Lambert Wilson

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Lambert Wilson
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Lambert Wilson lors du Festival de Cannes 2017.

Naissance (59 ans)
Neuilly-sur-Seine, France
Nationalité Drapeau de France Français
Profession Acteur
Metteur en scène
Chanteur
Films notables voir filmographie.

Lambert Wilson, né le à Neuilly-sur-Seine, est un acteur, metteur en scène et chanteur français.

Fils de l'acteur et metteur en scène Georges Wilson, Lambert Wilson est révélé dans les années 1980, notamment par son rôle dans le film Rendez-vous d'André Téchiné. Il alterne depuis films grand public et production plus intimistes, et est également apparu dans des films américains.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils de l'acteur et metteur en scène Georges Wilson - directeur du Théâtre national populaire de 1963 à 1972 - et de l'actrice Nicole Wilson, Lambert Wilson baigne dès son plus jeune âge dans le milieu théâtral.

Il passe une enfance non pas difficile, mais ballotée, changeant d'école chaque année. À chaque rentrée des classes, son angoisse est alors de se faire aimer, accepter, intégrer à la classe et aux autres élèves. Mais inversement, il développe un certain individualisme qui l'amène plus tard à déclarer : « J'ai du mal avec les groupes. [...] Je fuis les groupes. Ça me rappelle la cour de récré. J'allais toujours dans la direction opposée, car je voulais être un cas particulier »[1].

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

À ses débuts, Lambert Wilson ne s'intéresse guère au théâtre français et ambitionne d'être « un acteur américain »[2]. C'est notamment en accompagnant son père à une première du film Les Trois mousquetaires qu'il connaît un déclic : « Il y avait là toutes les stars de l'époque, Raquel Welch, Faye Dunaway... En une soirée, j'ai reçu un shoot de star-système qui m'est instantanément monté à la tête. Le lendemain, je voulais faire du cinéma. Avoir ma gueule en grand sur un écran, jouer dans des superproductions et devenir Robert Redford »[3].

Il suit une formation de comédien au Drama Centre London (en)[3] , afin de tracer son chemin tout seul sans être un simple « fils de »[4], mais aussi pour perfectionner son anglais et poursuivre ainsi son rêve hollywoodien[2]. Parti à Londres pour être « loin de [son] père] » dont il cherche alors à se distinguer — « Il ne parlait pas anglais, je voulais être bilingue. Il travaillait en France, je rêvais de Hollywood » —, il connaît des moments difficiles à Londres, sa maîtrise de l'anglais étant alors insuffisante. Une fois revenu en France, il se trouve à nouveau « happé » par le giron familial et débute sur les planches avec un pièce de Lucian Pintilie dans lequel son père joue le rôle de son père. Il commente par la suite : « En somme, je suis retourné chercher le bâton pour me faire battre »[3].

Outre le métier d'acteur, il apprend le chant et la musique[5].

Jeune comédien, il recherche la célébrité par tous les moyens : « je m’étais dit très tôt, il faut entrer dans le star system [...], monter dans les échelons pour avoir les meilleurs rôles [...], je me suis donné les moyens en montrant mon visage [...], ça me rassurait »[1]. Il vit des relations compliquées avec son père, qui le dirige plusieurs fois au fil des années, sur scène et au cinéma, et dont il quête l'approbation[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

En 1977, Lambert Wilson débute au cinéma dans Julia, sous la direction de Fred Zinnemann. Deux ans plus tard, il tient son premier rôle dans un film français avec Le Gendarme et les Extra-terrestres, de Jean Girault, dans une scène restée culte face à Maurice Risch. Toujours motivé par son désir de travailler dans le cinéma américain, il obtient son premier grand rôle en 1982 dans Cinq jours, ce printemps-là (Five Days One Summer), réalisé par Fred Zinneman qui l'avait fait débuter à l'écran, et où il donne la réplique à Sean Connery. Le film est cependant un échec commercial, tout comme, l'année suivante, Sahara, dont il partage l'affiche avec Brooke Shields[2].

C'est finalement dans son pays natal qu'il trouve durablement le succès : après une apparition dans La Boum 2, il tient en 1984 un rôle important dans La Femme publique d’Andrzej Żuławski. L'année suivante, il est remarqué dans Rendez-vous, d'André Téchiné : son interprétation d'un personnage tourmenté lui vaut une nomination au César du meilleur acteur. Dans ses films suivants, il joue des personnages romantiques (Rouge Baiser) ou au contraire inquiétants (L'Homme aux yeux d'argent). Il a à l'époque du mal à gérer sa nouvelle célébrité et, s'il apprécie de jouer des rôles torturés, se trouve « totalement lisse » quand il interprète des rôles « plus conventionnels ». Il a alors le sentiment d'être catalogué comme le « bellâtre de service », une image dont il met plusieurs années à se défaire[3].

Lambert Wilson au festival de Cannes 1996.

