L'Étoffe des héros

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L’Étoffe des héros
Titre original The Right Stuff
Réalisation Philip Kaufman
Scénario Philip Kaufman
d'après Tom Wolfe
Acteurs principaux
Sociétés de production The Ladd Company
Warner Bros.
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame historique
Durée 193 minutes
Sortie 1983

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Étoffe des héros (The Right Stuff) est un film américain écrit et réalisé par Philip Kaufman, sorti en 1983.

C'est une transposition cinématographique du livre de l'écrivain et chroniqueur américain Tom Wolfe (même titre, paru en 1979). La base de récit est identique.

L'Étoffe des héros retrace l'épopée des pilotes d'essais américains d'après-guerre, du passage du mur du son par Chuck Yeager aux premiers vols spatiaux habités. Le film dépeint la vie de ces aviateurs et astronautes fougueux dans le contexte de la guerre froide naissante. Il présente les parcours de certains d'entre eux, dont une partie est sélectionnée pour devenir les premiers Américains dans l'espace.

Les astronautes du programme spatial Mercury réalisent les premiers pas américains de la conquête de l'espace.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le Bell X-1A en vol

Le livre comme le film narrent l'aventure des premiers astronautes américains. Celle-ci débute avec le franchissement du mur du son, le 14 octobre 1947, par l'un des plus fameux parmi les pilotes d'essai. La reconnaissance de ces derniers s'éclipse peu à peu, alors que certains d'entre-eux connaissent la gloire comme astronautes. Ces pionniers de l'espace sont perçus par l'opinion, sous l'influence de la presse, comme les chevaliers modernes du combat contre le communisme. Le récit s'achève le 16 mai 1963, par l'ultime vol orbital de Gordon Cooper, dernier de la série Mercury, après l'ultime vol d'essai de Chuck Yeager, en F-104 Starfighter[1].


Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Le pilote d'essai[modifier | modifier le code]

À l'automne 1947, Muroc Army Air Field et la mort en vol forment le décor du début du récit. Cette base aérienne poussiéreuse se situe dans les zones arides du haut désert de Californie.

Base aérienne d'Edwards

Celles-ci facilitent son activité spéciale : les avions les plus modernes et rapides s'y trouvent mis à l'essai dans le secret. C'est justement le tour de l'avion-fusée X-1, conçu pour voler au-delà des vitesses supersoniques. Alors que des pilotes d'essai ont trouvé la mort dans la tentative de dépasser la limite de vitesse désormais qualifiée de « mur du son », le pilote d'essai initialement pressenti par Bell pour le vol du X-1 tente de faire monter son prix, en considération des accidents récents. L'officier de liaison de la base d'Edwards suggère au constructeur de proposer au meilleur des pilotes d'essai militaire Chuck Yeager (Sam Shepard) de piloter le X-1. Son sang-froid et sa virtuosité sont reconnues. Yeager est trop heureux d'accepter.

Sam Shepard

Le même soir, lors d'une course poursuite à cheval avec sa voluptueuse épouse Glennis (Barbara Hershey), dans les chemins de sable et de yuccas entourant la base, Yeager chute précisément contre une barrière de bois ; il souffre de (deux) côtes cassées. Refusant de renoncer au vol d'essai, il décolle, compensant son handicap grâce à l'astuce de l'officier en vols d'essai Jack Ridley et à l'aide d'un manche à balai scié. Le 14 octobre 1947, mâchonnant « un p'tit chewing-gum » Yeager passe le premier, vivant, la vitesse du son : il « perce un trou dans le ciel » tandis que retentit le bruit caractéristique. Le X-1 piloté par ses soins vient de battre le « démon qui vit dans les airs ». L'information est gardée parfaitement secrète.

