Paul Verhoeven

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le réalisateur néerlandais (né en 1938). Pour le réalisateur allemand (1901-1975), voir Paul Verhoeven (réalisateur allemand).
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Paul Verhoeven
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Paul Verhoeven en 2016.

Naissance (78 ans)
Amsterdam
Pays-Bas
Nationalité Drapeau des Pays-Bas Néerlandais
Profession Réalisateur
Scénariste
Films notables La Chair et le Sang
RoboCop
Total Recall
Basic Instinct
Starship Troopers
Elle

Paul Verhoeven (API: [ˈpʌu̯l vərˈɦuvə(n)]) est un réalisateur néerlandais, né le à Amsterdam. Après plusieurs films remarqués aux Pays-Bas, il s'installe aux États-Unis où il réalise une grande partie de son œuvre cinématographique. Il est célèbre pour avoir tourné des films provocateurs, assez violents (RoboCop, Total Recall) ou érotiques (Basic Instinct, Showgirls). On l'a parfois surnommé « le Hollandais violent »[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et période néerlandaise[modifier | modifier le code]

Paul Verhoeven est né le à Amsterdam. Très marqué par la Seconde Guerre mondiale, dont il est un témoin direct dans son pays occupé par les Allemands, il garde le souvenir de scènes terribles[2]. Après la libération, les films américains se propagent aux Pays-Bas, et son père instituteur l'emmène souvent au cinéma[3]. Il fréquente alors le Gymnasium Haganum à La Haye, où il s'oriente vers des cours de physique et de mathématiques.

Paul Verhoeven en 1980.

En 1955, toujours à l'initiative de son père, francophile, ses parents l'envoient passer une année en France, au lycée Henri-Martin de Saint-Quentin (Aisne) puis en pension à l'Alliance française Paris Île-de-France. Il y rencontre un professeur de français qui lui fait découvrir les grands classiques du cinéma, dans le cadre de son ciné-club. Il avoue que la naissance de sa vocation de metteur en scène remonte à cette époque ; il veut intégrer l'IDHEC, mais sa démarche est trop tardive et il rentre aux Pays-Bas[4],[5].

Il reprend ses études à l'université de Leyde (Leiden) où, fasciné par le surréalisme, il prend quelques cours de peinture, et tourne en parallèle ses premiers courts-métrages[5]. Son premier, Un lézard de trop (Een hagedis teveel), se veut un croisement entre Hiroshima mon amour et le cinéma d'Ingmar Bergman. Le deuxième, Rien de particulier (Niets bijzonders), s'inspire plutôt de la Nouvelle Vague. Il obtient son diplôme en mathématiques et physique en 1960[6].

En 1964, il effectue son service militaire dans la marine néerlandaise, où il est choisi pour réaliser des documentaires. Il tourne notamment un film pour fêter le tricentenaire de l'institution, et reçoit à cette occasion un prix au Festival du film militaire de Versailles. Outre de le familiariser avec la technique sur pellicule, l'expérience lui apporte ainsi un début de visibilité. C'est là qu'il décide d'abandonner la carrière de professeur de mathématiques promise à ses camarades. À son retour dans le civil, il est engagé par la télévision du pays. Son dernier documentaire, paru en 1967, porte sur Anton Mussert, le chef du parti fasciste local. Désireux de laisser chacun donner son avis, quel que soit son degré de désaccord avec les propos formulés, il interviewe d'anciens SS, qu'on voit ainsi s'exprimer pour la première fois à la télévision, ce qui était interdit jusque là[5],[7].

Son premier succès vient en 1969 avec la série télévisée Floris, qui lui permet de faire la connaissance de Rutger Hauer, avec qui il collaborera durant toute sa période néerlandaise[N 1]. Il rencontre le scénariste Gerard Soeteman (en) et ensemble ils entament une série de films qui ne cessera là aussi qu'avec le départ du cinéaste pour les États-Unis. Le premier, Wat Zien Ik?, centré sur une prostituée, sort en 1971. Verhoeven ne se reconnaît pas dedans, et le public n'est pas non plus au rendez-vous[8]. Le réalisateur doit attendre 1973 et son film suivant, Turks Fruit (Turkish Délices), qui met en scène une histoire d'amour empreinte de libération sexuelle[2] et inspirée de nouveau par la Nouvelle Vague[5], pour rencontrer son premier succès national au cinéma.

