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La mariée était en noir (film)

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La mariée était en noir

Réalisation François Truffaut
Scénario François Truffaut
Jean-Louis Richard
d’après le roman policier de William Irish
Musique Bernard Herrmann
Acteurs principaux Jeanne Moreau
Michel Bouquet
Jean-Claude Brialy
Charles Denner
Michael Lonsdale
Claude Rich
Sociétés de production Dino De Laurentiis Cinematografica
Les Films du carrosse
United Artists
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Drame, thriller
Durée 107 minutes
Sortie 1968

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

La mariée était en noir est un film franco-italien réalisé par François Truffaut, sorti en 1968.

Truffaut est en pleine écriture de son livre-entretien avec Alfred Hitchcock lorsqu'il adapte La mariée était en noir, traduction française de The Bride Wore Black de William Irish (1940).

Julie Kohler tente de se suicider en sautant d’une fenêtre, mais sa mère l’en empêche. Après avoir préparé des vêtements et une grosse somme d’argent, elle quitte la maison et part en voyage vers la Côte d’Azur pour retrouver Bliss, ancien coureur de jupons. Elle s’invite à sa fête de fiançailles dans son appartement, attire son attention, le conduit sur le balcon en jetant son écharpe sur un montant de l’auvent et, après s’être présentée, le pousse dans le vide avant de s’enfuir. Sa prochaine cible est Robert Coral, célibataire solitaire. Elle le rencontre à un concert de musique classique, achète une bouteille d’arak dans laquelle elle injecte du poison, puis la lui sert dans son studio ; tandis qu’il agonise, elle lui révèle son identité. Un flashback montre que, juste après le mariage de Julie son mari a été abattu sur les marches de l’église.

Julie vise ensuite Clément Morane, politicien en devenir. Après avoir suivi sa femme et leur jeune fils, Cookie, jusqu’à leur pavillon, elle se fait passer pour l’institutrice de Cookie, Mlle Becker, et fait sortir la mère de la maison grâce à un faux télégramme annonçant la maladie de sa grand-mère. Invitée à rester pour le dîner, elle joue à cache-cache avec Cookie, découvre un petit placard sous l’escalier, puis met l’enfant au lit. Prétextant avoir perdu une bague, elle pousse Morane à ramper dans le placard pour la chercher, verrouille la porte et révèle son identité ; Morane plaide l’accident, mais elle étanche la porte au ruban adhésif et le laisse suffoquer. La véritable Mlle Becker est arrêtée après que Cookie l’a désignée à la police, mais Julie l’innocente par un appel anonyme où elle revendique le meurtre.

Un second flashback précise que le mari de Julie a été tué accidentellement par un tir de fusil de Delvaux, qui se trouvait là avec ses amis chasseurs Bliss, Coral, Morane et Fergus ; les cinq hommes manipulaient une arme chargée dans un immeuble en face de l’église et se sont ensuite séparés en jurant de garder le secret. Julie attend Delvaux dans sa casse automobile, projetant de l’abattre, mais il est arrêté pour recel de voitures volées. Elle se tourne alors vers Fergus, artiste volage, qui l’engage comme modèle pour une série d’illustrations de Diane chasseresse ; il lui avoue rapidement ses sentiments, qu’elle repousse, avant de le tuer d’une flèche dans le dos. Après avoir découpé son visage sur l’une de ses toiles, elle découvre une fresque murale la représentant nue de plain-pied ; elle envisage de la recouvrir de peinture, puis renonce et s’en va.

Julie assiste aux funérailles de Fergus, où Corey — ami proche de Bliss et Fergus — la reconnaît, l’ayant vue à la fête de fiançailles. Au commissariat, elle confesse sans émotion les meurtres de Bliss, Coral, Morane et Fergus, tout en refusant d’en exposer les motifs. Incarcérée dans la même prison que Delvaux, elle aide les surveillantes à distribuer les repas. Dissimulant un couteau de cuisine, elle parvient finalement à poignarder Delvaux.

Fiche technique

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Distribution

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Dates et lieux de tournage

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Le porche de l’église Saint-Lambert de Vaugirard, scène de la sortie du mariage.

Réception critique

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Dans Le Nouvel Observateur, le critique Jean-Louis Bory est élogieux : « Professeur Hitchcock, élève Truffaut, bravo. L’élève a regardé les leçons du maître, il les a assimilées. Le voici maître lui aussi. Et ce n’est que justice »[4].

