Alfredo Ottaviani

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Alfredo Ottaviani
image illustrative de l’article Alfredo Ottaviani
Biographie
Naissance
Rome (Italie)
Ordination sacerdotale
Décès (à 88 ans)
au Vatican
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie XII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de
S. Maria in Domnica
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
pape Jean XXIII
Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi
Secrétaire de la Congrégation du Saint-Office

Blason
Semper idem
(« Toujours le même »)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Alfredo Ottaviani, né le à Rome et mort le au Vatican, est un archevêque et cardinal qui fut secrétaire[1] du Saint-Office puis pro-préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi entre 1959 et 1968[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et premières fonctions à la Curie[modifier | modifier le code]

Issu du quartier populaire du Transtévère, son père est boulanger. Il suit sa scolarité chez les frères des écoles chrétienne de ce quartier. Puis il rejoint le séminaire pontifical romain et obtient des doctorats en théologie, en philosophie et en droit canon. Il est ordonné prêtre le et devient professeur de philosophie et droit canon dans les universités pontificales urbanienne et du Latran. Il remplit un ministère pastoral à l'Oratoire Saint-Pierre.

À partir de 1922, il est appelé à remplir des charges au sein de la Curie romaine, et en 1926, il en devient membre assurant des fonctions diverses de secrétariat au sein de la secrétairerie d'État. Il devient protonotaire apostolique en 1931.

En 1935, il passe à la Sacrée Congrégation du Saint-Office et en devient assesseur.

Cardinal du Saint-Office[modifier | modifier le code]

C'est lors du consistoire du qu'il est créé cardinal avec le titre de cardinal-diacre de Santa Maria in Domnica. Il occupe alors le poste de pro-secrétaire du Saint-Office. Il participe au conclave de 1958 pour l'élection de Jean XXIII. En novembre 1959, il est nommé secrétaire de la Congrégation du Saint-Office. Il participe à la préparation du concile Vatican II. Il devient cardinal protodiacre[3] en 1961. Il est nommé titulaire de l'archidiocèse de Berrhoea le 5 avril 1962 et est sacré évêque le 19 avril par le pape Jean XXIII.

Il participe au concile Vatican II. En tant que cardinal protodiacre, le 30 juin 1963, il couronne Paul VI après l'élection pontificale. Après la réforme du Saint-Office qui devient la Congrégation pour la doctrine de la foi, il en devient le pro-préfet. Il démissionne de cette charge en 1968.

Il perd sa capacité à participer au conclave en 1971, atteint par la limite d'âge de 80 ans. Il meurt au Vatican en 1979, et y est enterré.

Son action au Saint-Office et pendant le concile Vatican II[modifier | modifier le code]

Le 12 janvier 1953, il était créé Cardinal et nommé pro-secrétaire du Saint-Office, puis il en devint le Secrétaire le 7 novembre 1959 (à cette époque, le Secrétaire en était le responsable de fait, le responsable officiel restant le Pape). À la tête de ce dicastère de 1959 à 1968, il marque un grand zèle pour lutter contre ce qu'il perçoit comme des erreurs doctrinales et des nouveautés théologiques dangereuses ce qui en fait une des personnalités de la curie les plus opposées aux courants dits modernistes. Il est partisan d'une vision dite "hispanique" de la relation de l’Église à l’État (pour faire référence aux régimes de type sud américains ou franquiste dont le catholicisme officiel s'oppose au libéralisme et au marxisme).

Considéré comme le principal porte-parole du courant conservateur et autoritaire lors du Concile Vatican II, il y est ouvertement mis en débat avec les autres membres de la curie au sujet de la préparation du concile, puis, plus personnellement, au sujet d'une demande de réforme du Saint Office, en particulier le 8 novembre 1963 lors d'une confrontation avec Monseigneur Joseph Frings dont le secrétaire était Joseph Ratzinger. La question de la liberté religieuse l'opposa assez violemment au cardinal Augustin Bea.

Il fut le dernier grand défenseur de l'École du Droit Public Ecclésiastique, école de pensée relative au droit canonique. Il est également le rédacteur de la réglementation Crimen Sollicitationis, qui prévoit l'excommunication des fautifs de crimes sexuels et leur empêche d'échapper à la justice non ecclésiastique.

Rédaction du "Bref examen critique" (ou B.E.C.) au sujet de la nouvelle Messe de Paul VI : le 25 septembre 1969, Ottaviani et le cardinal Antonio Bacci écrivirent une lettre au pape Paul VI pour émettre un certain nombre de critiques au sujet du "Novus Ordo Missae" de Paul VI et de la nouvelle "Institutio generalis" qui présente ce Novus Ordo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. le titre de secrétaire indique en fait qu'il dirige la congrégation
  2. Alfredo Ottaviani sur catholic-Hierarchy
  3. Le plus ancien des cardinaux-diacres, chargé de proclamer l'« habemus papam »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cardinal Ottaviani, Yves Congar o.p. expert au Concile Vatican II, in La crise dans l'Église et Mgr Lefebvre
  • Cavaterra Emilio, Il prefetto del Sant'Offizio : le opere e i giorni del cardinale Ottaviani, Milan, édition Mursia, 1990.
  • Damizia Giuseppe, La Pontificia Università lateranense : profilo della sua storia, dei suoi maestri, e dei suoi discepoli. Roma, édition Libreria editrice della Pontificia Università lateranense, 1963, p. 230-231.

Liens externes[modifier | modifier le code]