Quelques années plus tard, en 1953, Edwards Air Force Base (renommée ainsi en 1948, en mémoire de Glenn Edwards, l'un des pilotes d'essai qui y a perdu la vie) est consacrée comme le sommet des vols d'essai. Les pilotes d'essai confirmés s'y adonnent à des concours de vitesses, comme le font Yeager et Scott Crossfield (Scott Wilson). La rivalité de Crossfield et de Yeager s'avère intense, mais conviviale et amicale. Edwards se modernise et se transforme, tout en conservant en partie son charme désuet, grâce au célèbre Happy Bottom Riding Club dirigé par Pancho Barnes (Kim Stanley), lieu de rassemblement des pilotes qui ont « l'étoffe », qui croient l'avoir, ou qui en rêvent. Pancho offre un steak, comme promis au premier pilote qui franchirait le mur du son, à Yeager, qu'elle qualifie volontiers de péquenaud, voire d'andouille.

L'étoffe[modifier | modifier le code]

Le mur du bar de Pancho est couvert de photographies de pilotes : tous sont morts en vol.

Plus clairement que le film, le livre dévoile la mécanique qui fabrique « l'étoffe des héros » : un penchant psychologique qui pousse sans cesse les pilotes à faire partie des meilleurs, à ne jamais faillir, pour ne pas « rester en rade ». Au mépris des dangers, qu'il faut évidemment surmonter pour acquérir et pour conserver cette glissante étoffe.

L'étoffe est en principe l'apanage des seuls pilotes. Les astronautes vont cependant la conquérir. C'est l'un des enjeux du récit. Les héros affrontent leurs peurs, ou celles de leurs admirateurs.

Parmi les étapes pour mériter l'étoffe, le pilote doit « faire sortir ses tripes » à l'avion. Il doit également montrer que les pratiques déconseillées pour le vol n'ont, évidemment, aucun effet sur lui. En particulier, la consommation déraisonnée d'alcool, la conduite imprudente de voitures puissantes, la fête et les filles, que le livre décrit comme le cycle « vol, alcool, bagnole, cabriole ».

L'étoffe nécessite de passer sans cesse des épreuves, à l'image de l'escalade continue des degrés d'une pyramide invisible et informulée. Pour un pilote, ou un astronaute, posséder l'étoffe nécessite d'affronter les dangers avec le plus grand calme.

Celui qui détient l'étoffe peut la perdre, à tout moment. L'étoffe est fugace. Ceux qui possèdent l'étoffe forment un groupe d'élite, fermé, comme une sorte de fraternité universitaire, ou de confrérie. Le livre évoque les « Vrais Compagnons » (de l'étoffe).

Les épouses[modifier | modifier le code]

Les jeunes pilotes tels que Gordon « Gordo » Cooper (Dennis Quaid) et Virgil « Gus » Grissom (Fred Ward) font partie du clan des « branleurs » selon le classement péremptoire et définitif de Pancho Barnes, destiné à bien les différencier des pilotes « de premier plan », l'autre catégorie[2] : ceux qui ont l'étoffe.

La vie d'épouse de pilote s'avère rude, bien ingrate et toujours angoissante. Celle de Cooper, Trudy (Pamela Reed), assez indépendante, s'interroge sur la nécessité de repousser toujours plus loin les limites du danger, tout en se résignant au fait que son mari, comme tous les autres, est motivé par l'ambition et par la gloire, par la quête de « l'étoffe ». À la question « quel est le meilleur pilote que vous ayez jamais rencontré ? » Cooper aime répondre, avec son grand sourire, qu'il s'agit de lui. D'autres femmes de pilotes, qui partagent les mêmes sentiments que Trudy, n'ont d'autre choix que de taire leurs craintes, y compris relativement au matériel parfois de médiocre qualité. Trudy choisit de se séparer de Gordo Cooper.

