James Gray (réalisateur)

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James Gray
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James Gray durant les Film Independent's Spirit Awards en mars 2010.

Naissance (47-48 ans)
New York, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Réalisateur
Films notables Little Odessa
The Yards
La nuit nous appartient
Two Lovers
The Lost City of Z

James Gray est un réalisateur, scénariste et producteur américain né à New York en 1969.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

La famille paternelle de James Gray est originaire de Russie, d'Ostropol (en), aujourd'hui en Ukraine. Elle fuit la guerre civile en 1920 pour s'établir à New York. Son arrière-grand-père paternel est mort assassiné par les Cosaques à l'époque des pogroms tsaristes. Ses grands-parents, les Greyzerstein, parlent russe et yiddish, presque pas l'anglais. Leur nom est anglicisé en « Gray » à leur arrivée à Brooklyn en 1923[1].

Sa mère, américaine de la classe moyenne, meurt quand il a 19 ans. Il en garde un souvenir mitigé : entre regrets de ne pas l'avoir connue plus, et rejet de son ambition sociale. Son père, diplômé d'un doctorat en génie électrique, enseigne à New York, puis il tente sa chance en créant une société, mais s'endette et fait faillite. Peu après, il remonte une entreprise de sous-traitance pour le métro de New York, qui échoue encore rapidement. Une expérience qui influencera la réalisation de The Yards. De là, Gray va se passionner pour les losers, ceux qui ne se convertissent pas au rêve américain : les mafieux, les immigrés, les pauvres, les déclassés, ceux pour qui l'ascenseur social reste en panne[2].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Gray est un jeune homme taciturne, qui n'aime pas l'école et la déserte dès l'âge de 13 ans pour aller voir des films au cinéma, au grand dam de ses parents. Le cinéma est sa passion. Il admire Apocalypse Now de Coppola, Raging Bull de Scorsese, l'œuvre de Steven Spielberg, le cinéma américain des années 60-70 et le cinéma européen d'après-guerre : Fellini, Visconti, la Nouvelle Vague française, etc. Non seulement il connait l'histoire du cinéma sur le bout des doigts, mais il lit aussi la littérature russe du XIXe siècle (Tolstoi, Dostoievski…), les grands classiques anglais en intégralité (comme l'œuvre entière de Shakespeare), ou encore, très tôt, il lit Émile Zola (Germinal notamment). Toutes ces influences se retrouvent dans ses films.

À son arrivée à New-York, sa famille emménage à Little Odessa, quartier des Juifs russes de New-York, mais il grandit dans le Queens, un quartier plutôt pauvre et morose, loin de Manhattan. Il fait la connaissance de Little Odessa en fréquentant des jeunes filles qui y habitent, et il profite de la particularité permissive du quartier pour s'y saouler en liberté[3]. Il étudie à l'école de cinéma de l'Université de Californie du Sud, où son film d'études, Cowboys and Angels, lui permet d'attirer l'attention du producteur Paul Webster (en), qui l'encourage à écrire un scénario qu'il puisse produire.

Révélation critique[modifier | modifier le code]

Le cinéaste entouré de son équipe de The Immigrant, au Festival de Cannes 2013.

Gray s'attelle à la tâche et sort en 1994 — il a alors 25 ans — son premier long métrage : Little Odessa, un film noir sur un tueur retournant dans son quartier natal de Brighton Beach où il est confronté à son jeune frère. Avec ce film, Gray remporte le lion d'argent à la Mostra de Venise.

En 2000, il sort son second long métrage : The Yards qui décrit, à la limite du film noir, les relations quasi-maffieuses dans les entreprises du métro new-yorkais. Mais le film est un échec commercial. Ses relations avec ses producteurs s'étant détériorées, il doit attendre 7 ans avant de pouvoir réaliser son troisième long métrage La nuit nous appartient, sorte de transposition dans le milieu de la police des tensions décrites dans son précédent film. Le succès du film lui permet de concrétiser un autre projet en 2008, d'un genre complètement différent : Two Lovers, qui n'est pas une comédie romantique comme on pourrait le croire au premier abord, mais plutôt un « thriller romantique » qui nous conte l'histoire d'un jeune homme sous l'influence de deux relations amoureuses simultanées et radicalement opposées.

Le cinéaste entouré de son équipe de The Lost City of Z, à la Berlinale 2017.

Il revient en 2013 avec The Immigrant avec Marion Cotillard et Joaquin Phoenix, l'histoire d'une immigrante polonaise qui veut découvrir le rêve américain mais qui se retrouve contrainte de se prostituer. C'est la première fois que James Gray écrit un premier rôle pour une femme.

En 2016, le cinéaste enchaîne avec un projet ambitieux, l'éloignant de New York et de son registre habituel : l'adaptation The Lost City of Z, avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson, et Sienna Miller. Le film est présenté en séance spéciale durant la Berlinale 2017.

Festivals[modifier | modifier le code]

Grand habitué du Festival de Cannes, puisqu'il y a présenté ses quatre derniers films en compétition, James Gray a fait partie du jury officiel 2009 présidé par Isabelle Huppert[4]. Le président du jury de la section Cinéfondation et courts métrages n'est autre que John Boorman, qui présidera le 12e Festival de Marrakech en 2012.

Du 30 novembre 2012 au 8 décembre 2012 il fait partie du jury 12e Festival international du film de Marrakech. Le jury est présidé par John Boorman, et dans lequel on retrouve notamment Lambert Wilson, Marie-Josée Croze ou encore Gemma Arterton[5].

Du 8 au 17 novembre 2013 il est président du jury du 8e Festival international du film de Rome[6].