Il continue de bâtir sa renommée avec Katie Tippel (1975), adaptée d'un roman naturaliste de la Néerlandaise Neel Doff, où une jeune fille pauvre se prostitue pour s'élever socialement. Mais le premier succès international lui vient de Soldaat van Oranje (1977), nominé notamment au Golden Globe du meilleur film en langue étrangère. Adapté d'une histoire vraie qu'il a vécue enfant, il apparaît assagi, conçu pour un plus large public qu'à l'accoutumé. Le réalisateur raconte avoir été félicité pour ce film par Steven Spielberg, qui lui recommande alors de venir s'installer aux États-Unis, où il rencontrerait moins de difficultés à financer ses projets[5]. Il se fait même approcher par la 20th Century Fox pour diriger ce qui deviendra L'Empire contre-attaque, mais le projet est avorté quand le studio découvre son film suivant, le sulfureux Spetters (1980)[9]. Évoluant dans le milieu de la moto-cross (un choix motivé par son impact visuel), Spetters marque le retour de Verhoeven à un cinéma très cru, qui sera perçu comme « un sommet de la décadence » selon ses dires. Le scandale provoqué à la sortie du film renforce encore les problèmes du réalisateur à produire dans son pays. Il entame alors une ouverture vers l'international avec Le Quatrième Homme (1983), puis se lance dans une grosse production européenne tournée en anglais, La Chair et le Sang (1985)[7]. Mais le film, dont il s'avouera peu satisfait, est un nouvel échec commercial. Ce revers, associé à l'abandon faute de financement d'un projet de biographie de Victoria Woodhull, « féministe avant l'heure, probablement prostituée, qui vivait au 19ème siècle », achève de le convaincre d'appliquer le conseil de Spielberg, et vers 1985 il part émigrer outre-Atlantique[8],[10].

Période américaine[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, c'est encore Spielberg qui introduit Verhoeven dans le milieu hollywoodien. Il débute en tournant un épisode de la série télévisée Le Voyageur, anthologie fantastique alors dans sa troisième saison. Intitulé La Dernière scène, il s'agit d'un exercice de style qui ouvre sur une scène de sexe et joue ensuite sur les mises en abyme[11]. Ainsi familiarisé à la direction d'une équipe américaine, le cinéaste enchaîne avec son premier film outre-Atlantique, RoboCop (1987), qui marque une évolution dans son style. Pour la première fois, il ne collabore plus avec Gerard Soeteman, mais avec deux scénaristes locaux débutants, Edward Neumeier et Michael Miner. Selon ses dires, le script proposé ne lui plaisait pas au premier abord, et c'est à son épouse qu'il doit d'avoir mieux étudié l'histoire pour en extraire les aspects intéressants. Le film, dont la mise en scène s'inspire de l'univers de Fritz Lang, est entrecoupé de scènes de propagande télévisuelle visant à marquer une distance au récit. Bien que présentes dans le scénario d'origine, elles apparaissent à l'écran plus tranchées, se télescopant brutalement avec la fiction, dans une esthétique pour laquelle le réalisateur se souvient s'être inspiré de la peinture géométrique de Piet Mondrian[12]. RoboCop remporte un grand succès, et obtient plusieurs récompenses, notamment le Saturn Award de la meilleure réalisation et celui du meilleur film de science-fiction. Le cinéaste confiera beaucoup plus tard qu'il le considère encore comme son film le plus abouti, « tant dans son scénario que dans sa dimension politique »[10].

Verhoeven se lance ensuite dans le projet Dinosaur, pour Disney. Il devait s'agir d'un film muet écrit par Walon Green, scénariste de La Horde sauvage et Le Convoi de la peur, et produit par Jon Davison (en), déjà à l’œuvre sur Robocop. Le studio, inquiet du résultat, préfère mettre un terme au projet ; pourtant celui-ci renaîtra douze ans plus tard, sous la forme beaucoup plus familiale d'un film d'animation[13]. Arnold Schwarzenegger propose alors au réalisateur d'adapter la nouvelle de Philip K. Dick Souvenirs à vendre, dont il détient les droits : ce sera Total Recall (1990)[5]. Comme Robocop, il s'agit d'un film violent, doté d'un budget conséquent, et qui a la particularité de mélanger pur divertissement et critique acerbe des dérives de la société contemporaine, celle des États-Unis en particulier. Verhoeven explique ce second point par le choc ressenti devant la civilisation américaine, notamment la vente libre d'armes, ou la peine de mort en public pratiquée dans certains États[3].