Les épouses des futurs astronautes seront tenues au même régime de discrétion, avec l'impératif supplémentaire de répondre comme il faut aux journalistes déchaînés. Déjà, la presse est présente en arrière-plan, étant reconnue comme l'un des rouages nécessaire à l'acheminement des sources de financement indispensables à la technologie, donc aux exploits aéronautiques. L'argent fait voler les avions : « sans pognon, pas d'avion ». Muselée à Edwards, la presse devient l'alliée des Américains pour les défis spatiaux. La presse, « l'Animal Bien-Pensant » dans le livre, joue un rôle essentiel dans le soutien du programme spatial.

Glennis Yeager souligne le manque d'attention de l'Armée de l'air, à l'égard des épouses.

L'atmosphère générale de compétition dans le contexte de guerre froide s'infiltre sous la forme de tensions dans les vies familiales des astronautes. Ainsi, l'épouse de Glenn, Annie (Mary Jo Deschanel) éprouve un moment particulièrement difficile, se trouvant mal à l'aise sous le feu des médias, en raison de son fort bégaiement. Sollicité, John Glenn intervient pour la protéger de la pression médiatique, dont le film souligne l'omniprésence par les rafales de questions, par le bourdonnement des caméras et par les bruits de flashes.

Les Russes[modifier | modifier le code]

Le 4 octobre 1957, le lancement historique par l'Union soviétique du premier satellite Spoutnik plonge le monde scientifique et l'armée américaine dans le désarroi, voire dans l'humiliation. L'irruption des communistes dans « les hautes sphères de l'espace », selon l'expression populaire du vice-président Johnson, affole.

Spoutnik

Pour cette course à l'espace, les deux camps (celui des États-Unis et de l'URSS) utilisent des ingénieurs ex-allemands expérimentés, spécialistes en fusées, attirés après la deuxième guerre mondiale. À un moment, le sénateur Lyndon Johnson participe à une réunion durant laquelle des parlementaires américains réagissent à l'annonce du lancement de Spoutnik, le 4 octobre 1957. Le sénateur Johnson demande : « Est-ce leurs scientifiques allemands qui [...] ont amenés [les Soviétiques] là en premier ? ». Le « scientifique allemand » (un caractère composite, fortement inspiré de Wernher von Braun) répond : « Non sénateur... nos Allemands sont meilleurs que leurs Allemands. »

Sans être davantage nommé, le concepteur en chef russe, surnommé « le puissant intégral », progresse rapidement, avec détermination. Il faut fixer le profil des candidats astronautes. Plusieurs possibilités sont examinées, souvent farfelues : surfeurs, cascadeurs, acrobates. Toutes sont rejetées : le président exige qu'ils soient sélectionnés parmi les pilotes militaires. Hommes politiques et chefs militaires chargent la NASA de mettre au point une réponse et de sélectionner des candidats, qu'il va falloir convaincre.

La « course à l'espace » s'amorce contre l'URSS. Elle prend le tour d'une forme de combat singulier, dont les cosmonautes seraient les chevaliers.

La prospection débute, elle passe par Edwards. La recherche des premiers Américains pour l'espace exclut les pilotes d'essai jugés les moins maniables, comme Yeager, que la perspective d'être du « SPAM-in-a-can » (le SPAM est du jambon en boîte) n'intéresse d'ailleurs clairement pas. L'administration écarte de sa sélection les pilotes dépourvus de diplômes universitaires, mesure efficacement discriminatoire à l'égard de pilotes comme Yeager ou Crossfield.

Sept premiers astronautes du programme Mercury se dégagent finalement d'une sélection exténuante et souvent humiliante pour les volontaires. S'y retrouvent des rivaux de l'US Marine Corps John Glenn (Ed Harris) et le pilote de l'US Navy Alan Shepard (Scott Glenn), ainsi que des pilotes de l'US Air Force comme Gordon Cooper, Grissom et quelques autres. Les dangers du vol spatial sont mis en avant alors que les premiers essais de lancements (inhabités) échouent piteusement, les uns après les autres.