Analyses[modifier | modifier le code]

L’œuvre de James Gray jouit d'une reconnaissance critique plus grande en Europe qu'aux États-Unis. Comme l'explique Didier Péron, critique à Libération :

« James Gray, depuis Two Lovers, fait vraiment du cinéma très intimiste, européen, il cite Bresson, Dreyer, il ne cite pas Scorsese. Il n’est pas connu aux États-Unis, n’est pas dans la « liste A » pour faire des « gros trucs ». Il n’a jamais eu de succès aux États-Unis et il est regardé comme quelqu’un de dangereux. Il n’est pas ironique, il déteste l’action, l’esbrouffe. Il parle aux adultes, pas aux ados, c’est un fan d’opéras et de romans russes. C’est un cinéaste qui, pour les Américains, est très surestimé en Europe. Ils ne comprennent pas[7]. »

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Le cinéma de James Gray se démarque notoirement de la production américaine actuelle : il filme, exclusivement dans les faubourgs de New York qui l'ont vu grandir, des sujets qu'il écrit et dans lequel l'habituelle individualité du héros est souvent moins importante que le milieu dans lequel celui-ci évolue (famille, mafia, police…). Même lorsque l'action se situe de nos jours, les décors, les filtres appliqués à l'objectif de la caméra imposent une perception à la fois vieillie et intemporelle. Le rapport au corps et la façon de se mouvoir des personnages de James Gray sortent des conventions usuelles, pour en toucher au plus près les personnalités, en en reflétant émois, fragilités, mal-être ou manque d'assurance.[réf. souhaitée]

Autre caractéristique de ce cinéma, celle de s'appuyer sur un groupe d'acteurs fidèles, au cœur duquel se trouve Joaquin Phoenix qu'il a largement contribué à rendre célèbre[réf. souhaitée], ainsi que Mark Wahlberg, et sur de grands noms du cinéma dans les seconds rôles : Vanessa Redgrave et Maximilian Schell dans Little Odessa (1994), James Caan, Ellen Burstyn et Faye Dunaway dans The Yards (2000), Robert Duvall dans La nuit nous appartient (2007), Isabella Rossellini dans Two Lovers (2008).

Enfin, ses films posent toujours la question du choix. Choix entre le bien et le mal (La nuit nous appartient, et The Yards), entre deux femmes (Two Lovers), entre le milieu d'origine et celui extérieur (Little Odessa). Ces choix étant souvent mélès à une famille toujours présente (Little Odessa, The Yards, La nuit nous appartient).

Nouvelle Vague[modifier | modifier le code]

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James Gray est un grand admirateur de la Nouvelle Vague française, qu'il a découverte avec Les Bonnes Femmes de Claude Chabrol (qui s'est affirmé le « fan numéro un » de James Gray). Il apprécie particulièrement la « proximité des réalisateurs de la Nouvelle Vague avec leurs personnages ». Il considère notamment que la célèbre scène finale des Quatre Cents Coups de François Truffaut est l'une des plus belles fins de l'histoire du cinéma[réf. souhaitée] ; il lui rend hommage dans Two Lovers, avec la scène qui montre Joaquin Phoenix marchant sur la plage jusqu'à faire quelques pas dans l'océan[8].

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant que réalisateur[modifier | modifier le code]

En tant que scénariste[modifier | modifier le code]

En tant que producteur[modifier | modifier le code]

Box-office France[modifier | modifier le code]

Année Film Entrées
1995 Little Odessa 187 616[9]
2000 The Yards 393 149[10]
2007 La nuit nous appartient 863 159[11]
2008 Two Lovers 835 400[12]
2013 The Immigrant 322 576[13]
2017 The Lost City of Z 377 182[14]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations et sélections[modifier | modifier le code]

Festival de Cannes
César du cinéma
Independent Spirit Awards
  • 1996 : Meilleur premier film et meilleur scénario pour Little Odessa
  • 2010 : Meilleur réalisateur pour Two Lovers

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jordan Mintzer, James Gray, édition bilingue français-anglais, préface de Jean Douchet, Synecdoche, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jordan Mintzer, Conversations with James Gray, Synecdoche, , p. 26.
  2. Jordan Mintzer, op. cité, p. 27
  3. Interview Télérama 18 octobre 2009
  4. Allociné.fr
  5. http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18618943.html
  6. http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18627075.html
  7. Festival de Cannes: « Le film de Kechiche fait le ménage » sur liberation.fr du 24 mai 2013
  8. "Nouvelle vague - vue d'ailleurs" Documentaire de Luc Lagier (France, 2008, 51 minutes).
  9. « JP-Boxoffice.com ; page du film Little Odessa (1995) », sur www.jpbox-office.com (consulté le 25 février 2017).
  10. « JP-Boxoffice.com ; page du film The Yards (2000) », sur www.jpbox-office.com (consulté le 25 février 2017).
  11. « JP-Boxoffice.com ; page du film La nuit nous appartient (2007) », sur www.jpbox-office.com (consulté le 25 février 2017).
  12. « JP-Boxoffice.com ; page du film Two Lovers (2008) », sur www.jpbox-office.com (consulté le 25 février 2017).
  13. « JP-Boxoffice.com ; page du film The Immigrant (2013) », sur www.jpbox-office.com (consulté le 25 février 2017).
  14. « JP-Boxoffice.com ; page du film The Lost City of Z (2017) », sur www.jpbox-office.com (consulté le 25 juillet 2017).
  15. (fr) « Palmarès 1994 », sur www.imdb.com (consulté le 7 février 2011)