Musée Calvet

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Musée Calvet
Cour d'honneur du musée
Cour d'honneur du musée
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Avignon
Adresse 65, rue Joseph-Vernet
Coordonnées 43° 56′ 49″ Nord 4° 48′ 12″ Est / 43.9470011, 4.8034271
Informations générales
Date d’inauguration
Collections archéologie, beaux-arts, arts décoratifs dont orfèvrerie, faïence, porcelaine, tapisserie, ferronnerie et ethnologie en Asie, Océanie et Afrique
Protection Logo monument historique Classé MH (1963)
Informations visiteurs
Site web Site officiel du musée

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Le musée Calvet est un musée français situé à Avignon.

La richesse et l'importance de ses collections lui ont valu d’être admis parmi les « musées classés français ». Elles touchent à l'archéologie, les beaux-arts, les arts décoratifs, en particulier orfèvrerie, faïence, porcelaine, tapisserie, ferronnerie et l'ethnologie en Asie, Océanie et Afrique[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'hôtel de Villeneuve-Martignan[modifier | modifier le code]

Sur cet emplacement se trouvait la Livrée de Cambrai, nommée du nom de son dernier occupant, le cardinal Pierre d'Ailly, évêque de Cambrai. En 1719, elle fut vendue à François-René de Villeneuve, marquis d'Arzeliers et seigneur de Martignan, dans la Principauté d'Orange[2].

Portrait d'Esprit Calvet, par Philippe Sauvan (1698-1789)

En 1734, son fils, Jacques-Ignace de Villeneuve, décida d'adjoindre à sa résidence de nouveaux bâtiments qu'il fit édifier sous la direction de Thomas Lainée. Fantasque, il fit tout raser en 1741 pour reconstruire tout à neuf selon les plans de Jean-Baptiste Franque[3]. Les travaux ne furent achevés qu'en 1749[4]. L'hôtel fut acheté, en 1802 par le négociant Deleutre, qui le loua ensuite à la ville d'Avignon pour y installer les collections d'Esprit Calvet. Il fut acquis par la municipalité le pour être transformé en musée[5].

L'hôtel de Villeneuve-Martignan fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [6].

Le musée[modifier | modifier le code]

Grand collectionneur et physiocrate de formation[7], Esprit Calvet voua sa vie entière à la médecine et aux arts[8]. En 1810, il légua par testament à Avignon, sa ville natale, à charge de créer une institution autonome[9], une riche bibliothèque, une collection d'histoire naturelle et un beau cabinet d'antiquités, avec les fonds nécessaires pour les entretenir[10]. Un décret impérial daté du , depuis le Palais des Tuileries, a permis au maire d'Avignon d'accepter, au nom et pour la commune d'Avignon, le legs universel fait à son profit[11], [12]. Le musée Calvet, nommé ainsi en son honneur, conserve nombre de ses objets d'art. Depuis les années 1980, le musée Calvet d'Avignon est scindé en deux parties, situées dans deux bâtiments différents : le musée des beaux-arts est resté dans l'hôtel de Villeneuve-Martignan du XVIIIe siècle tandis que le musée lapidaire a, quant à lui, été redéployé dans l'ancienne chapelle du collège des Jésuites, rue de la République.

Collections du musée[modifier | modifier le code]

Le musée situé dans l'hôtel de Villeneuve-Martignan, abrite des objets d'art, dessins, sculptures et peintures du XVe au XXe siècle.

Peinture[modifier | modifier le code]

La collection de peintures présente des œuvres allant du XVe au XXe siècle :

Peintures françaises[modifier | modifier le code]

