive en pierre qui orne le monument.

...//...

Après avoir réussi à sa sauver face aux officiels qui n'ont pas apprécié sa présence, il rencontre une jeune fleuriste aveugle. Celle-ci est persuadée qu'il est extrêmement riche car, pour pouvoir traverser la rue encombrée, Charlie a dû se faufiler dans une voiture, et la jeune fille a entendu la porte en claquer. Il n'ose pas la détromper, ni lui demander sa monnaie. À la nuit tombée, Charlot sauve de la noyade un homme que sa femme a quitté. Celui-ci l'invite dans son opulente demeure, et va jusqu'à lui offrir sa Rolls-Royce. Malheureusement, une fois les dernières vapeurs d'alcool évaporées, le riche ami ne se souvient pas de Charlot. La jeune fleuriste tombe alors malade et sa grand-mère reçoit une lettre la mettant en demeure de payer le loyer sous peine d'expulsion. Charlot va donc s'essayer à différents métiers (ramasseur de crottin, boxeur) pour tenter de rassembler la somme. En vain.

Une nuit, alors que son riche ami, ivre, l'a reconnu et lui a donné mille dollars pour sa protégée, Charlot, poursuivi par la police qui le prend pour un voleur, parvient néanmoins à faire parvenir l'argent à sa destinataire. Arrêté, Charlot passe en prison plusieurs mois pendant lesquels la jeune femme se fait opérer de sa cécité grâce au pactole reçu, et travaille dans une boutique de fleurs. À sa sortie de prison, le vagabond passe par hasard devant l'échoppe et reconnaît la jeune fille. Celle-ci se moque gentiment de lui et lui propose une fleur et une pièce. Lorsque leurs mains se touchent, elle comprend alors sa cruelle méprise et alors qu'il lui demande si elle peut voir maintenant, elle lui répond que, oui, maintenant elle voit.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

À noter que les personnages n'ont pas de noms. Ils sont simplement désignés selon leurs descriptions.

  • Le vagabond
Personnage central du film, les circonstances font de lui un amoureux transi d'une jeune fille aveugle mais qui n'a pas le sou. Il est également l'ami d'un homme riche mais qui ne reconnait cette amitié que dans l'ivresse.
  • La jeune fleuriste
Jeune fille pauvre et atteinte de cécité, élevée par sa grand-mère, qui ne doit sa subsistance qu'en vendant des fleurs sur le trottoir. Sa rencontre avec le vagabond se base sur un quiproquo (elle le croit riche) mais qui tournera à son avantage.
  • Le millionnaire suicidaire (dit aussi excentrique)
Personnage incontournable de l'histoire, généreux quand il est alcoolique et suicidaire et intraitable quand il est à jeun mais qui finira par donner l'occasion au vagabond d'aider la jeune fille et la sortir de son handicap
  • Le majordome du millionnaire
Irréprochable garde-chiourme et parfaitement conscient du la double personnalité de son maître, il n'aime pas le vagabond et entretient avec lui des rapports de condescendance notable.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Photographie d'une rue bordée de bâtiments en brique à deux étages
Carte postale de 1922 sur les studios Charlie Chaplin où tous ses films furent réalisés entre 1918 et 1952

Distribution[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse du film[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

La production du film s'étale sur trois ans, dont 534 jours de tournage. La scène au cours de laquelle la fleuriste aveugle prend le vagabond pour un homme riche a notamment nécessité rien de moins qu'un record de 342 prises, pour ne trouver sa version définitive qu'au dernier jour de tournage. La richesse n'étant pas a priori un état perceptible par d'autres sens que la vue, Chaplin a en effet dû déployer tous les ressorts de son talent de metteur en scène pour imaginer un concours de circonstances suffisamment crédible.

La scène de l'élévateur devant le magasin d'antiquité a été préférée au montage à une autre scène au cours de laquelle le vagabond joue avec un morceau de bois coincé dans une grille d'aération sans parvenir à l'y glisser. La foule curieuse s'amasse bientôt autour de lui et un employé derrière sa vitrine, très docte, lui explique par gestes, la méthode la plus rationnelle pour faire tomber le bout de bois.

Toute la séquence de boxe est inspirée du court métrage Charlot boxeur. L'attente dans le vestiaire durant laquelle le vagabond prend conscience de la violence des combats en voyant revenir les perdants inanimés et le combat lui-même, lorsqu'il tire parti de tous les moyens qui sont mis à sa disposition (l'arbitre, les cordes...) pour éviter les coups de son adversaire, figurent déjà dans ce précédent film de Chaplin. La séquence est néanmoins enrichie de nouveaux gags ainsi que d'une intrigue et d'une mise en scène plus soignées.

Analyse du film[modifier | modifier le code]

Charlie Chaplin et Albert Einstein à la première des Lumières de la ville.
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Les Lumières de la ville est au même titre que Les Temps modernes un long adieu que Charlie Chaplin fait au cinéma muet. Ces deux films sonores, sans dialogue, précèdent son premier film parlant, Le Dictateur.

La sauvegarde de la pantomime s'accompagne d'un refus de la technologie du parlant. L’intérêt visuel et gesticulant du personnage doit l’emporter sur une mobilité plus restreinte due à la parole qui positionne davantage dans l’immobilisme.

Chaplin désire également conserver la suprématie du mouvement pur, l’apport de la voix risquant de démasquer dans le personnage une seconde nature.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Autour de la distribution[modifier | modifier le code]

  • L'acteur Granville Redmond qui tient le rôle du sculpteur de la statue sur laquelle dort Charlot au début du film est un vrai sculpteur, ancien élève du sculpteur français, Jean-Paul Laurens. Il était également l'ami personnel de Chaplin qui l'engageait régulièrement dans ses films, en dépit de sa totale surdité.

Distinction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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