Les Américains[modifier | modifier le code]

Le 31 janvier 1961, le premier vol d'essai américain habité réussi emporte un chimpanzé, Ham, spécialement sélectionné et rageusement dressé. Les pilotes d'essai d'Edwards raillent cette capsule qui n'est manifestement pas pilotée, étant simplement habitée par un singe. Pour les pilotes d'Edwards, haut-lieu de l'étoffe, il est clair que les astronautes n'étant pas des pilotes, ne peuvent prétendre ni à l'héroïsme, ni à l'étoffe.

Chimpanzé-astronaute Ham en 1961

Pour doter la capsule d'une écoutille et d'un hublot, afin de la transformer en un vaisseau spatial pourvu des commandes minimales de contrôle de vol, les astronautes s'opposent aux directeurs du programme. Ils menacent de faire part de leur sentiment à la presse, agitant la menace et l'argument entendu naguère à Edwards « no bucks, no Buck Rogers » (« pas d'argent, pas de Buck Rogers »).

Les Russes emportent une deuxième victoire. Le 12 avril 1961, le cosmonaute russe Youri Gagarine accède à la place enviée de premier homme dans l'espace.

Electrocardiogramme de Gagarine durant son vol

La chronique des missions Mercury débute enfin. Le vol de Shepard, le 5 mai 1961, puis celui de Grissom amorcent la série. Quand « Gus » Grissom, deuxième astronaute dans l'espace, amerrit et quitte précipitamment son vaisseau spatial, l'ouverture inopportune de l'écoutille cause l'inondation puis la perte de la capsule. Il apparaît alors que le sauvetage de l'enregistrement du vol semble plus important pour l'équipe de récupération que celui de l'astronaute : la valeur des données de vol est supérieure à la vie humaine. La capsule sombre dans l'océan. Grissom nie toute fausse manoeuvre de sa part ; il n'est alors guère cru (ce sera à tort).

Sauvetage de Gus Grissom

L'aventure du projet Mercury contraste avec les opérations aériennes qui se poursuivent, en parallèle, à la base d'Edwards. Les pilotes d'essai tels que Yeager approfondissent l'expérimentation d'avions-fusées capables d'atteindre les premières couches de l'espace. Les records de vitesses, puis d'altitude s'enchaînent, dans le plus grand désintérêt du public. Leur travail reste tout aussi dangereux. Yeager manque de se tuer en ravissant le record de vitesse détenu par son ami Scott Crossfield.

Le récit se poursuit avec le lancement, le 20 février 1962, de la mission spatiale de Glenn, premier vol orbital américain. Animé d'une mystique en partie religieuse, son aisance médiatique lui procure une forte aura.

John Glenn en 1962

L'exploit de John Glenn fait l'objet de célébrations enthousiastes.

L'astronaute[modifier | modifier le code]

Malgré les nouvelles réussites russes, les Américains prennent le dessus. Walter Schirra réalise un vol méthodique, expérimental, précis : opérationnel.

Johnson, vice-président, réalise les souhaits conjugués des présidents successifs Eisenhower puis Kennedy de remporter la course vers l'espace ; il accueille à Houston, au Texas, à l'occasion du déplacement du siège de la NASA (sous l'influence de Johnson, dont c'est l'État d'origine), une fête texane qui met en lumière les aspects surréalistes de la compétition. Les Américains célèbrent leur succès sur les Russes. Interrogé par un journaliste, avec la rituelle question « quel est le meilleur pilote que vous ayez jamais rencontré ? », Cooper évoque d'abord ceux qui sont morts, le souvenir de photos accrochées au mur du bar disparu de Pancho Barnes, puis il mentionne les pilotes présents, comme son courageux ami Gus Grissom, pour suggérer surtout les pilotes d'essais d'Edwards, où il a brièvement travaillé. À leur souvenir s'entremêle l'image de la préparation de Chuck Yeager, de nouveau en route pour un audacieux vol d'essai. Comme ceux qui l'interrogent le presse de conclure, il use de sa pirouette : « le meilleur pilote ? vous l'avez devant vous ! ».