Autour du film

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L’influence de ce film sur le scénario des films Kill Bill de Quentin Tarantino a été évoquée, quoique niée par le réalisateur[5][source insuffisante].

Le film influence Kate Bush dans l’écriture de sa chanson The Wedding List, tirée de l’album Never for Ever[6].

Fergus, joué par Charles Denner, se définit lui-même dans ce film comme un « cavaleur ». Truffaut reprendra cette orientation du « cavaleur » pour élaborer le personnage central de L'Homme qui aimait les femmes en 1977, où le rôle sera également interprété par Charles Denner.

Truffaut a modifié le roman de William Irish selon les principes hitchcockiens : dans le livre, le mobile de Julie ne nous est dévoilé qu’à la fin, et l’énigme demeure un mystère ; dans le film, l’explication est donnée au public pendant le troisième meurtre, celui de Morane, et l’énigme devient suspense[7]. Le dénouement du film présente également une grande différence avec celui du roman : dans l’œuvre de William Irish, l’héroïne découvre — comme plus tard le personnage de Jim Douglas dans le western américain Bravados — qu’elle a tué des innocents.

Le film de François Truffaut, La Sirène du Mississippi (1969), est aussi adapté d’un roman de William Irish. Fenêtre sur cour (1954), film d’Alfred Hitchcock, également tiré d’une nouvelle de William Irish.

Après Fahrenheit 451 (1966), La Mariée était en noir est la deuxième et dernière collaboration de François Truffaut avec le compositeur américain Bernard Herrmann, connu notamment pour les musiques qu’il écrivit pour les films d’Alfred Hitchcock.

Le train entrant en gare au début du film est le Mistral tracté par la BB 67007 diesel, car la ligne de Marseille à Nice n’était pas encore électrifiée. Jeanne Moreau monte à bord d’une voiture TEE PBA Mistral 56 inox arborant le nom Mistral. Lors de la deuxième séance de pose, Charles Denner fait porter à Jeanne Moreau un bracelet réalisé selon lui par Alexander Calder.

Les esquisses réalisées au fusain par le personnage de Charles Denner ont été produites par l'artiste Charles Matton[8] ; on voit une affiche annonçant une exposition de l’artiste dans l’atelier de Fergus. Lors de la réception au domicile de Charles Denner, Jean-Claude Brialy fait référence aux Mémoires de Saint-Simon. L’affiche de la compagnie des wagons-lits présente dans la chambre d’hôtel de Michel Bouquet, se retrouve dans le salon de coiffure de "l’argent de poche".

Le film a été nommé au Festival International du Film Policier de Beaune édition 2007.

Le cinéaste François Truffaut, et trois de ses interprètes du film, Jeanne Moreau, Jean-Claude Brialy et Michael Lonsdale, sont tous les quatre inhumés au cimetière de Montmartre.

Notes et références

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  1. « LUMIERE : Film: La mariée était en noir », sur lumiere.obs.coe.int (consulté le ).
  2. « GENERIQUE : Jean Fouchet ressources », sur generique-cinema.net (consulté le ).
  3. JP, « La Mariée était en noir (1968)- JPBox-Office », sur www.jpbox-office.com (consulté le )
  4. Antoine de Baecque, « François Truffaut, 36 ans, termine "Baisers volés" », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. 'La Mariée était en Noir' et 'Kill Bill' : Deux films étroitement liés ?.
  6. Marianne Peyronnet, « Kate Bush : le temps du rêve de Frédéric Delâge », sur wordpress.com, (consulté le ).
  7. Annette Insdorf (trad. de l'anglais), François Truffaut, les films de sa vie, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes », , 144 p. (ISBN 2-07-053282-8), p. 38.
  8. « Le peintre et cinéaste Charles Matton est décédé », sur nouvelobs.com, Le Nouvel Obs, (consulté le ).

Bibliographie

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  • Gilbert Salachas, « La mariée était en noir », Téléciné no 141, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , p. 28, (ISSN 0049-3287)
  • Jean-Louis Veuillot, « La mariée était en noir », Téléciné no 142, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , p. 13-20, fiche no 486, (ISSN 0049-3287).

Liens externes

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