Peintures françaises du XVIe et XVIIe siècle 
  • Simon de Châlons : La Sainte parenté ; L'Adoration des bergers ; La Résurrection du Christ ; Déploration sur le Christ mort
  • Nicolas Mignard : Saint Michel écrasant les anges rebelles ; Saint Bruno en oraison ; Le Vice-légat Frédéric Sforza ; La Vierge remettant le scapulaire à saint Simon Stock ; La Pieta ; Autoportrait
  • Reynaud Levieux : Laban cherchant ses idoles ; L'Archange Gabriel apparaissant à Zacharie ;
  • Pierre Dupuis : Nature morte aux légumes et abricots
  • Pierre Mignard : Portrait de Henri de Forbin Maynier, baron d'Oppède ; La rencontre d'Alexandre avec la reine des amazones
  • Pierre II Mignard : Allégorie du printemps ; Allégorie de l'été ; Allégorie de l'automne ; allégorie de l'hiver ; Apollon faisant écorcher Marsyas ; Noli me tangere
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Peintures françaises du XVIIIe siècle 
  • Nicolas de Largillierre : Portrait de Pierre Parrocel
  • Jean Raoux : Jeune femme lisant une lettre ; Le silence ou Femme à la fenêtre soulevant un rideau
  • Pierre Parrocel : La Résurrection du Christ
  • Étienne Parrocel : Saint Jean-Baptiste désignant le Messie ; Saint Camille de Lellis présenté à la Trinité
  • Jean Valade : Marie-Anne de Montboissier-Beaufort-Canillac, Marquise de Beaumont ; Portrait de Joseph François Xavier de Seytres
  • Jacques de Lajoüe : Marine, temps calme
  • Philippe Sauvan : La Souveraineté ; Portrait d'Esprit Calvet ; La ville d'Avignon restituée au Saint Siège
  • Joseph Vernet : L'entrée d'un port de mer par temps calme ; La Gondole italienne ; Fraîche matinée, partie de plaisir ; Naufrage d'un voilier sur des rochers ; La Bergère des Alpes ; Matin sur terre, la pêche en rivière ; Midi sur terre, coup de vent ; Matin à la mer, effet de brouillard ; Marine, soleil levant, port avec un temple
  • Joseph-Marie Vien : La présentation de Jésus au temple
  • Jean-Baptiste Marie Pierre : La Décollation de saint Jean-Baptiste
  • Louis-Michel van Loo : Portrait de Joseph Vernet ;
  • Hubert Robert : Le Printemps ; La Fontaine de Vaucluse ; Paysage de ruines avec fontaine ; Passage d'un troupeau devant le Colisée et l'Arc de Constantin à Rome
  • Jean-Baptiste Regnault : L'éducation d'Achille par le centaure Chiron
  • Pierre Peyron : Curius Dentatus refusant les présents des ambassadeurs samnites
  • Jacques-Louis David : La mort de Joseph Bara
  • Élisabeth Vigée Le Brun : Portrait de Giuseppina Grassini
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Peintures françaises du XIXe siècle 
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Peintures françaises du XXe siècle 
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Peintures italiennes[modifier | modifier le code]

Peintures italiennes du XVIe et XVIIe siècle 
Peintures italiennes du XVIIIe siècle 
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Peintures nordiques[modifier | modifier le code]

Johann Koerbecke, Résurrection du Christ (1457).



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Sculpture[modifier | modifier le code]

Sculptures françaises[modifier | modifier le code]

Sculptures françaises du XVe au XVIIIe siècle
Enfant accompagné d'un chien (marbre du XVIe siècle)
  • Vierge de pitié, sculpture en pierre avec des restes de polychromie
  • Enfant accompagné d'un chien, statue de marbre blanc avec traces de polychromie
  • Tombeau de La Palice : il s'agit d'éléments du tombeau de Jacques II de Chabannes de La Palice, maréchal de France tué à la bataille de Pavie en 1525. Le tombeau qui se trouvait dans la chapelle du château de La Palice a été saccagé à la Révolution ; la partie de ce tombeau en albâtre qui a pu être conservé représente trois des quatre vertus cardinales : la Prudence, la Justice et la Force. La quatrième vertu, la Tempérance, est perdue.
  • Christ en croix avec tête de mort, crucifix en ivoire d'éléphant sculpté par Jean-Baptiste Guillermin en provenance de la chapelle des pénitents noirs d'Avignon.
Sculptures françaises du XIXe siècle
  • Oreste, buste en marbre de carrare par Francisque Duret
  • L'Art étrusque, marbre avec reste de dorure par Victor-Etienne Simyan
  • Paul Claudel en jeune romain, bronze par Camille Claudel
  • Joseph Bara et Augustin-Agricol Viala deux répliques en marbre des bustes du prytanée de La Flèche par Noël Ruffier
  • La Mort de Caton d'Utique, plâtre par Joseph Brian
  • La Moissonneuse endormie, marbre par Louis Veray
  • Cassandre réfugiée au pied de l'autel, marbre par James Pradier
  • Femme grecque se disposant à entrer dans le bain, marbre par Jean-Joseph Espercieux
  • Le Néophyte, marbre par Jules Cavelier
  • Mercure et Faune, deux statues réalisées respectivement en plâtre et marbre par Jean-Louis Brian
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Sculptures des écoles du Nord[modifier | modifier le code]

Officier et soldat romain
  • Officier et soldat romain, haut-relief en bois polychrome et doré (noyer), élément provenant probablement d'un retable consacré à la crucifixion, début du XVIe siècle.
  • Saint Michel terrassant le dragon, bois polychrome et doré, (tilleul).