Durant le tournage, il discute avec Schwarzenegger d'un nouveau projet centré sur les croisades, Crusade, et le propose à Walon Green. Le scénariste en fait une grande fresque historique et religieuse, où il aborde des thèmes aussi divers que les rapprochements entre l'Église et de la Seigneurie, les conflits avec le monde musulman, ou la naissance des premiers pogroms à l'encontre des Juifs. L'interprète de Total Recall y apparaît en petit escroc qui s'invente un destin mythologique, avant de finalement littéralement le vivre. Inspiré par l'Histoire, et par des livres comme Al Muqaddimah d'Ibn Khaldun, La Papesse Jeanne d'Emmanuel Roïdis, ou le classique du IIe siècle L’Âne d'or ou Les Métamorphoses d'Apulée, Walon Green compose un récit à la fois symbolique, mystique et politique qui convainc Verhoeven et Schwarzenegger. Le projet ira jusqu'à la pré-production, le cinéaste partant effectuer ses premiers repérages en Espagne, tandis que pour le casting, les noms de John Turturro, Jennifer Connelly et même Irène Jacob et Richard Anconina commençaient à circuler. Mais le producteur Mario Kassar et son studio Carolco mettent le projet entre parenthèses pour se consacrer à L'Île aux pirates, de Renny Harlin. Le film est un tel échec financier qu'il ne leur est plus possible d'investir les plus de 100 millions de dollars que réclame Crusade, lequel est alors définitivement enterré[13],[14].

Le succès revient pour Verhoeven avec Basic Instinct (1992), présenté en ouverture du Festival de Cannes, qui clôt ce que le cinéaste appelle sa « trilogie psychotique ». En effet, ses trois derniers films creusent chacun à leur manière la thématique du double : le policier mi-homme mi-robot de Robocop, l'agent double amnésique de Total Recall, et cette fois une auteure de polar suspectée de meurtre[2]. Basic Instinct fait scandale à sa sortie, et déclenche notamment l'ire des ligues féministes et homosexuelles, pour son personnage ambivalent, ses scènes d'amour explicite, et surtout sa séquence où Sharon Stone décroise les jambes sans culotte[15]. L'actrice a déclaré s'être fait piéger par le réalisateur, qui lui aurait promis que rien n'apparaîtrait à l'écran, mais celui-ci assure avoir reçu son accord, et même avec enthousiasme[16]. Quoi qu'il en soit, le film permet à Sharon Stone d'accéder à la célébrité. À en croire le metteur en scène, elle « est arrivée à Cannes inconnue et en deux, trois heures, c'était une star ! »[8]

La fortune cesse brutalement de sourire à Verhoeven avec Showgirls (1995), critique des États-Unis à travers Las Vegas, « ce temple du kitsch et du mauvais goût », qui est un fiasco au box-office. Il se voit remettre le Razzie Award du pire réalisateur, en mains propres puisqu'il va lui-même récupérer son prix durant la cérémonie, fait très rare dans l'histoire de cette manifestation[6]. Le film sera toutefois réhabilité par une partie du public quelques années après, inspirant notamment une critique élogieuse de Jacques Rivette, pilier de la Nouvelle Vague, qui dira y voir son « film le plus personnel, l'un des plus grands films américains de ces dernières années »[12]. Mais Verhoeven admet aussi être allé sans doute trop loin sur ce tournage, en le prenant trop personnellement, et en négligeant ainsi la ligne de conduite qu'il se fixe habituellement[5].

Une arachnide, créature de Starship Troopers.

Le cinéaste revient ensuite à la violence crue de ses débuts avec Starship Troopers (1997), où il renoue avec son esprit provocateur et iconoclaste à l'intérieur du cinéma hollywoodien. Avec le scénariste Edward Neumeier, déjà présent sur RoboCop, il s'attaque cette fois au culte du militarisme, et approfondit son étude des mécanismes de manipulation des masses. Il avoue avoir profité d'une grande liberté durant le tournage, du fait d'un turnover permanent à la tête de Sony Pictures. S'inspirant de films de Leni Riefenstahl, comme Le Triomphe de la volonté, et de documentaires de propagande nazi, il donne à Starship Troopers un style outrancier, qui emprunte à l'imagerie fasciste pour mieux la ridiculiser. Une partie de la critique américaine, notamment le Wall Street Journal, ne perçoit pas l'ironie et prend le message fascisant au premier degré. Le film est mieux accueilli à l'international, et sa critique de l'impérialisme américain finit par être mieux admise aux États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001[8],[12].

Verhoeven dirige ensuite Hollow Man (2000), surtout par amitié pour les membres de l'équipe de tournage. Il raconte n'avoir pu en faire ce qu'il souhaitait, obligé notamment de ne filmer qu'en intérieur pour éviter d'être accusé de plagier L'Homme invisible d'H. G. Wells, ou contraint de couper des scènes jugées trop violentes par ses producteurs. Il avouera même plus tard regretter de n'avoir pas abandonné le projet. Comme à l'époque de La Chair et le Sang, ce désaveu coïncide avec une rupture dans sa carrière, puisque ce sera le dernier film de sa période américaine[5],[10].