Chuck Yeager dans le cockpit d'un NF-104A, le .

Pour Yeager, voici en effet un nouvel essai en vol. C'est l'épilogue du récit. Préparé par Ridley (dans le film) Yeager décolle avec le tout nouveau prototype du Lockheed NF-104A, puissant avion de chasse. Yeager décroche un nouveau record d'altitude, à 33.131 mètres, aux frontières de l'espace ; il se brûle gravement le visage et frôle la mort après l'éjection à grande vitesse et à basse altitude, son appareil étant hors de contrôle. Marchant seul dans le désert, son parachute sous le bras, mâchonnant encore un chewing-gum, Yeager est recueilli par son fidèle ami Ridley, qui répond au chauffeur l'apercevant au loin : « oui, c'est un homme ». Le pilote le plus emblématique de l'étoffe est parvenu à « faire sortir ses tripes » au zinc.

F-104C de l'USAF

Cooper exécute pour sa part l'ultime vol habité de la série Mercury. Il effectue le plus grand nombre de révolutions spatiales alors jamais réalisé. À cet instant, le 16 mai 1963, il est sans nul doute « le meilleur des pilotes », du moins il peut s'en convaincre.

Gordon Cooper pour Mercury

Yeager comme Cooper sont tous deux au sommet de la confrérie de « l'étoffe ».

La brève incise finale du film indique ce que sont devenus par la suite les personnages principaux. Beaucoup d'entre eux mourront accidentellement. La mort marque le début et la fin du récit. L'enjeu de l'étoffe des héros, c'est d'éviter la mort. Le livre s'achève pour sa part sur l'oubli, qui frappe les héros, même ceux qui ont eu l'étoffe, contrepartie de l'agitation médiatique.

Le temps de la gloire des pilotes d'essai a passé. Le projet spatial américain a triomphé, avec le temps de la conquête spatiale. À cette dernière contribuent d'audacieux astronautes, alors tous pilotes. L'étoffe des héros n'est pas captive d'un domaine réservé : elle s'offre à tous ceux qui se mesurent aux grands risques.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de plans ont été bâtis à partir d'images d'archives, dans lesquelles les acteurs modernes ont parfois été incrustés. Y apparaissent (non crédités) :

Tournage[modifier | modifier le code]

  • Dates de tournage : mars 1982 à janvier 1983
  • Lieux de tournage :

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

L'Étoffe des héros est présenté en avant-première mondiale au Kennedy Center de Washington le [3],[4] avant de connaître une sortie limitée le aux États-Unis dans 229 salles, rapportant 1,6 million $ de recettes le week-end de sa sortie[5]. Distribué plus largement dans 627 salles à partir du , le film engrange 1,6 million $ de recettes pour sa sortie nationale, portant le total à 17,4 millions $ de recettes[5], pour finir son exploitation après vingt-et-une semaine à l'affiche avec un résultat de 22,2 millions $[5], ce qui constitue un échec commercial en rapport à son budget de 27 millions $[6]. En France, le long-métrage totalise 638 639 entrées[6].

Toutefois, il est acclamé par la critique, obtenant 98 % de taux d'approbation sur le site Rotten Tomatoes, pour 40 critiques collectées[7], considéré comme l'un des meilleurs films de 1983 par le critique Roger Ebert[8].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le film a été récompensé par quatre Oscars sur huit nominations :