Sculptures italiennes[modifier | modifier le code]

  • Buste d'enfant, marbre avec traces de polychromie et dorure par Francesco Laurana
  • Tête de Jésus-Christ en sauveur du monde bronze de Pietro Torrigiano
  • Cheval qui va l'amble, bronze à patine brune

Arts graphiques[modifier | modifier le code]

La collection de dessins renferme des feuilles d'artistes appartenant en majorité aux écoles françaises et italiennes mais aussi, en moins grand nombre, aux écoles nordiques et espagnoles. Pour l'école française, on retrouve notamment des dessins de la main de Le Lorrain, Eustache Le Sueur, Antoine Watteau, François Boucher, Charles-Joseph Natoire, Jean-Marc Nattier, Auguste Rodin, Honoré Daumier, Jean-François Millet, Eugène Boudin, Henri de Toulouse-Lautrec, Armand Guillaumin, Berthe Morisot, Paul Cézanne, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Henri-Edmond Cross, Édouard Vuillard, Georges Rouault, Albert Marquet, Marc Chagall, André Lhote, Léonard Foujita et Jean Fautrier. Les écoles italiennes sont représentées notamment par Domenico Beccafumi, Lorenzo Lotto, Baccio Bandinelli, Daniele da Volterra, Il Romanino, Paul Véronèse, Le Tintoret, Jacopo Zucchi, Taddeo Zuccaro, Il Garofalo, Agostino Carracci, Federico Barocci, Mattia Preti, Luca Giordano, Domenico Fetti, Le Guerchin, Alessandro Algardi, Luigi Garzi, Francesco Furini, Pier Francesco Mola, Daniele Crespi, Giovanni Niccolò Servandoni et Amedeo Modigliani. Pour les écoles du nord on retrouve Hendrik Goltzius, Jan Van Goyen et Raphaël Mengs et pour l'Espagne Vincenzo Carducci et Juan de Valdés Leal.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Le musée présente également quelques pièces de mobilier dont on peut retenir les suivantes :

  • Une tapisserie des Flandres du début du XVIe siècle en laine et soie avec fils d'or et d'argent représentant l'histoire de David et Bethsabée. Le roi David tombe amoureux de la belle Bethsabée, épouse d'Urie le Hittite. Sur ordre de David, Urie est envoyé au combat au plus fort de la mêlée où il trouvera la mort ce qui permettra l'union de David et Bethsabée qui auront un fils Salomon.
  • Un coffre en noyer, chêne et merisier en provenance du nord de la France et daté du début du XVIe siècle. Ce coffre est décoré d'allégories des trois vertus théologales (La Foi, l'Espérance et la Charité) et des quatre vertus cardinales (La Force, la Justice, la Prudence et le Tempérance).
Cabinet à peintures
  • Un cabinet à peintures décorés de douze médaillons peints par Frans II Francken représentant différentes étapes de la vie du prophète Daniel relatées dans le livre de Daniel de la Bible. Ce genre de cabinet à trésors qui étaient destinés aux collectionneurs anversois, renfermaient dans leurs nombreux tiroirs des objets variés : dessins, médailles, minéraux, coquillages etc. Le cabinet présenté est postérieur à 1620, phase de maturité de l'artiste qui produit à cette époque ses œuvres les plus abouties ; c'est l'un des deux seuls exemplaires connus peints par Frans Francken le jeune, véritable chef-d'œuvre, unique en France[13], en provenance de la prestigieuse collection Puech.
Musée Calvet Coffre à peintures Schéma.svg

Légende : 1- Daniel et le roi Cyrus devant les offrandes 2- L'adoration du dieu Bel par le roi Cyrus 3- Daniel répand les cendres 4- La porte du sanctuaire de Bel est scellée avec le cachet royal 5- Le festin nocturne des prêtres de Bel 6- Daniel montre au roi Cyrus le conduit secret utilisé par les prêtres de Bel 7- Le roi Cyrus fait arrêter les prêtres de Bel 8- Daniel jette des boulettes dans la gueule du dragon 9- Habacuc s’apprête à donner des provisions aux moissonneurs 10- Habacuc ravitaille Daniel dans la fosse aux lions 11- Cyrus aperçoit Daniel survivant au milieu des lions 12- Les lions dévorent les prêtres responsables des malheurs de Daniel.