Retour en Europe[modifier | modifier le code]

Verhoeven participe au Festival du cinéma nordique de Rouen en 2001, puis, en 2002, il revient aux Pays-Bas, où il retrouve son complice scénariste Gerard Soeteman pour relancer un projet envisagé ensemble depuis 1980 : Black Book, son premier film néerlandais après 22 ans à tourner aux États-Unis, sort en 2005. Le réalisateur explique son retour sur ses terres natales par les difficultés qu'il aurait eu outre-Atlantique : les bons acteurs rendus inaccessibles par leurs agents, la censure morale à l'encontre de certaines scènes, et l'obligation probable de tourner en anglais, antithétique avec son souhait de conserver les langues originales de ses acteurs. Très grosse production à l'échelle des Pays-Bas, Black Book s'inspire de faits réels y ayant eu lieu pendant la Seconde Guerre mondiale (comme Soldaat van Oranje quelques années plus tôt)[7],[8]. Très sombre, il bat en brèche un certain nombre d'idées reçues sur le conflit, comme l'antisémitisme existant dans la Résistance, ou l'absolution des responsables nazis qui rejoignaient la lutte anticommuniste. Black Book remporte un net succès, notamment dans son pays où il attire 900 000 spectateurs[17],[18].

En 2007 il fait partie du jury de Zhang Yimou lors du 64e Festival de Venise. Il partage ce rôle de membre du jury pour le Lion d'or avec notamment Catherine Breillat, Jane Campion et Alejandro González Iñárritu. La même année, Verhoeven s'inspire d'une visite au Jesus Seminar aux États-Unis, et plus généralement de son intérêt pour la religion, pour co-écrire avec Rob Van Scheers l'essai Jésus de Nazareth. Publié l'année suivante, le livre tente une interprétation réaliste, historique et athée de la vie du Christ. Une adaptation centrée sur ses dix-huit derniers mois est alors envisagée, avec le support de Roger Avary et Chris Hanley (en) à la production, mais elle ne voit pas le jour[4],[19],[20]. Toujours en 2008, le festival International du film Entrevues à Belfort consacre à Verhoeven une rétrospective.

Dès septembre 2011, il développe grâce à la société néerlandaise FCCE le projet Entertainment Experience. Sur un site Internet, de nombreux internautes participent au développement d'un film, du scénario jusqu’au tournage, en passant par le choix des musiques, etc. L'actrice Kim van Kooten écrit une ébauche de scénario, et ce sont les internautes qui prennent la suite. Plusieurs versions amateurs du film sont tournées, en plus d'une réalisée de manière professionnelle par Verhoeven lui-même, Tricked, d'une durée de seulement 55 minutes[21],[22]. En raison de son format atypique, le film peine à trouver des distributeurs. Il est malgré tout présenté dans certains festivals, comme Rome ou TriBeCa[23]. En France, il sort en vidéo le [24].

Avec Isabelle Huppert, pour la projection de Elle au festival de Cannes 2016.

En 2015, il débute la production d'Elle, une coproduction franco-allemande avec notamment Isabelle Huppert, Virginie Efira et Charles Berling. Verhoeven envisageait d'abord de tourner le film aux États-Unis, mais les difficultés qu'il rencontre à le financer le poussent à élire finalement la France : « Pour obtenir des financements, il faut éliminer tout ce qui pourrait prêter à controverse… Tuer des gens à l’écran, ça, ça ne gêne personne vu que tout le monde est armé. »[4]. Soucieux de ne pas privilégier son confort au détriment de l'équipe, il dirige celle-ci entièrement en français. Il prend pour cela des cours intensifs pendant une semaine, à raison de 8 heures par jour[25]. Elle est l'adaptation du roman « Oh... » de Philippe Djian, publié en 2012 aux Éditions Gallimard. Le cinéaste confesse ne connaître au départ l'auteur que par l'adaptation de son livre 37°2 le matin, qui lui avait rappelé Turkish Délices. Il estime être resté fidèle dans Elle au roman d'origine, malgré la prise de « quelques libertés », et se félicite de s'y jouer une fois de plus du politiquement correct. Le film sort en juin 2016 et est présenté en compétition officielle au festival de Cannes, 24 ans après l'ouverture de l'édition 1992 avec Basic Instinct.

Verhoeven se tourne ensuite vers l'adaptation du roman Bel-Ami, de Guy de Maupassant, en série télévisée, de nouveau avec Gerard Soeteman. Il prépare en parallèle un film centré sur Jean Moulin, « figure emblématique de la Résistance », et qui étudiera « les courants, les antagonismes, les trahisons » en jeu au sein du mouvement[4],[12]. Intitulé (temporairement) Lyon 1943, il montrera comment les conflits internes ont entraîné l'arrestation par Klaus Barbie, puis la mort, du célèbre résistant, dans des circonstances qui restent encore soumises à débats[26].