En 1987, il apparaît dans Chouans !, de Philippe de Broca, et enchaîne l'année suivante avec Les Possédés de Żuławski et avec El Dorado de Carlos Saura, puis avec La Vouivre, adapté et réalisé par son père Georges Wilson. Mais sa carrière est alors ralentie par une série d'échecs commerciaux. En effet, poussé par ce qu'il considère après-coup comme une sorte de snobisme, l'acteur cherche à l'époque à apparaître dans des films de prestige, qui ne remportent cependant pas le succès escompté : ni Les Possédés, ni surtout El Dorado, ne trouvent leur public. Le Ventre de l'architecte de Peter Greenaway est salué par la critique mais ne touche qu'un public limité. Lui-même estime par la suite qu'il est apparu dans les films ratés de grands réalisateurs[6].

En 1989, il joue le rôle de l'Abbé Pierre dans Hiver 54, l'abbé Pierre. Cette interprétation saluée par la profession lui vaut le Prix Jean-Gabin, qui récompense les espoirs du cinéma français et est à nouveau nommé aux César. Il racontera par la suite que, bien que méfiant vis-à-vis des dogmes religieux (« Les religions créent les guerres. La foi engendre de l’amour »), il s'est fait baptiser pendant le tournage du film par l'Abbé Pierre, dont il aimait « toutes les valeurs »[4].

Malgré le succès d'estime que lui vaut cette prestation, il est moins présent à l'écran dans la première moitié des années 1990. Plusieurs de ses films passent inaperçus, notamment L'Instinct de l'ange, de Richard Dembo, qui subit un échec cinglant. Il passe alors trois ans sans tourner. Il se souvient par la suite avoir été considéré comme ce que les Américains appellent un « box-office poison », c'est-à-dire un acteur dont la présence à l'écran garantit l'échec commercial[6].

Pendant cette période, il se produit au théâtre, et enregistre un album de chansons. Il revient à l'écran en tenant des rôles secondaires dans des productions prestigieuses, comme le film historique en costumes Jefferson à Paris (1995) de James Ivory. C'est en jouant sur des registres légers qu'il retrouve les faveurs du public, notamment grâce au film musical On connaît la chanson (1997) d'Alain Resnais, puis à la comédie Jet Set (2000) de Fabien Onteniente. Les succès populaires de ces films lui valent de revenir au premier plan.

Il est également employé à nouveau par le cinéma américain : il est le « Mérovingien » dans Matrix Reloaded (2002) et Matrix revolution (2003), puis apparaît notamment aux génériques de Prisonniers du temps (2002) et Catwoman (2004), réalisé par son compatriote Pitof. Par la suite, déçu par cette deuxième expérience américaine, il déclare : « Je ne peux plus les saquer. Pas les Américains bien sûr, mais les gens de Hollywood. J'avais rêvé d'y travailler sans connaître la réalité »[7]. En France, il continue d'apparaître dans des films grand public, tels les comédies L'Anniversaire et Palais royal !, tous deux sortis en 2005. Il ne dédaigne cependant pas les expériences plus atypiques et, en 2006, joue dans le film de science-fiction Dante 01 de Marc Caro. Il tourne également pour la télévision, notamment en 2004 dans le téléfilm Colette, une femme libre, réalisé par Nadine Trintignant.

En 2010, il interprète le personnage principal du film Des hommes et des dieux, succès critique et public pour lequel il est à nouveau nommé au César du meilleur acteur. Il interprète ensuite le rôle du comte de Chabannes dans La princesse de Montpensier.

En 2012, on le voit dans le film d'aventure comique Sur la piste du Marsupilami, réalisé par Alain Chabat. Il poursuit avec d'autres rôles importants au cinéma, alternant comédies et films dramatiques, de même que films d'auteur et grosses productions. En 2016, il incarne le commandant Cousteau dans le film L'Odyssée.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Lambert Wilson en octobre 2008.

La carrière théâtrale de Lambert Wilson est riche : Ashes d'Harold Pinter en 1998, L'Amour de l'Amour, La Machine Infernale, La Célestine, Eurydice, Ruy Blas. Il s'est mis en scène dans Les Caprices de Marianne en 1994 et dans Bérénice, avec Kristin Scott Thomas, en 2002.

En 2010, il est sur la scène du Théâtre du Châtelet dans la comédie musicale de Stephen Sondheim A Little Night Music.

Chansons et poésies[modifier | modifier le code]

Lambert Wilson est aussi chanteur et a enregistré quelques disques (Musicals en 1989 et Démons et merveilles en 1997) et interprété la chanson La Chambre.

Le , il sort un nouvel album intitulé Loin, dans un registre totalement différent de ses précédentes interprétations dont il a écrit un des textes. Le compositeur en est Jean-Philippe Bernaux, mais l'album inclut aussi deux compositions de Jean-Jacques Sage, également le producteur de l'artiste, et une de Christophe Mali (Tryo). Les auteurs qui ont travaillé sur ce projet sont Boris Bergman, Philippe Latger, Marc Esteve et Marie Nimier.

Il enregistre également la lecture de poésies et de grands textes de la littérature (Musset, Proust…).