Archéologie égyptienne[modifier | modifier le code]

Sarcophage de Ank-pa-in-di-is

La section égyptienne du musée a été constituée grâce au legs d'Esprit Calvet, puis à celui de Marius Clément, collectionneur marseillais. Divers achats ont complété les donations pour constituer un ensemble remarquable. Parmi les œuvres exposées, on peut remarquer plus particulièrement les suivantes :

  • Un sarcophage anthropoïde de Ankh-pa-in-di-is "honorable maîtresse de maison". Ce cercueil en sycomore stuqué et peint, provient probablement de Thèbes et date de la XXIIIe dynastie. L'intérieur de la cuve représente une femme debout de profil au teint clair, vêtue d'une tunique longue et collante, coiffée d'une perruque. Il s'agit d'une représentation de la déesse Nout représentée sous les traits d'une libyenne, vêtue à la mode de son pays[14].
  • Un vase canope en albâtre au nom de Iahmès à tête d'Amset ; au cours de l'opération de momification du corps du défunt, les viscères, foie, poumon, estomac et intestins étaient déposés dans quatre vases dont le couvercle représentait respectivement un des quatre fils d'Horus : Amset avec une tête d'homme, hâpi avec une tête de singe, Douamoutef avec une tête de chacal et Kébehsénouf avec une tête de faucon. Ce vase date de la XXVIe dynastie[15].
  • Un ex-voto familial de Yaï sur lequel sont figurés le défunt et les membres de sa famille. Les titres et les fonctions de chacun sont précisés : le défunt Yaï était directeur de la maison des navires, sa femme était chanteuse du dieu Sobek, dieu crocodile symbole de la puissance pharaonique. Cet ex-voto date de la XIIIe dynastie[16].
  • Une table d'offrande d'Harsiési et de Pa-di-Mout en provenance probablement d'Abydos. Cette table en calcaire date de la XXVIe dynastie, époque Saïs (672-525 av J.-C.)[17].
  • Un médaillon hémisphérique en pierre ocre représentant la tête d'Ammon à la chevelure cintrée d'un bandeau et orné au dessus du front de fleurs ou de pampres. Il s'agit d'une œuvre gallo-romaine du Ie siècle. Ce médaillon a été découvert à Caderousse et offert à Calvet par les Prêtres de la doctrine chrétienne dont il fut le médecin jusqu'à la dispersion de la congrégation.
  • Une stèle élevée au vice-roi de Nubie, Setaou. Au registre supérieur est figurée une scène de culte funéraire avec à gauche Osiris et debout derrière lui ses sœurs Isis et Nephtys. Cette stèle date de l'époque de Ramsès II.
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Archéologie au musée lapidaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée lapidaire d'Avignon.

Le musée lapidaire qui dépend du musée Calvet mais qui se trouve dans une ancienne église des jésuites située au no 27 de la rue de la République, offre un panorama des civilisations grecque, romaine et gallo-romaine.

La Fondation Calvet[modifier | modifier le code]

La Fondation Calvet est un établissement public propriétaire des œuvres et gestionnaire du musée Calvet, de sa bibliothèque et de son médaillier. Elle assume la même fonction aux musées lapidaire, du Petit Palais, d'histoire naturelle, ou Musée Requien, ainsi qu'aux musées Jouve, archéologique de l'Hôtel-Dieu, de Cavaillon et au musée juif comtadin[18].

Article détaillé : Fondation Calvet.

Conservateurs du musée Calvet[modifier | modifier le code]

Liste des conservateurs du musée Calvet

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvain Gagnière et Pierre de Brun, Les Lampes antiques du musée Calvet d'Avignon, préface de l'abbé Joseph Sautel, 1937
  • Sylvain Gagnière et Jacky Granier, Épées, poignards et couteaux en bronze du musée Calvet d'Avignon, Ogam : tradition celtique, 79, 1962, p. 13–24.
  • Joseph Girard, Histoire du musée Calvet, p. 6-130, dans Provence historique, tome 4, fascicule 18, 1954 (lire en ligne)
  • Joseph Girard, Évocation du vieil Avignon, Les Éditions de Minuit, Paris, 2007, (ISBN 270731353X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]