Le , alors qu'il donne une master class au 16e Festival international du film de Marrakech[27], l'organisation du 67e Festival de Berlin annonce sa nomination en tant que président du jury des longs métrages, pour remettre l'Ours d'or. Il succède ainsi à la comédienne Meryl Streep[28].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Paul Verhoeven lors de la conférence de presse de la Berlinale 2017.

Paul Verhoeven réside à Los Angeles depuis 1985, encore aujourd'hui malgré l'arrêt de ses tournages aux États-Unis. En 2016, il n'envisageait toujours pas de quitter le continent américain, même s'il ajoutait alors « sauf si Trump gagne ».

Il est marié depuis 1967 avec la Néerlandaise Martine Tours. Ensemble ils ont deux filles, l'une peintre et l'autre scénariste pour la télévision[4].

Analyse[modifier | modifier le code]

Les trois principaux éléments sur Terre[modifier | modifier le code]

Le cinéma de Paul Verhoeven illustre sa profonde conviction que le sexe, la violence et la religion sont « les trois principaux éléments sur Terre »[29]. Le premier est pour lui « la base de l'évolution », qu'il lui semble naturel de porter à l'écran. Selon lui, « la vraie question, c’est pourquoi on n’en voit pas plus ailleurs »[7]. Le sexe est central dans Basic Instinct, où les jambes décroisées de Sharon Stone sont pour Libération un « marqueur de la pop culture du XXe siècle ». Il l'est aussi dans Elle, et le viol de son héroïne[4], dans La Chair et le Sang, où le personnage de Jennifer Jason Leigh est pris de force par celui de Rutger Hauer, ou encore dans les nombreuses perversions qui s'affichent dans le très cru Spetters. Le réalisateur admet le voyeurisme qu'implique sa caméra, et qu'il n'hésite pas à retranscrire. Ainsi les spectacles de lap dance de Showgirls se déroulent sous l’œil obscène des clients, et dans Hollow Man : L'Homme sans ombre, Sebastian Caine (Kevin Bacon) profite de son invisibilité pour lorgner sa voisine en train de se déshabiller[9].

Verhoeven avoue prendre le même plaisir à filmer la violence. Elle et le sexe sont pour lui « deux choses fondamentales de notre univers », qu'il est important de ne pas cacher. Profondément marqué par la Seconde Guerre mondiale dans sa petite enfance, où son quotidien était rempli de « ruines, bombardements, morts dans la rue », Verhoeven estime en avoir hérité un regard clinique, sombre, qui remonte dans ses phases créatrices. La guerre, et la violence qui l'accompagne, forment souvent le décor de ses films, de ses premiers pas pour la Marine néerlandaise aux évocations de la Résistance dans Soldier of Orange, Black Book et son projet sur Jean Moulin, en passant par le conflit interstellaire de Starship Troopers. Dans ce dernier, il tente d'« extrapoler » la politique menée au Texas par George W. Bush, alors gouverneur[7], et n'hésite pas à chercher l'inspiration dans les travaux de Leni Riefenstahl, propagandiste officielle du Troisième Reich. C'est en développant cet aspect qu'il hérite parfois du surnom de Hollandais violent[9]. Mais s'il admet dénoncer ce qui le choque dans la société contemporaine en l'exagérant à l'écran, le réalisateur se défend d'afficher une position politique affirmée dans ses films. Selon lui, « si on est trop conscient du message, on ne fait plus de l'art »[3].

Le troisième thème, la religion, reste d'abord discret dans sa filmographie, puisqu'il faut attendre Le Quatrième Homme en 1983 pour le voir occuper le sujet principal. Elle apparaît aussi parfois de manière plus métaphorique, comme dans le Christ ressuscité en filigrane du héros de RoboCop, ou en arrière-plan, comme dans le personnage de « catholique romaine pure » que joue Virginie Efira dans Elle. Athée convaincu, le cinéaste voit la religion sous un angle profane, scientifique. Il avoue avoir connu un éphémère début de foi autour de 20 ans, au cours d'un séjour de deux semaines dans une communauté pentecôtiste, et ressentir depuis une curiosité insatiable sur le sujet, « omniprésent dans notre société ». La figure emblématique de Jésus de Nazareth le passionne, comme l'illustre le livre qu'il lui a consacré en 2008. Il voit en lui un homme à l'« éthique totalement innovante », dispensateur non pas « de miracles, mais d'un nouveau système de valeurs »[4],[19]. Saluant ses critiques à l'égard de « l’autocratie des prêtres, remettant en question la Torah »[20], il en fait une sorte de « proto Che Guevara » dont il admire la vision novatrice et les paraboles[7],[25]. Mais il se défend d'être chrétien, et assure n'être jamais entré dans une église, « à part Notre-Dame pour en admirer la construction »[30].