Le , il sort un album hommage au chanteur Yves Montand afin de commémorer les 25 ans de la disparition de l'artiste. Les arrangements musicaux de cet album qui s'appelle Wilson chante Montand ont été réalisés par Bruno Fontaine. Parmi les 17 titres de l'album il y a Mais qu’est-ce que j’ai ? qui a été composée par Henri Betti sur des paroles d'Édith Piaf en 1947. L'album devrait servir de base à la création d'un spectacle où Lambert Wilson chantera et dansera.

En juin 2016, il est présent aux Chorégies d’Orange et interprète à cette occasion Syracuse d’Henri Salvador (dont il propose une version symphonique dans son album Wilson chante Montand), mais également La Chanson de Lara, du Docteur Jivago, en duo avec le ténor lyrique Florian Laconi[5].

Rôle dans les festivals[modifier | modifier le code]

Engagements et prises de position[modifier | modifier le code]

Lambert Wilson a participé à une campagne publicitaire à la radio en faveur de la Fondation Abbé-Pierre[10]. En 2009, il écrit la préface du livre de Loïc Le Goff sur le Mouvement Emmaüs Compagnons de l'abbé Pierre, publié aux éditions Bayard[11].

En 2013, il est invité par l'ONU dans le cadre de la mission de la Minustah dans le soutien que l'acteur veut apporter à Haïti, notamment dans le projet immense de reforestation, Haïti étant dans un état de déforestation dramatique, à peine 2 % du territoire haïtien étant encore boisé[12].

Depuis 2015, il est l'ambassadeur officiel de l'association « Les Toiles Enchantées », association qui apporte le cinéma dans les hôpitaux pour les enfants malades et dans les centres spécialisés pour les adolescents handicapés.

En 2015, Lambert Wilson déclare que les paroles de La Marseillaise, qu'il juge trop violentes, devraient être changées[13].

En 2017, il soutient le candidat d'Europe Écologie Les Verts Yannick Jadot à l'élection présidentielle[14].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 2016, Lambert Wilson évoque publiquement sa bisexualité[15],[16].

Lambert Wilson est complètement bilingue français-anglais : son fort accent français dans Matrix Reloaded est affecté pour les besoins du rôle[2]. Il parle également l'italien et l'espagnol[17].

Il réside dans le département de l'Yonne[18],[19].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Comédien[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Doublage[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]


Films d'animation[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Voix off[modifier | modifier le code]

Livres audio[modifier | modifier le code]

Lambert Wilson prête sa voix pour les éditions Thélème[réf. souhaitée] :

Discographie[modifier | modifier le code]

Participation[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Lambert Wilson au festival de Cannes 2015.

Récompense[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Césars[modifier | modifier le code]

Nuit des Molières[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Le , Lambert Wilson inaugure son double de cire au Musée Grévin[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Lambert Wilson : "les comédies ne me font souvent pas rire quand je les lis" » ; Philippe Vandel, émission Tout et son contraire sur www.franceinfo.fr - 29 avril 2014.
  2. a, b, c et d Worldly Actor Finds Method in a Monastery, The New York Times, 18 février 2011
  3. a, b, c, d et e Lambert Wilson : “C’est douloureux d’accepter ses limites”, Télérama, 5 novembre 2010
  4. a et b Mille et une vies, Le Journal du dimanche, 2 mai 2010
  5. a et b « Lambert Wilson chante Syracuse en direct d’Orange », Isabelle Mermin, Le Figaro.fr (consulté le 20 juin 2016).
  6. a et b Lambert Wilson & Hervé Pons, Entretiens, Éditions du Rocher, 2009, pages 102-106
  7. Lambert Wilson «ne peut plus saquer» les gens de Hollywood, Le Figaro, 10 février 2016
  8. http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18618943.html
  9. http://www.lepoint.fr/cinema/lambert-wilson-presentera-le-67e-festival-de-cannes-03-04-2014-1808927_35.php
  10. Spot entendu le sur France Inter, à 12h59
  11. Loïc Le Goff, (préf. Lambert Wilson) Compagnons de l'Abbé Pierre, Éditions Bayard, Paris, 2009, (ISBN 2-227-47875-6)
  12. Lambert Wilson à Haïti
  13. « Lambert Wilson n'aime pas la Marseillaise », L'Obs, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  14. Lambert Wilson : "Quand elle est en Amérique, Isabelle Huppert joue son plus mauvais rôle"
  15. Lambert Wilson évoque pour la première fois sa bisexualité », Maëlle Le Corre, Yagg.com, 11 avril 2016.
  16. « Vie intime : Lambert Wilson parle de sa bisexualité », La Dépêche.fr, 12 avril 2016.
  17. Lambert Wilson sera le maître des cérémonies du 67e Festival de Cannes, France TV Infos, 11 mai 2014
  18. (en) « Burgundy is pastoral, like a Constable painting – I love it': actor Lambert Wilson », sur The Guardian.com (consulté le 28 août 2017)
  19. « L'acteur Lambert Wilson confie son amour pour l'Yonne », sur Lyonne.fr (consulté le 28 août 2017)
  20. « Lambert Wilson entre au musée Grévin », Le Figaro.fr, 11 mai 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]