Le Souper (film, 1992)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Le Souper
Réalisation Édouard Molinaro
Scénario Édouard Molinaro
Yves Rousset-Rouard
Jean-Claude Brisville
Acteurs principaux
Sociétés de production Trinacra Films
Parma Films
France 2 Cinéma
Canal+
Sofica Investimage 4
Cofimage 4
Procirep
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre historique
drame
Durée 90 minutes
Sortie 1992


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Souper est un film français réalisé par Édouard Molinaro et sorti le , adaptation de la pièce de théâtre du même nom, de Jean-Claude Brisville.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Paris, . Le peuple français est inquiet pour son avenir : Napoléon ayant abdiqué une seconde fois, le pays se retrouve sans dirigeant. Talleyrand, ancien ministre des Relations Extérieures, invite à dîner dans son hôtel particulier Fouché, ancien ministre de la Police et actuel chef du gouvernement provisoire, pour en discuter et choisir un nouveau souverain pour la France. Commence alors un long duel verbal entre les deux hommes : Talleyrand pense qu'il faut revenir à la monarchie et mettre Louis XVIII sur le trône, Fouché hésite, moins par conviction politique que parce qu'il a autrefois voté l’exécution de Louis XVI et craint que son frère Louis XVIII le lui fasse payer. Fouché propose tour à tour Napoléon II, Louis Philippe d'Orléans ou le retour à la république mais Talleyrand reste campé sur sa position. La joute tourne au règlement de comptes lorsque chacun commence à évoquer les crimes que l'autre a commis pour gravir les échelons : implication de Talleyrand dans l'affaire du duc d'Enghien, soutien apporté par Fouché à Jean-Baptiste Carrier dans l'épisode des noyades de Nantes et son implication directe dans la répression du soulèvement de Lyon contre la Convention nationale.

Le film finit par une citation des Mémoires d'Outre-tombe

« Je me rendis chez Sa Majesté : introduit dans une des chambres qui précédaient celle du roi, je ne trouvai personne ; je m'assis dans un coin et j'attendis. Tout à coup une porte s'ouvre : entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, M. de Talleyrand marchant soutenu par M. Fouché ; la vision infernale passe lentement devant moi, pénètre dans le cabinet du roi et disparaît. Fouché venait jurer foi et hommage à son seigneur ; le féal régicide, à genoux, mit les mains qui firent tomber la tête de Louis XVI entre les mains du frère du roi martyr ; l'évêque apostat fut caution du serment. »

— Chateaubriand - Mémoires d'Outre-tombe

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film est censé se dérouler dans la demeure de Talleyrand, l'hôtel de Saint-Florentin, à l'époque siège du consulat des États-Unis qui a refusé le tournage. Le film a donc dû être tourné à l'hôtel de Monaco, siège de l'ambassade de Pologne, située par un curieux hasard au 1 rue de Talleyrand dans le 7e arrondissement à Paris. L'ambassadeur Jerzy Łukaszewski est remercié au générique.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Claude Rich a été récompensé du César du meilleur acteur pour son interprétation de Talleyrand. Le film a aussi remporté le César des meilleurs costumes.

Analyse[modifier | modifier le code]

Erreurs et incohérences[modifier | modifier le code]

Malgré la précision quasi-chirurgicale des faits et données historiques cités, cinq erreurs ont été commises :

  • durant le souper (censé se dérouler en 1815), Fouché appelle Napoléon II « l'Aiglon » ; or ce surnom d'Aiglon a été donné à Napoléon II par Victor Hugo en 1852 (37 ans après ce souper et 20 ans après la mort de Napoléon II)
  • Fouché affirme que Napoléon Ier a eu deux sœurs, or il en a eu trois : Élisa, Pauline et Caroline
  • Talleyrand annonce que le vote à l'Assemblée sur la mort de Louis XVI a eu lieu le alors que ce fut le .
  • Le film montre Talleyrand avec un pied bot côté gauche (sur le tabouret que lui a donné Fouché) alors que les gravures le représentent toujours à droite.
  • Le duc d'Enghien, fusillé par Napoléon, n'est pas le petit-fils du Grand Condé mais son arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils : Le Gd Condé → Henri Jules Bourbon Condé → Louis III de B.C. → Louis IV de B.C. → Louis V de B.C → Louis VI de B.C. → et enfin Louis-Antoine (duc d'Enghien) fusillé en 1804.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Ce film marque les retrouvailles entre Claude Rich et Claude Brasseur qui s'étaient déjà donné la réplique dans La Guerre des polices. Alexandre Brasseur, le fils de Claude Brasseur, fait une apparition dans le rôle d'un badaud au début du film. Son interlocuteur est le comédien Didier Cauchy

Beaucoup de « bons mots » de Talleyrand prononcés durant sa vie ont été regroupés par Molinaro au cours de cette soirée fictive.

Au cours du film, Talleyrand et Fouché évoquent un éventuel lien de parenté entre l'ancien évêque d'Autun et le duc d'Enghien. Talleyrand reconnaît : « En grimpant tout en haut de l'arbre, je suis sûr qu'on finirait bien par trouver une branche où nos ancêtres sont perchés côte à côte ». En fait, Talleyrand et le duc d'Enghien descendaient tous deux à la sixième génération de Gabriel de Rochechouart de Mortemart, père de la marquise de Montespan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]