Autres thèmes de prédilection[modifier | modifier le code]

Outre ces trois thèmes majeurs, le cinéma de Verhoeven est aussi très marqué par sa formation en mathématiques et physique. Ses films renferment une grande précision, qu'on retrouve tant dans l'observation des corps sous l'angle anatomique dans Turkish Délices, que dans la scène de sexe minutieusement chorégraphiée de Basic Instinct. Ce trait renvoie au thème de la technologie, très présent dans son œuvre à partir de La Chair et le Sang et son savant avant-gardiste. Viendront ensuite le héros mi-robot de RoboCop, les manipulations cérébrales de Total Recall, le sérum d'invisibilité d'Hollow Man, et même les jeux vidéo dont Isabelle Huppert campe une scénariste dans Elle[9].

Paul Verhoeven participant au montage de Elle.

Verhoeven, père de deux filles et resté fidèle à son épouse, a également souvent filmé les femmes. Partisan de la parité, il les met généralement en scène dans des situations tragiques qui les contraignent à user de charme, de courage et d'intelligence pour s'en sortir[4],[17]. Ainsi la jeune Katie Tippel se prostitue pour s'élever dans l'échelle sociale, tandis que Jennifer Jason Leigh campe une perverse faussement ingénue dans La Chair et le Sang[7]. Le personnage de femme fatale est au centre de films comme Basic Instinct ou Showgirls, et il est même déjà annoncé dans Le Quatrième Homme, qualifié de « version occulte de Basic Instinct » par le réalisateur[9]. De même dans Black Book et Elle, c'est encore sur une héroïne que repose l'intrigue. On retrouve souvent dans ce motif l'influence d'Alfred Hitchcock, mais aussi celle de Federico Fellini et sa Dolce vita, ou encore de la Nouvelle Vague des François Truffaut et autres Jean-Luc Godard[5].

Un autre thématique fréquemment employée est celle de l'ambiguïté. Une grande part de la filmographie de Verhoeven est marquée par des personnages énigmatiques, souvent tiraillés entre des courants contraires. Le policier mi-homme mi-machine de RoboCop, l'agent double de Total Recall ou les héros très lisses de Starship Troopers s'ajoutent ainsi aux héroïnes équivoques de Basic Instinct, Showgirls et Elle. Ce caractère complète l'ironie cachée dans la narration, et participe à l'incompréhension suscitée lors de certaines projections[2],[12]. Mais le cinéaste, citant en exemple le compositeur Igor Stravinsky, se refuse à céder aux conventions. Il entend continuer de « détourner la norme », en multipliant les hypothèses, en jouant sur les nuances, en manipulant la morale autant que l'intrigue, sans « jamais jeter une interprétation au visage du spectateur »[30].

Rapport à la critique[modifier | modifier le code]

Les partis pris de Paul Verhoeven donnent à sa production une teinte amorale et provocante qui type très tôt ses films, et le met régulièrement aux prises avec la controverse. Le cinéaste le reconnaît lui-même : « On fait des films pour communiquer, toucher un public, pas pour le malmener. Mais bon, disons que ça ne me gêne pas de déranger. » Pourtant, derrière les scandales et les incompréhensions, son œuvre est d'abord reconnue comme profondément engagée et dénonciatrice, et les avis s'accordent sur ce qu'elle doit rarement être vue au premier degré[4],[5]. L'ironie est souvent présente dans les films de Verhoeven, comme dans les choix esthétiques fascisants de Starship Troopers, ou dans la distance imposée par ses inserts télévisuels, comme également dans RoboCop, Total Recall et même Elle[12].

Mais ce côté subversif qui occupe toute la carrière du cinéaste l'a très vite mis en difficulté pour produire ses films. Le succès rencontré aux Pays-Bas l'a progressivement mis au ban de la critique, et les aides financières sont devenues de plus en plus rares. Il était alors perçu selon ses dires comme « commercial, provocateur, décadent ». Son départ pour les États-Unis marque une nouvelle liberté, même s'il doit maintenant composer avec des scénarios soumis par les studios. Le succès aidant, il parvient à une relative indépendance qui lui permet de laisser aller son inspiration. Mais les échecs de Starship Troopers puis Showgirls amènent à nouveau la suspicion sur lui, et il réalise Hollow Man sous une forte contrainte, qui motivera son retour en Europe[7]. Il s'avoue aujourd'hui satisfait de ce choix, recouvrant sur son continent la liberté de faire ce qu'il souhaite[5].