  • meilleur montage,
  • meilleure prise de son,
  • meilleure musique originale,
  • meilleurs effets spéciaux sonores.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le récit mêle la mission Faith 7 de Cooper et le vol d'essai de Yeager en F-104. En réalité, Cooper a volé le 16 mai 1963 et Yeager a connu l'accident avec le prototype de F-104 la même année 1963, mais le 10 décembre, donc après la mission de Cooper et non simultanément ;
  • Charles Yeager en personne interprète un tout petit rôle : celui du vieil homme qui sert à boire dans le bar de Pancho Barnes, aux délégués de la NASA en prospection de candidats à la base Edwards ;
  • Slick Goodlin (interprété par William Russ dans le film), pilote de Bell en octobre 1947, affecté au X-1, a toujours nié avoir demandé davantage de rémunération pour piloter le prototype le 14 octobre 1947. Selon cette hypothèse, Bell souhaitait un pilote militaire, afin accroître la publicité de son exploit (ce qui est curieux, puisque l'armée ne souhaitait pas communiquer quant aux activités de vols d'essai) ;
  • Le livre étant paru en 1979 et le film datant de 1983, ceux-ci ne disent rien du second vol spatial de John Glenn à l'âge de 77 ans, effectué en 1998, ni de la mise hors de cause de Grissom pour la perte de sa capsule, démontrée en 1999, après le repêchage de la capsule Liberty Bell 7 ;
  • Lors de son vol dans Friendship 7, John Glenn a déclaré voir des particules ressemblant à des lucioles (il s'agissait de cristaux de glace sortant du système de climatisation). Le film assimile ces particules lumineuses aux escarbilles des feux allumés par des Aborigènes pour fêter le passage du vaisseau (le livre ne mentionne pas cette hypothèse, plutôt poétique) ;
  • Plusieurs interludes mettent en scène la danseuse à l'éventail Sally Rand, interprétée par Peggy Davis, intercalés dans le vol d'essai du F-104 et les réflexions de Cooper à la veille de son vol spatial ;
  • L'ingénieur en chef de la NASA, interprété par Scott Beach figure Wernher von Braun, ce dernier n'étant jamais nommé dans le film (l'étant dans le livre) ;
  • Le pilote d'essai et ami de Yeager Jack Ridley étant mort le 12 mars 1957, n'a pu aider Yeager lors du vol en F-104, en décembre 1963, comme le montre le film (le livre n'évoque pas Ridley, pour ce vol d'essai ultime) ;
  • Lors de cet essai du F-104 Starfighter, le film montre Yeager s'appropriant l'avion et partant en vol sans autorisation, soulignant ainsi son indépendance. Les essais en vol se déroulent évidemment de manière moins spontanée. Le livre précise que Yeager a réalisé plusieurs essais successifs, avant celui du 4 décembre 1963 ;
  • La bande originale de Bill Conti est en partie inspirée du célèbre concerto pour violon et orchestre op.35 de Piotr Ilitch Tchaïkovski.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.youtube.com/watch?v=dkUgDINfxsE
  2. Dans L'Étoffe des héros, Pancho Barnes range les pilotes d'Edwards selon deux catégories : les pilotes « prime » (« de premier plan ») volant sur le meilleur matériel (« hot planes », « les avions pointus » en VF), et les « pudknockers » (« branleurs ») ceux qui ne peuvent que rêver des avions pointus. (en) Right Stuff: pudknockers.m4r - MovieWavs.com
  3. (en) Tom Morganthau et Richard Manning, « Glenn Meets the Dream Machine », Newsweek, 3 octobre 1983, p. 36.
  4. (en) Gary Arnold, « The Stuff of Dreams », Washington Post, 16 octobre 1983, p. G1.
  5. a, b et c (en) « The Right Stuff (1983) », sur Box Office Mojo, IMDb (consulté le 2 août 2017)
  6. a et b JP, « L'Étoffe des Héros », sur jpbox-office (consulté le 2 août 2017)
  7. (en) « The Right Stuff », sur rottentomatoes.com, consulté le 22 février 2010.
  8. (en) Roger Ebert, « 'The Right Stuff' », Chicago Sun-Times, 21 octobre 1983, consulté le 29 décembre 2008.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]