Collaborateurs récurrents[modifier | modifier le code]

Équipe technique[modifier | modifier le code]

Poste Business is Business (1971) Turkish Délices (1973) Katie Tippel (1975) Soldier of Orange[N 2] (1977) Spetters (1980) Le Quatrième Homme (1983) La Chair et le Sang (1985) RoboCop (1987) Total Recall (1990) Basic Instinct (1992) Showgirls (1995) Starship Troopers (1997) Hollow Man : L'Homme sans ombre (2000)
Gerard Soeteman (en) Scénario Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg
Edward Neumeier Scénario Black x.svg Black x.svg
Jan de Bont Photographie Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg
Jost Vacano Photographie Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg
Basil Poledouris Compositeur Black x.svg Black x.svg Black x.svg
Phil Tippett Effets spéciaux Black x.svg Black x.svg

Distribution[modifier | modifier le code]

Turkish Délices (1973) Katie Tippel (1975) Soldier of Orange[N 2] (1977) Spetters (1980) Le Quatrième Homme (1983) La Chair et le Sang (1985) RoboCop (1987) Total Recall (1990) Basic Instinct (1992) Showgirls (1995) Starship Troopers (1997) Black Book (2006) Elle (2016)
Rutger Hauer Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg
Dolf de Vries (en) Black x.svg Black x.svg Black x.svg Black x.svg
Monique van de Ven Black x.svg Black x.svg
Renée Soutendijk Black x.svg Black x.svg
Jeroen Krabbé Black x.svg Black x.svg Black x.svg
Derek de Lint Black x.svg Black x.svg
Thom Hoffman Black x.svg Black x.svg
Marshall Bell Black x.svg Black x.svg
Ronny Cox Black x.svg Black x.svg
Michael Ironside Black x.svg Black x.svg
Dean Norris Black x.svg Black x.svg
William Shockley Black x.svg Black x.svg
Sharon Stone Black x.svg Black x.svg
Jack McGee Black x.svg Black x.svg
Christian Berkel Black x.svg Black x.svg

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]
Courts métrages[modifier | modifier le code]
  • 1960 : Un lézard de trop (Een hagedis teveel)
  • 1961 : Rien de particulier (Niets bijzonders)
  • 1962 : De Lifters
  • 1963 : La Fête (Feest!)
  • 1965 : L'Infanterie de marines (Het Korps Marinier)
  • 1970 : Le lutteur (De Worstelaar)

Télévision[modifier | modifier le code]

  • 1968 : Portret van Anton Adriaan Mussert
  • 1969 : Floris
  • 1979 : C'est fini, c'est fini (Voorbij, voorbij)
  • 1983 : The Hitchhiker

Scénariste[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Son livre sur Jésus de Nazareth.
  • Paul Verhoeven et Rob Van Scheers (trad. du néerlandais par Anne-Laure Vignaux), Jésus de Nazareth [« Jezus Van Nazaret - een realistisch portret[31] »], Aux forges de Vulcain, (1re éd. 2008), 390 p. (ISBN 2919176919, présentation en ligne)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Paul Verhoeven a reçu plusieurs récompenses tout au long de sa carrière[32] :

Récompenses[modifier | modifier le code]

L'équipe du film Elle au Festival de Cannes 2016.

Nominations[modifier | modifier le code]

Paul Verhoeven à Cannes en 1992, avec Jeanne Tripplehorn, Michael Douglas, son épouse Martine Tours, Sharon Stone et son producteur Mario Kassar.

Box-office[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant fournit les données disponibles en termes d'entrées pour les films du cinéaste[34].

Box-office des films réalisés par Paul Verhoeven
Film Budget Drapeau des États-Unis États-Unis Drapeau de la France France Monde Monde
Turkish Délices (1973) NC NC 529 079 entrées NC
Spetters (1980) NC NC 1 921 entrées NC
Le Quatrième Homme (1983) NC NC 11 435 entrées NC
La Chair et le Sang (1985) 11 000 000 $ NC 336 011 entrées NC
RoboCop (1987) 13 000 000 $ 53 424 681 $ 1 686 525 entrées 53 424 681 $
Total Recall (1990) 65 000 000 $ 119 394 839 $ 2 360 003 entrées 261 294 839 $
Basic Instinct (1992) 49 000 000 $ 117 727 224 $ 4 615 342 entrées 352 927 224 $
Showgirls (1995) 45 000 000 $ 20 350 754 $ 735 563 entrées 37 750 754 $
Starship Troopers (1997) 95 000 000 $ 54 814 377 $ 964 630 entrées 121 214 377 $
Hollow Man : L'Homme sans ombre (2000) 95 000 000 $ 73 172 825 $ 1 502 343 entrées 191 174 600 $
Black Book (2006) 17 000 000 $ 4 392 867 $ 124 887 entrées 26 478 047 $
Elle (2016) 8 210 000 €[35] 801 682 $ 555 775 entrées 9 578 333 $[36]
  • Légendes : Budget (entre 1 et 10 M$, entre 10 et 100 M$ et plus de 100 M$), États-Unis (entre 1 et 50 M$, entre 50 et 100 M$ et plus de 100 M$), France (entre 100 000 et 1 M d'entrées, entre 1 et 2 M d'entrées et plus de 2 M d'entrées) et monde (entre 1 et 100 M$, entre 100 et 200 M$ et plus de 200 M$).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les deux hommes se brouilleront durant le tournage de La Chair et le Sang, en raison d'une scène de viol impliquant Rutger Hauer, qui estimait qu'elle ruinerait sa carrière aux États-Unis[3].
  2. a, b, c, d et e Ce film est parfois référencé Le Choix du destin dans les pays francophones.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « L'invisible et le déjà-vu », sur L'Express,‎
  2. a, b, c, d et e « Cinglant et provocateur, complexe et charmant, Paul Verhoeven se confie sur Arte », sur Les Inrockuptibles,‎
  3. a, b, c et d « Paul Verhoeven revient sur sa carrière », sur Allociné,‎
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Paul Verhoeven, capé décapant », sur Libération,‎
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « Paul Verhoeven », sur KinoScript
  6. a et b « Paul Verhoeven », sur Première
  7. a, b, c, d, e, f, g et h « Paul Verhoeven, la chair et le sang », sur Le Monde,‎
  8. a, b, c, d et e « Paul Verhoeven (Black book) », sur Écran Large,‎
  9. a, b, c, d et e « Sexe, science, guerre: les cinq thèmes récurrents du cinéma de Paul Verhoeven », sur Les Inrockuptibles,‎
  10. a, b et c « Paul Verhoeven : "Elle" n'est pas son film "le plus abouti" », sur 24 Matins,‎
  11. « Le Cinéma de Paul Verhoeven II. 1985-1990 », sur Extrospection,‎
  12. a, b, c, d, e et f « Paul Verhoeven: "'Elle' tord violemment le cou au politiquement correct" », sur L'Express,‎
  13. a et b « La croisade des films maudits », sur Capture Mag,‎
  14. « Le temps des miracles », sur Capture Mag,‎
  15. « Basic Instinct - secrets de tournage », sur Allociné
  16. «Basic Instinct»: Sharon Stone a-t-elle été piégée pour sa scène sans culotte?, sur 20 Minutes,‎
  17. a et b « Black Book de Paul Verhoeven », sur Arte,‎
  18. « "Black Book" : Paul Verhoeven brouille les pistes du bien et du mal », sur Le Monde,‎
  19. a et b « Paul Verhoeven ressuscite Jésus avec le scénariste de Pulp Fiction », sur Première,‎
  20. a et b « Jésus vu par le réalisateur de Robocop et Basic Instinct : un rebelle attachant », sur France Inter,‎
  21. « Dans les coulisses de Tricked, le premier film crowdsourcé », sur PetitWeb.fr,‎ (consulté le 17 février 2014)
  22. « Paul Verhoeven fait son Entertainment Experience », sur Braindamaged.fr,‎ (consulté le 17 février 2014)
  23. (en) Dates de sortie de Steekspel' sur l’Internet Movie Database
  24. Tricked DVD - Allociné.fr
  25. a et b « Paul Verhoeven : "Je ne suis pas un prophète" », sur Le Journal du dimanche,‎
  26. « “Qui a trahi Jean Moulin ?”: la question sera au centre du prochain film de Paul Verhoeven », sur Les Inrockuptibles,‎
  27. « Festival de Marrakech 2016 : Paul Verhoeven en master class, le jury annoncé », sur Allociné,‎
  28. « Paul Verhoeven va présider le jury de la Berlinale 2017 », sur Le Parisien,‎
  29. « Paul Verhoeven », sur Télérama,‎
  30. a et b « Entretien avec Paul Verhoeven (réalisateur) », sur Comme au cinéma
  31. (nl) « Jezus Van Nazaret - een realistisch portret », sur bol.com
  32. (en) Paul Verhoeven sur l’Internet Movie Database
  33. « Elle de Paul Verhoeven, encore sacré, par le Syndicat de la critique cette fois », Télérama,‎ (lire en ligne)
  34. « JP's Box Office », sur JP's Box Office (consulté le 31 octobre 2016)
  35. « Paul Verhoeven, un Français d'adoption », sur Cineuropa,‎
  36. « Elle (2016) », sur Box Office Mojo

Liens externes[modifier | modifier le code]

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